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GUNNLAUG — GUNTHER

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Carolus Jonœus et Odd Snorrason, moine au couvent de Thinge)ré, et il écrivit en latin, d’après Are Frôdé et beaucoup de traditionnaires, une Histoire d’Olaf Tfyggvason, qui est perdue, niais qui a été tondue dans la grande saga de ce monarque. Son poème en islandais sur les Prédictions de Merlin a été édité et traduit en danois dans Annaler for nordisk Oldkyndighed, année 1849 (Copenhague, in-8). B-s.

GUNNUUGSSON (V. Bjoern).

G U N S (en magyar Koszeg) .Petite ville de Uongrie,comitat de Soprony, sur la Giins ou Gyœngiœs, affluent du Raab. Ses 7,300 hab. sont Allemands pour la plupart. Les remparts de G uns et sa situation près de la frontière d’Autriche lui valurent l’honneur d’un siège héroïque, lorsqu’en 1832 Jurisics repoussa les Turcs.

GUNTER (Edmund), mathématicien anglais, né dans le Herefordshire en 1581, mort à Londres le 10 déc. 1626. Il se destina d’abord à l’état ecclésiastique, prit même les ordres, mais se passionna pour l’étude des sciences exactes et se lit élire en 1619 professeur d’astronomie au Gresham Collège de Londres. Il a collaboré aux tables de logarithmes de Driggs (V. ce nom). Il a inventé plusieurs instruments géométriques dont on trouvera la description dans la cinquième édition de ses œuvres, donnée par W. Leybourne (Londres, 1673, in-4), et dont le plus connu est l’échelle logarithmique qui porte son nom (V. Arithmomètre, t. III, p. 957). Il a enfin, le premier (1622), constaté la variation annuelle de la déclinaison magnétique. L. S. Bibl. : J.-F. Montucla, Histoire des mathématiques ; Paris, an VII, t. II, p. 23, in-4.

GUNTER (Archibald-Clavering), romancier anglais, né à Liverpool le 25 oct. 1847. Après avoir fait ses études en Angleterre et à l’University Collège de San Francisco, il fut d’abord ingénieur des mines, puis se rendit à New York en 187J et écrivit des romans et des pièces de théâtre. En 1889, il fit représenter Two Nights in Itoma, puis donna successivement Aflcr the Opéra, Deacon’s Daughter, Mr. Potter du Texas, etc. Ce dernier ouvrage eut un très grand succès de librairie et fut traduit en plusieurs langues. Parmi les romans de M. Gunler ayant eu aussi beaucoup de succès, il faut citer lhat Frenchman, dont l’entrée en Russie fut interdite parle tsar, en raison des détails qu’il renfermait sur la police secrète ; Mr. Darnes et Miss fiobody of Nowhere.

GUNTHER, archevêque de Cologne (850), mort en Italie en 875. C’est lui qui prononça le divorce de Lothaire II et de sa femme Teutberge. Déposé par le pape, il conserva néanmoins ses fonctions jusqu’à la soumission de son roi (869) (V. Lothaire II).

