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/ois de son espèce. Par suite de ce phénomène, on ne s’aperçoit nullement du dommage, et il arrive ainsi que des arbres, en apparence très-sains et très-vigoureux, perdent tout à coup une partie de leur valeur présumée.

ACBIÈRE, commune du départ, du Puy-de-Dôme, arrond. de Clermont ; pop. aggl. 3, 539 hab. — pop. tôt. 3, 955 hab. C est près de ce bourg que les Romains furent défaits lors de l’attaque de Gergovia.

aubiers (Les), commune du départ, des Deux-Sèvres, arrond. de Bressuire ; pop. aggl. 988 hab. — pop. tôt. 2, 338 hab. Fabrique de toiles fines et ce mouchoirs.

AUBIFOIN s. m. (ô-bi-fouain — lat. albifcenum, de albus, blanc ; fœnum, foin). Bot. Esnèce de centaurée (centaurea a/anus), qui croît dans les blés, et qu’on nomme plus ordinairement bluet. On l’appel, e aussi petit AUBiboiN. Il Grmid aubifoin, Grande centaurée bleue des montagnes.

ÀUBIGNÀC (François Hébelin, abbé i>’), littérateur, né à Paris en 1604, mort k Nemours en 1676 ; fut choisi par le cardinal de Richelieu pour être précepteur de son neveu, le duc de Fronsac. Il se livra ensuite à la littérature, et publia une Pratique du Théâtre, sorte de commentaire de la poétique d’Aristote, qui eut un grand succès à cette époque. « Ce n’est, dit La Harpe, qu’un lourd et ennuyeux écrit, fait par un pédant sans esprit et sans jugement, qui entend mal ce qu’il a lu, et qui croit connaître le théâtre parce qu’il sait le grec. ■

Il n’y a point de genre de littérature que l’abbé d’Aubignac n’ait embrassé : il fut tour à tour grammairien, humaniste, poëte, antiquaire, prédicateur et romancier. II. avait du feu dans l’imagination^ et plus encore dans le caractère : malheur li quiconque n’adoptait pas ses idées et refusait de reconnaître les lois qu’il voulait établir sur le Parnasse ; il se croyait fait pour y régner seul. Jamais homme de lettres ne fut d’une humeur plus altière, d’une vanité plus ridicule, d’un commerce plus difficile et plus insupportable. Pour confirmer les règles qu’il avait établies dans sa Pratique du Théâtre, il’composa sa tragédie de Zénobie

Ssn prose). Jamais pièce n’ennuya plus méthoiquement ; elle ne servit qu’à prouver que les connaissances ne suppléent point aux talents. Comme, cependant, il se vantait d’avoir seul, entre tous tes auteurs de cette époque, exactement suivi les règles d’Aristote, « Je sais bon gré à l’abbé d’Aubignac, disait le grand Conde, d’avoir suivi les règles d’Aristote ; mais je ne pardonne point aux règles d’Aristote d’avoir fait faire à l’abbé d’Aubignac une si mauvaise tragédie. » Il composa d’autres ouvrages, complètement oubliés aujourd’hui, et fut presque toujours en querelle avec le grand Corneille, Ménage et Richelet. Ce dernier, qui avait d’abord loué un de ses ouvrages, s’étant, par ladite, brouillé avec lui, lui décocha le quatrain suivant :

Hédelin, c’est à tort que tu te plains de moi : N’ai je pas loué ton ouvrage ? Pouvais-je faire plus pour toi Que de rendre un faux témoignage T

D’Aubignac est un des premiers qui aient avancé que les poèmes homériques ne sont qu’un recueil de poésies de différentes époques et de divers auteurs.

AUltIGNÉ (Théodore Agrippa d’), historien, littérateur, et capitaine calviniste,.né près de Pons (Saintonge) en 1550, d’une famille noble, mort à Genève en 1630. Dè.s ses premières années, il révéla la trempe de son esprit et de son caractère : avant l’âge de dix ans, il lisait le latin, le grec et.l’hébreu, et étonnait ses maîtres par une traduction française du Criton de Platon. À neuf ans k peine, en passant sur la place publique d’Amboise, devant l’échafaud où fumait encore le sang de ses coreligionnaires, il fit k son père le serment de vouer sa vie à la cause de ces martyrs ; à treize ans, proscrit déjà, il refusait d’abjurer sa religion, assistait au siège d’Orléans, puis « ’ » ’" J4~ — —s Théodore de

