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[Lect. VII.]
INDE. — POÉSIE LYRIQUE.

nos hymnes. Sa tête est arrosée par la cuiller (sainte).

4. La face d’Agni est couverte du miel de la libation. À notre voix, il fait éclater ses trésors.

5. Ô toi qui portes l’holocauste, tu es chanté et allumé par les Dévas. C’est toi que les mortels invoquent.

6. Ô mortels, honorez avec le beurre (sacré) l’immortel Agni, le maître indomptable de la maison.

7. Ô Agni, brûle le Rakchasa de ton invincible rayon. Brille, gardien du Sacrifice.

8. Ô Agni, que ta bouche dévore les malfaisantes Rakchasîs. Resplendis au milieu des Ouroukchayas.

9. Les enfants d’Ouroukchaya t’ont chanté, ô (Dieu) digne de tous nos hommages. Ils ont, au milieu des enfants de Manou, allumé les feux de celui qui porte l’holocauste.


HYMNE XIV.
À Indra. — Richi : Indra.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. (Indra parle.) Oui, telle est ma pensée : je veux donner les vaches et les chevaux. Je suis enivré de soma.

2. De même que les vents remuent (les arbres), ainsi ces breuvages m’agitent. Je suis enivré de soma.

3. Ces breuvages m’agitent, de même que des chevaux rapides (emportent) un char. Je suis enivré de soma.

4. La Prière est venue à moi, comme la vache vers son nourrisson. Je suis enivré de soma.

5. De même que le charron façonne son char, de même je réalise le vœu de la Prière. Je suis enivré de soma.

6. Les cinq espèces d’êtres ne m’ont-ils pas donné de (nouveaux) yeux, de (nouveaux) pieds ? Je suis enivré de soma.

7. Le Ciel et la Terre ne m’ont-ils pas ajouté une aile de plus ? Je suis enivré de soma.

8. Je suis plus grand que le ciel, que cette terre (que l’on dit) grande. Je suis enivré de soma.

9. Allons ! je veux serrer la Prithivî[1] (céleste) des deux côtés. Je suis enivré de soma.

10. Oui, je veux brûler Prithivî, je veux la frapper des deux côtés. Je suis enivré de soma.

11. Une de mes ailes touche au ciel ; l’autre traîne en bas. Je suis enivré de soma.

12. Je suis entouré de splendeur ; je m’élève au-dessus de l’air. Je suis enivré de soma.

13. Orné (par le sacrifice), je viens prendre l’holocauste que je porte aux Dieux. Je suis enivré de soma.





LECTURE SEPTIÈME.
HYMNE I.
À Indra, par Vrihaddiva, fils d’Atharwan.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ce fut un grand bonheur pour les mondes que la naissance de ce dieu fort et redoutable. À peine est-il né qu’il détruit ses ennemis, et qu’il fait la joie des (saints personnages) qui l’assistent.

2. Il croît en force et en puissance, et se montre l’adversaire terrible du Dasyou. Il purifie les êtres animés et inanimés. (Ô Dieu), les offrandes et les libations enivrantes viennent vers toi.

3. Les deux[2] maîtres (du sacrifice), secondés par ces pieux ministres, augmentent ta vigueur. Pour prix de nos douces (offrandes), donne-nous la douce (richesse), et la (paternité) plus douce encore. Prends le miel (de nos libations), et, charmé (de nos breuvages), va combattre.

4. Les sages t’enivrent de leurs agréables boissons, ô toi qui sais conquérir l’opulence. (Ô Dieu) vainqueur, développe, consolide tes forces. Que les génies malfaisants ne triomphent point de toi.

5. Qu’avec toi nous frappions (l’ennemi) dans les combats ; que l’on nous voie couverts de ses dépouilles. Par la prière j’appelle tes coups ; par le sacrifice j’aiguise (tes traits qui donnent) l’abondance.

6. (Je chante) la gloire de ce maître souverain qui revêt des formes (brillantes), et qui est le premier des biens. Il attaque avec vigueur les sept (Asouras) qui gardent (les ondes), et soumet à ses lois l’armée des nuages.

  1. J’ai pensé que Prithivî devait ici s’entendre du nuage.
  2. Ce sont ou les deux époux, ou le père de famille et le prêtre. On peut entendre encore : par le double moyen des libations et des hymnes.