Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 10, part. 4, Mard-Memmonium.djvu/235

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nom de Philippe IV, le garda auprès de lui, et devint le directeur de tous les travaux publics en même temps que le protecteur de tous les artistes de talent, entre autres d’Alonzo Cano. Parmi les nombreuses productions de cet artiste, on regarde comme son chef-d’œuvre l’Histoire de saint ltdefonse, en un seul tableau de 14 pieds de largeur, à Tolède. Ses tableaux sont à la fois remarquables par la pureté du dessin, par le bon choix des figures et par la vigueur du coloris.

MAVNOOTH, ville d’Irlande, dans l’ancienne province de Leinster, comté de Kildare, à 24 kilom. N.-O. de Dublin, sur le chemin de fer de l’Ouest ; 2,129 hab. Collège royal de Saint-Patrick, fondé en 1795. C’est !e premier établissement catholique qui ait été reconnu et subventionné par l’État depuis l’introduction du protestantisme en Angleterre. C’est un édifice quadrangulaire, contenant une chapelle, des cloîtres, une bibliothèque de 18,000 volumes, et couvrant une superficie de 54 acres. Les bâtiments du collège peuvent recevoir 520 élèves. On remarque aussi a Maynooth las ruines d’un château fort très-ancien. Dans les environs de la ville s’élève le manoir du duc de Leinster, bel édifice du style grec, consistant en un large bâtiment central flanqué de deux, ailes.

MAY-NUOC s. m. (mè-nuok). Bot. Espèce de rotang de la Cochinchine. il On dit aussi

MAY-RA.

MAYNWARWG (Arthur), littérateur anglais, né à Ightfield (Shropshire) en 1668, mort à Saint-Albans en 1712. Lorsqu’il eut fait ses études de droit, il fit un voyage à Paris, où il entra en relation avec Boileau, se fit connaître, a son retour en Angleterre, par quelques écrits jacobites, puis, par un revirement d’of)inion, devint un zélé partisan du roi Guilaume et fut successivement commissaire des douanes, auditeur des imprests et député de Preston au Parlement (1705). Maynewaring passa les neuf dernières années de sa vie avec la célèbre actrice missOldfield, dont il eut un fils. On a de lui des écrits en prose et en vers, qui attestent à la fois son esprit et son talent d’écrivain. Sa Vie et ses Œuvrer posthumes ont été publiées à Londres (1715, m-8°),

MAYNZ (Charles), jurisconsulte allemand, né à Essen, près de Dusseldorf, en 1812. Après avoir étudié la médecine et le droit à Rome, il se rendit à Berlin., fut poursuivi, en 1834, comme président de la Burschenschaft de Bonn, passa alors en Belgique et exerça quelque temps la profession d’avocat à Liège. Depuis lors, M. Maynz a été appelé à enseigner le droit romain et les Pandectes à l’université libre de Bruxelles. On a do lui : Éléments de droit romain (Bruxelles, 1845-1855, 2 vol. in-8°) ; Traité des obligations d’après le droit romain (1860, in-8°).

MAYO (comté de), division administrative de l’Irlande, dans l’ancienne province de Gounaught, entre les comtés de Sligo et de Roscommon ùl’E., de Gai way au S., et l’Atlantique à l’O. et au N. Il mesure 102 kilom. de longueur sur 50 kilom. de Iargeeur, et5,487 kilom. carrés de superficie ; 388,887 hab. ; chef-lieu, Castlebar ; villes, principales, Ballina, Westport. Les côtes, fort découpées, présentent de nombreuses baies, dont les principales sont celles de Killala, Blacksod, Broad-Haven et Killery. Le sol est montugneux, marécageux et peu fertile : il renferme plusieurs lacs, dont les plus étendus sont ceux de Corrib, Mask, Conn et Carra ; la Moy est le principal cours d’eau du comté. Climat humide. Le comté de Mayo ne produit que de l’avoine, du liu et des pommes de terre. Élève de bétail. Mines de 1er non exploitées.

MAYO, village et paroisse d’Écosse, dans le comté de son nom, à 11 kilom. S.-E. de Castlebar ; 2,500 hab. Collège ecclésiastique.

MAYO, une des lies du Cap-Vert, à l’E. de celle de Santiago et k l’O. de l’Afrique, par 15" 10’ de lat. N. et 25<> 25’ de long. O. ; 36 kilom. de tour ; chef-lieu, Pinosa. La côte est formée de rochers assez élevés. L’Ile est, en général, stérile à cause du manque d’eau ; mais elle a une certaine importance, par l’abondance du sel qu’on en retire.

MAYO, rivière du Mexique. Elle descend de la sierra Mndre, coule généralement à l’O., et se jette dans le golfe de Californie, après un cours d’environ 400 kilom.

