Page:Landry, L’intérêt du capital, 1904.djvu/60

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empêche que les capitaux soient avancés à moins de l’assurance d’une plus-value. En un certain sens, cependant, nous sommes en droit de dire que nous avons trois causes : tantôt, en effet, c’est parce qu’une diminution des besoins empêche l’équilibre de la consommation que la capitalisation, aggravant ce défaut d’équilibre, est en elle-même fâcheuse ; tantôt c’est parce qu’il y a accroissement des ressources que la capitalisation est encore fâcheuse, et de la même manière ; tantôt enfin, au lieu d’aggraver, la capitalisation crée le défaut d’équilibre de la consommation. Pour la commodité de l’exposition, je dirai désormais, parlant de ces trois causes : la diminution des besoins, l’accroissement des ressources et le sacrifice capitalistique[1].



  1. Je ne dis rien ici des combinaisons possibles de ces causes, des combinaisons qui peuvent avoir lieu, encore, des hypothèses où la capitalisation est fâcheuse et de celles où elle est avantageuse. J’y viendrai plus loin au chap. V, §§ 66 et suiv.
    Comment les auteurs ont-ils parlé des questions que je viens de traiter ? Böhm-Bawerk, celui des économistes à coup sûr qui a apporté le plus de soin à l’élaboration de sa théorie de l’intérêt, parle de la variabilité du rapport des ressources aux besoins (II, pp. 262-266) comme d’une des causes qui donnent naissance à un agio en faveur des biens présents, autrement dit qui donnent naissance à l’intérêt, Et il a des remarques comme la suivante (p. 285), que la production ne peut pas être dirigée tout entière vers la satisfaction des besoins futurs, que si l’on venait à capitaliser trop, le rapport nouveau qui s’établirait entre les ressources et les besoins déterminerait un courant inverse, et modérerait la capitalisation. — Je ne représenterai pas ici qu’il vaut mieux faire de la variation des ressources et de celle des besoins deux phénomènes distincts que de parler comme Böhm-Bawerk, de la variation du rapport des ressources et des besoins. Mais j’adresserai deux critiques, sur le sujet qui nous occupe, à Böhm-Bawerk :
    1° parlant du rapport des ressources aux besoins, il paraît compter dans les ressources présentes les revenus, et non pas, ainsi qu’il faut faire, tout l’avoir (voir plus haut, § 21);
    2° il n’a pas distingue de ces variations du rapport des ressources aux besoins qui, existant déjà par elles-mêmes, rendent la capitalisation