Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 1, part. 2, An-Ar.djvu/189

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Au gré de l’Intérêt, passant du blanc au noir, Le matin royaliste, et jacobin le soir ; Ce qu’il blâmait hier, demain prêt à l’absoudre, Il prit, quitta, reprit la perruque et la poudre.

L’apostasie, aussi vieille que le monde, durera-t-elle autant que lui ? Grave question que les pessimistes résolvent par l’affirmative. Pour nous, iidèles à la doctrine du progrès, nous dirons avec Leibnitz : « Il ne parait pas impossible que l’homme atteigne à la perfection ; » il faut donc espérer qu’un jour viendra où les citoyens seront assez parfaits et surtout assez éclairés pour préférer a leur intérêt privé celui de la chose publique : l’apostasie aura disparu.

APOSTASIE, ÉE adj. V. Apostasiacé.

i. ou intr. (a-po-sta-zi-é

vad.. apostasie). Tonïber dans l’apostasie, surtout on parlant de la religion chrétienne : Le plus grand (rime qu’un chrétien puisse commettre, c’est d’APOSTASiER. Les magistrats de Genève le décrétèrent de prise de corps comme imposteur apostat, qui avait fait apostasier sa femme. (Volt.) Moitié par amour de la littérature classique, moitié par haine des courtisans de Constantin, Julien apostasia. (M.-Brun,)

— Par ext. Abandonner une doctrine, une opinion, un parti, dans un but d’ambition, de fortune, etc. -.L’argent, les places, les honneurs ont fait ArosTASiER beaucoup d’écrivains politiques. (Encycl.) Jusqu’ici la poésie anglaise s’est montrée à nous catholique ; les Muses habitaient au Vatican, et chantaient sous le dôme à moitié formé de Saint-Pierre, que leur élevait Michel-Ange : maintenant, elles vont apostasier et devenir protestantes. (Chateaub.) Entrera VAcadémie, c’est apostasier, selon M. du Camp, c’est renier tout son passé et ce qu’on a adoré. (Ste-Beuve.)

— S’emploie aussi activom. : SiTTJnivers ’ nie que tel soit le fond de sa pensée, il aura

apostasie sa croyance, (E. de Gir.) Ce n’est pas à la fia de son martyre que Fcnelon aurait apostasie sa foi. (Lamart.) Julien fut justement nommé (’Apostat parce qu’il avait apostasie l’avenir, après l’avoir compris. (Ballanche.)

S’apostasier, v. pr. Renoncer publiquement aux principes que soi-même on avait professés : Le christianisme ne peut devenir esthétique qu’en s’apostasiant. (Proudh.)

— Antonyme. Se convertir.

apostasimÉRIDES s. f. pi. (a-po-sta-zimé-ri-de — du gr. apostasis, intervalle ; mêros, cuisse). Entom. Groupe de curculionides ou charnaçons.

APOSTAT adj. m. (a-po-sta — du gr. apostates, déserteur ; formé do apo, loin de ; st’atos, qui se tient). Se dit de ceux qui ont apostasie, qui ont abandonné publiquement leur religion, particuliôrem. la religion chrétienne, ou renoncé à leurs vœux monastiques : Chrétien apostat. Moine apostat. Une simple interrogation le rend apostat et parjure. (Mass.) Ils étaient accusés d’être nonseulement hérétiques, mais apostats. (Pasc.) // se flatta de le perdre dans l’opinion du peuple en l’identifiant avec ce moine apostat, méprisé de tout le monde. (Mérimée.)

— S’emploie le ’plus ordinairem. comme subst. masc. : Julien Tapostat. Un odieux apostat. Il y a cette différence entre l’hérétique et Z’apostat, que l’hérétique n’abandonne qu’une partie de la foi, et que Vapostat n’en conserve plus rien. (Trév.) Il est rare qu’un apostat ne soit pas un persécuteur. (Arnault.) Il dépend de.vous d’en faire un héros ou un lâche, un martyr ou un apostat. (G. Sand.) Des le commencement du christianisme, il veut des apostats. (Proudh.)

Mais l’apostat confond, dans un double parjure.

Et la loi qu’il embrasse, et la loi qu’il abjure.

Baour-Lormian.

