Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/282

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les Turcs. Pour ratifier le contrat, il prêta serment sur le pain et sur le sel ; puis il embrassa le drayhy avec de grandes protestations de fraternité. Sa tribu, appelée El-Mehaziz, contient dix mille tentes.

Ayant pris congé de lui, nous continuâmes notre voyage à marches forcées, faisant quinze lieues par jour sans arrêter. Enfin nous arrivâmes devant Bagdad, et Scheik-Ibrahim y entra pour prendre de l’argent ; mais la saison nous pressant, nous perdîmes le moins de temps possible. — En Mésopotamie, nous eûmes des nouvelles du Wahabi. Ebn-Sihoud avait fort mal reçu son général Hédal après sa défaite, et avait fait serment d’envoyer une armée plus puissante que la dernière, sous le commandement de son fils, pour tirer vengeance du drayhy et exterminer les Bédouins de la Syrie ; mais après s’être mieux informé des ressources que le drayhy avait à lui opposer, et surtout de sa réputation personnelle, il changea de langage, et résolut de l’attirer à lui pour conclure une alliance. Les événements extérieurs, qui se compliquaient, donnaient beaucoup de probabilités à ce bruit, car le pacha d’Égypte, Méhémet-Ali, préparait une expédition pour envahir l’Arabie Pétrée et s’emparer des richesses de la Mecque, qui étaient entre les mains d’Ebn-Sihoud. Nous accueillîmes avec plaisir l’espoir, soit de faire la paix avec lui, soit de le voir affaibli par une puissance étrangère. Nous rencontrions continuellement sur notre route des tribus qui n’avaient pas encore eu occasion de signer le traité, et qui en profitaient avec empressement[1]. En arrivant en Syrie, nous reçûmes un courrier

  1. À Makial-el-Abed, nous rencontrâmes deux tribus, celle de Bercaje, commandée par Sahdoum-Ebn-Wuali, forte de 1,300 tentes, et