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AUB AUB AUB AUB

ATZEL ou ETZEL. Telle serait, suivant quelques érudits allemands, la forme primitive du nom d’Attila. Rien n’est moins certain d’ailleurs que cette assertion, qui se fonde sur certains passages des Niebelungen et autres poëmes germaniques.

AU pl. AUX. Art. contr. m. au sing., des deux genres au pl. (ô). A le, à les. Tourner au noir. Marcher au hasard. Jouer aux osselets, aux billes. Déférer au sentiment de son supérieur. (Acad.) Tout cédait au charme secret de ses entretiens. (Boss.) Aux patriciens appartenaient les emplois, les commandements, les dignités. (Boss.) Le ciel mesure ses faveurs au mérite des hommes. (Th. Corn.) Le soldat doit toujours être prêt à partir gaiement au premier coup de tambour. (Raynal.) De la philosophie à l’impiété, il y a aussi loin que de la religion au fanatisme. (Dider.)

On souffre aux entretiens ces sortes de combats.

MOLIÈRE.

Ne faites point parler vos acteurs au hasard.

BOILEAU.

Force par ta vaillance Le monarque au pardon, et Chïmène au silence.

CORNEILLE.

Aux petits des oiseaux il donne leur pâture,
Et sa bonté s’étend sur toute la nature.

RACINE.

Mon Dieu, donne l’onde aux fontaines, Donne la plume aiu : passereaux, Et la laine aux petits agneaux, Et l’ombre et la rosée aux plaines.

LAMARTINE.

S’emploie popul. pour du : Sauviat atteignait à sa cinquantième année, quand il épousa la fille au vieux Chdmpagnac. (Balz.) || Abusiv, pour différentes prépositions suivies de l’article, telles que par, sur, vers, dans, etc : Punissant aux enfants la faulte des pères. (Montaig.) Qu’on se laisse aisément persuader aux personnes qu’on aime ! (Mol.) Au soir d’une chaude journée d’été, une foule d’insectes bourdonnaient dans l’air, (Sainte-Beuve.)

Je ne me trompe guère aux choses que je pense.

MOLIÈRE.

Nous saurons toutes deux imiter notre mère,
Vous aux productions d’esprit et de lumière,
Moi, dans celles, ma sœur, qui sont de la matière.

MOLIÈRE.

J’approuve la pensée, et nous avons matière
D’en faire l’épreuve première
Aux deux princes qui sont les derniers arrivés.

MOLIÈRE.

— A passé dans notre vieille langue par diverses transformations : Et dist al (au) rei. Chanson de Roi.) Quant vous serez el (au) palais seigneuril. (Chanson de Roi.) Le livre AS (aux) histoires il me montra. (Berthe.) Ils laissèrent aller les voiles AL (au) vent. (Villehardoin.)

Ce fut el (au) temps qu’arbres fleurissent, Foillent, bocages et prés verdissent, Que cist oisel en loi— latin Dolcement chantent al (au) matin.

Roman d’Erée et Enide.)

Sert à former un grand nombre de locutions adverbiales ou prépositives que l'on trouvera au mot principal. Au dedans, au dehors, au delà, efc. (V, DEDANS, DEHORS, DELÀ.) Au mieux, au naturel, au pis, etc. (V. MIEUX, NATUREL, PIS, etc.)

