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tinction d’origine qui à exercé une influence très importante dans la composition des partis, et promet de devenir probablement, tôt ou tard, un élément actif et prééminent de division politique. Le parti officiel et le parti réformiste que j’ai décrits étaient tous deux composés pour la plus grande partie de Canadiens natifs, de colons Américains ou d’émigrés d’ancienne date ; et comme une section de la plus ancienne population était en pouvoir, ainsi l’autre section était seule à réclamer la direction des affaires et la possession des offices de profit ou d’honneur, jusqu’à ce que l’émigration considérable de la Grande-Bretagne, qui eut lieu vers la période désastreuse de 1825 et 1826, changea l’état des choses, en doublant soudainement la population et en introduisant parmi les anciens concurrents au pouvoir une nouvelle classe de personnes. Néanmoins les nouveaux-venus ne parurent pas aussitôt comme un parti distinct dans la politique du Haut-Canada. Un grand nombre de la haute classe des émigrés, particulièrement les officiers à demi-paie, qui furent engagés à s’établir dans cette province, appartenaient au parti tory en Angleterre, et suivant leur ancienne prédilection, se jetèrent du côté du parti officiel luttant contre les représentants du peuple. La masse de la basse classe des émigrés, accoutumés dans la métropole à se plaindre de la corruption et de la profusion du gouvernement, et à demander la réforme des abus, en augmentant l’influence populaire dans le corps représentatif, se jeta du côté de ceux qui représentaient le peuple, et qui attaquaient le pouvoir oligarchique et les abus ; mais il y avait encore une grande différence d’opinion entre les deux partis Canadiens, et cette section anglaise qui agit quelque temps de concert avec chacun d’eux. Chaque parti Canadien, tout en différant d’opinion sur l’occupation des pouvoirs politiques dans la colonie, désirait presque le même degré d’indépendance pratique à l’égard de la mère-patrie ; chacun sentait et chacun montrait dans sa conduite politique une jalousie contre les émigrés et un désir de maintenir les pouvoirs officiels et les émoluments professionnels dans les mains des personnes nées ou résidentes depuis long temps dans la colonie. Les Bretons, au contraire, à quelque parti, qu’ils appartiennent, paraissent s’accorder à désirer que la connexion avec la mère-patrie soit plus resserrée. Ils diffèrent peu entre eux, je m’imagine, sur le souhait d’une espèce de changement qui assimilerait le gouvernement du Haut-Canada, dans l’esprit comme dans la forme, au gouvernement d’Angleterre, en retenant un Exécutif assez puissant pour courber les excès populaires, et en donnant à la majorité du peuple ou à tels d’entre eux à qui les moins libéraux confieraient