Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1879, tome 2.djvu/534

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CHAPITRE III

Le matérialisme théorique dans ses rapports avec le matérialisme moral et avec la religion.


Caractère des attaques ordinaires contre la religion. — Prédominance du principe de l’entendement. — Plans d’une nouvelle religion. Nouvelle hiérarchie de Comte. — Les connaissances relatives à la science de la nature ne doivent pas être traitées ecclésiastiquement, mais seulement d’une façon purement laïque. — Ce n’est pas l’instruction morale qui fait la religion, c’est l’émotion tragique communiquée à l’âme. — Notre culte de l’Humanité n’a pas besoin des formes religieuses. — Ce que le matérialisme ferait de plus logique serait de rejeter entièrement la religion. — Examen de la connexion entre le matérialisme moral et le matérialisme théorique. — Développement du matérialisme chez Ueberweg. — Son point de vue antérieur. — Nature matérialiste de sa psychologie. — Sa téléologie. Sa conscience de la faiblesse de cette téléologie. — L’existence de Dieu. — Il passe au matérialisme ; preuves que l’on en trouve dans ses lettres à Czolbe et à l’auteur. — Doutes sur l’athéisme que Czolbe prête Ueberweg. — Conséquences morales de sa conception de l’univers. — Ses rapports avec le christianisme. — David Frédéric Strauss. Sa dernière et définitive conception de l’univers est essentiellement matérialiste. — Son matérialisme est correct et logique. — Strauss est superficiel quand il discute les questions sociales et politiques. Ses tendances conservatrices. — Il rejette les caractères spécifiques de la morale chrétienne. Optimisme. Blâme du culte des communautés libres. — Insouciance relative au peuple et à ses besoins. — Les classes riches penchent vers le matérialisme. — Les socialistes. — Notre civilisation est menacée d’être renversée.


Le matérialisme de l’antiquité, parvenu à sa maturité, fut immédiatement et ouvertement dirigé contre la religion, dont Lucrèce regardait le complet anéantissement comme l’œuvre la plus importante de l’humanité. Le matérialisme des temps modernes décèle souvent la même tendance, mais elle ne se