Gramm. Pour exprimer la destination spéciale d’un objet, on en fait très-souvent suivre le nom d’un complément précédé de au ou de à ; mais les deux locutions ne sont pas abso¬ lument identiques". Au indique la nature ou l’espèce de l’objet dont il précède le nom, et signifie, selon les cas, pour le, fait avec du, ou qui contient des, qui fait des, ou s’occupe de : Pot AU noir, Pot pour le noir. Bouillon AUX herbes, Bouillon fait avec des herbes. Sauce AUX câpres, Sauce qui contient des c⬠pres. La vieille AUX chansons^ La vieille qui fait ou chante des chansons. A, sans article, indique plus particulièrement la destination ou les fonctions, et signifie pour du : Un pot A beurre, Un pot pour du beurre, pour contenir du beurre. Un métier A bas, Un métier pour des bas, pour faire des bas. Une pierre A ra¬ soir, Une pierre pour des rasoirs, pour repas¬ ser des rasoirs. On voit donc que le sens de au a plus d’étendue que celui de à ; mais, dans le cas où au signifie pour le, il ne se distingue de à que par des nuances fort difficiles à saisir dans la pratique. On peut dire cependant d’une manière assez générale que au se rapporte à l’usage du même objet pris dans un sens tout à fait indéterminé. LepoÉ AU beurre est un pot destiné à contenir le beurre, et qui le contient en effet habituellement ; un pot A beurre est un pot fait pour contenir du beurre. On peut acheter un pot à beurre vide, on ne saurait acheter un pot au beurre dans les mêmes conditions.

— Homonymes. Aulx, eau, haut, ho ! ô ! ohl os.


, &U pi. AUX. Art. contr. m. au sing., des

—deux.genres au pl.’(ô). A le", à les. Tourner

, , , a patriciens appar-

tenaient îles, emplois, les commandements, les iignitêsi (Boss.) Le ciel mesure ses faveurs au mérite des, hommes. (Th. Corn.) Le soldat doit toujours être prêt à partir gaiement au pj-emier ~coupi.de.'tambour* (Ràynal.) De la philosophie ■à’I impiété, il y aaussi loin que de la religion au fanatisme, tDider.). —.

On souffre aux entretiens ces sorte » de combats.

u,. /lui. -ji 1i —■ ■’.•..-., —. Molière.

Ne faites point parler vos acteurs au hasard.

ai'■:…’.* ■… v^i ; ■’.<.-vForce’par ta vaillance• —i; Lf monarque.au pardon, et Chimène au silence.’

x. il donDe leur pâture,

AUB

Dans le midi de la France, les

donnent avec le galoubet et le tambourin. (Bachelet.)

Quand, le matin, ils m’ont donné l’aubade.

J’ai, sur le soir, encor la sérénade.

Boisrodert.

— Par ext. S’est dit d’une sorte de concert populaire donné en pleine rue, à une heure quelconque de la journée : Autrefois, à Marseille, pendant le mois qui précédait les fêtes de Noël, des bandes de violons jouaient dans les rues les plus beaux airs du temps, et ces concerts, bien que’donnés le soir, s’appelaient aubades. (Bachelet.)

— Ironiq. Vacarme, bruit tumultueux que, l’on fait dans l’intention de molester queli, de lui faire1 une a’

>■ : On lui a sonné

Certaines gens font ui

■ vous venir donner u

.•Aux petits des .. Et ; sa bonté s’é^… ™i, i„^… ^.ult..,

^ v.Moi) Dieu, donne l’onde aux fontaines,

/"-•El la laine aitr petits agneaux, f’"*Et l’ombre et la rosée imi plaines. —’

Lamartine : ■’— S’emploie’popnl. pour du : Sauvial afteighàit à sa cinquantième année, quand il épousa là fille au vieux’Champagnac. (Bàlz.) Il’Abusiv.— pour ; différentes’prépositions’suivies ! de l’article, telles que par,’sur, vers, dans ; etc Punissant Kti enfants la fàulte des pires. (Montaig.) Qu’on se taisse aisément persuader1 Aux personnes qu’on aime ! (Mol.) Av’soir d’une chaud* journéé d’été, une foule d’insectes bourdonnaient dans Voir.’(Sainte-Beuve.) •’-■■■’■■■• •■ " I’’

