Page:Lao-tseu traduit par Jules Besse.djvu/87

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jour où l’on pensa que la Terre a autre chose à faire qu’à être indéfiniment paisible, on commença à craindre qu’elle ne fût sujette à des perturbations. Du jour où l’on pensa que le génie a autre chose à faire qu’à laisser faire ses organes, on commença à craindre qu’il ne se dissipât. Du jour où l’on pensa que le vide a un autre effort à faire que de se laisser remplir, on commença à craindre qu’il ne fût las. Du jour où l’on pensa que les hommes ont autre chose à faire qu’à se laisser vivre, on commença à craindre qu’ils ne s’éteignissent. Du jour où l’on pensa que les rois et les feudataires peuvent être de hauts et puissants princes sans être nécessairement pour cela des modèles, on commença à craindre qu’ils ne fussent renversés.

Voilà pourquoi l’origine du noble est à chercher dans l’idée du vil. Voilà pourquoi l’origine du haut est à chercher dans l’idée du bas.

Voilà pourquoi quand les rois et les