Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 1, part. 2, An-Ar.djvu/187

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


ptérygoïdi

492 APO

noïde, en forme de lit), Emmenées que présente la, face supérieure du corps du sphénoïde ; elles sont au nombre de quatre, deux antérieures et deux postérieures, et laissent entre elles un espace triangulaire ayant à peu près la forme d’un lit. Il Apophysesptérygqîdes {en forme d’aile), Eminences verticales, irrégulières, bifurquées, que présente la face

inférieure du sphénoïde. I ! Apophyse cristagaili (en forme de crète-de-coq), Eminence triangulaire que présente la face supérieure de 1, ’os ethmoïde, n Apophyses orbitaires, Saillies que présente l’arcade orbitaire du coronal ou. frontal ; il y en a quatre, deux pour chaque . arcade orbitaire, une interne et une externe. Il apophyse zygomalique, Longue apophyse qui, de la cavité glénoïde de l’os temporal, se dirigo transversalement en avant pour s’articuler avec l’os malaire, il Apophyse mastoïde (en forme do mamelon), ’ Eminence arrondie qu e présente l’os temporal à sa partie, postérieure et inférieure, il Apophyse styloïde (eh forme dé stylet), Eminence grêle, allongée, quéprésente la facéinférieure du rocher ; eminence arrondie que l’on observe à l’extrémité carpienno du radius et du cubitus. « Apophyse vaginale (de vaijina, gainé), Saillie qui engaîno a sa base 'apophyse styloïde du rocher, il Apophyse palatine, Eminence triangulaire que présente la face interne ou nasopalatine de l’os maxillaire supérieur, il Apophyse montante, Lame quadrilatère, verticale, appartenant également au maxillaire supérieur. Il Apophyse notaire, Autre apophyse du maxil !airo supérieur, qui s’articule avec l’os malaire. il Apophyse ptérygoïdienne, Apophyse de l’os palatin, ainsi nommée parce qu’elle est enclavée dans la bifurcation do l’apophysegoïde. Il Apophyse spWHOïrfaîe, Apophyse ps palatin qui s’articule par une facette avec lo sphénoïde. Il Apophyse géni ou génienne (do geneion, menton). Petite apophyse située à la face linguale de l’os maxillaire inférieur. Il Apophyse coronoïde, Eminence triangulaire que présente le bord supérieur ou dentaire du maxillaire inférieur ; apophyse située à l’extrémité supérieure du cubitus, il Apophyse coracoïde (on forme de bec de corbeau), Apophyse qui terminé en dehors le bord supérieur ou’cervical de l’omoplate, il Apophyse acromiale ou deromion, Apophyse volumineuse de forme ovoïde, appartenant également à l’omoplate.

— Bans le langage ordinaire. Toute eminence, toute tubêrosité des parties osseuses : Trouvez un homme gui ne s’anlcylose à ce métier ni les genoux, ni les apophyses du bassin ? (Balz.) Sa face blême, couronnée de cheveux d’un blond ardent, n’avait de remarquable que l’énorme saillie des apophyses. (Ch. Nod.)

— Bot. Renflement charnu ou bourrelet circulaire placé quelquefois au sommet du pédicule de l’urne dans plusieurs mousses.

il Excroissance très-dure et irrégulière-qui viont sur. une partie quelconque, mais plus souvent sur le corps ligneux.

APOPHYSE, ÉE adj. (a-po-fî-zé — rad. apophyse). Qui est muni d’une apophyse.

APOPHYSIFORME adj. (a-po-fi-zi-for-me — dé apophyse, et forme). Bot. Qui a la forme d’une apophyse.

APOPLANÈSE s. f. (a-po-pla-nè-ze — du gr. apaplanèsis, action de tromper). Méd. Dé-* viation des humeurs.

— Bot. Genre de la famille des légumineuses, tribu.des césalpiniées, renfermant une seule espèce, dont la patrie est inconnue.

APOPLECTIQUE adj. (a-po-plè-kti-kerad. apoplexie). Qui appartient, qui a rapport à l’apoplexie : Disposition, complexion apoplectique. Sommeil apoplectique. Symptômes apoplectiques. L’abbé Birolteau, petit homme court, de constitution apoplectique, avait déjà subi plusieurs attaques de goutte. (Balz.) Une hébétude vague éteignit son regard, il devait garder à jamais les traces indélébiles de l’attaque de paralysie apoplectique à laquelle il avait échappé. (Cb.Noû,)Ilyaplusde moines et de financiers apoplectiques que de paysans. (’ ' ’)

— Qui est disposé à l’apoplexie, ou qui en a déjà été attaqué : Vieillard apoplectique.