■ Je ne me trompe guère aux’choses que je pense.,

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diverses transformations : Bt’dist al (au) rei. (Chanson, de >Rol.) Quant vous serez el (au) palais seignenril. (Chanson deRol.jie livre As(aux) histoires il me montra., (Berthe.) Ils laissèrent aller les voiles al (au) tient. (Villehardoin.).. • i., ■., — t >

•Ce fût ef, (au)’temps qu’arbres florissëhl,’’l’

— Eoillent, bocages et prés verdissent, — • ■ f ..Que cist oisel en lor latin…—,

, Dçlcement chantent al (au) mutin.,

,.’’.’(Roman d’Ërèe et Enidé.) 7^ Sert à former un grand nombre de locutions adverbiales "ou’prépositives que l’on troûvr— —’—*— : — : —’

AUB

1700 supprima complètement les droits à’aubaine et de détraction, sans aucune condition de réciprocité. Le système de réciprocité fut de nouveau repris et adopté dans le Code civil (art. 11, 726 et 912). Mais il fut définitivement aboli par la loi du H juillet 1819, qui reconnut aux étrangers le droit de succéder, de disposer et de recevoir de la même manière que les Français dans toute l’étendue du territoire.. Aiii.oin (l’abbé), nouvelle, par Prosper Mérimée. — C’est une série de lettres d’une grande dame, retirée dans son château de Noirmoutiers, a une de ses amies. Elle lui apprend que la seule personne avec qui elle

H principal. Au dedans, a

• — Chacun d’eux pourtant s’éveilla’—’" .’Bien surpris d’une telle aubade. ■■■ ■ •,….— La Fontaine.

il Accueil discourtois, mauvais traitement que. l’on fait subir à quelqu’un:

•Qu’il aille au diable avec sa sérénade, Je vais songer à lui donner l’aubade. • , , ■•■ ■’…,. Heonard. ■ •

« — Art ; mil. Fanfare sonnée par les clairons.et • d’autres instruments militaires, devant la porte d’un officier supérieur auquel

I on veut faire honneur, le premier jour de I l’an; ou— dans toute autre circonstance:Lerégiment a donné une aubade à son colonel. Les gentilshommes delà garnison attaquent les doniieurs (2’aubades; (P.-L. Courier.) "’—’Antonyme.’Sérénade. ’à AUB AGE s. m. (ôrba-je — rad. aube,’nom d’un arbre). Tecbn. Planches assez minces dont qn se.sert pour les grands panneaux des lambris, les enfonçures de charrettes, etc. ; — —-AUBAfiNE, ville de France (Bouches-du— I détails ! Rhône), chef-lieu de canton, arrond. et à i " 17 kil ; E. de Marseille, sur la rive gauche de I l’Huveaune et le chemin de fer du littoral de i la Méditerranée ; pop. aggl. 4, ut hab. — i , pop. tôt. 7, 232 hab. Poteries, tanneries ; ré— i

! breuses fabriques de gros draps ; magna— 1

La fondation d’Aubagiie parait remonter à j

[ une époque reculée, ainsi que l’indiquent de ■

; nombreux vestiges de monuments anciens ; ]

toutefois, il est’fait mention de cette ville pour J la* premièréfois dans une charte du xe siècle.

Depuis la fin du xme siècle jusqu’à la fin du ;

xvo ; elle passa sous diverses dominations, et’

fut souvent prise et saccagée ; en 1589, elle I

tomba entre les mains des Ligueurs, qui mas— !

sacrèrent une grande partie des habitants.

