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LA GRANDE ENCYCLOPÉDIE

F

FRANCO (Niccolô), poète italien, né à Bénévent en 1505, mort à Rome en 1569. La date de sa naissance n’est pas absolument fixée ; Tiraboschi affirme 1505 ; mais, d’après la légende de son portrait publié dans son Dialogue des Beautés (4542), il serait né dix ans plus tard ; celte dernière date est la moins probable, puisqu’il est question de Franco dès 1531. A cette époque et pendant cinq ou six ans il parcourut l’Italie répandant, contre argent, ses injures ou ses louanges. C’était un autre Arétin. Ils se rencontrèrent et leurs vices se plurent momentanément ; mais, si Franco était un collaborateur utile, il était un dangereux concurrent ; en 1539, les amis se brouillent et échangent des injures de la plus violente obscénité. L’ Arétin fit peur à Franco qui prit la fuite et trouva une protection près de Sigisinundo Franzino, gouverneur de Casale. C’est là qu’il publia sa Priapea, qui passe pour le livre le plus licencieux que l’on ait jamais écrit. On le retrouve un peu plus tard à Rome où grâce au cardinal Morone il esquiva pendant quinze ans la potence à laquelle il était destiné. Pie V, qu’il avait sottement injurié dans une épigramme latine, fut impitoyable et le fit pendre. Voici ses principaux écrits : Tempio d’amore (Venise, 1536) ; Le Pistole volgari (Venise, 1538) ; // Petrarchista (Venise, 1539) ; Dialogo dove si ragiona délie Bellezze (Casale, 1542) ; Dialoghi piacevoli (Venise, 4542) ; La Priapea (Casale, sous la rubrique Turin, 4541) ; Délie Rime di M. Niccolô Franco contro Pietro Arelino e délia Priapea del medesimo, terza edizione (1548) ; Dialoghi maritimi del Botlazzo ed alcune rime maritime de M. Niccolô Franco (Mantoue, 4 5 47). La Priapea a été souvent réimprimée. R. G.

Bibl. : V. Arétin. — A. Albertozzi, Un Nemico d’ Pietro Aretino, dans Vila Nuova ; Florence, 20 sept. 1889-FRANCO (Giovanni-Battista), surnommé Semolei, peintre et graveur italien, né à Udine en 4510, mort à Venise en 1580. A vingt ans, il alla à Rome, ou il étudia et copia avec passion les œuvres de Michel-Ange. Après avoir longtemps consacré tous ses soins au dessin et à l’anatomie, il fit ses débuts comme peintre a l’occasion de l’entrée solennelle de Charles-Quint à Rome, en exécutant sur l’arc de triomphe élevé près de la porte Capène de grandes scènes tirées de l’histoire romaine. Vasari, qui était son ami et devait lui consacrer une notice beaucoup trop élogïeuse, le présenta au grand-duc Cosme I er , pour lequel il exécuta beaucoupde tableaux, dont le seul conservé est h Bataille de Montemurlo, au palais Pitti. Puis, sur la recomnian-GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XVIII.

dation de Raphaël de Montelupo, il fut employé par le duc d’Urbin, qui lui commanda un Couronnement de la Vierge pour la cathédrale, et de nombreux dessins pour les fabriques de faïences d’art qu’il protégeait. Enfin Franco se rendit à Venise, où il peignit dans la bibliothèque de Saint-Marc des allégories et l’Histoire d’Actéon. Dans tous ces tableaux et ces fresques, le dessin est savant, mais sec, et le coloris terne et insignifiant. D’ailleurs Franco est beaucoup plus connu comme graveur que comme peintre ; son faire rappelle celui de Marc-Antoine, dont il fut probablement l’élève, et de Guido Ronasoni. Bartsch a catalogué quatre-vingt-treize estampes de sa main, dont les plus remarquables sont : Abraham recevant Melchisédech, la Manne dans le désert, les Rois prisonniers conduits devant Salomon, l’Adoration des bergers, Jésus devant les docteurs, Simon le Magicien et les apôtres, l’Enlèvement de Déjanire, la Donation de Constantin, d’après Raphaël, la Fable de Psyché, d’après les fresques de Jules Romain au palais du fé à Mantoue, le Déluge universel, d’après Caravage.

Bibl. : Janetti, Délia Pitlura Veneziana ; Venise, 1771.

— Vasari, éd Milanesi, t. XI. — Bartsch, le Peintre graveur, t. XVI.

FRANCO (Veronica), poétesse italienne, née à Venise en 4554, morte vers 4595. On connaît d’elle deux petits recueils fort rares que mentionne Quadrio : Terze Rime et Lettere familiari a diversi. C’est ce volume dont elle fit hommage à Montaigne, à son passage à Venise, comme il est raconté dans le journal du voyage de l’auteur des Essais. On trouve encore des vers de Véronique Franco (Franca, dit Montaigne) dans les Rime di diversi eccellentissimi sulla morte dell’illustr. signor Ettore Martinengo. C’était, au demeurant, une célèbre femme galante, qui, nouvelle Madeleine, renonça au monde encore jeune ; elle fonda l’hospice de Santa Maria del Soccorso poulies filles abandonnées.

FRANCO (Giacomo), peintre et graveur italien, né à Venise vers 4560. Sa vie est absolument inconnue. On trouve des planches de sa main dans un ouvrage in-4 publié à Venise en 4581, // Ballerino di M. Fabritio Caroso da Sermoneta, et dans l’édition de la Jérusalem délivrée parue à Gènes en 4590. On connaît encore de lui un portrait du Général Francesco Aldobrandino, une Crucifixion, une Adoration des bergers, et une suite de Costumes vénitiens, datée de 1596. Toutes ces estampes semblent montrer une influence d’Agostino Caracci. I