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GUIDETTI — GUIDO

et du chant des préfaces : Prœfutiones in canto ferma, etc. (1588). M. ISit.

GUIDETTO, architecte et sculpteur italien du xm’ siècle. L’église de San Martino, à Lucques, fut fondée en 1060 ; mais, comme l’établit une inscription, la façade n’en fut terminée qu’en 1204, sous la direction de Guidetto, qui sculpta également au-dessus du portail une grossière figure de saint Martin donnant au pauvre son manteau. Bibl. : Crowe et Cavalcaselle, Storia délia Pillura in Italia, t. I, p. 185.

GUID1 (Tommaso), dit Masaccio (V. ce nom). GUIDI (Guido), de son nom latinisé Vidits Vidius,mèdecin italien, né à Florence vers 1500, mort à Pise le 26 mai 1569. Il vint en France vers 1542, fut médecin de FrançoisI er , puis depuis 1547 médecin du ducCosmeI’ r et professeur de philosophie, puis de médecine à Pise. Il rendit de grands services à la médecine et à la chirurgie en remettant les Grecs en honneur et il passe pour avoir fait des découvertes en anatomie. Opéra omnia medica, chirurgico-anatomica (Francfort, 1667, in-fol . ) . GUIDI (Domenico), sculpteur italien, né à Torrano (Carrare ) en 1625, mort à Rome en 1701. Il vint de bonne heure dans cette dernière ville, après avoir étudié à Naples sous Finelli. Son second maître fut le fameux Algarde, dont il prit la manière vive et recherchée qui distingue les sculpteurs romains de cette époque. Il a sculpté dans l’église Sainte-Marie de la Victoire, vis-à-vis de la célèbre Sainte Thérèse du Bernin, un Songe de saint Joseph, qui soutient avec elle la comparaison. Un des tombeaux de la famille Bolognetti, qu’il exécuta à l’église de Jésus et Marie au Corso, témoigne de l’influence que Van Dyck, par ses attitudes et ses airs de tête, exerça en ce temps-là sur la sculpture. Il représente deux personnages vêtus à la mode du temps, qui, dans une tribune, paraissent assister aux offices. De cet habile sculpteur sont encore : la statue du Cardinal di Bagno, à Saint-Alexis, du Pape Clément IX, à Sainte-Marie-Majeure, le buste de Y Algarde, à Saint-Jean-des-Bolonais, le beau tombeau du Cardinal Impériale, à Saint-Augustin, et un des quatre grands bas-reliefs sous la coupole de Sainte-Agnès à la place Navone. Les jardins de Versailles possèdent une Renommée écrivant la gloire de Louis XIV, qu’il exécuta sur les dessins de Lebrun. On l’a placée en face du bassin de Neptune. GUIDI (Ignazio), orientaliste italien contemporain, néà Rome le 31 juil. 1844. Il fut nommé, en 1876, chargé du cours d’hébreu et de langues sémitiques comparées à l’université de Rome, professeur extraordinaire en 1878, ordinaire en 1885 ; il occupe en outre, depuis 1885, la chaire d’histoire et de langues de l’Abyssinie. M. Guidi a publié : Cemtileddini Ibn lliscimi Comnientarius in Carmen Banal Sudd (Leipzig, 1871-74, in-8) ; Studii sul testa arabo del lihro diCalila e Dimna (Rome, 1873, in-8) ; La Descrizione di Borna nei geografici arabi (Rome, 1877, in 8) ; Sulla Sede primitiva dei popoli semiliei (Rome, 1879, in-4) ; La Lettera di Simeone, vescovo di Beth Arsam, sui martiri omeriti (Rome, 1881, in-4) ; Annales de Tabari, texte arabe, pp. 580-1347 de la II e section (Leyde, 1883-88, in-8) ; Testi orientait inediti sopra i Selte Dormieuli di Efeso (Rome, 188(1, in-4) ; Frammenti copti (Rome, 1887-88, in-4) ; Grammatiea elementare délia lingua amarina (Rome, 1889, in-8) ; Il-Kitâb al-htidrâk, di Abu Bakr az—Zubaidi (Rome, 1890, in-4) ; enfin de nombreux articles parus dans diverses revues savantes telles que la Nuova Anto- .ogia, le Bolleltino orientale, le Giornale délia Società asiatica Italiana, la Zeitschrift der deutchen morgen-Idndischen Gesellschaft, les Actes des Congrès des orientalistes, etc. P. Rav.