À partir de ce moment, les habitations, qui étaient groupées sur un monticule autour du

château’dont on voit les ruines, furent peu à’

peu’abandonnées, de nouvelles maisons s’éle— I

vërerit ; dans la plaine,’au pied de l’ancienne !’

ville, et la ville nouvelle, privée de l’enceinte ! de muraille qui l’enfermait autrefois, prit de Vovto^oUn o.* O*=m>ioii ; t aa quelques édifices,

et qu’elle

soupçonne dén’avoir pris la soutane que par suite de quelque aventure romanesque. Un beau jour, elle finit par découvrir gu’elle ne s’est pas trompée ; et elle s’aperçoit, par la même occasion, que ses nombreuses promenades avec l’abbé Aubain ont fini parfaire germer un grain d’amour dans le cœur du pauvre curé. Aussitôt elle s’empresse de lui persuader que sa cure de Noirmoutiers est indigne de lui et que celle de Sainte-Marie lui conviendrait bien mieux. Elle a un oncle qui est évêque, et auquel elle recommande l’abbé Aubain ; celui-ci, bien malgré lui, est élevé à une cure très-importante. Là cesse la correspondance de M’ie "*, et commence celle de l’abbé Aubain. Il fait part de son élévation en grade à un de ses confrères:il regrette bien un peu d’avoir obtenu ce titre par, faveur, mais, au demeurant, il est enchanté de se voir loin des griffes d’une lionne de la capitale. Fallait-il donc repousser la fortune pour braver le péril ? Pas si sot. Il a un bon fauteuil, et de vieux vin de Bordeaux dans la nouvelle cure ; cela vaut bien ce qu’il avait à Noirmoutiers. — Voilà cette nouvelle ; il n’y a rien de plus, rien de moins ; mais ce que pouvons analyser, c’est la finesse des

esprit du conteur et, par-dessus tout, l’ironie qui, d’un bout à l’autre de ces dix pages; ne tarit pas un seul instant. ’AUBAINAGE s. m. (ô-bè-na-je — rad. aubaine)..Jurispr. anc. Exercice du droit d’aubaine.

AUBAINE s. f. (ô-bè-ne — rad. aubain). Ane. jurispr. Droit en vertu duquel la succession d’un étranger non naturalisé était attribuée au souverain : /.’aubaine appartenait au roi. (Acad.) I ! On dit droit d’aubaine dans le même sens : Le droit d’aubaine n’est absolument supprimé que depuis 1819. Dans ce temps-là s’établirent les droits insensés d’aubaine et de naufrage. (Montesq.)

— Par extens. Aubaine ou droit d’aubaine se dit de tout ce que l’on s’arroge d’une manière quelconque. La propriété est le droit d’aubaine que le propriétaire s’attribue sur une chose marquée par lui de son seing. (Proudh.) Un aigle, sur un champ prétendant droit d’aubaine, Ne fait pas appeler un aigle à la huitaine.

Boileau.

li lui ce

larthélemy. Aux.

| virons de la ville, se trouve la montagne de

Gardelaban, dont les flancs sont creusés de

grottes spacieuses, mais peu profondes, et dont

le sommet est surmonté d’une croix-débois grande vénération dans la contrée.AUBAIN s. m, (ô-bain — l’origine do ^, , ,. mot a beaucoup exercé les étymologistes : « espéraitpas, cest ' ■- — « ■’*’’,. albanus, dérivêd’ad— i luu <A ? ad-) A’ « » ’ « 

h’drs, au Ùelà, etc. (. Dedans, dehors delA.) ! i extension et s embellit de quelques édifices, Au. mieux, au naturel : au pis, etc. (V. Mieux, ! F^1 lesquels on remarque le monument élevé Modèle:Sematurel, pis, etc.)’.’..■’. À la mémoire de 1 abbé Barthélémy. Aux en-Oramm. Pour exprimer la destination spéciale d’un objet, on en fait très-souvent suivre le nom’d’un complément précédé de ait ou de à ;, mâis les deux locutions ne sont-pas absolument identiques, A « indique la nature ou l’espèce dé l’objet dont il précède le nom, et signifie,.selon les cas,.pour le fait avec.du, où qui contient des, qui fait des, on s’occupe de : Pot ac noir, Pot pour le noir. Bouillon aux herbes, Bouillon fait avec des herbes. Sàuçe aux câpresi Sauce qui, contient des câ-. près. La vieille aux chansons, La vieille qui fait ou chante des chansons. A, sans article, indique.plus.particulièrement la destination où les. fonctions, et signifie pour du— : Un pot a

