Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/348

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

rés de notre tribu, avait-il ajouté, ne voulant pas accompagner, dans cette entreprise, le roi Zohéir, qui est parti avec tous les siens, moins trois cents restés pour garder Beni-Abess, sous le commandement de Warka, un de ses fils. » — À cette nouvelle, Kaled furieux avait envoyé Medhi-Karab, à la tête de mille guerriers, pour s’emparer des femmes et des troupeaux de Beni-Abess, avec ordre de massacrer tous les hommes qu’il trouverait. Quant à lui, il avait continué sa route pour revenir à sa tribu, traitant fort mal ses prisonniers et vivement inquiet de Djida. Pour charmer ses ennuis, il dit les vers suivants :

« J’ai conduit des chevaux garnis de fer, et portant des guerriers plus redoutables que des lions.

» J’ai été au pays de Keni-Benab, de Beni-Amar et de Beni-Kelal. À mon approche, les habitants ont fui dans les montagnes.

» Beni-Abess court de grands dangers ; ses habitants pleureront nuit et jour.

» Tous ceux qui ont échappé au carnage sont tombés en mon pouvoir.

» Que de filles dont les beaux yeux versent des larmes ! Elles appellent Beni-Abess à leur secours ; mais Beni-Abess est dans les fers.

» Zohéir est allé avec ses guerriers chercher la mort dans un pays où les femmes sont plus vaillantes que les hommes.