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t à Genève étudier s

Bèze, et s’échappait bientôt pour rentrer France, où il était condamné a mort, et pour se jeter dans les orages de la guerre civile. Il combattit sous les drapeaux du prince de Condé, s’attacha peu après" à la cause du roi de Navarre, et ne déposa plus l’épée qu’après la dissolution de la Ligue et l’avènement de Henri IV, qu’il servit avec un dévouement absolu, sur les champs de bataille et dans les négociations. Il en fut, au reste,’fort mal récompensé. On sait que ce prince, qui crut d’une bonne politique de s’attacher ses ennemis en les comblant de richesses et d’honneurs, ne montra que la plus sèche ingratitude envers ses vieux compagnons de gloire et d’infortune. D’Aubigné, toujours fidèle et dévoué, ne lui a ™„a cependant ni les épigrammes ni les

reprochf

Ayant rencontré "et abandonné, qu’o :

pieds

jour un épagneul vieux

vait chassé au Louvre,

lit à faire coucher à ses

l’attacha, en prit soin, et lui mit un

collier sur lequel il fit graver

Sur ce chien délaissé, mort de Faim dans les rues,

Attendez ce loyer de la fidélité.

Une autre fois, il écrivit ce quatrain au bas du portrait de Henri IV, que le roi lui avait envoyé :

Ce prince est d’étrange nature, 1* ne sais qui diable l’a tait ;

11 récompense par peinture

Ceux qui le servent en effet. Il ne voulut jamais descendre du rôle de conseiller à celui de complaisant servile, et refusa nettement de favoriser ses galanteries.

qui connaissait sa loyauté, finissait toujours par lui pardonner, et lors même qu’il était le plus irrité contre lui, il rendait hommage à sa droiture et k sa probité. D’Aubigné avait donné, pendant les guerres civiles, de nombreux exemples d’un admirable caractère. Surpris un jour et fait prisonnier (1585) par Saint-Luc, gouverneur de Saintonge, il obtint sur parole d’aller passer quelques jours à La Rochelle. A peine était-il parti, que Saint-Luc, admirateur de son courage ; le fit prévenir que Catherine de Médicis avait résolu sa mort, et l’engagea à ne point revenir. Mais quelles ne furent pas sa surprise et son admiration, lorsqu’il vit son prisonnier venir se remettre entre ses mains 1 « Je sais que ma mort est résolue, dit le nouveau Régulus, à Dieu ne plaise que j’achète la vie au prix d’un parjure l » Après la mort de Henri IV, d’Aubigné passa plusieurs années • dans la retraite, livré à la composition de ses ouvrages, dont le plus remarquable est Y Histoire universelle, depuis 1550 jusqu’en 1601. Il y montre une hardiesse dans les idées et une indépendance d’opinions qui firent condamner ■ « ’ » flammes. Réfugié à Genève

depuis quarante ans. Ses ennemis prirent prétexte de cette imprudence pour le faire condamner en France à la peine de mort. C’était la quatrième sentence capitale qui était rendue contre lui, et il s’en inquiéta si peu, qu’il se remaria l’année suivante en secondes noces. On a encore de d’Aubigné, écrivain aussi vigoureux que capitaine intrépide, et que M. Sainte-Beuve appelle le Juvénal du xvie.sjècle : les Tragiques, satires en vers incultes, " mais d’une énergie passionnée ; la Confession Catholique du sieur de Sancy, écrit mordant et plein de verve ; sa propre biographie, sous le titre de Histoire secrète de Th. Âgr. d’Aubigné ; des Lettres, des Œuvres mêlées, etc.

Un de ses fils, Constant, fut le père de M » " de Maintenon.

Terminons par deux anecdotes qui achèveront de peindre ce caractère fier et original :

Henri IV, obligé de se concilier par ses bienfaits les seigneurs catholiques, se voyait souvent forcé de priver ses plus anciens serviteurs des récompenses qu’ils méritaient. D’Aubigné s’en plaignait hardiment. Couchant

n soir dans la garde-robe du roi, il dit à La

b’orce, qui dormait à côté de lui : « La Force, notre maître est le plus ingrat mortel qu’il y ■ait sur la terre. » La Force, qui sommeillait, lui demanda ce qu’il disait : « Sourd que tu es, cria le roi, que 1 on croyait bien endormi, il te dit que je suis le plus ingrat des hommes.-Dormez, sire, répliqua d’Aubigné, nous en avons encore bien d’autres à dire.. »

Henri IV lui adressant un jour des reproches sur ce qu’il se montrait l’ami de La Trémouille, alors disgracié et exilé de la cour : « Sire, lui répondit d’Aubigné, M. de la Trémouille est assez malheureux, puisqu’il a perdu la faveur de son maître ; j’ai cru ne devoir point l’abandonner dans le temps où il avait le pftis besoin de mon amitié. »

AUBIGNÉ DE LA FOSSE (Nathan), en latin Albinœus, médecin, l’un dés fils du précédent, vivait à Genève dans la première moitié du xviie siècle. Il a publié : Bibliotheca chemica (Genève, 1654) ; c’est un recueil de divers traités. — Son fils, Titb d’Aubigné, né à Genève en 1634, fut médecin, puis ingénieur au service de la Hollande. Il a donné : la Défense droite, qui est la fortification défensive establie sur les principes fixes et nouveaux de M. de Cœhorn (Breda, 1705).

