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Europe que chez les Arabes ; le Roman d’Anlar ou Antara, et d’autres moins connus.

La littérature historique a une origine moins ancienne que la littérature poétique. Au commencement, elle consistait uniquement en traditions orales qui se transmettaient fidèlement de génération en génération, jusqu’à ce qu’un homme prit la peine de les rédigeret de les écrire. Le soir, aux clartés de la lune, les familles de la tribu se rassemblaient devant les tentes, au désert-, eu devant les portes des maisons, dans les villes, et l’on racontait les actions des ancêtres. Ces entretiens nocturnes (semer) étaient entremêlés de vers. Les plus anciennes traditions roulaient sur les rois de Hira, l’invasion des Ethiopiens dans 1" Yémen, les guerres de tribus, etc. La généalogie y jouait un grand rôle. Les premières tentatives de rédaction de ces traditions remontent au commencement du ixe siècle. Le plus ancien historien connu est Hescham (82C), qui écrivit des généalogies. Abou Obeida, grammairien estimé, rédigea les éphémérides guerrières des Arabes ; Ibn Koteièa a laissé de précieux renseignements sur les origines' et la formation des différentes tribus. Bientôt la vie, les luttes et la mort de Mahomet furent le sujet d’histoires spéciales (Mohammed ben Omar al Wakedi et Ibn Hescham). Ces anciens historiens ont été mis souvent a contribution par les modernes, qui nous ont ainsi fait connaître leurs noms, mais ne nous ont pas toujours conservé leurs ouvrages. Hadji Khalfa a composé une liste de mille trois cents livres d’histoire. La manière dont les Arabes écrivent l’histoire offre beaucoup d’analogie avec nos chroniques du moyen âge et les livres historiques de la Bible> Ces ouvrages sont appelés tarikh (chronique et chronologie).

Les historiens arabes citent souvent textuellement les sources auxquelles ils puisent, en écrivant cette formule : > Un tel dit’que... > Ils aiment les petits détails historiques, les anecdotes, les portrafts, et négligent souvent les choses plus importantes. Le style est généralement simple, souvent même négligé.

Quelques auteurs cependant se sont servis de la prose poétique et rimée (sadjaà) ; entre autres : Amad ed Din, le biographe de Saladin ; Ibn Arabschah, le biographe de Timour, et Otbi, le biographe de Mahmoud. Le premier qui composa une histoire universelle fut Abou Djafar Attabari (vulgairement Taberita, 922). Au x<- siècle florissait aussi Massoudi, l’auteur des Prairies d’Or (Mouroudj ez-sèhèb). De la même époque date l’histoire du patriarche chrétien d’Alexandrie, Said Ibn Battik (Eutyehius Patricides). Au xiie siècle appartiennent les biographes de Saladin, Bohaeddin et Amadeddm. Au xnie siècle nous trouvons Aboulfaradj, connu aussi comme écrivain syriaque sous le nom de Barhebrœus ; Ibn al Amid ; Ibn al Atsir ; Mohammed Hamavi ; Abou Sakharia, auteur d’un dictionnaire historique ; Ibn Khalican, qu’on a appelé le Bayïe et le d’Herbelot des Arabes. Au xive siècle ce sont : Aboulféda al Makrisi, qui a composé de nombreuses monographies historiques ; Nuweiri, etc. Au xve siècle appartiennent Ahmed ibn Arabschah, le biographe éloquent, mais quelquefois ampoulé s de Timour ; Ibn Asschouhna, l’abréviateur et le continuateur d’Aboulféda ; Bjemal Eddin, historien de l’Egypte. En tête des historiens les plus remarquables du xvie siècle, il faut citer Moustafa ben Hosseïn, auteur d’une histoire du califat des dynasties tatares, turques et indiennes. Au xvn= siècle, Aboul Aobas Ahmed ed-Dimaschki écrivit une histoire universelle, et Hadji Khalfa un ouvrage célèbre sur les écrivains arabes, turcs et persans. On connaît peu en Europe Ibn Khaledoun, que M. de flammer nomme le Montesquieu des Arabes, et chez lequel on trouve des intentions de philosophie historique. On voit, d’après ce rapide résumé, que le bilan historique de la littérature arabe est assez respectable. Plusieurs des ouvrages énumérés ci-dessus ont été publiés en Europe, mais il en reste encore beaucoup à faire connaître.

