Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 10, part. 1, L-Leo.djvu/325

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traire, et le mal de la légalité, si grand qu’il soit, ne doit pas faire oublier ses avantages incontestables. Seulement, cette légalité si nécessaire participe naturellement du caractère des lois qui en font la base : si les lois sont trop multipliées, ou injustes, ou inutiles, ou obscures, la téijaiité devient pénible, inique, tracassière et incertaine. Trois mots résument, k ce point de vue, le devoir de l’autorité législative : faire peu de lois, les faire bonnes et les appliquer. Dans ces conditions, la légalité, loin d’être une plaie de la société, devient un immense bienfait.

LE GALLOIS (Antoine-Paul), bénédictin français, né à Vire en 1340, mort au Mont-Saint-Michel en 1695. Il acquit une grande

réputation comme prédicateur. Entre autres oraisons funèbres, il a prononcé celle du chancelier Le Tollier. On a de lui : Abrégé des controverses qui sont agitées entre les catholiques et les protestants (Oaen, 1684 et 1685). Le Gallois travaillait avec d’autres savants de son ordre à l’Histoire de Bretagne, quand la mort le surprit.

LE GALLOIS (Pierre), écrivain et bibliographe français, qui vivait tx Paris au xviie siècle. On lui doit deux ouvrages devenus rares et recherchés : Conversations Urées de l’Académie de Al. l’abbé Bourdelot, contenant diverses recherches et observations physiques (Paris, 1672) ; Traité des plus belles bibliothèques de l’Europe (LJaris, 1080, in-12).

LE GALLOIS (Julien-Jean-César), médecin français, né à Cherrueix, près de Dol (Bretagne), en 1774, mort en 1814. [1 fit ses premières études médicales à Caen, où il résta jusqu’en 1793. À cette époque, il prit les armes en faveur des fédéralistes contre le parti révolutionnaire. Obligé de se cacher après la

défaite de ses coreligionnaires politiques, il vint à Paris se perdre au milieu de la foule des étudiants en médecine. Mais, dénoncé par l’un d’eux, il ne se présenta pas moins au jury d’examen pour l’administration des poudres et salpêtres, subit ses épreuves avec succès et fut envoyé dans son département pour y diriger la fabrication de la poudre. Lorsque l’École de santé fut créée, Le Gallois obtint la faveur d’y être envoyé comme élève par son district. Reçu docteur en 1801, il s’établit à Paris, et fut nommé, en 1813, médecin de Bieêtre. Suivant M. Isidore Bourdon, Le Gallois, en proie à d’irrémédiables chagrins domestiques, se suicida en s’ouvrant l’artère crurale d’un coup do bistouri ; mais ce fuit est contesté.

! Parmi les œuvres de Le Gallois, nous citerons

ses expériences sur le principe de la vie, qu’il publia sous ce titre : Expériences sur le principe de vie, notamment sur celui des mou-, vements du cœur, et sur le siège de ce principe, suivies du rapport fait à ta première classe de l’Institut sur celles relatives aux nlcuvements du cœur (Paris, 1812, in-8°) ; Ilecherches chronologiques sur Hippocrate (Paris, 1804, in-8<>) ; Recherches sur la contagion de la fièvre jaune (Paris, 1805, in-8") ; Le sang est-il identique dans tous les vaisseaux qu’il parcourt ? (1801, in-8°), etc. Enfin, ce savant a inséré un grand nombre d’articles et de mémoires dans divers recueils, notamment dans le Dictionnaire des sciences médicales. — Son fils, Eugène Le Gallois, né à Paris en 1804, mort en 1831, fut interne des hôpitaux, se lit recevoir docteur en 1828, et succomba à la fleur de l’âge sur la terra étrangère, en revenant de Pologne, où il était allé étudier le choléra. Nous avons de lui : Mémoire sur la vaccine (1825, in-8") ; Expériences pour s’inoculer ta variole après avoir être vacciné (1820, in-8«) ; Observation du cancer de lu verge (Revue médicale, 1830) ; Lettre sur le choléra-morbus (Revue médicale, 1834).

LEGALLOIS DE GUIMAREST (Jean-Léonor), littérateur français. V. Grimarust.

LEGANES, bourg et municipalité d’Espagne, province et à n kilom. S.-O. de Madrid, sur une hauteur ; 3,000 hab. Fabriques de savon et de chocolat. On y remarque une belle caserne construite sous Charles-Quint.

