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plus particulièrement celui de l’église d’Angleterre eu égard à sa constitution ; car le caractère distinctif de cet établissement consiste dans son clergé paroissial. Les services d’un clergé paroissial sont presque inapplicables dans une colonie où la population change, et se meut tous les jours et est répandue sur une grande étendue de territoire. Dans ce cas il faut plutôt avoir des missions que des cures paroissiales.

Une objection encore plus forte à l’établissement d’une église établie dans cette colonie, est que non seulement les membres de l’église d’Angleterre ne sont maintenant qu’une faible minorité ; mais en autant que la majorité des émigrants ne sont pas membres de cette égluse, cette disproportion augmentera au lieu de disparaître à l’avenir. La masse des habitants bretons viendra soit de la classe moyenne de la Grande-Bretagne ou de la classe la plus pauvre de l’Irlande ; ces derniers appartiennent presque exclusivement a la religion catholique et les premiers appartiennent soit à l’église Presbytérienne d’Écosse ou soit à des dissidents Anglais.

Il est très important que cette question soit réglée et qu’elle le soit de manière à contenter la majorité du peuple des deux Canadas, qu’elle regarde également. Et je ne connais aucun moyen d’arriver à ce but qu’en rappelant cette partie de l’acte impérial qui a rapport à l’application des réserves du clergé, et des revenus en provenants, d’abandonner la disposition de ces revenus aux législatures locales et d’acquiescer aux mesures que ces législatures adopteront à cet effet. Ce que j’exprime à ce sujet, explique suffisamment la conviction où je suis que si on n’adopte pas ma suggestion, la cause la plus funeste des dissentions ne sera pas détruite.

Je crois aussi de mon devoir, dan » cette province comme dans la province inférieure, d’appeler une attention spéciale à la ligne de conduite qui a été, et qui devrait être tenue vis à-vis de la nombreuse population catholique de la province. Sur ce sujet j’ai reçu des plaintes de l’existence généralement d’un esprit d’intolérance et de malveillance contre toutes les personnes de cette croyance, auxquelles je suis obligé de donner un grand crédit à cause de la haute respectabilité et de l’indubitable loyauté de ceux par qui les plaintes ont été faites. L’évêque Mc-Donnell, le vénérable évêque catholique de Kingston, et Mr. Manahan, M. P. P. pour le comté de Hastings, ont fait des représentations dans des lettres, qui seront données dans l’appendice de ce rapport. Les catholiques constituent au moins un cinquième de toute la population du Haut-Canada. Leur loyauté s’est montrée universellement et sans équivoque lors de la dernière rébellion. Néanmoins, on dit qu’ils sont entièrement exclus de toute participation dans le gouvernement du pays, et dans le patronage à sa disposition. « Dans le Haut-Canada, dit M. Manahan, il n’y a jamais eu un Irlandais catholique romain conseiller exécutif ou législatif, il n’en a jamais été nommé un seul non plus a aucune situation publique d’émoluments et de profit dans la colonie. »

Les Irlandais Catholiques se plaignent hautement et justement de l’existence de l’Orangisme dans cette colonie. Ils sont justement in-