Les Arabes avaient également de grandes aptitudes pour la géographie. Leurs conquêtes leur inspirèrent le désir de connaître plus a fond les pays par lesquels ils passaient, et les premiers califes firent faire dans ce but des recherches utiles. Sous les Abbassides, l’extension du commerce vint encore donner aux recherches une nouvelle impulsion. Pour les faciliter et les rendre plus exactes, les Arabes se servirent des sciences mathématiques qu’ils tenaient des Grecs, et apprirent à déterminer, d’après le système de Ptolémée, la longitude et la latitude d un lieu. Ils empruntèrent aux Grecs jusqu’au nom de cette science nouvelle (djagrafia). Les anciens géographes arabes faisaient passer, comme les Grecs, le premier méridien* par les îles Fortunées : ensuite on le changea. On partageait le monde connu en sept climats (aqàlim). Les zones étaient basées sur la longueur des jours et des nuits, et avaient été portées au nombre de sept, par analogie avec les sept cieux. Les plus anciens voyageurs musulmans que l’on connaisse sont Ibn Onahab et Abon Saîd el Hassan, qui allèrent en Chine au me siècle de l’hégire. Une des relations de voyage les plus intéressantes est celle d’Ibn Batouta, Maure qui parcourut au xive siècle l’intérieur de l’Afrique, des Indes, de Java, les côtes d’Espagne, l’empire grec, et une partie de la Russie. Ibn Haukal a le premier écrit un traité de géographie univer ARA

selle {xc siècle), dans lequel a puisé Aboulféda. En 1153, Schérif el Edrisi écrivit, à là cour do Roger H, en Sicile, sa Géographie nubienne. Abdallatif a composé une description de l’Egypte, et Iaqouth, un dictionnaire géographique. On trouve encore d’excellents détails géographiques dans les ouvrages encyclopédiques de Nouweiri, Kazouini, Ibn al Ouardi, etc. Généralement, les traités arabes de géographie sont pauvres et ne contiennent que de sèches descriptions ou de monotones énumérations concernant les mœurs, les peuples, les langues, les produits. À plusieurs de ces ouvrages sont jointes des cartes grossièrement dessinées. Quelques superstitions traditionnelles des Hé-breux ont persisté avec une ténacité singulière chez les géographes arabes ; c’est ainsi qu’ils parlent sérieusement des peuples de Gog et de Afagog (Jagoug et Magoug), etc. 1 lies Arabes ont également emprunté les mathématiques (iim erriadiy) aux Grecs, dont ils traduisirent les principaux ouvrages sur cette matière. Euelide (Aqlids), Archimède (Arschimeds), etc., leur devinrent familiers. Comméle nom de l’algèbre est d’origine arabe, on a attribué un peu légèrement aux Arabes ' l’honneur d’avoir créé cette science ; mais eux-mêmes ils reconnaissent la tenir de l’Alexandrin Diophante. Ils appellent la règle de trois hasb elkhalaiyn, ou numération chinoise. La géométrie, la trigonométrie, la mécanique reçurent, il est vrai, de nombreux perfectionnements. Mais la science la plus

prati-

estimée était l’astronomie ; elle était pour ai dire nationale chez les Arabe ' '

quaient instinctivement pendi

maôe, ainsi que le prouvent la plupart des noms donnés aux constellations (le chameau, l’autruche, la tente, le seau, etc.). Les travaux des Grecs furent acceptés avec empressement par les Arabes, qui traduisirent la plupart de leurs ouvrages astronomiques, et particulièrement la MégalÉ Suntaxis de Ptolémée. Le calife El Mamoun réunit autour de lui un nombre considérable d’astronomes, prit part lui-même à leurs observations, et fit perfectionner les instruments. Un des astronomes les plus célèbres de cette époque est Alfergani. Au Xe siècle florissaient Albatani et Ibn lounas, qui composa les tables d’Hakem. Abderrahman écrivit une introduction a la connaissance des étoiles. Au xme siècle vivait Nasir Eddin, le meilleur traducteur d’Euclide. Mohammed ibn Mouwaied el Ardi a construit une sphère céleste, avec des légendes en caractères koufiques. Le prince mogol Ouloug Bey a composé en persan les tables royales. Abou Sahl, Almansour, Maschalla, Thabet ben Xorrah, Djeber ben Afla, doivent être encore mentionnés parmi les astronomes arabes distingués. La plupart du temps, les Arabes ne firent servir leurs connaissances astronomiques qu’aux superstitions de l’astrologie, fort en honneur chez les Chaldéens et les Juifs.

