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LATRINES

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atv le lavande chute, suivant le système de lunette employé pour remplacer le siège (V. Lunette). Dans les campagnes, les cabinets d’aisances sont a peu près inconnus, à cause de la répugnance que le paysan éprouve à utiliser les matières fécales comme entrais. Il est, en outre, très difficile de trouver des ouvriers qui retirent les matières des fosses d’aisances lorsqu’elles y ont été déposées. Il y a donc lieu de rechercher quels sont les moyens les plus commodes pour le fermier d’arriver a faire exécuter cette besogne par ses propres ouvriers. On a proposé plusieurs solutions, soit qu’on veuille employer les matières à l’étal liquide, soit qu’on les fasse absorber par les terres ou par les fumiers de ferme, ou bien encore que les liquides soient recueillis à part et les matières solides converties en poudrette. Le procédé le plus simple consiste dans l’établissement d’une fosse creusée en terre avec une profondeur de 1 m. à l m o0. Un abri serait plaoé pour les gens de la ferme à l’une des extrémités, le reste étant recouvert de planches. On jetterait de temps en temps des terres dans la fosse, destinées à absorber les matières ; puis ces lerres seraient retirées pour être transportées dans les champs comme engrais. Au besoin, on garnirait le fond et les parois de cette fosse de revêtements en maçonnerie hydraulique. Les fosses mobiles, qui sont d’un usage fréquent à Paris, pourraient être adoptées dans les campagnes. L’appareil se composerait d’un tonneau en bois fort, percé, sur l’un de ses fonds, d’une ouverture que l’on ferme au moyen d’un tampon lors de l’enlèvement. Ce tonneau, placé au-dessous d’un siège d’aisances, reçoit la matière par un tuyau comme le montre la fig. 1 ; ce tuyau est pourvu à Fig. 1.

la partie inférieure d’un manchon de U m "J.’i à m 30 qui lui forme enveloppe et peut glisser sur une longueur de m 20 à m 25, de manière à pouvoir descendre jusqu’à l’ouverture, qu’il recouvre entièrement de façon à ce que les matières s’écoulent sans épanchement. Quand le tonneau est plein, on fait remonter le manchon pour faciliter l’enlèvement. Il suffit de deux tonneaux d’un hectol. chacun, avec enlèvement tous les quinze jours, pour une ferme de dix personnes. La fig. "2 montre l’installation complète du cabinet. Le tonneau, placé dans une fosse peu profonde, est supporté par deux barres de fer maintenues en travers d’une cuvette en maçonnerie hydraulique, destinée à recevoir les liquides qui pourraient s’épancher et à en empêcher la lill ration. Dans les campagnes, on peut simplement poser le tonneau sur deux traverses de bois. Dans le cas d’un cabinet construit à part, comme cela se présente fréquem-

ment dans les ha- ^,

bitations agricoles,

on pourrait élever

le siège et le pour-

voir de quelques

marches, afin que

le tonneau soit

placé au niveau du

sol et puisse êlre

plus facilement en-

levé, ce qui est im-

portant, eu égard

à la mauvaise vo-

lonté que montre le

cultivateur quand il

s’agit d’employer

ces matières. Voici

un autre mode de

construction très

simple, qui permet

d’éviter tout transport immédiat des matières fécales et de les mélanger aisément aux fumiers d’étable de manière à lés améliorer. La fosse des fumiers étant munie d’une citerne à PU

Fïg. 3.

purin, on place le cabinet d’aisances près de cette citerne, de manière à ce que les matières viennent se mélanger au purin (fig. 3). Toutefois, au moment de l’emploi de ces liquides, il faut ajouter une assez grande quantité d’eau et remuer fortement toute la masse. Ces liquides servent à l’arrosage des fumiers. Toute cette construction doit être exécutée en bonne maçonnerie hydraulique. On donne aussi le nom de cabinets d’aisances ou waterclosets à des locaux spéciaux, disposés dans les gares et stations du chemin de fer pour l’usage des voyageurs et qui sont tantôt isolés, tantôt attenant au bâtiment principal. Ces watcr-closets comprennent des cabinets distincts pour les deux sexes, situés dans des pièces séparées l’une de l’autre ot ayant chacune une entrée particulière. La partie réservée aux hommes contient, outre les cabinets fermés, un certain nombre d’urinoirs ainsi que le montre la fig. 4, qui représente le plan et la coupe d’un de ces établissements. La pièce est rectangulaire et construite au-dessus de la fosse qui reçoit directement les matières provenant des lunettes et les liquides des urinoirs. Ceuxci sont au nombre de cinq et forment des petites stalles de l m 50 de hauteur, m (>l de largeur et m 45 de profondeur. Les séparations et les parois, jusqu’à une certaine