LEGANÈS (le marquis de), homme de guerre espagnol, né vers 1590. Il servit dans les guerres de Piémont contre la France (1639), tut battu, avec le prince Thomas, par le comte d’Harcourt à Chieri, où il essayait d’assiéger dans son camp le général français, ne put empêcher le ravitaillement de (Jasai et de Turin et se vit encore repoussé au brillant combat de La Rotta. Il fut plus heureux dans son propre pays ; chargé de défendre la Catalogne contre le même comto d’Harcourt, il parvint a lui faire lever le siège de Lérida (1646).

LEGANGNEUR (Guillaume), habile calligraphe français, né dans l’Anjou en 1553, mort a Paris vers 1624. Il était secrétaire écrivain du roi, fut fêté par tous les poètes de la cour, et amassa, dans l’exercice de sa profession, une belle fortune. Il a publié, en 1599, la Technographie, la Rizographie et la Calligraphie, recueils des plus belles écritures du temps,

Eour le français, l’italien et le grec. La biliothèque Mazarine possède de lui un manuscrit des Quatrains de Pibrae, artistement calligraphié.

LEGAliÉ (Hugh-Swinton). jurisconsulte et littérateur américain, né à Cnarleston en 1797, mort à Boston en 1843. Élevé par une mère aussi éclairée que tendre, il fit ses études classiques à l’université de Colombia, et suix.

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vit ensuite des cours de droit. En 1818, il vint visiter l’Europe pour compléter son éducation, parcourut la France, l’Écosse, la Belgique, les bords du Rhin, le nord de l’Italie, et, après une absence de deux ans, retourna dans sa patrie, riche d’observations et de documents de toute nature. Nommé membre de la législature de l’État, il se fit aussitôt remarquer comme orateur, et, réélu en 1824, il ne quitta la Chambre qu’eu 1830, lorsqu’il fut nommé attorney général de son État. Défenseur ardent des droits indépendants des États, il créa, en 1827, à Charleston une revue politique trimestrielle dont ses articles firent le succès, revue dont il fut contraint de suspendre la publication, lorsqu’il fut nommé attorney général. En ce moment, on s’occupait vivement du perfectionnement de la loi civile ; aussi le ministre offrit-il à Legaré, en 1833, le poste facile et peu assujettissant de chargé d^affaires en Belgique, pour le mettre ù même d’étudier la science légale en Angleterre, en France et en Allemagne. À son retour aux États-Unis, en 1836, une cabale fortement organisée fit échouer sa candidature à la députation ; mais, en 1841, il fut appelé par le président Tyler au poste d’attorney général des États-Unis. Estimé même des ennemis de ce président, Legaré fut chargé, pour Un long intérim, des pénibles fonctions de secrétaire d’État aux affaires étrangères, tout en conservant ses fonctions d’attorney. L’excès de travail joint a la débilité de sa constitution détermina chez lui une gastrite aiguë, à laquelle il succomba. On a publié, trois’ ans après sa mort, deux volumes contenant son journal privé pendant sa mission diplomatique, une partie de sa correspondance, ses principaux discours et ses plus importants articles a la Revue du Sud et à la Revue de New-York.

LEGASCON, célèbre relieur français, qui vivait au xvue siècle. C’est lui qui eut l’honneur de relier la fameuse Guirlande ae Julie. M. Feydeau, dans la Presse du 26 novembre 1857, parle de I.egascon et de son talent avec enthousiasme. » Cet artiste véritable, dit-il, atteignit ia perfection absolue de ia dorure, et jamais son secret ne fut retrouvé. C’est une netteté, une finesse, qui découragent les mains les plus délicates et les plus habiles. •

LÉGAT s. m. (lé-ga — du lat. legatus, envoyé). Prélat qui était délégué par le gouvernement pontifical pour gouverner une province des États de l’Église : Le cardinal légat de Bologne, li Ambassadeur extraordinaire du saint-siége près d’une cour étrangère ; délégué du pape près d’un concile : Le cardinal X’" 'a été envoyé comme légat à Bruxelles. Le légat du pape au concile de Trente, il Dans ce dernier sens, on dit aussi

LÉGAT À LATERE,

•— Légat-né du saint-siége, Titre que prennent certains archevêques ou évêques : L’archevêque duc de Reims se qualifiait lÉGat-ké du saint-siégk. (Acad.)