Les premières études médicales des Arabes remontent aux écoles nestoriennes des bords de l’Euphrate, et dont Djondisapor était la

Elus célèbre. Hareth, contemporain de Moammed, s’était déjà fait un nom comme

médecin. À la fin du vw siècle, deux médecins grecs, Theodokos et Theodunos, formèrent dans l’Irak plusieurs élèves arabes. Les nombreux voyages des Arabes les mirent à même de connaître les divers médicaments usités dans les différents pays qu’ils parcouraient. Des préjugés religieux les empêchèrent de cultiver l’anatomie, et l’on peut juger combien leurs connaissances étaient peu avancées dans' cette science, en lisant dans Aboulcasis la description des veines. Abd el Melek Abou Merwan ibn Zohr, Averroes de Cordoue, Avicenne, Abou Kasi el Zahravi, Abou Yahia, etc., ont laissé des ouvrages sur la médecine, la botanique, la physiologie, etc.

La théologie (ilm el kelam) fut, avec la jurisprudence (el fiqh), une des sciences les plus cultivées par les Arabes. Toutes deux ont leur origine dans le Koran, et sont solidaires l’une de l’autre. Omar al Nasafi, Scheikh Ibrahim, Sidi Khalil, etc., sont les auteurs les plus connus qui aient écrit sur cette matière.

Les Arabes possèdent aussi de nombreux ouvrages grammaticaux. Leurs grammairiens les plus renommés sont Aboiil Asouad al Douli, élève d’Ali ben abi Taleb, Alkhalil ibn Ahmed, auteur du Kitab el aïn, ou Livre de l'œil, Saibouya, Abou Obeïda, Ibn Doreïd, Hariri, Meidani, Samakhschari, etc. Parmi les lexicographes, on cite Abou Nasr Ismaël ebn Hamad el Djauhari, auteur du dictionnaire As-Sihah, la pureté ; Ad-Darir, auteur du Mohkem ; Firuzabadi, qui a composé le Lami ou VEclairant, en soixante volumes, et l’a abrégé en en faisant le Qamous ou Océan, qui’contient plus de soixante mille mots, et passe encore aujourd’hui, en Orient comme en Occident, pour le dictionnaire le plus complet de la langue arabe.

En résumé, les Arabes se montrent originaux dans la poésie ; secs, quoique prolixes, mais cependant assez exacts dans 1 histoire ; traducteurs ou imitateurs des Grecs dans la plupart des sciences mathématiques ; physiques et naturelles.

— IV. Prosodie arabe. Les principes de la versification arabe reposent à la fois sur la quantité prosodique des syllabes et sur la rime. L’art de la versification porte le nom de ilm el aroud. Les syllabes se distinguent en syllabes longues et en syllabes brèves. Toute

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syllabe simple, comme ta, ra, mo, est brève (quand la voyelle est une lettre de prolongation, la syllabe est longue) ; toute syllabe composée, comme mak, fer, lam, est longue. Les affixes pronominaux, tels que houm, koum, etc., sont ad libitum. Les Arabes comptent huit sortes de pieds, qu’ils nomment pieds primitifs ; ils emploient pour les désigner le paradigme fa, ala, qui leur sert également de modèle pour les formes grammaticales.

Les Arabes appellent un vers beit, c’est-à-dire une maison, une tente, et la plupart des termes techniques de leur prosodie sont empruntés des parties et des pièces qui constituent la demeure des Arabes (ouètèd, pieu ; sèbéb, corde, etc.).

Les diverses combinaisons des pieds qui viennent d’être énumérés plus haut forment un certain nombre de mètres ou bouhour (mers), dont voici les noms : elthauil, l’allongé ; elmedid, l’étendu ; elbasith, estratus' ; elouafir, le nombreux ; el kamil, le parfait ; el hedjez, le récité à voix basse ; erredjez, le tremblant ; essari, le rapide ; el mounlarih, le dépouillé ; el khafif, le léger ; el moudhari, le semblable ; el moukladhab, le coupé ou l’im Erovisé ; elmoudjtass, l’arraché ; etmoulcqarib, rapproché ; el moutedarik, le suivant. Chacun de ces mètres primitifs donne naissance, par des altérations de certains pieds, à de nombreux mètres secondaires.

