Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1879, tome 2.djvu/637

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NOTES DE LA DEUXIÈME PARTIE


1 [page 146]. Nous reproduisons ici un passage de la première édition qui a dû, dans le texte, céder la place à une exposition plus rigoureuse de la marche des idées et aux nouveaux matériaux dont nous avons à parler ici. Je disais, relativement au fait de la formation d’une Faculté spéciale des sciences de la nature :

« Les anciennes Facultés se formèrent assez rapidement après la naissance de l’Université de Paris, dont l’organisation servit de modèle à l’Allemagne. Elles ont chacune les rapports les plus intimes avec une profession pratique déterminée, car la Faculté philosophique ne forma un tout spécial qu’après qu’elle se fut détachée des trois autres. Elle resta la Faculté générale à l’égard des trois autres Facultés spéciales et fut consacrée en partie à la préparation commune des études spéciales, en partie à la science libre. Toutes les sciences nouvellement créées lui échurent naturellement en partage, à moins qu’elles ne se rattachassent, par les liens les plus étroits, à l’une quelconque des trois autres Facultés. Si le principe primitif de la formation des universités avait conservé sa vitalité, plusieurs Facultés nouvelles se seraient peut-être déjà formées exactement sur le modèle des premières, comme, par exemple, une Faculté des finances, une de pédagogie et une d’agronomie. En soi, il n’y a pas d’objection à faire à la formation d’une Faculté nouvelle d’après un principe nouveau ; nous tiendrions seulement à constater qu’il en est ainsi ; puis nous examinerions de plus près le nouveau principe. Nous avons sous les yeux une véritable guerre entre les Facultés, et certes la philosophie y joue le plus triste rôle. Les médecins proposent d’abord l’érection d’une Faculté des sciences de la nature. Les naturalistes veulent tous s’arracher des bras maternels de la Facultas artium. Ceux qui ont été jusqu’ici leurs collègues ne veulent pas les abandonner ; c’est une véritable guerre d’émancipation ! On conçoit qu’un philologue, renfermé dans ses études spéciales, se laisse entraîner trop loin par le désir d’une certaine unité dans la formation des professeurs futurs ; mais un véritable