— Caillot apoplectique, Celui qui résulte de la coagulation du sang épanché, et qui caractérise l’apoplexie.

— Substantivem. Personne sujette à l’apoplexie : Les apoplectiques ne sauraient être trop sobres, il On le dit aussi, mais rarement, des remèdes propres à prévenir, à combattre l’apoplexie. Un excellent apoplectique.

— Par ext. Qui produit, qui offre des symptômes analogues’à ceux de l’apoplexie : La’colère était rare chez cet homme, mais terrible, apoplectique. (Balz.)

APOPLEXIE s. f. (a-po-plè-ksî — du gr. apo, indiquant augmentât. ; plesso, je frappe). Méd. Affection cérébrale caractérisée par l’abolition subito et plus ou moins complète du mouvement, du sentiment, de l’intelligence, sans quo la respiration et la circulation soient suspendues : Attaqued’hvovuExm. Être frappé rf’APOPLEXiB. Tomber en apoplexie. M. le premier président a eu une manière d’APOPLEXiE ; ta boucha est demeurée un peu tournée. (M">« do Çoulanges.) La princesse de Conti est tombée en apoplexie. (M’" ? de Sév.) Le i« féerie ; ; il

APO

fut frappé d’APOPLEXiE et mourut le 3, sans avoir eu aucune connaissance dans tout cet espace de temps. (Fonten.) Je fus saisi d’un vertige, comme un homme qui tombe en apoplexie. (J.-J. Rouss.) Lucile m’annonça que mon père avait été emporté d’une attaque d’k- poplexie. (Chatcaub.) Rarement une attaque d’APOPLEXiE est unique. (Ratier.) Il a souffert le choc de deu* apoplexies.

Reonakd.

Apoplexie foudroyante, Celle qui frappe subitement de mort, il Apoplexie sanguine, Apoplexie proprement dite caractérisée anatomiquement par l’hémorragie encéphalique.’

Il Apoplexie séreuse ou pituiteuse, Apoolexie qui ne présente d’autre lésion qu’un épanchemont de sérosité dans l’arachnoïde ou dans les ventricules cérébraux. » Apoplexie nerveuse, Nom donné à l’apoplexiequi ne présente pas de lésion matérielle appréciable. Il Apoplexie des nouveaux-nés, État de mort apparente dans lequel peut se trouver un enfant au moment do la naissance, lorsqu’une cause quelconque a entravé la circulation et occasionné une stase dans les vaisseaux cérébraux.

— Par anal. Nom générique donné à toute affection qui présente pour caractère essentiel la formation brusque et spontanée d’un foyor sanguin dans un organe quelconque. Le nom de l’organe fournit Ta désignation spécifique. C’est ainsi qu’on dit -. apoplexie cérébrale ; apoplexie pulmonaire ; apoplexie musculaire ; apoplexie du cœur, du foie, de la rate, de l’utérus, du placenta, etc. Il Nom générique, donné autrefois par analogie avec les symptômes de l’apoplexie proprement dite, d’une part, à presque tous les cas de mort subite et notamment a ceux qui sont dus à la rupturo d’un anévrysme ; d’autre part, aux états comateux qui surviennent dans certaines maladies.

— Fig. Suspension momentanée d’action, d’énergie : Il s’était approprié mille petites recettes contre les soudaines apoplexies de son esprit et de son cœur. (Balz.)

— Encycl. A proprement parler, Je nom d’apoplexie devrait être réservé h. toute maladie qui frappe soudainement et peut causer une mort subite. Autrefois, en effet, alors que le diagnostic médical ne donnait pas les résultats précis qu’il fournit aujourd’hui, le plus grand, nombre des morts subites était attribué à l’apoplexie. Actuellement cette dénomination est réservée à une maladie caractérisée par la perte subite du mouvement et du sentiment, et amenant souvent une mort rapide. La cause prochaine de cette redoutable affection est ordinairement un épanchement de