— Par ext. Celui qui, en vue d’un intérêt, abandonne une doctrine, une opinion, un parti : Un apostat politique. Que de renégats, que o’apostats surtout en politique ! Ce n’était point un apostat que ce courageux conventionnel qui, disant’ : Je suis las de ma part de tyrannie, abjura des intérêts de parti pour ne pas trahir ceux de la liberté. (Arnault.) La révolution saura reconnaître les usurpateurs et marquer les apostats. (Proudh.) Z’apostat politique demandera, s’il léfaut, la mort -de ceux qu’il appelait ses frères’. (Proudh.) Il n’y a qu’un châtiment pour les apostats ; c’est la conscience qu’ilssont infâmes, et qu’on les méprise. (Duclerc.)

— Fig. et moralem. : Ceux d’entre eux qui hésiteraient à l’idée du bonheur universel ne seraient que des âmes vulgaires, des apostats du génie social. (Fourier.)

Mais qu’on m’ose prôner des sophistes pesants. Apostats effrontés du goût et du bon sens, Alors, certes, alors, ma colère, s’allume.

Gilbert.

— Syn. Apostat, r^negat. Apostat se dit plus particulièrement de celui qui renonce au christianisme ou au catholicisme pour embrasser une autre religion, et renégat, d’umehrétien qui se fait mahométan.

, — Epithètes. Impie, sacrilège, odieux, infâme, détestable, détesté, vil, rebelle, révolté, , débauché, corrompu, hérétique, dé APO

APOSTATE s. f. (a-po-sta-te — rad. apostat). Celle qui abandonne sa religion pour une autre : Jeanne Dure fut condamnée comme hérétique, relapse, apostate et idolâtre. Il Ce féminin n’a guère été employé qu’en parlant de la Puccllc.

APOSTAXIS s. f. (a-po-sxa-ksiss — du gr. apo, de ; stase-, je tombe goutte à goutte). Méd. Saignement de nez.

APOSTÉ, ÉE (a-po-sté) part. pass. du v. Aposter : Voleurs apostés au coin d’une rue. Soldats apostés derrière un bois. Jacques d’Arteveld avait des hommes apostés dans toutes les villes, qui tuaient au. premier ordre tous ceux qui s’opposaient à ses desseins. (Boss.) Ces sénateurs commençaient à parler, une troupe insolente de petit peuple, apostée par tes tribuns, poussait des cris confus. (Vertot.) Des assassins apostés devaient tuer le roi. (Volt.) On ne me laisse de communications qu’avec des gens apostés par mes persécuteurs. (J.-J. Kouss.)

Des agents apostés faisaient courir aux armes. La Harpe.

APOSTÈME s. m. (a-po-stè-me — du gr, apo, indiquant écartement, et istêmi, je pose). Ane. méd. Syn. peu usité de abcès. V. Apos-

— Nom donné autrefois à toute espèce de tumeur humorale.

Apostème aqueux, Nom donné par Ambroise Paré à l’hydarthrose.

APOSTER v. a. ou tr. (a-po-stô — rad. poster). Placer quelqu’un dans un poste, dans un endroit, afin qu’il observe, qu’il guette, qu’il oxecuto quelque chose, et ordinairem., quelque chose de mal : Aposter des espions. Aposter des assassins. Aposter de faux témoins. Aposter des gens pour faire insulte à quelqu’un. (Acad.) Il aposta plusieurs meurtriers pour l’assassiner. (Rollin.)

APOSTÉRIGME s. m. (a-po-sté-ri-gmedu gr. npostêrizo, je soutiens). Ane. méd. Maladie chronique des intestins.

A POSTERIORI, mots lât. qui signif. D’après ce qui suit, d’après les conséquences. Raisonner a posteriori, c’est argumenter d’après les conséquences nécessaires d’une proposition : On prouverait a posteriori que les désordres dans un État sont presque toujours produits par les mauvaises passions. Dans tout gouvernement, les lois ont été faites a posteriori, c’est-à-dire qu’elles résultent des besoins de la société. J’ai cru fort longtemps qu’on ne pouvait pas prouver l’existence de Dieu a posteriori, parce que je n’avais pas appliqué mon esprit au peu de vérités métaphysiques que l’on peut démontrer. (Volt.)

Pour ce mot, que la plupart des Jexicographes ont pris à. contre-sens, V. A priori.

APOSTILLANT (a-po-sti-llan, Il mil.) part. prés. du v. Apostiller.

apostillateur s. m. (a-po-sti-lla-teur, Il mil. — rad. apostille). Celui qui apostille une pétition, une requête, un mémoire, h Peu usité, on dit mieux apostilleur.

