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RENCONTRES ET ENTRETIENS

« Les deux plus jeunes se marièrent à deux filles du village, qui avaient passé leur temps à se bercer sur les galeries ou à tricoter de la dentelle.

« Aussi quand mon oncle Jean a vu que ses garçons ne prenaient pas pour femmes des filles d’habitants il les a tous mis à la porte. C’est son gendre qui est resté avec lui à la vieille maison.

« Sacréyer ! Mérance, te souviens-tu quand ma tante Marianne Gourmont fut administrée ? » À cette demande le père Millette promène ses regards autour de la salle pour rencontrer ceux de Mérance, mais Mérance, son épouse, n’était pas là, pour la bonne raison qu’il ne s’était pas fait accompagner par elle. Néanmoins le père Millette n’était pas homme à se troubler pour si peu, et il continua comme si Mérance eût répondu à sa question.

« Sacréyer ! moi, je m’en souviens comme si c’était hier.

« Toute la journée dans l’élargissement de la coulée, dans la direction du sud-est, le vent avait hurlé son hou-hou plaintif dans le trou à Marreau, ce qui annonçait le mauvais temps.

« Le soir on vint nous dire de nous rendre chez mon oncle Jean Gourmont, que ma tante