Le belt, ou vers, se décompose en deux hémistiches nommés misra, battant de porte, ou chalhr, moitié. La rime porte le nom de gafîa, et est de différentes sortes selon le nombre et la nature des lettres qui la constituent. Il existe des poèmes arabes entièrement monorimes. Dans les anciennes qacidas, tous les vers, sans exception, doivent se terminer par la même rime. Dans la poésie moderne, on trouve souvent de véritables stances ou quatrains avec différentes combinaisons de rimes et souvent de véritables refrains. Dans les longs poëmes didactiques ou historiques, on emploie souvent le distique comme dans les vers français à rimes plates, et la rime change à chaque distique. C’est ce qu’on appelle des vers moiisdaouidj, assemblés, ou mesnévi, attachés deux par deux.

La connaissance exacte des règles de la.prosodie arabe est indispensable pour arriver à comprendre et à expliquer avec facilité les vers arabes. Les Turcs et les Persans ont adopté la prosodie arabe, dont ils ont conservé les règles générales, en y apportant quelques légères modifications exigées par leur prononciation et la nature même de leur langue.

— V. Peinture arabe. Une tradition défend aux musulmans de représenter les êtres animés -, mais le Koran est muet sur cette défense : aussi voyons-nous les Arabes posséder des artistes distingués et en nombre suffisant pour que Makrisi ait écrit leur histoire. S’il faut en croire Mouradja-d’OhsSon, les portes de la mosquée d’Abd-el-Melek, à Jérusalem, étaient décorées de l’image de Mahomet, et l’intérieur de l’édifice orné de peintures représentant l’enfer et le paradis. Ces fresques étaient sans doute l’ouvrage de peintres byzantins ; mais les Arabes imitèrent à leur tour ces derniers, et ne crurent pas désobéir à leur loi en reproduisant les images du Prophète, des personnages de la Bible, des califes, des généraux et des poëtes illustres. Les fabriques de Kalmoun, de Damas, de Dabik et de Behnessa, s’empressèrent de copier ces figures sur les étoffes précieuses qu’elles confectionnaient, et l’on y représenta même des cérémonies, des fêtes et des chasses. Le xe siècle nous offre les noms de plusieurs peintres célèbres à cette époque : Ibn-Aziz, de Bassora ; Kasir, originaire de l’Irak ; Abou-Bekr-Mohammed, fils d’Hassan ; Ahmed-ben-Youcouf ; Mohammedben-Mohammed, etc., etc. À cette époque

également, des artistes arabes enluminaientles manuscrits avec un talentqui ne le cédait point à celui des imaigiers des Flandres, On cite même un musée de peinture formé à Samarkand par les soins de Tamerlan lui-même, et dont les meilleures œuvres étaient d’Abdalhy, peintre de Bagdad. Chardin, dans son curieux

Voyage en Perse} dit avoir vu des portraits auxquels les puritains -persans se sont contentés d’ôter un œil, pansant éluder la loi en enlevant à l'œuvre une partie do sa réalité. Il paraît, suivant le même voyageur, qu’à Ispahan, les murs de la plupart des édifices publics étaient peints à fresque, et l’on cite Abd-el-Rizan comme un des plus habiles miniaturistes de la Perse. Les échantillons

orientaux de l’art de peindre sur les manuscrits sont très-rares : la Bibliothèque impériale eu possède un fort beau, que l’on croit du xine siècle, et qui contient les Séances de Hariri. Rappelons, pour terminer, les curieuses peintures qui ornent la salle du Jugement, à l’Alhambra.

— VI. Architecture arabe. L’architecture arabe, qu’on appelle aussi musulmane, sarrasine, et moresque ou mauresque, en Espagne, est postérieure à l’hégire ; encore ne bnllet-elte d’aucun éclat jusqu’au règne d’Abdcrame ; calife de Cordoue, qui fit venir de Constantinople des architectes distingués, etauqitel l’empereur Constantin IX envoya cent qua rante colonnes des marbres les plus rares pelé palais de Zahra, célèbre favorite du cal’ue. Selon M. Girault de Prangey, on doit distinguer pour l’Espagne trois époques i

La première va du vmo siècle

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me imitation presque seryile des édi-.

