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LE MANDARIN.

insolence qui dépasse toute limite ; ils nous traitent comme des Chinois, c’est assez dire. Je puis citer entre mille un exemple de cette insolence.

— Nous vous en prions, dit l’Anglais.

Pé-Kang reprit :

— Le livre des Vers nous enseigne qu’il faut juger les hommes par leurs actions et non par leurs paroles.

Le fils du ciel avait conclu, par l’entremise d’un mandarin et de lord Elgin, un traité de commerce avec l’Angleterre. Or, selon les rites de notre cour, les représentants des souverains doivent être considérés comme les souverains mêmes. C’est pourquoi notre mandarin, après la signature du traité, demanda à l’impérieux lord Elgin, avec lequel il n’avait pas cessé un instant d’être d’une politesse extrême, s’il voulait permettre qu’il lui baisât la main, désirant par la témoigner son respect a la personne de la reine d’Angleterre.

L’interprète de lord Elgin lui transmit le désir du mandarin. L’ambassadeur anglais haussa