GUNTHER, poète latin du xn e siècle. Dans sa jeunesse il vivait à la cour impériale d’Allemagne, où il était le précepteur du prince Conrad, fils de Frédéric Barberousse. Vers 1215, il entra au couvent des cisterciens de Pairis, dans le val d’Orbey (Haute-Alsace). Il est l’auteur de deux poèmes épiques : l’un, intitulé Solymarius, sur la première croisade, est perdu ; il n’en existe qu’un fragment découvert en 1876 par M. Watlcnbach dans une bibliothèque scolaire de Cologne ; l’autre, un poème en dix livres, est consacré à célébrer les hauts faits de Frédéric Barberousse dans le N. de l’Italie et porte le titre de Ligurinus. Il fut découvert au commencement du xvi e siècle par Conrad Celtes (V. ce nom) au couvent d’Ebrach et publié en 1507 à Augsbourg. Ce poème, composé vers 1187 d’après les Gesta Friderici d’Otto de Freising, attira bientôt l’attention des amateurs de belle latinité, eut beaucoup d’éditions avec ou sans commentaires et pendant longtemps fut lu comme livre classique dans les écoles des humanistes. A cette époque on ne connaissait point encore l’auteur ; on le nommait Ligurinus. Ce n’est qu’en 1694 que Caveus attribua le Ligurinus à Gunther de Pairis ; mais en 1737, Senkenberg révoqua en doute l’authenticité de l’ouvrage et le considéra comme une falsification de Celtes ou d’un autre humaniste. Cette hypothèse fut renversée d’une manière définitive par M. Gaston Paris et M. Pannenbrog, qui, en 1870, simultanément et d’une façon absolument indépendante, démontrèrent l’authenticité du Ligurinus, cependant sans l’attribuer au moine de Pairis. Gunther écrivit d’après les récits de Martin, abbé de Pairis, une llistoria Conslantinopolitana. Cette histoire de la quatrième croisade, dont elle peut être considérée comme une source importante, puisque l’abbé Martin y avait pris part, fut publiée par Canisius en 1604. Migne le reproduit au t. CCXII de sa Patrologie ainsi qu’un traité De Oratione, de jejunio et de eleemosynis que Gunther parait avoir composé vers la fin de sa vie et qui avait paru à Baie en 1507. Une bonne édition du Ligurinus a été entreprise, en 1812, par Dumge, professeur à Heidelberg. L. W. Bidi.. : Gaston Paris, Dissert. crit. sur le poème latin du Ligurinus ; Paris, 1872. Revue critique, 1873, 32-38 ; 1883, 310. — Pannenurog, Ueber den Ligurinus, dans Forschungen zur deutschen Gesch., vol. XI, 161-300. — Du même, Magisler Guntherus u. seine Schriften, ibid., vol. XIII, 225-234. — Du même, Noch einmal Magister Guntherus, ibid., vol. XIV, 185-206. — Du même, Die Verse in iler Hist. Constanlinop. u. der Dichter des Ligurinus, ibid., vol. XIX, 611-624. — Du même, Der Verfasser des Ligurinus ; Gœttingue, 1883. — Wattenbach, Deutsch-Innds Gcschichtsquellen im Mittelalter, vol. II, 218-221, 4° éd. — Du même, Die Ehrenreltung des Ligurinus, dans Histor. Zeitschr., XXVI, 386-400. — Riant, Historia Constantinopolitana ; Genève, 1877. — Theodor Vulpinus, Giïnthers von Pairis Historia Constanlinop., dans Jahrb. des Vogesen-Clubs,V . 1-56. — Der Ligurinus Gunlhers von Pairis, deutsch von Theod. Vulpinus ; Strasbourg, s. d. GUNTHER, dit de Schwarxburg, prétendant au trône d’Allemagne, né en 1304, mort le 18 juin 1349. Vaillant guerrier, il combattit au service de l’empereur Louis et de son fils, le margrave de Brandebourg. La faction des Wittelsbach le choisit pour l’opposer à Charles et l’élut roi des Romains, à Francfort, le 30 janv. 1349. II ne put résister à son rival ; vaincu et assiégé dans Eltville, il abdiqua le 20 mai 1349 en échange de 20,000 marcs d’argent et mourut trois semaines après. Il fut enseveli dans la cathédrale de Francfort.

Bibl. : Utterodt, Gunther, Graf von Schwarzburq ; Leipzig, 1862.

GUNTHER (Johann-Christian), poète allemand, né à Striegau, en Silésie, le 8 avr. 1695, mort à Iéna le 15 mars 1723. Son père était un pauvre médecin de village ; un ami de la famille le reçut dans sa maison à Schweidnitz, et lui fit faire ses premières études. Il se rendit ensuite à Wittenberg et à Leipzig, pour étudier la médecine ; mais il ne prit jamais son diplôme de docteur. Un amour contrarié le découragea d’abord ; son humeur hautaine acheva de le perdre, et il erra enfin de ville en ville, offrant ses vers pour du pain. Ses poésies furent publiées, après sa mort, en trois recueils (Francfort et Leipzig, 1724, 1725 et 1727), et eurent ensuite de nombreuses éditions. Mais son génie ne fut réellement reconnu qu’au xviu e siècle ; Goethe l’appelle un poète dans toute la force du terme, ayant de la sensibilité, de l’imagination, le don de l’expression et le sentiment de l’harmonie {Wahrheit und Dichtung, 1. VII). Une édition nouvelle des poésies de Gunther, avec une introduction , a été donnée par Tittman (Leipzig, 1874). A. B.

Bibl. : Heinrieh Hoffmann (von Fatlersleben), Johann Christian Giinther , ein litterarhistorischer Versuch ; Breslau, 1832. — Otto Hoquette, Leben und Dichlen J. Chr. Gunlhers ; Stuttgart, 1860. — K. Wittig, Neue Entdeckungen zur Biographie des Dichters J.-Chr. Gunther ; Striegau, 1881.

GU NTH ER (Anthon), philosophe etthéologien autrichien, né à Lundenau (Bohème) le 17 nov. 1783, mort à Vienne le 24 févr. 1863. Ordonné prêtre en 1820, il s’établit à Vienne. L’Eglise rejette son système et il se soumet. Sa doctrine est une curieuse conciliation du christianisme et de la philosophie de Hegel. Il suit la méthode dialectique de Hegel, mais oppose au panthéisme de son maitre un dualisme ou Dieu est en opposition (contruposition) avec le monde. Comme Hegel, il prétend unir philosophie et théologie. La liberté de la recherche est absolue. Les mystères