AUBIGNÉ, commune du départ. delaSarthe, arrond. de La Flèche ; pop. aggl..’681 hab.pop. tôt. 2, 276 hab. Aux. environs, dolmens remarquables.

AUB1GNV, ch.-lieu de cant. (Pas-de-Çalais),

AUBIGNY, ch.-lieu de cant. (Cher), arrond. de Sancerre ; 2, 654 hab. Commerce de laine blanche dite de Sologne. Cette petite ville qui appartenait au chapitre de Saint-Martin de Tours, fut acquise par le roi Philippe-Auguste en 1180, Philippe le Bel la donna en apanage à Louis, comte d’Evreux, son frère, en 1298. Retournée & la couronne, elle fut ensuite donnée comme apanage à Jean, duc de Berry, troisième fils du roi Jean, en 1360, et après la mort, sans héritiers, de celui-ci, elle retourna une seconde fois à la couronne. Charles VII, par lettres patentes de l’an 1423, en fit don à Jean Stuart, connétable des Écossais en France, dont les descendants mâles l’ont possédée jusqu’en 1672, époque de leur extinction. Retournée une troisième fois à la couronne, Louis XIV en gratifia la duchesse de Portsmouth, maîtresse du roi Charles II d’Angleterre, et l’érigea en duché-pairie en 1684. Elle passa à Charles de Lenoy, duc de Richemont, fils naturel de Charles II et de la duchesse de Portsmouth. et fut définitivement réunie à la couronne a la mort du fils du duc de Richemont, décédé sans postérité mâle. *

ACBIGNY (Robert Stewart, comte de Beau AUB

mont le Roger, seigneur d’), maréchal de France, mort en 1544. Il était d’une famille anglaise, entra au service de Charles VIII, qu’il accompagna dans ses guerres d’Italie. Nommé commandant du Milanais, il assista aux sièges de Bologne (1506) et de (jènes (1507) ; reçut le commandement des gardes écossaises (1512), puis le bâton de maréchal (1514), combattit à Marignan et à Pavie, et enfin contribua à la défense de la Provence contre Charles-Quint (1526).

AUBIN s. m. (ô-bain — angl. hobby, petit cheval d’Écosse ou d’Irlande. On disait autrefois hobin pour un cheval c, ui avait cette allure). Allure du cheval qui galope avec les jambes de devant et trotte avec les jambes do derrière. Cette allure est à juste titre considérée comme défectueuse. On l’observe chez les chevaux vieux et usés, qui cherchent souvent à se soulager par l’allure dj galop, lorsqu’ils sont pressés par le fouet et qu’ils ne peuvent plus soutenir un trot accéléré. Ils élèvent t’avant-main pour galoper ; mais, trahis par leur force, qui n’est plus en rapport avec leur volonté, leurs membres postérieurs continuent le trot, parce qu’ils n’ont plus assez d’énergie pour qu’un seul pied puisse alternativement supporter la masse au corps et la rejeter rapidement en haut et en avant. Cette allure ne peut durer que pendant quelques pas ; elle donne à lanimal, dont elle indique toujours la ruine complète, une démarche très-disgracieuse, il Autref., Cheval qui avait cette allure.

AUBIN, INE adj. Ancienne orthographe du mot aubain.

AUBIN s. m. (ô-bain —lat. albus, blanc). Blanc d’œuf, albumine. Vieux.

— Homonymes. Aubain, au bain.

AUBIN, écrivain et ministre protestant, né à Loudun vers le milieu du xviie siècle, se réfugia en Hollande après la révocation de l’édit de Nantes, et y publia l’Histoire des diables de Loudun, ou de la Possession des religieuses ursulines, et de la Condamnation et du supplice d’Urbain Grandier (Amsterdam, 1693). Cet ouvrage eut un grand retentissement. On en a donné depuis de nouvelles éditions sous le titre de Histoire d’Urbain Grandier. Le même écrivain a donné aussi une Vie de Jîuyter (1698) et un Dictionnaire de Marine (1702).