— Celui qui ajoute des annotations à un ouvrage de jurisprudence.

— Ane. iurispr. Arbitre qui mettait son apostille à la marge d’une pièce, d’un compte.

apostille s. f. (a-po-sti-lle, llmU. — du bas lat. apostilla, note, explication). Annotation ajoutée en bas ou en marge d’une lettre, d’un écrit : On mande par apostille ce qu’on a oublié d’insérer dans le corps de la lettre. (Trév.) Ce que j’ai lu dans ^’apostille de votre lettréne m’a pas extrêmement plu. (Balz.)

— Plus généraient. Courte recommanda-x „„ o ;~., u» i..— i„<j„„ •„., n mémoire et

une apostille

m apostille.


lettre. (H. Berthoud.)

De grâce, une apostille au bas de mon mémoire.

— Littér. Petite note marginale ajoutée à un écrit pour l’éclairer, le critiquer ou le rectifier. On dit plus.ordinairement, ANNOTATios.

— Lôgisl. Annotation, addition faite à la marge d’un acte : Les apostilles doivent être paraphées par tous les signataires du corvs de l’acte. (Acad.)

— Ane. jurispr. Note écrite par les arbitres à la marge d’un titre ; d’un acte contesté, à chacun des articles d un compte, soit pour approuver, soit pour rejeter.

— Ane. adm. Visa

l’auditeur des comptes ;

qui lui étaient envoyés.

— Encycl. Faveurs, grâces, apostilles, autant de legs dos mœurs monarchiques, que l’esprit d’égalité et la publicité moderne auront de la peine à détruire. L’abus des apostilles est de nature à altérer gravement la sincérité du gouvernement constitutionnel. L’espèce d’échange qui en résulte entre le pouvoir administratif et les membres du pouvoir législatif est incompatible avec la dignité et l’indépendance de l’un et de l’autre. Le moyen pour l’administration de fermer l’oreille aux sollicitations de ceux à qui l’on demande un vote d’approbation ? Le moyen pour les députés de conserver la liberté de leur parole et de leur vote, à la veille d’apostiller une demande ? On le comprit en 1S4S ; à cette époque un décret de l’assemblée constituante interdit il ses niera APO

bres toute recommandation ou apostille : l’intention était excellente ; mais ce décret ne § ouvait avoir de sanction. Ce sont les mœurs e la liberté, et non des décrets qui supprimeront les apostilles.

APOSTILLE, ÉE (a-po-sti-llé, «""mil.) part. pass. du v. Apostiller : Certificat apostille. Les pétitions apostillées ne sont pas toujours les mieux reçues. Lesplacets étaient reçus par un maître des requêtes qui les rendait- apostillés. (Volt.) Le ministre tira une pétition envoyée par moi, apostillée par moi, adressée directement par moi. (Alex. Dum.j

•APOSTILLER v. a. ou tr. (a-po-sti-llé, Il mil. — rad. apostille). Mettre une apostille à la marge ou au bas d’un écrit, d’une lettre, d’un mémoire, d’une pétition, etc. : Apostiller une demande, une réclamation. Le ministre avait apostille les dépêches de l’ambassadeur. (Acad.) Il écrivait toujours au roi à mi-marge, et le roi apostillait à côté, de sa main, et lui. renvoyait ainsi ses lettres. (St-Sim.)

APOSTILLEUR s. m. (à-po-sti-fleur, «mil. — rad. apostille). Celui qui apostille un mémoire ou une pétition. Syn. plus usité d’apostillateur.

APOSTIS s. f. (a-po-stiss). Ane. mar. Nom sous lequel on désignait le-plat-bord d’une embarcation, en y comprenant les- tolets et les dames.

APOSTOLAT s. m. (a-po’-stoda — du lat. apostolatus ; tiré du gr. apostolê, départ). Ministère des apôtres et de leurs successeurs : Saint Paul fut appelé ’ "

et sa gloire sont sans cesse renouvelées. (De Ravignan.) Z’apostolat chrétien est l’instrument principal du progrès et de la régénération dès nommes. (Bautain.) Z’apostolat seul, laïque ou ecclésiastique, donne à la religion, dans l’éducation, la place qu’elle doit avoir. (Dupanl.) //apostolat remonte à Jésus-Christ même. (Proudh.) Z’apostolat tomba peu à peu dans l’Église, à mesure que la hiérarchie sacerdotale se perfectionna, et que son organisation devint plus pvissante. (Proudh.)