GUIDI dei Francesi, financiers florentins de la fin du xiii e siècle. Nom de famille de trois Lombards, les frères Musciato, Riccio et Nicolas Guidi, appelés dans les textes français Mouche, Biche et Nicole ou Colin. Philippe le Bel les qualifie de milites nostri. L’ainé, surtout, « Monseij gneur Mouche ou Mouchet », joua un rôle considérable ; ce j n’était d’ailleurs pas un personnage ordinaire. En 1297, il se battit vaillamment en Flandre, dans les rangs de l’armée française ; aussi les chroniqueurs militaires du pays, tels que l’auteur de la Chronique artésienne, pleins de respect, l’appellent-ils Mourche, quens de Venise. Il fut chargé, en 1302, d’une ambassade importante à Rome, en compagnie de Gaucher de Chàtillon et de Jehan de Harcourt. Il s’intitule alors «sire Jehan Mouchet, chevalier ». 11 fut encore chargé de missions diplomatiques par Philippe le Bel auprès du roi d’Allemagne et du duc de Brabant. Lu manière d’arguments, Mouche se servait surtout, au cours de ses négociations, de livres tournois, qui disposaient admirablement ces princes besogneux à servir la politique du roi de France. Il accompagna Guillaume de Nogaret à Anagni. Habile financier, Musciato Guidi, loin de conseiller à Philippe le Bel l’altération des monnaies comme le prétend Villani , s’y opposa de tout son pouvoir. Par lettres du 29 avr. 1303, Philippe le Bel accorda aux trois frères Mouchet, Bichet et Nicole Guidi, le monopole de l’exploitation des laines. Mouche et Biche étaient morts à la date de mars 1309 (v. st.) ; nous voyons alors leur frère Nicole hériter de leur fortune. L’une des tours du Louvre s’appela longtemps la tour Mouche et Biche.

Frantz Funck-Brentano.

Bihi.. : Villani, Hist. florentine, publ. par MuRATORi,dans Rerum ital. scriptores , t. XIII. — Tables de Rob. Mignon, publ. dans le Recueil des Historiens des Gaules et de la France (D. Bouquet), t. XXI. — E. Renan, Hist. litt. de la France, t. XXVII, pp. 243-86. — Frantz Funck-Brentano, Relations de la France avec l’Angleterre, sous le règne de Philippe le Bel, dans la Rev. historique, 1889, t. XXXIX, pp. 32(3-48. — C Piton, les Lombards en France elà Paris ; Paris, 1892, in-8.

GUIDO da Como, sculpteur italien (V. Como). GUIDO d’Arezzo (en latin Aretinus), célèbre inventeur d’une méthode d’enseignement musical, né à Arezzo (Toscane ) vers 990. On n’est pas tout à fait d’accord sur le lieu et la date de sa mort : une opinion assez probable est qu’il mourut au couvent d’Avellano, où il était prieur de l’ordre des camaldules, le 17 mai 1050. Guido d’Arezzo jouit, dans l’histoire de la musique, d’une très grande réputation qui tient plus aux découvertes qu’on lui a attribuées à diverses reprises qu’à celles dont il est l’auteur. De tous les auteurs de musique du moyen âge, il est celui dont les ouvrages se sont le plus répandus ; presque toutes les grandes bibliothèques en contiennent des copies manuscrites. Les principaux renseignements que l’on possède sur sa vie sont contenus dans deux lettres qu’il écrivit à Theobald, évêque d’Arezzo de 1023 à 1036, et à un certain Michel, son ami, moine bénédictin de l’abbaye de Pompose, près de Ferrare. Gui d’Arezzo, moine bénédictin de l’abbaye de Pompose, s’y fit remarquer bientôt par ses connaissances en musique et chant ecclésiastique qu’il fut chargé d’enseigner. Ayant remarqué combien l’absence de méthode pour l’enseignement du chant d’église était fâcheuse et rendait les études pénibles et longues, il imagina une méthode pour suppléer à cette insuffisance. Il établit, dans son couvent, une école pour y appliquer sa méthode à l’enseignement des novices, et le succès fut tel (on apprenait, en quelques mois, ce qui auparavant demandait des années) que le nom de Guido se répandit dans toute l’Italie. Les moines de son couvent, jaloux de son succès, l’obligèrent à quitter le couvent ; il voyagea, se plaignant beaucoup de son exil, et se retira à Arezzo dans un couvent de bénédictins : c’est là qu’il reçut un message du pape Jean XIX, qui avait entendu parler de la méthode de chant et de sa notation musicale et qui l’engageait à venir à Home. Guido se décida avec peine ; enfin, il alla présenter son Antiphonaire au pape ; celui-ci fit aussitôt l’expérience de la méthode et se trouva, en quelques minutes, en état de trouver le ton d’une antienne et de la chanter. Très frappé de cette invention, il chercha vainement à retenir le moine à Rome. Celui-ci qui avait pris les fièvres n’y consentit pas ; il avait retrouvé, dans cette ville, son abbé