— Hist. Nom donné, chez les anciens Romains, à certains lieutenants de l’empereur, des consuls ou des proconsuls : On adjoignit à chacun des consuls cinq légats ayant des pouvoirs proconsulaires. (Mérimée.) il Titre des inspecteurs généraux de l’administration publique, établis ordinairement au nombre de deux, dans les légations des États de Charlemagne, et ayant pour principale attribution de rendre la justice et de la faire rendre par les officiers publics soumis à leur juridiction.

— Encycl. Les légats sont des ambassadeurs extraordinaires ; le nonce n’est qu’un ambassadeur ordinaire. On distingue trois sortes de légats : les légats a laiere, cardinaux, pris dans le sacré collège et tenant le premier rang parmi ceux qui sont honorés de la légation ; les légats envoyés, légati missi, chargés d’une légation sans être cardinaux ; enfin les légats-nés, c’est-a-dire des prélats au siège desquels était attachée la qualité de légat. Tel était autrefois, par exemple, l’archevêque de Reims. Sous l’ancienne monarchie, lorsque le pape voulait envoyer un légat en France, il était obligé d’en donner avis au roi, et de s’assurer que le choix de la personne était agréé ; lorsque les légats étaient arrivés en France, même avec la permission du roi, ils ne pouvaient prendre les marques de leur dignité qu’après avoir obtenu le consentement du monarque par des lettres patentes dûment enregistrées ; les parlements pouvaient apporter diverses modifications aux bulles des légats ; ils exigeaient qu’ils promissent au roi par écrit de n user de leurs pouvoirs qu’autant do temps qu’il plairait à Sa Majesté et de la manière qu’elle voudrait. Il ne suffisait pas que la bulle investissant le légat fût enregistrée au parlement de Paris ; il fallait encore qu’elle fût revêtue des mêmes formalités dans tous les parlements sur lesquels devait s’étendre la légation. Toutes ces entraves mises à l’exercice des pouvoirs des légats avaient pour but d’établir l’indépendance complète du pouvoir civil à l’égard de la cour de Rome. Le saint-siége eut plus d’un démêlé avec les rois de France, tant à cause des prétentions élevées par les légats, que des refus opposés par les rois et les parlements ;

•les légats eurent également des différends avec les évêques de France, en voulant empêcher ces derniers de porter le rochet et le camail en leur présence, et en essayant d’empiéter sur la juridiction des évêques ; mais le concile de Trente défendit expressément aux

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légats a tatere, aux nonces et ans gouverneurs ecclésiastiques de troubler l’exercice de la juridiction des évêques. Ils avaient le pouvoir de conférer les bénéfices vacants par une démission faite entre leurs mains sur permutation, mais ils ne pouvaient conférer aucun bénéfice ni exercer aucun acte de juridiction dès qu’ils étaient hors du royaume. La légation finissait par la mort du légat ou quand le temps fixé pour l’exercice de la fonction par les lettres patentes et par l’arrêt d’enregistrement était expiré, bu quand le roi avait fait signifier au légat sa révocation. Les légations indéfinies n’ont jamais été admises en France. Les pouvoirs des légats expiraient également par le fait de la mort des papes.

Lorsque les papes furent devenus propriétaires d’Avignon et après qu’ils y eurent résidé pendant soixante-dix ans, ils établirent dans cette ville des légats et des vice-légats, qui non-seulement exercèrent pleine autorité sur le comtat et les terres adjacentes, mais cherchèrent encore à étendre leur juridiction sur les provinces ecclésiastiques limitrophes telles que celles d’Arles, d’Aix, de Vienne et d’Embrun ; les rois de France crurent devoir dès lors étendre leur surveillance sur ces légats comme sur les autres ; les légats et vicelégats d’Avignon furent, en conséquence, soumis aux mêmes formalités pour obtenir le libre exercice de leurs fonctions. On appelait comme d’abus devant les parlements des excès de pouvoir commis par les légats, soit qu’ils eussent excédé les pouvoirs que leur conféraient les bulles des papes, soit qu’ils eussent dépassé les limites imposées par les parlements mêmes à l’exercice de leur légation. Le cardinal Ottoboni a été le dernier légat d’Avignon (1693) ; il y a eu des vicelégals jusqu’au temps où Louis XV s’est emparé de cette ville comme faisant partie de •son ancien domaine : la ville fut plus tard rendue au pape et lui fut ensuite reprise, mais il n’y eut plus de ■vice-légat du pape.

