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SOUVENIRS POLITIQUES

voix ! Ce n’était pas ce que l’on peut appeler une majorité écrasante : elle me permit cependant de siéger pendant toute la durée du parlement. Ma victoire fut pour moi une surprise aussi grande qu’elle le fut pour mes amis politiques. J’avais vaincu M. Valin, l’ami de Sir Hector Langevin, le protégé de l’hon. Thos McGreevy qui à ce moment disposait d’une immense influence à Québec. On hésita fort à croire à ma victoire. Le soir de l’élection je fus compté au nombre des morts ! J’étais ce soir là à St-Joachim chez M. Alfred Fillion, entouré de tous mes amis les plus dévoués qui avaient accompli un travail énorme pour assurer le succès. Quand les résultats des différents polls nous furent connus ; quand il fut bien constaté que j’étais battu, le père Fillion se mit à pleurer et son exemple fut contagieux. J’ai rarement assisté à une scène plus émouvante : je me demandais comment j’avais pu être vaincu avec des partisans aussi dévoués. Je me sentais ému non pas tant de ma défaite — hélas ! ce n’était pas la première — comme du chagrin qu’elle causait à toutes ces braves gens.

C’est un pur hasard qui m’apprit le lendemain matin que j’avais gagné l’élection. Un électeur de la paroisse de St-François de l’Ile d’Orléans, un de mes partisans, se rendant à la Baie St-Paul avait pris le déjeuner chez M.