  • ^"Xei Un pot pour au beurre, pour contenir

du beurre. Un.métierK bas, Un métier pour deibas, pour faire des bas. Une pierre a ra~ téir, Une pierre pour des rasoirs, pour repasser des rasoirs. On voit de— ~—’J

« Tout droit, toute possession qui passe d’une personne à une autre : L’héritage du génie tombe par droit d’aubaine à la plèbe, qui te grignote et plante un chou où croissait un cèdre. (Chateaub.).

Par anal. Cas fortuit avantageux, profit inattendu : Je ne m’attendais pas à cette aubaine. Il lui est arrivé une succession qu’il c’est une bonne aubaine pour songeant à moi, et

a plus d’étendue-qug celui de à ; mais, dans le cas où au signifié pour le, il ne se distingue de à que-par des nuances fort difficiles à saisir dans la pratique. On peut dire cependant d’une manière assez générale que au se rapporte à l’usage du’même objet pris dans un sens tout à fait indéterminé. Le pot au beurre est’un pot destiné à contenir lébeurre, et qui le contient en "effet habituellement ; un pot a beurre est un pot fait pour contenir du beurre. On peut acheter un pot à beurre vide, on ne saurait acheter un pot au beurre dans les mêmes conditions’, ’"".

.’^-Homonymes. Aulx, eau, haut, ho ! ô ! ohÂos'-.’.

AUANTE s. f. (Ô-an-tc —du gr. auanié, même.sens). Anc. méd. Nom donné par Hippocrate aune maladie caractérisée par l’amaigrissement du sujet.

aubade s. f. (ô-ba-de — rad. aube). Concert donné à l’aube ou dans la matinée, devant la porte ou sous les fenêtres d’une personne, pour lui faire honneur:Autrefois les galants donnaient, même à Paris, des aubades à leurs belles. À Dieu ne plaise, que je page si mal une si belle aubadb ! (G. Sand.) À Bade, on s’éveille au ton des aubades ; on t’endort au son des nocturnes. (P. de SWictor.)

Selon Cûjas, du Das lat. i » M/u.*uj, uciiyuuuu- i •. ■ —.

vena, étranger ; d’après Loisel, d’alibi natus, cro^aT, t me' Prœmr une bonne,

né ailleurs; selon Caseneuve et Ducange, de ! proposa comme une personne fort propre xi

Albanus, ancien nom des habitants de I’aI-^acquitter de cette commission. (Le Sage.) De

banie (Écosse), parce qu’ils quittaient fré— ■ {™w mow d ici je n aurai unepareiHe aubaine.

quemment leur pays pour aller s’établir I (Dlder-) Monte-Cristo appela le patron, qui

ailleurs). Celui quf est fixé hors de son pays, ! « 0^ » a au ? sUfl vers lui avec lempressemmt que

et qui, n’étant pas naturalisé dans celui qu’i. habitej est soumis à un droit particulier appelé àVoiï d’aubaine : L’abominable législation sur les épaves.et les deux espèces ^’aubains, les méçrus et les méconnus, consistait à s’emparer des choses égarées, de la dépouille et de la succession des étrangers. (Chateaub.) De ces grands affamés la nombreuse cohorte Se pousse, se rudoie et se cogne À la porte. Où se tiennent encore, une trique à la main, Des butors de valets prêts à rosser l’aubain.

AUO. llUMBERT.

— Adjectiv. Les Genevois ne sont pas aubains en France, ils jouissent de tous lès privilèges des Suisses. (Volt.)

— Manég. Se met quelquefois pour Aubin.

— Homonymes. Aubin, hobin.

