Page:Lao-Tseu - Le livre de la voie et de la vertu - traduction Stanislas Julien, 1842.djvu/14

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Je ne puis me défendre d’un sentiment de crainte en publiant, pour la première fois, la traduction complète de cet ouvrage mémorable qu’on regarde avec raison comme le plus profond, le plus abstrait et le plus difficile de toute la littérature chinoise. Une autre considération vient accroître encore ma juste inquiétude : c’est de me voir en désaccord, sur la portée de ce livre, avec quelques savants missionnaires, les PP. Prémare, Bouvet et Fouquet, et avec l’un des plus habiles sinologues de notre temps, M. Abel-Rémusat. Cet ingénieux écrivain a publié, sur Lao-tseu et sa doctrine, un mémoire[1] qui a produit une vive sensation en Europe, mais dont l’examen approfondi du Tao-te-king et de ses commentaires ne me permet pas d’admettre les curieuses conséquences.

M. Rémusat ne s’était pas dissimulé les obstacles que pré-

  1. (397 avant J. C.) Son ouvrage, qui a 4 vol. traite principalement des peines et des lois.
    VII. Hoaï-nan-tseu, philosophe chinois qui incline vers la doctrine des Tao-sse. C’est le plus ancien des écrivains de l’école appelée Thsa-kia, c’est-à-dire de l’école des polygraphes. Il était petit-fils de l’empereur Kao-ti, fondateur de la dynastie des Han. Il florissait sous l’empereur Hiao-wen-ti, qui régna entre l’an 179 et 156 avant J. C. Il avait été nommé roi de Haï-nan (dans la province actuelle de Ngan-hoeï). Ses ouvrages forment 6 vol.
    VIII. Yang-tseu, philosophe de la secte des lettrés. Il vivait sous l’empereur Tching-ti, qui régna depuis l’an 32 jusqu’à l’an 7 av. J. C. Sou ouvrage, intitulé Fa-yen, forme 2 vol.
    IX. Wen-tchong-tseu, philosophe de la secte des lettrés. Quelques auteurs chinois le regardent comme un disciple de Meng-tseu. Son ouvrage forme 1 vol.
    X. Ho-kouan-tseu, philosophe Tao-sse. Il était originaire du pays de Thsou. Il était, dit-on, contemporain des philosophes Yang-tchoa et Me-ti, que Meng-tseu combat dans plusieurs endroits de son livre, et dont la doctrine était regardée par l’école de Confucius comme hétérodoxe et dangereuse. Son ouvrage forme 1 vol. Les éditeurs y signalent de graves lacunes et de nombreuses incorrections qui tiennent à l’état de mutilation dans lequel il est parvenu jusqu’à nous.

  2. Mémoire sur la vie et les ouvrages de Lao-tseu, inséré dans le tom. VII des Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. — On peut voir aussi les Mélanges asiatiques de M. Rémusat, I° série, tom. I, pag. 88-99.