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LE MANDARIN.

— Oui, répondit le Solitaire, et j’en fais grand cas. J’y retrouve la tradition de Cabanis, notre maître à tous. Mais, dans la discussion soulevée par le chef de l’école saint-simonienne, à propos des théories d’un docteur excentrique, je ne prends parti ni pour l’un ni pour l’autre ; ils sont trop éloignés des certitudes qui se révèlent à moi. Cependant, je constate avec bonheur, chez tous deux, une tendance vraiment progressive, et chez le père Enfantin, en particulier, une réaction vigoureuse en faveur de la chair. Il a pris hardiment le scalpel de l’inquisiteur et il a cherché le secret de nos énergies là où l’inquisiteur cherchait l’âme, en pleine poitrine ! En lisant son livre, je lui ai crié plus d’une fois : bravo ! Souvent aussi je me suis affligé de le voir dépasser le but.

Hélas ! l’exagération ou plutôt la réaction a perdu bien des causes, et le saint-simonisme d’abord. À l’époque où jeunes, ardents, enthousiastes, les saint-simoniens appelèrent la femme dans leur temple, elle gémissait impatiente sous les sombres voûtes des églises chrétiennes.