— Encycl. Droit. On a appelé en France cubains ceux qu’à Rome on nommait barbares : leur condition, dans l’origine, différa peu de • celle des serfs ; ils arrivèrent insensiblement à faire tous les actes du droit "des gens, à posséder et & acquérir, mais ils ne purent disposer de leurs biens, qui, de par le droit d’aubaine, étaient après leur mort dévolus au fisc. Ils ne purent non plus recueillir en France les successions qui venaient à leur échoir sans laisser le fisc s’en attribuer une partie, en vertu du droit de détraction. Un certain nombre d’exceptions à ces règles rigoureuses prépara le régime actuel : dès 1406, on commença à faire avec les gouvernements étrangers des conventions, pour abolir réciproquement le droit d’aubaine entre les Français et les nationaux de ces pays. Un décret du 6 août

mettent à cet exercice les bateliers qui flairent une bonne aubaine. (Alex. Dum.) Je te préviens que si tu refuses une si belle aubaine, demain, je te mets a ta porte. (E. Sue.) Dans la conversation du jeune peintre, le docteur trouva l’oubli des soucis de son ministère, et depuis longtemps il n’avait joui d’une pareille aubaine. (J. Sandeau.) Mais ici point A’aubaine, ou, si j’en ai quelqu’une,

C’est de coups La Fontaine.

Vous avez eu, mon cher, Vous êtes, au barreau, v

Dix napoléons d’or sont i En tout temps, mais surti

— Ironiq. Accident fâcheux, chance désagréable : C’est là une mauvaise aubaine. Je pourrais hériter d’une centaine de coups de bâton ; je n’aime pas ces aubaines-Zô. (Destouches.)

— Encycl. V. Aubain.

AUBAINETÉ s. f. (o-bè-ne-té). Anc. jurispr. Droit d’aubaine. Vieux. AOBAIS (Charles de Baschi, marquis d’), Historien et géographe, né à Beauvoism ; près de Nîmes, en 1686, riiort en 1777. Passionné pour l’étude, il y consacra sa fortune et tous ses loisirs. Il avait rassemblé dans son château une magnifique collection de livres. Il a publié, en collaboration avec Léon Ménard : Pièce* fugitives pour servir à l’histoire de France, avec des notes historiques et géographiques (1759). C’est un recueil qui renferme des choses curieuses et utiles. Il a « tissi donné

AUBAN s. m. (ô-ban— rad. aubain). Féod. Droit que l’on payait au seigneur ou aux officiers de police pour obtenir la permission d’ouvrir boutique : Payer J’auban. il Autorisation d’ouvrir boutique : Accorder Hauban.

AUBAN (le marquis de saint-), général français, servit pendant quarante-six ans dans les armées de Louis XI% et assista à trente-huit sièges ou batailles. U a donné divers écrits relatifs à l’art militaire, entre autres :’ Mémoires sur les nouveaux systèmes d’artillerie.

AUBAN (SAINT-) ch.-lieu de cant. (Alpes-Maritimes), arrond. de. Grasse ; pop. aggl. 216 hab.— pop. tôt., 615 hab. Aux environs se trouve le passage de laClue de Montauban, tracé dans le roc et à pic, sous lequel l’Esteron roule ses eaux, de rochers en-rochers, dans un précipicé pour ainsi dire sans fond. C’est sans contredit une des curiosités naturelles les plus remarquables de France.

AUBANEL (Honoré), docteur en médecine, né à Aurio ! en îsio, mort à Marseille en 1863. M. Aubanel consacra son existence à l’étude des maladies mentales. Il est le premier qui, ~ dans le traitement des aliénés, ait renoncé complètement aux entraves en fer, et qui n’ait employé contre tous les genres de folie que des méthodes rationnelles.