plexie cérébrale), dans les ventricules (apoplexie ventriculaire), dans les membranes d’enveloppe (apoplexie méningée), soît enfin dans le cervelet (apoplexie cérébelleuse). Cependant l’épanchement d’un liquide simplement séreux dans là cavité du crâne, produisant une série de symptômes la plupart du temps semblables à ceux que produit l’apoplexie sanguine, par analogie, la maladie caractérisée par l’épanchement séreux a pris le nom à’apoplexie séreuse. De même, l’ensemble des mêmes symptômes se reproduisant sans lésion anatomique visible a reçu la dénomination à’apoplexie nerveuse. Far une analogie d’une autre espèce, on a appelé apoplexies, mais tout a. fait improprement, plusieurs maladies que caractérisent des symptômes fort divers, et différents d’ailleurs de ceux de l’apoplexie cérébrale, mais qui sont ordinairement occasionnées par la congestion ou réplétion sanguine de différents organes susceptibles d’éprouver ce genre de lésion : c’est ainsi qu’on a créé les expressions d’apoplexie pulmonaire, musculaire, du cœur, du foie, de la rate, de l’utérus. Toutefois, le nom d’apoplexie est ordinairement réservé à l’hémorragie cérébrale interstitielle. Nous nous appliquerons à faire connaître plus spécialement cette dernière forme, comme étant la plus connue, la plus commune et la plus redoutée.

I. — Apoplexie sanguine cérébrale. Causes. Exceptionnellement, les enfants peuvent être atteints à’apoplexie cérébrale ; mais, en règle générale, cette maladie ne se montre que chez les sujets qui ont dépassé l’âge de trente ans ; elle est assez commune de cinquante à soixante, et plus fréquente encore de soixante à" soixante-dix. Elle se montre plus souvent chez les hommes que chez les femmes, et frappe le plus ordinairement les hommes doués de la constitution dite apoplectique. C’est aux traits suivants qu’on reconnaît cette prédisposition spéciale : les individus apoplectiques ont le cou court, un certain embonpoint, la tête grosse, la face injectée et les signes ordinaires de la pléthore sanguine. Certaines conditions disposent encore à l’apoplexie, ce sont : une constipation habituelle, de mauvaises digestions, le sommeil après le repas, la suppression du flux hémorroïdal, une émotion violente, des travaux intellectuels excessifs, des changements brusques de température, une tumeur formant obstacle à la

circulation, l’hypertrophie du cœur et d’autres états organiques, enfin les excès d’alimentséchauffants, et surtout des alcooliques. L’hérédité constitue aussi une cause prédisposante de la plus haute importance^