Actuellement, le légat est un ecclésiastique chargé par le pape de le représenter auprès d une cour étrangère. Avant l’abolition du pouvoir temporel en 1870, on donnait également le nom de légat h un cardinal chargé de gouverner quelques provinces dos États du saint-siége ; tels étaient, en général, les administrateurs des États appelés légations. L’ancienne distinction entre le nonce, l’interno-nce et le légat a latere subsiste encore ; elle est toujours basée sur ce fait, que le dernier est nécessairement cardinal tandis que les nonces et internonces ne le sont pas ; on appelle encore légats des ecclésiastiques qui, pourvus d’une commission

temporaire, sont chargés de rassembler des synodes ayant mission de maintenir la discipline de l ;Eg !ise.

La loi du 18 germinal an X, qui a fixé les pouvoirs de l’Église et’de l’État en France, ne laisse absolument au légat que les pouvoirs diplomatiques attachés à sa qualité d’ambassadeur ; il n’a plus dès lors aucune des attributions que les usages antérieurs à cette époque lui conféraient.

LÉGATAIRE s. (lé-ga-tè-re — lat. tegatarius ; de legare, léguer). Jurispr. Personne qui est l’objet d’un legs : Être le légataire de quelqu’un. Il Légataire universel, Celui li qui le testateur a légué tous ses biens disponibles :

Je fais mon légataire unique, universel

Eraste, mon neveu

Reonaud.

Il Légataire à litre universel, Celui à qui le testateur laisse une quote-part de tous ses biens, il Légataire particulier, Celui à qui ou ne fait qu’un certain legs déterminé,

— Encycl. V. legs.

Légataire universel (le), comédie en cinq actes et en vers, de Regnard (janvier 1708), un des chefs-d’œuvre de notre théâtre comique. Eraste, neveu du vieux Géronte et amoureux de la charmante Isabelle, a quelque inquiétude sur la teneur du testament que doit faire son oncle ; il a de bonnes raisons de croire qu’il peut être déshérité, et alors adieu l’amour. Sur le conseil de Crispin, son valet, il essaye de déterminer le vieillard à tester en sa faveur, soit en l’apitoyant, soit en l’effrayant : Crispin se travestit d’abord en neveu farouche, puis en jeune veuve, et se présente ainsi à Géronte. L’issue est tout autre que celle qu’on attendait j le vieillard, ému de ces secousses successives, tombe en syncope et va mourir sans tester. Lisette, accourant, annonce en ces termes le terrible événement :

Arrivant dans en chambre et se traînant a peine,

11 n’est mis sur son lit sans force et sans haleine ;

Et, roidissant les bras, la suffocation

À tout d’un coup coupé la respiration ;

Enfin, il est tombé, malgré mon assistance, [sance.

Sans voix, sans sentiment, sans pouls, sans connais Voila qui ruine tous les projets d’Eraste. Mais il vient à Crispin une idée subite. Le notaire, M. Scrupule, a été appelé par Géronte pour recevoir ses dernières dispositions. Crispin va s’aifubler de la robe de chambre et des lunettes du vieillard, prendre sa voix la plus souffreteuse et le voila toussant, crachant, quinteux, méconnaissable, qui dicte à M. Scrupule un testament en bonne et due forme. Tout d’abord le pendard institue Eraste légataire universel, mais il n’a garde de s’oublier. Il attribue :

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tx Lisette présente

Et qui depuis cinq ans ma tient lieu de servante, Pour épouser Crispin en légitime nœud..., Deux mille écus comptant.

Deux mille écus ? s’écrie Eraste bondissant. Crispin se moque, mais que dire ? N’est-il pas dans les mains de ce drôle ? Celui-ci, impassible, poursuit en s’attribuant 1,500’francs de rente viagère. Après quoi M. Scrupule sa retire pour mettre au net le testament. Toute réflexion faite, Eraste est encore fort heureux d’en être quitte à ce prix : le voilà enfin légataire universel en bonne et due forme. Mais quoi ! Lisette accourt, pâle, effarée... Qu’arrive-t-il ? Ce qui devait infailliblement arriver dans une comédie : Géronte n’est pas mort, et le voici qui s’avance appuyé sur le bras de Lisette :

Je ne puis revenir encor de ma faiblesse. Je ne sais où je Buis. L’éclat du jour me blesse ; Et mon faibitt cerveau, de ce choc ébranlé. Par de sombres vapeurs est encor tout troublé. Ai-je été bien longtemps dans cette léthargie ?