AUBIN, ch.-lieu de cant. (Aveyron), arrond. de Villefranche ; pop. aggl. 2, 559 hab.—pop. tôt. 7, 856 hab. Exploitation de houille et usines métallurgiques ; tout près se trouve l’usine de Decazeville, une des plus belles et des plus importantes de France. Église du xne siècle, dont une des chapelles est décorée de sculptures remarquables ; ruines de l’ancien château des comtes de Rouergue. . AUBIN {SAINT-), village et commune de France (Aube), arrond. et à 5 kilom. de Nogent-sur-Seine, sur l’Ardusson ; 690 hab. De cette commune dépendent le château de la Chapelle-Godefroy et le Paraclet, abbaye qui fut pendant quelque temps la retraite et le tombeau d’Héloïse et d’Abailard. Ce monastère a fait place à un château moderne. Il Ville de la monarchie anglaise dans l’Ile de Jersey, sur la baie de son nom, à 5 kilom. O. et enface de Saint-Hélier ; 2, 300 hab. Port de commerce très-fréquenté, défendu par la forteresse du château Elisabeth.

AUBIN-D’AUBIGNÉ (SAINT-), ch.-lieu de cant. (Ulë-ei-Vilaine), arrond. de Rennes ; pop. aggl. 361 hab. — pop. tôt. 1, 448 hab.

AUBIN-DES-CHÂTEAÙX (SAINT-), commune du départ, de la Loire-Inférieure, arrond. de Chateaubriant ; pop. aggl. 218 hab. — pop. tôt. 2, 152 hab.

AUBIN-DU-CORM1ER (SAINT-), ch.-lieu de caut. (Ille-et-Vilaine), arrond. de Fougères ; pop. aggl. 1, 198 hab.—pop. tôt. 2, 09s hab. Le duc d’Orléans (depuis Louis XII) y fut battu par La Trémouille en 1483. Traité entre la reine Blanche et les uobles révoltés en 1231. Ruines d’un magnifique château constr.uit en 1222.

AUBIN-DU-CORMIER(Batailledb SAINT). Louis XI, en mourant (1483), pouvait craindre pour le monument qu’il avait édifié au prix de tant de sang, d’intrigues, et2 disons-le, de génie : il ne laissait qu un fils âgé de treize ans, et deux filles, dont la cadette, Jeanne, avait épousé le duc d’Orléans, et dont l’aînée, Anne, âgée de vingt-deux ans, était mariée au prince de Bourbon, sire de Beaujeu. Ce fut à cette dernière que le sombre et défiant monarque confia la régence de ce royaume, où tant d’ambitions comprimées ne se taisaient qu’en frémissant. C’est qu’Anne de Beaujeu ressemblait à son père, dont elle avait la volonté de fer, l’habileté et la dissimulation. « C’est la moins folle femme du monde, disait d’elle le caustique Louis XI ; car, de femme sage, il n’y en a point. » Elle prouva qu’il y en avait — poursuivant avec une prude"" « » * """

prodigieuses tout ce que le son père renfermaient de national, été digne du trône, dit l’auteur anonyme de YHistoria Ludovici XII, si la nature ne lui eût refusé le sexe auquel est dévolu l’empire. » Les grands seigneurs, les princes, qui avaient noué la ligue du Bien public sous Louis XI, ne purent faire qu’une guerre folle sous la forte régence de sa fille. C’est que les temps étaient bien changés:l’impitoyable monarque, commençant et menant presque à son— terme