MAYO (Herbert), médecin anglais, mort à Bad-Weilbach, près.de Mayence, en 1852.11 professa l’anatomie et la physiologie au collège du Roi, puis à celui de l’Université, à Londres, fut membre de la Société royale et de la Société de géologie, employa un des premiers en Angleterre quelques-uns des procédés du mesmérisme et de l’hydrothérapie. Ses principaux ouvrages sont : Anatomicut and physiological commentaires {Londres ; 1822-1823) ; Outtines of human physiology (Londres, 1827) ; Obseroations on injuries and diseases of the rectum (Londres, 1833) ; Outlines of human palhology (Londres, 1836) ; The philosophy of living (Londres, 1837) ; Treatise on syphilis (Londres, 1840) ; le Système nerveux et ses fondions (Londres, 1842).

MAYO (William-Starbuck), ’romancier américain, né à Ogdensburg, État de New-York, en 1812. Reçu docteur en médecine en 1833,

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il se livra pendant quelque temps k la pratique de cet art, puis partit pour l’Afrique dans

I intention d’explorer l’intérieur de ce continent ; mais, après avoir visité les États barbaresques, il renonça à pousser plus avant son voyage, visita l’Espagne et retourna aux États-Unis. Ses principaux ouvrages sont : Kaloolah or journeyings to the Djebel Kumri (New-York, 1849, in-12), sorte d’utopie romanesque et satirique, fort curieuse et pleine d’intérêt, dont la Revue britannique a donné la traduction en français ; The Berber, or the Mountaineer of the Atlas (New-York, 1850, in-12), roman dont Mayo place les événements dans le nord de 1 Afrique au xvné siècle ; Romance dust front the historié placer, recueil de nouvelles, etc.

MAYO (Richard-Southwel Bourse, comte), homme politique anglais, né à Dublin en 1822, assassiné k Port-Blair, lie d’Andaman, en 1872. Il était fils de Robert Bourke, qui reçut le titre de comte de Mayo en 1852, devint alors pair d’Irlande, siégea dans les rangs des libéraux et mourut en 1867. Richard Bourke fit ses études à Berlin, puis compléta son instruction par des voyages, et publia ses impressions dans un ouvrage intitulé Saint-Pétersbourg et Moscou (1845). Deux ans plus tard, il devint membre de la Chambre des communes. Membre du parti tory, il fut nommé par lord Derby député lieutenant du comté de Kildare, membre du conseil privé (1852), secrétaire en chef de l’Irlande cette même année, et il remplit le même poste de 1858 k 1859. Après la chute du ministère Derby, il continua à siéger à la Chambre des communes jusqu’en 1867, époque où, son père étant mort, il alla siéger k la Chambre des lords et prit le titre de comte Mayo. L’année suivante, il fut nommé vice-roi et gouverneur général de l’Inde. Il remplissait depuis plus de trois ans ces fonctions, dans lesquelles il s’était fait remarquer par son esprit de modération, lorsque, étant allé visiter le grand pénitencier de Port-Blair dans les îles Andainaii, il fut assassiné, le 7 février 1872, par un forçat nommé Sher-Ali. Cet attentat produisit une vive sensation eu Angleterre, où les restes de lord Mayo furent transportés.

MAYOMBA, ville de la Guinée inférieure, port sur l’océan Atlantique, à l’embouchure de la Mayoroba. Exploitation de mines de cui"vre. Commerce d’ivoire et de gomme.

MAYON s. m. (mè-ion). Métrol. Monnaie d’argent du royaume de Siam, valant 0 fr. 50 environ.

MAYONNAISE s. f. (ma-io-nè-ze — du nom de Mahon, ville prise par Richelieu. Etyin. dout.). Art culin. Sauce froide que l’on fait aveu de l’huile, du vinaigre, du jaune d’oeuf, du sel et du poivre, le tout battu jusqu’à consistance de pommade un peu claire. Il Mets qu’on mange avec cette sauce : Une mayonnaise de homard.

MAYOR (Thomas) ;, dominicain et missionnaire espagnol, né à Xativa, royaume de Valence, vers la fin du xvie siècle. Après avoir contribué à l’établissement d’une mission aux îles Philippines, il aida dans ses travaux évangéliques, en 1612, Jean de La Piedra, évêque de Macao, qui tenta vainement de pénétrer dans l’intérieur de la Chine, et repassa quelque temps après en Espagne. On a de lui eu chinois un traité sur l’excellence du rosaire et un catéchisme, dont le titre seulement, Simbolo de la fe, est en espagnol.