Pas tant que nous croyions, » répond Lisette asse3 embarrassée ; mais Crispin ajoute effrontément :

Si. voua saviez, monsieur, ce que nous avons fait Lorsque de votre mal vous ressentiez l’effet, La peine que j’ai prise, et les soinB nécessaires Pour pouvoir, comme vous, mettre ordre à vos afîai-Vous seriez étonné, mais d’un étonnement [rcs ; A n’en pas revenir sitôt, assurément !

Géronte commence à manifester une certaine inquiétude. Qu’est-ce donc lorsqu’il voit en-r trer M. Scrupule apportant le testament parfaitement régularisé :

Eh parbleu I vous rêvez, monsieur, c’est pour le faire Que j’ai besoin ici de voire ministère.

« C’est vous qui rêvez, dit M. Scrupule, et voici madame et monsieur qui étaient présents et peuvent dire ce qu’ils ont vu. — Quoi ! j’ai fait mon testament l— C’est vous ou inoi, répond Crispin avec audace. » Géronte alors, marchant de surprise en surprise : 11 faut donc que mon mal m’ait ûté la mémoire. Et c’est ma léthargie...

Quel trait de lumière pour Crispin ! II s’empare du mot, et tandis que l’infortuné Géronte bondit à ia ’lecture du testament qui le dépouille : « C’est votre léthargie I s’écrie Crispin.

— C’est votre léthargie I » répote Lisette entraînée par l’exemple. Et Géronte convaincu ratifie le testament de Crispin.

Cette scène du Légataire universel do Regnard est une des plus complètes, des mieux conduites de notre théâtre irançais. Les gens austères ont trouvé à redire à la moralité un peu lâchée de cette jolie pièce, où le vice triomphe complètement ; il ne faut pas y regarder de si près et croire qu’au sortir du théâtre les spectateurs, charmés du succès do Crispin, vont se mettre a faire de faux testaments.

LÉGATINE s, f. (lé-ga-ti-ne). Comm. Etoffe mêlée de soie et de laine.

LÉGATION s. f. (lé-ga-si-on — lat. legatio ! de legatus, légat). Charge, office de légat : Les légats a latere ne pouvaient exercer leur légation en France sans permission du roi. (Acad.) Il Exercice dos fonctions d’un légat : Ce fait se passa pendant la légation du cardinal. il Etendue de pays placée sous l’administration d’un légat : La LÉGATtON de Ferrare. La légation de Bologne. Il Nom du Bolonais et du Ferrarais, quand ils faisaient partie des États de l’Église : Les Légations furent occupées par les Autrichiens.

— Diplomatie. Mission entretenue par un gouvernement auprès d’une cour où elle n’a pas d’ambassade ; se dit souvent pour ambassade : Le chef, les conseillers, les secrétaires d’une légation, u Hôtel occupé par le personnel d’une légation : Faire viser son passe-port à la légation italienne.

— Hist. Division administrative des États qui formaient l’empire de Charlemagne : Chaque royaume se divisait en légations, et chaque légation en comtés,

— Ant. rom. Mission libre qu’obtenaient les sénateurs, afin de pouvoir quitter l’Italie et voyager pour leurs propres affaires.

Légations (les), de N. Machiavel, imprimées seulement en 1767 (Florence, 8 vol. in-8°). Cet ouvrage capital de l’auteur du Prince offre le recueil de sa correspondance diplomatique avec la seigneurie de Florence durant ses nombreuses missions en France, ù Rome et auprès des petits princes italiens. Dans aucun de ses traités, le secrétaire florentin ne laisse mieux voir sa sagacité et son esprit d’observation que dans ces lettres et dans ces rapports écrits pour la plupart au courant de la plume. ■ C’est un recueil précieux pour l’histoire, dit Ginguenè (Histoire de la littérature italienne, t. VIII), et qui montre constamment en Machiavel un observateur à qui rien n’échappe et un habile négociateur. On ne relirait pas volontiers (ce n’est pas l’avis de tout le monde) cette collection, un peu diffuse ; mais on la consulte avec fruit soit sur le caractère et les circonstances particulières de sa vie, soit sur les événements publics de son temps. ■ On y trouve peu de chose concernant la vie privée de Machiavel, mais une immense, quantité de faits et de jugements pris sur les lieux, par un témoin doué d’un grand esprit d’observation,

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