— Par ext. Action ac propager des idées nouvelles, une doctrine : Généralement parlant, il y a cela de remarquable que la presse est, en France, un apostolat, tandis qu’en Angleterre, elle n’est qu’un métier. (Lodru-Roll.) Le devoir d’une philosophie généreuse est d’opposer {’apostolat du bon sens et de la vertu à celui du mensonge et du crime. (V. Cousin.)

’ — Hist. Titre honorifique donné autrefois au pape. Votre apostolat, comme on dit aujourd’hui Votre Sainteté.

APOSTOLE s. m. (a-po-sto-le — du gr. apostoleus ; formé de apostello, j’envoie au loin). Antiq. gr. Magistrat qui surveillait l’équipement d’une ilotte, et quelquefois commandait une expédition navale.

— Nom donné anciennement au pape, comme successeur des apôtres.

— s. f. Tribut que les patriarches juifs levaient dans les provinces, par l’intermédiaire d’officiers nommés apôtres.

APOSTOLÉ s. m. (a-po-sto-lé — du gr. apostolê, départ). Chim. et pharm. Nom générique donné aux extraits.

APOSTOLES, îles au nombre de douze, d’où leur nom-, situées à l’extrémité méridionale de l’Amérique du Sud, à l’entrée du détroit de Magellan, près du cap Pilares, au N.-O. delà Terre de la Désolation.

APOSTOU (Jean-François), poète latin moderne, né dans le Montferrat, vivait dans la dernière moitié du xvi<= siècle. On cite surtout son poëme Succisivec Uorœ, publié à Milan en 15S0, et qui eut plusieurs éditions.

APOSTOL1 (François), littérateur italien, né à Venise vers 174G, mort en 181G. Il remplit quelques emplois, eut une vie fort agitée et finit par se faire espion des Autrichiens. On a de lui : Lettres et Contes sentimentaux de George Wanderson (en collaboration avec Le Roy de Lozembrunn), et divers autres écrits.

APOSTOLICITÉ s. f. (a-po-sto-li-si-térad. apostolique). Théol. Conformité de la doctrine de 1 Église avec celle des apôtres ; orthodoxie : Les caractères de l’Église de Jésus-Christ sont : l’autorité de l’enseignement, la visibilité et la perpétuité, l’unité, la sainteté, la catholicité et J’apostolicité. (C. Gousset.) il Autorité d’un principe reconnu vrai par le saint-siôgo.

— Hist. ecclés. Doctrine des apostoliques, APOSTOLIN s. m. (a-po-sto-lain). Hist.

ecclés. Nom donné à des religieux qui faisaient profession d’imiter la vie des apôtres et des premiers fidèles. Les apostolins s’étaient établis à Gênes ; ils furent supprimés par Sixte-Quint en 1590, et réunis aux ambrosiens

APOSTOLIQUE adj. (a-po-sto-li-ke — du gr, apostolos, apôtre). Qui vient, qui procède directement des apôtres : Doctrine, tradition apostolique. Réveillons cette vigueur apostolique de l’ancienne Église ! (Boss.) n Qui concerne le.saint-siége, qui en émane : Siège apostolique. Bénédiction apostolique. Bref apostolique. Mandat apostolique. Il Qui rappelle les apôtres, le dévouement, les traditions des apôtres : Zèle apostolique. Travaux apostoliques. Ils se croient.des hommes apos-

APO

toliques. (La Bruy.) Ces deux vertus jointes ensemble, qui font le tempérament d’un homme apostolique, ont été le caractère de saint Ignace. (Flcch.) Il n’est pas difficile au Seigneur de porter sur’ses ailes, à travers les mers, des hommes apostoliques. (Mass.) Par les soins des hommes apostoliques coulaient des fleuves de charité. (Mass.) On fil dans nos campagnes des courses apostoliques ; les pauvres furent éuangélisés. (Mass.) Bien n était plus apostolique que la vie des missionnaires chez les Murons. (Chateaub.) S’il avait la fermeté d’une vertu vraiment apostolique, il la tempérait par la grâce d’une inépuisable indulgence. (E. Sue.)