APO

Symptômes et signes de l’affection. L’apoplexie se produit à des degrés fort divers, depuis un simple affaiblissement ou une interruption passagère dans le mouvement et la sensibilité, jusqu’à la mort subite. Lorsque l’épanchement de sang est considérable et instantané, et qu’il déchire tout d’un coup une vaste portion du cerveau, et surtout les parties centrales, le nœud de la vie est pour ainsi dire brusquement tranché ; la victime tombe frappée d’apoplexie foudroyante. Il peut, à un degré moins avancé, rester quelques signes de vie ; l’intelligence, le mouvement, la sensibilité elle-même sont complètement abolis ; la respiration persiste seule, embarrassée, bruyante ; la face peut être gonflée, rouge ou violacée, mais souvent aussi elle est d’une pâleur livide ; une écume épaisse et blanchâtre s’échappe de la bouche, des évacuations involontaires ont lieu, et la mort ne se fait pas attendre plus de quelques heures. L’hémorragie cérébrale est souvent précédée de symptômes de congestion habituelle ou momentanée, tels que des étourdissements, des vertiges, de la pesanteur de tête, de la somnolence, et une lenteur particulière dans l’action de l’intelligence et des sens. Mais quelles qu’aient été la durée et la violence de ces symptômes précurseurs, le début de Yappplexie est toujours brusque. Les malades sont frappés de perte subite de connaissance avec abolition du mouvement, et souvent aussi de la sensibilité dans l’un des côtés du corps (hémiplégie). D’autres fois, cependant, cette paralysie met un certain temps à envahir les membres. On observera aussi quelquefois de la contracture, ou des tremblements dans les membres frappés de paralysie. Plus tard, la respiration s embarrasse, la peau se couvre d’une sueur, froide et visqueuse, les malades tombent dans le sommeil comateux/et enfin/après trois ou quatre jours, ils succombent aux progrès de l’hémorragie. L’aspect du malade atteint d’apoplexie est fort caractéristique, et nous allons en donner les principaux traits. Ordinairement, toute une moitiéducorps reste pendant longtemps privée de mouvement et de sensibilité, et le côté frappé de paralysie est toujours opposé à l’hémisphère cérébral qui est le siège de l’épanchement, ce qui provient de l’entre-croisement des nerfs au niveau du bulbe de la moelle. Un contraste complet existe entre les deux parties du visage, dorit l’une est immobile, tandis que l’autre se contracte en grimaçant. La commissure des lèvres est tirée et abaissée du côté sain ; la joue paralysée se laisse distendre par le souffle de l’expiration, de manière à imiter le mouvement-labial d’un fumeur de pipe. L’œil est terne et chassieux, mais rarement paralysé : la langue, sortie de la bouche, s’incline du côté paralysé ; le bras est complètement immobile et pend au long du corps ; la jambe du même côté peut quelquefois être soulevée par un violent effort. La sensibilité est abolie a des degrés variables, et ce n’est que dans les cas graves que l’insensibilité s étend aux fonctions sensoriales. La déglutition est quelquefois gênée, la digestion toujours lente, la constipation opiniâtre. Les sujets encore jeunes peuvent guérir complètement de cette affection. Dans ce cas, la paralysie, après avoir duré un. temps plus ou moins long, se dissipe peu à peu en abandonnant d’abord le membre inférieur, puis le bras et la face. Mais il arrive souvent que la paralysie ne se dissipe pas complètement et qu’il reste dans les membres un grand affaiblissement, parfois une diminution de sensibilité. Presque toujours l’intelligence s’affaiblit, la mémoire devient nulle, la faculté d’exprimer les idées est profondément altérée ; les malades ne retrouvent que certains mots à l’exclusion des autres, et perdent quelquefois complètement l’usage de certaines parties du discours, par exemple des substantifs, des adjectifs, etc. Ce singulier phénomène est souvent invoqué par les partisans de la phrénologie, comme une preuve de la localisation des facultés, À la paralysie persistante peut se joindre la démence complète. Enfin, les malades attaqués uno~ première fois d’apoplexie restent exposés à des récidives presque inévitables. Nous avons dit cependant qu’il était quelques cas qui ne présentent pas une sérieuse gravité. Il n’y a dans ces attaques légères qu’un simple affaiblissement ou une interruption passagère du mouvement et de la sensibilité. C’est le coup de sang ou congestion cérébrale apoplectiforme.

Après la mort des personnes qui ont succombé à l’apoplexie, on peut, par la dissection cadavérique, se rendre compte des désordres intérieurs. Le siège de la maladie est, ainsi que nous l’avons dit, dans les diverses parties du cerveau, et c’est en examinant cet organe qu’on trouve, soit la sérosité épanchée dans les apoplexies séreuses, soit dans les apoplexies sanguines, un ou plusieurs foyers hémorragiques remplis d’un sang ordinairement en caillot. C’est dans les ventricules, ou vers le centre de l’encéphale, quo l’on trouve l’épanchement ; rarement à la surface des circonvolutions. Comme chacune des parties de l’encéphale préside à uno fonction déterminée, on a pensé que, d’après les symptômes observés pendant la vie, on pourrait préciser la partie du cerveau qu’affecte l’hémorragie. Les célèbres expénencos de M. Flourens sur les fonctions des différentes parties de l’encéphale permettraient peut-être d’arriver à un dia APO

gnostic précis de l’apoplexie. Voici comment s’exprime à ce sujet le célèbre physiologiste, dans une communication faite a l’Académie des sciences, en 1860 : « J’ai fait voir, par mes expériences, que l’encéphale pris en totalité se compose de trois parties essentiellement, c’est-à-dire fonctionnellement distinctes : 1» le cerveau proprement dit (lobes ou hémisphères cérébraux), siège de l’intelligence ; ïo le cervelet, siège du principe qui coordonne, qui équilibre les mouvements de locomotion ; 3» la moelle allongée, ou plus exactement le point de cette moelle que je nomme point ou nœud vital, siège du principe même de la vie. De là

