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SOUVENIRS POLITIQUES

Au commencement de décembre 1877 tout respirait le plus grand calme dans notre atmosphère politique. On ne soupçonnait guère que la session de la législature qui fut ouverte le 19 décembre serait remplie d’événements aussi importants ; personne, surtout, pouvait prévoir qu’elle allait se terminer par un cataclysme comme celui qui a marqué sa fin. Rien, au début ne faisait présager l’orage qui éclata et qui amena la chûte du gouvernement De-Boucherville. La harangue officielle prononcée par le Lieutenant-Gouverneur Letellier avait été parfaitement anodine. Elle s’apitoyait sur la crise commerciale qui sévissait alors elle cherchait à nous consoler de ce malheur en nous rappelant les abondantes moissons qui avaient couvert nos champs. Le parti conservateur commandait dans les deux chambres une majorité qui semblait le mettre à l’abri de tout péril. L’opposition dirigée par M. Joly de Lotbinière était peu nombreuse, mais elle remplissait son rôle constitutionnel avec vigueur et talent.

C’est au commencement de cette session que M. J.-I. Tarte, qui devait dans la suite jouer un rôle politique si considérable, entra pour la première fois dans notre enceinte parlementaire. Il venait d’être élu dans le comté de Bonaventure avec l’appui du clergé, comme porte-étendard du parti ultramontain. On