M. Reinaud, fut de multiplier la reproduction

qui’traça lui-même le plan de la mosquée de Cordoue, voulut qu’elle fût semblable à celle que sa famille avait élevée à Damas, et qu’elle 1 emportât en magnificence sur celle que les Abbassides faisaient, au même moment, construire h Bagdad. On ne peut douter que les églises décrites par Eusèbê de Césarée dans sa Vie de Constantin, avec des cours, des portiques, des fontaines et des logements pour les prêtres, n’aient servi de modèle aux mosquées 3e la Syrie, de la Palestine et de l’Égypte. On trouve dans ces mosquées beaucoup de mosaïques des artistes byzantins. Mais déjà, en 905, l’ornementation grecque, si somptueuse, semble insuffisante ; on recherche les décorations éclatantes ; on multiplie les détails ; la forme des arcs se complique de festons et do courbes variées, comme on le voit, à Cordoue, par la chapelle Yillaviciosa, construite sous le califat de Hakein (965). À la chute du califat de Cordoue, l’Espagne musulmane, soumise à l’influence des Africains, vit s’affaiblir peu à peu l’esprit arabe, et c’est alors que se développa dans les arts un nouveau caractère, auquel M. Girault de Prangey donne le nom de maure, 'ou mauresque, ou moresque. À côté de l’arc pesant et simple de la Grèce, s’élève l’arc ogival plus ou moins élancé : à l’ornementation byzantine régulière succèdent les broaux mosaïques en verre et en marbre sont substituées des pièces de faïence aux couleurs éclatantes, qu’un art nouveau dispose géométriquement. On remarque aussi, sur les parois des édifices, des ornements coulés en stuc, et qui, mariés avec les autres parties de la décoration, produisent le plus bel effet. Cette époque, la plus brillante de cette phase de l’art, se place dans la dernièremoitiédu xno siècle, sous la dynastie des princes Almohades, qui régnaient également sur l’Espagne et sur la partie nord-ouest de l’Afrique.

Les échantillons les plus brillants se trouvent à Séville, alors siège de la puissance des Almohades. Ce sont la Uiralda, les débris de la mosquée qui a été remplacée par la cathédrale actuelle, et certaines portions de l’Alcazar. Ces différentes constructions furent élevées sous le règne d’Almansour. Une circonstance qui contribua à donner à cette période un caractère nouveau, c’est l’importance qu’acquirent les inscriptions, employées comme branche d’ornementation. On adéjàvu plus hautque les musulmans s’interdisent toute représentation de ce qui a vie, aussi ont-ils été obligés, pour varier leurs ornements, de s’attacher à des détails qui, pour nous, ne sont que très-secondaires. Bientôt cette période de transition ne tarda pas à subir une nouvelle transformation, et, malheureusement, si ce fut la plus belle, ce fut aussi la dernière. Grenade en fut le siège, et les plus beaux échantillons do l’art mauresque à cette époque existent à l’Alhamx que l’Alhambra, ne révèle le caractère d une nation oisive, galante, ingénieuse, comme l’étaient les Maures à cette époque. L’extérieur des édifices mauresques, simple, presque sans décoration, et à peine percé de quelques fenêtres, fermées parues treillages ou moucharabys, rappelle la vie sédentaire et purement intérieure que commandaient au Maure sa religion et ses habitudes. ' ' '

Grenade, il n’y avait guère, en fait d’édifices

Ïmblics, que des mosquées, des collèges et des lains, et là encore, comme dans les habitations

privées, tout l’éclat des décors, toutes 1 recherches du luxe étaient pour l’intérieur. Les maisons particulières des Maures d’Espagne ressemblent à celles qu’on voit encore sur les côtes d’Afrique : elles ont à l’entrée, sur la rue, un vestibule, véritable atrium, lequel aboutit à un patio offrant sa fontaine jaillissante entourée d’orangers, ainsi que ses galeries à colonnettes, servant d’entrée aux salles, disposées tout autour de la cour. Si, d’autre part, nous étudions l’architecture arabe dans les pays tels que la Syrie 'et l’Egypte, où elle n a subi d’autre transformation que des progrès de l’art, nous remarquerons quelques différences avec cello des Arabes et des Maures de l’Occident. Las mosquées égyptiennes prouvent, en effet, uno connaissance plus avancée de la statique et un choix mieux entendu des matériaux ; mais dans l’ornementation et l’emploi des inscriptions décoratives, le Caire semble n’offrir aucun monument qui surpasse Ou égaie mémo l’Alhambra.

En Orient, l’influence de la Perse se fit plus sentir encore sur l’art musulman que celle de l’Empire grec. Les formes capricieuses de l’architecture persane donnèrent naissance à un style original, où le byzantin s’alliait au persan ; les mosquées se couvrirent do ces dômes ovoïdo-coniques particuliers aux monuments antiques de la Perse et de l’Inde, et que l’art moscovite a empruntés à l’Orient ; les minarets s’embellirent de terrasses crénelées portant