’ trois classes d’apoplexies : les apoplexies cérébrales, les apoplexies cérébelleuses, et les apoplexies bulbaires ou de la moelle allongée. Les symptômes ne sont que les fonctions troublées ; les fonctions une fois connues, rien de plus facile que de remonter des symptômes à rorgane lésé. L’intelligence perdue marque le siège de l’apoplexie dans le cerveau proprement dit ; 1 équilibration des mouvements de locomotion perdue marque le siège de l’apoplexie dans le cervelet ; la mort soudaine marque le siège de l’apoplexie dans le nœud vital (apoplexie foudroyante), bien que la mort puisse cependant dépendre aussi d un certain degré de lésion avancée des autres parties de l’encéphale. » M. Flourens convient toutefois que les éléments de la maladie ne sont pas toujours aussi faciles à déterminer : des lésions inégales et multiples dans diverses parties du cerveau forment un obstacle inévitable qui s’oppose à la précision du diagnostic. Au reste, cette distinction a plus ^’importance en physiologie qu’en médecine, et il serait ici plus essentiel de distinguer avec soin l’apoplexie sanguine de toutes les autres maladies qui peuvent être confondues avec elle. On peut,

" en effet, prendre pour une apoplexie sanguine, et réciproquement, l’apoplexie séreuse, qui se présente souvent sous un aspect presque identique, la congestion cérébrale, l’encéphalite, l’empoisonnement alcoolique et.certaines syncopes connues sous le nom d’apoplexies nerveuses. Il est bien, parmi ces maladies, des

. formes types qui ne permettent pas d’indécision, mais il existe un grand nombre de formes mixtes dont le diagnostic présente de sérieusesdifficultés : au point de vue du traitement cependant, il serait important d’éviter la con — Traitement et secours à donner. On regarde depuis longtemps la saignée, dans les cas d’apoplexie, comme d’une urgente nécessité. Cette idée, développée sous l’influence des doctrines qui ont régné dans la médecine au commencement de ce siècle, s’est accréditée auprès du vulgaire au point qu’on fait de cette pratique une condition absolue de succès. Cependant, des exemples déjà très-nombreux ont appris aux praticiens que dans une foule de circonstances, non-seulement les saignées n’étaient pas favorables, mais encore qu’elles semblaient très-nuisibles ; déjà même quelques médecins très-recommandables, à l’exemple du professeur Trousseau, ont complètement abandonné la saignée. C’est qu’en effet si, dans des cas trop nombreux, il est impossible de. distinguer de l’apoplexie sanguine l’apoplexie séi’euse, qui se développe sous l’influence de causes complètement opposées à celles qui donnent lieu à l’hémorragie cérébrale, il est au moins prudent de préciser le diagnostic avant d’avoir recours à une pratique qui serait dangereuse-dans le cas d’apoplexie séreuse. Si, d’autre part, suivant M. le professeur Trousseau, on doit confondre la congestion cérébrale apoplectiforme avec une attaque

de prudence. Toutefois, si le diagnostic est précis, et qu’on ait affaire à une apoplexie sanguine, ou à l’encéphalite, on doit mettre en oeuvre des moyens énergiques, et donner au malade de prompts secours : l’exposer dans un lieu frais, la tête élevée et couverte de compresses d’eau froide renouvelée ; tenir les pieds très-chaudement et y ramener la sensibilité à l’aide de sinapismes ; conjurer les conséquences de l’hémorragie par l’emploi raisonné de la saignée du bras, ou des sangsues et des ventouses derrière les oreilles, tels sont les premiers moyens à employer. Les laxatifs légers, les lavements purgatifs, les dérivatifs et un régime sévère pourront ensuite être avantageusement employés ; enfin on oppose les moyens médicaux propres à dissiper la paralysie persistante. (V. Paralysie.) Les préparations arsenicales ont été vantées, dans ces derniers temps, comme propres à prévenir les apoplexies imminentes et à préserver des récidives. Ce moyen paraît en réalité préférable aux saignées dites de précaution, qui amènent une nabitude dangereuse dont lo bénéfice est douteux.

II. — Apopi-exie séreuse. Cette" forme est caractérisée par répànchement de sérosité dans le cerveau ; mais la distinction entre l’apoplexie séreuse et l’apoplexie sanguine n’est pas toujours facile pendant la vie. Les anciens cependantavaient précisé certaines différences entre deux formes d’apoplexie qu’ils appelaient chaude et froide. Les médecins du xvmo siècle ■ prétendaient reconnaître ces deux sortes d’apoplexie : à la turgescence de la face, à la plénitude du pouls ; dans l’apoplexie sanguine, ils opposaient l’inertie générale, le ralentissement de la circulation, la pâleur de la physionomie, la faiblesse et la lenteur du pouls, l’état saburral de la langue, et donnaient ces carac-