AUBANEL (Joseph-Marie-Jean-Baptiste-Théodore), poète provençal, né à Avignon en 1829. Fils d’un imprimeur de cette ville, il continua la profession de son père ; de ses presses sont sorties les principales publications qui ont pour but la régénération de la langue provençale, et il est, avec MM. Mistral et Roumanille, un des chefs du mouvement littéraire qui se produit depuis quelques années dans le midi de la France. M. Aubanel, au’on a surnommé « le Pétrarque français, » doit à l’amour ses plus belles inspirations. Celle qu’il aimait s étant fuite nonne, il la pleura longtemps, partit d’Avignon à lagarde de Dieu, voyagea en Italie, vint à Paris, puis retourna en Provence. Il avait pris pour uevise : quau canto,.—oun mau en canti, (qui chante, son mal enchante) ; et chaque fois que la mélancolie assombrissait son âme, il chantait. Ce sont ces chants qui, sous le titre de Livre de l’Amour, forment la première partie de son œuvre principale, la Miougrano entreduberto (la Grenade entr’ouverte, avec traduction littérale en regard ; Avignon, Leipzig et Paris, 1860, in-12) ; la deuxième partie s’appelle Y Entre-lueur : une éclaircie passagère dans l’orage qui troublait le cœur du poètej puis, de nouveau l’âme éprise, et qui croyait sa chaîne rompue, s’assombrit, et larme à larme, se fait le Livre de la Mort. Le Livre de la Mort, où toutes les tyrannies * de ce monde sont flagellées en traits vifs et mordants, termine cette « œuvre de jeunesse », que l’amour, fleur céleste, enfestoie à chaque page. Toute la vie de M. Aubanel est dans la Miougrano entreduberto. Ce livre, qui a eu un succès des plus populaires dans le Midi, est malheureusement fort peu connu ailleurs. L’idiome provençal nous a donné de. beaux fruits, mais qui— de nous peut les savourer ? Lorsqu’ils nous arrivent par la traduction, ce qui est assez rare, ils ont perdu teute leur saveur, et c’est grand dommage, er. vérité. M. Aubanel a collaboré à divers recueils : les Provençales (1852), avec M. Mistral ; les Noéls {Li Nouvé, même année), avec MM. Saboly, Peyrol, Roumanille ; VArmana prouvençaou, Almanach des felibres (1854 et années suivantes) ; enfin, il doit publier prochainement un drame en vers provençaux, en cinq actes, Lou par d’où pecat (Le Pain du péché).

aubarestriere s. f. (ô-ba-rè-stri-è-rorad. aubrier.) Anc. mar. Pièce de bois qui faisait partie d’une galère.

AUBAZ1NE, village du dép. de la Corrèze, arrond. de Brives ; 921 hab. Il doit son origine à une ancienne abbaye dont il ne reste que quelques ruines, mais dont l’église, par un hasard heureux, a traversé la Révolution sans subir de mutilations ; elle est classée au nombre des monuments historiques.

AUBE s. f. (ô-be — du lat. alba, blanche). Intervalle de clarté douteuse oui suit la nuit et précède l’aurore ; lumière blanche qui éclaire alors l’horizon : Se lever avant Tache. Partir à i’AUBK du jour. Ainsi se passa leur première enfance, comme.une belle aube annonce un plus beau jour. (B. de St-P.) Lorsqu’aux premières lueurs de /’aube, les trompettes du camp venaient à sonner l’air de Diane, j’étais étonné d’ouvrir les yeux aumilieu ■ des bois.’(Chateaub.) Nos cavaliers, qui combattaient sans cesse depuis I’avbb 'd’un jour d’été, commençaient à perdre courage. (Mérimée.) Le mouvement commençait dans Paris ; de lourdes charrettes ébranlaient le pavé ; VAngélus sonnait aux églises voisines ; de confuses rumeurs s’éveillaient aux clartés de Taube. (J. Sandeau.) Et du temple déjà l’auêe blanchit le faite

La nuit fait place enfin à l’auie matinale.

Kochefort. L’auie du lendemain

Souvent 1 » trouve encor les cartes à la main.