Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/329

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» Ô vous dont les regards, semblables aux flèches meurtrières, m’ont fait d’inguérissables blessures, votre présence est un paradis, votre absence est un feu dévorant !

» Ô Allan-el-Fandi, sois bénie par le Dieu tout-puissant !

» J’ai bu d’un vin plus doux que le nectar ; car il m’était versé par la main de la beauté.

» Tant que je verrai la lumière, je célébrerai son mérite ; et si je meurs pour elle, mon nom ne périra pas. »

Quand il eut fini, le jour commençait à paraître. Il continua sa route vers la tribu de Beni-Zobaïd. Kaled, le héros de cette tribu, y jouissait de plus de considération que le roi lui-même. Il était si redoutable à la guerre, que son nom seul faisait trembler les tribus voisines. Voici son histoire et celle de sa cousine Djida.

Deux émirs, Mohareb, père de Kaled, et Zaher, père de Djida, gouvernaient les Bédouins appelés Beni-Aumaya, renommés pour leur bravoure. Ils étaient frères. L’aîné, Mohareb, commandait en chef ; Zaher servait sous ses ordres. Un jour, à la suite d’une vive querelle, Mohareb leva la main sur son frère, qui revint chez lui le cœur plein de ressentiment. Sa femme, apprenant le motif de l’état violent dans lequel elle le voyait, lui dit : — « Vous ne deviez pas souffrir un tel affront, vous le plus vaillant guerrier de la tribu, vous renommé pour votre force et votre courage. — J’ai dû, répondit-il, respecter un frère aîné. — Eh