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l’tfiuvre qu’acheva Richelieu, avait décapité la féodalité. Cependant les princes,’les grands personnages du royaume, qui avaient espéré se dédommager sous l’administration de la fille de l’inflexible gouvernement du père, ne se résignèrent pas de bonne grâce à 1 avorteînent de leurs desseins. Dunois, l’un des plus mécontents, et aussi remuant, aussi rusé diplomate que son père avait été grand capitaine, ourdit les premières intrigues, et fit facilement entrer dans ses vues le jeune duc d’Orléans,. son parent, dont l’exclusive influence des Beaujeu avait froissé l’ambition. Dunois avait gagné à ses projets l’ancien ministre de Louis XI, Commines ; et ces deux hommes à volonté ferme et k talents éprouvés, eussent bien pu opérer une révolution dans l’État, s’ils avaient trouvé dans le duc d’Orléans un chef capable de les seconder; mais ce prince n’était pas factieux par nature. Jeune, aimant le taste et les plaisirs, il se serait volontiers contenté des prérogatives d’honneur et de dignité attachées a’son rang, si des conseillers intéressés n’étaient parvenus à le convaincre qu’il ne devait pas souffrir que le roi fût gouverné par une faction rivale. Rien de si capable de l’entraîner que le plan mis sous ses yeux:enlever le pouvoir à Anne de Beaujeu, la reléguer loin de la cour, et jouir sous un roi enfant de tout l’éclat de la puissance souveraine ; se débarrasser d’une épouse laide et mal faite pour donner la main à la fille du duo de Bretagne François II, l’unique héritière du duché, telle était la perspective brillante que l’on, faisait miroiter aux yeux d’un prince facile à séduire ; non par infériorité d’intelligence, mais par une certaine faiblesse et la bonté même de son caractère. Anne ne se laissa pas surprendre ; avertie de toutes ces menées, elle les surveilla d’un œil vigilant, et les contint avec une admirable fermeté. Cependant. Dunois s’était rendu en Bretagne auprès de François II, et était facilement parvenu à gagner a la cause des princes ce vieil ennemi de la France. Il avait traité avec lui, au nom du duc d’Orléans, • pour délivrer le roi de ceux qui le retenaient prisonnier. » Le duc essaya ensuite, mais inutilement, de faire déclarer le parlement contre la cour, tandis qu’elle était à Melun. À cette nouvelle, Anne envoya un détachement à Paris pour enlever le duc d’Orléans; mais celui-ci, prévenu à temps, parvint à s’échapper et à gagner les domaines du duc d’Alençon, et ces deux princes, dirigés par Dunois, écrivirent à tous leurs amis et partisans de prendre les armes (1485). Mme de Beaujeu rentra aussitôt dans Paris avec le roi, et déclara le duc Louis, ainsi que le comte de Dunois, privés de leurs pensions et de leurs commandements. Une coalition dangereuse s’organisa alors contre la couronne de France : par l’intermédiaire de ■ Landois, favori du duc de Bretagne, Louis entra en correspondance avec l’archiduc Maximilien e.t avec le roi d’Angleterre, Richard III, l’infâme prince qui était monté sur le trône en marchant sur les cadavres de ses neveux, les enfants d’Édouard IV. Mais la mort de Landois, pendu à la suite d’une révolte des barons bretons, déconcerta la faction des princes, et le duc d’Orléans fut de nouveau réduit à se soumettre. Pourtant la coalition se réorganisa bientôt, et, le 13 décembre 1486, un traité fut conclu entre l’archiduc Maximilien, roi des Romains, les ducs d’Orléans, de Bretagne, de Bourbon, le roi et la reine" de Navarre, le duc de Lorraine, le vicomte de Narbonne, les comtes de, Dunois, de Nevers, d’Angoulême, de Comminges, le prince d’Orange, et enfin le sire d’Albret, qui aspirait, aussi a la main de la jeune duchesse de Bretagne. C’était une nouvelle guerre du Bien public qui s’organisait contre la fille de Louis XI. Les hostilités éclatèrent au commencement de l’année 1487. Le duc d’Orléans, sommé de se rendre | rès du roi, à Amboise, se réfugia en Bretagne, où il fut bientôt rejoint parle comte de Comminges et le prince d’Orange, neveu du duc François. Ce ne fut pas là cependant que la dame de Beaujeu porta ses premiers coups ; ce fut contre l’Aquitaine, que les princes dominaient de la Charente aux Pyrénées ; elle s’y rendit avec le roi, au cœur même de l’hiver, à la tête d une bonne armée, fit rapidement rentrer dans le devoir tous les mécontents, puis remonta dans le nord et se dirigea sur la Bretagne. Les circonstances étaient favorables:les barons bretons, mécontents de voir leur duc livré tout entier à.l’influence du duc d’Orléans et des seigneurs français qui l’avaient suivi, se révoltèrent de nouveau, et nouèrent même des intelligences avec Anne de Beaujeu. ils demandèrent au conseil royal un.secours de 400 lances et de 4, 000 fantassins, afin de pouvoir, imposer leurs volontés au duc François et expulser les étrangers. Anne leur envoya 12, 000 combattants, qui emportèrent plusieurs villes et se dirigèrent sur Nantes, où s’étaient réfugiés le duc de Bretagne et les princes rebelles; mais cette grande cité, secourue k temps par le sire d’Albret et par Maximilien, résista à toutes les attaques de l’armée royale, qui fut obligée de se retirer. Elle se dédommagea de cet échec par la prise de plusieurs autres places importantes. Le duc d Orléans, Dunois, le prince d’Orange et Comminges, comprenant alors qu’ils perdaient leur hôte sans se sauver eux-mêmes, offrirent de rentrer en France si on voulait leur rendre leurs biens et leurs offices. M"" de Beaujeu refusa, et l’armée royale rentra en campagne au mois d’avril (1488). î-IIc était commandée par