— Entro dans un grand nombre de locutions en quelque sorte consacrées : Chaire apostolique, La chaire de nos églises : Généralement, te langage de lachaire apostolique n’est plus suffisamment approprié ni au siècle qui tentena, ni à-V auditoire qui l’écoute. (E. de Gir.) n 'Mission apostolique, Missioli des apôtres et, par ext., de tous ceux gui travaillent à propager la religion chrétienne. Il Vie apostolique, zèle apostolique, Vie sainte comme était celle des apôtres ; zèle digne des apôtres. Il Siècle apostolioue, Temps apostolique, Le 1e siècle de l’Église, temps où vivaient les apôtres, il Église apostolique, Église fondée par l’un des apôtres. Il Canons apostoliques, Recueils qui renferment les règles de discipline adoptées dans l’Église peudant les premiers siècles, il Nonce apostoliqm, Ambassadeur, chargé d’affaires du saintsiége, qui est chargé de représenter le pape dans les diverses cours de l’Europe, il Majesté apostolique, Titre d’honneur que l’on donnah. au pape pendant le moyen ûge : il a-été remplacé par celui de Sa Sainteté. Il Clercs apostoliques, Nom par/lequel on a désigné les jésuites, tout dévoués au saint-siége. n Arotaires apostoliques. Notaires autorisés, dans chaque diocèse, à rédiger des actes en matière ecclésiastique, il Couronne apostolique, Insigne d’honneur donné dans les premiers siècles aux évêques. il Siège apostolique, Se disait d’un évêche, dans les premiers temps de l’Église. Il Chambre apostolique, Tribunal où l’on traite les affaires qui concernent les finances et le domaine de l’Église ou du souverain pontife. Il Royaume apostolique, Le royaume de Hongrie. Il Préceptes apostoliques, Qualification donnée, au vue siècle, par les rois d’Espagne, à leurs ordonnances, quand elles avaient été sanctionnées par un concile ou par une réunion d’évêques.

— Encycl. — Pères apostoliques. On nomme pères apostoliques ceux des successeurs immédiats des apôtres qui ont laissé des écrits. Ce sont saint Barnabe, saint Clément de Rome, saint Ignace d’Antioche et saint Polycarpe de Smyrne. Quant à Papias d’Hiérapolis, et u. l’auteur du Pasteur, Hermas, il n’est pas bien prouvé qu’ils aient été disciples des apôtres. Dans les écrits des Pères apostoliques, le dogme est pour ainsi dire encore à l’état fluide ; ils se bornent à prêcher la foi et la purification dans l’attente du second avènement de Jésus-Christ. Cotelier a donné une édition des Pères apostoliques en 1672.

Constitutions apostoliques. On donne ce nom à. un recueil touchant la discipline et les cérémonies de l’Église, qu’on suppose dater du temps des apôtres et avoir été rédigé par le pape saint Clément. La plupart des écrivains ecclésiastiques regardent ces constitutions comme plus récentes, et ne leur accordent qu’une médiocre autorité. Le texte a probablement subi des altérations ou interpolations successives, et dans leur forme actuelle on ne peut les faire remonter plus haut que le me ou le ive siècle.

Les Constitutions apostoliques nous offrent un curieux monument des coutumes de la primitive Église. On les trouve dans les princi-Sales collections des conciles et dans le recueil es Pères apostoliq-les de Cotelier.

Canons apostoliques. On donne ce nom à un recueil de décrets faits, dit-on, dans les premiers siècles de l’Église, d’après les principes et l’esprit des temps apostoliques.

Les Canons apostoliques paraissent être de la mémo époque que les Constitutions apostoliques ; on les a également attribués au pape saint Clément. Ils sont au nombre de quatrevingt-cinq. En voici quelques-uns :

1. — Que l’évêque soit ordonné par deux ou trois évêques ;

2. — Que les prêtres, les diacreset les autres clercs soient ordonnés par un évêque ;

G. — Que l’évêque ou le prêtre, ou le diacre ne se mêle point des affaires séculières : autrement, qu’il soit déposé ;

2D. — Si quelque évêque, usant des puissances séculières, monte par elles a. l’Église, qu’il soit déposé et’séparé, et de même tous ceux qui communiqueront avec lui ;

36. — Qu’un synode d’évêques soit tenu deux fois dans l’année, et qu’ils examinent entre eux les décrets de religion et arrangent les controverses religieuses survenues ;

82. — Que l’évêque, ou le prêtre, ou le diacre qui veut obtenir à, la fois la magistrature romaine, c’est-à-dire civile, et l’administration sacerdotale, soit déposé : car il faut laisser ; i César ce qui est de César, et à, Dieu ce qui est