MAYOR (Matthias), médecin suisse, né dans le canton de Vaud vers 1785, mort en 1846.

II exerça la médecine à Lausanne et fit paraître, entre autres ouvrages : Nouveau système de déligation chirurgicale (Genève, 1832) ; £ssai sur l’anlhropntaxidermie (Paris, 1838) ; la Chirurgie simplifiée (faris, 1841) ; Excentricités chirurgicales (Paris, 1844), etc.

MAYORAL s. m. (ma-io-ral — mot espagn. qui signifie chef supérieur). Nom que 1 on donne, en Espagne, au conducteur en chef d’une diligence : Le conducteur est un MAYOral, aoec un chapeau pointu orné de velours et de houppes de soie, une veste brune brodée d’agréments de couleur, des guêtres depeau et une ceinture rouge. (Th. Gaut.) Il On écrit aussi majoral.

MAYORGA, bourg d’Espagne, province et a 60 kilom. N.-O. de. Valiadolid, sur la Cea ; 2,235 hab. Commerce de vins.

MAYOTTE, île française de la mer des Indes, dans le canal de Mozambique, à 200 kilom. O. de Madagascar et U 30 kilom. S.-E. d’Anjouan, faisant partie de l’archipel des Comores, par 13° de iat. S. et 43° de long. E. ; superficie, 18,500 hectares ; 11,731 hab. ; cheflieu, Mùyotte. Ses bords sont hérissés de caps et hachés de ravines profondes où la mer pénètre quelquefois assez loin. Elle est traversée dans toute sa longueur par une chaîne de montagnes, dont plusieurs points sont élevés de 600 mètres environ. Son sol, d’origine volcanique, est inégal, ondulcux, coupé de ravins qui forment autant de torrents pendant la saison des pluies, et restent à sec pondant le reste de 1 année. En s’approchant de la mer, le terrain s’abaisse d’une manière assez brusque et se termine, dans la majeure partie de l’Ile, en maruis fangeux. Dans l’intérieur, à l’O. de la chaîne principale, on remarque plusieurs plateaux, particulièrement deux qui sont assez étendus et a. l’abri des dégâts

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que produisent les pluies abondantes de l’hivernage. Cette partie de Vile est la plus favorable aux cultures, tant à cause de sa position qui la met k l’abri des vents, qu’à cause de son élévation qui lui permet de conserver plus longtemps 1 humidité. En général, les sommets les plus élevés sont stériles ; on n’y voit que quelques arbres rabougris et clairsemés ; il n’en est pas de même des versants, qui présentent une végétation d’autant plus belle qu’on se rapproche davantage des basfonds où serpentent les cours d’eau. C’est surtout dans ces portions de terrain que les naturels avaient établi leurs cultures. Ils y ont pratiqué des défrichements souvent regrettables, à cause du moyen employé par

eux et qui consiste à incendier les bois. A l’arrivée des Français à Mayotte, il n’y existait qu’un seul village, nommé Choa, situé à l’E. de l’île, près de son extrémité nord, sur un promontoire assez élevé. Depuis notre occupation, les naturels ont rebâti leurancienne capitale et un très-grand nombre de villages. La chaleur est moins accablante à Mayotte qu’à Nossi-Bé. Il y règne pendant le jour une brise du sud-est et, le soir, une brise du sud-ouest qui produisent un abaissement sensible de la température. La hauteur moyenne du thermomètre est de 27° centigrades. Dans la partie S.-E. de l’Ile, les pluies sont moins abondantes pendant l’hivernage que dans l’E. C’est le contraire pendant la belle saison. Le climat est loin d’être sain. Les Européens ne peuvent s’y livrer à aucun travail de culture ; ils y sont exposés aux principales maladies des contrées tropicales. Le sol est très-fertile et particulièrement propre à la culture de la canne à sucre. Cette plante y atteint son maximum de développement en neuf ou dix mois. Le riz est la culture indigène la plus développée de l’Ile. La superficie totale des concessions cultivées s’élevait, en 1868, à 1,572 hectares. Le nombre des concessions était de 53. La population de Mayotte se compose, pour la plus grande partie, de Sakalaves, d’Antalotes et d Arabes. Le nombre des Kuropéens augmente très-rapidement. Les indigènes ont, pour la plupart, contracté les habitudes musulmanes ; ils s’abstiennent de liqueurs fortes et pratiquent la polygamie. Us ne connaissent point les liens de la famille, et ils ont, sur divers points de l’île, plusieurs femmes dont ils exploitent les vices. Ils se montrent peu résolus au travail et redoutent, en général, le voisinage des concessions et le contact des Européens. Aussi déplacent-ils souvent leurs villages. Des mesures sont prises pour obvier à la tendance nomade que manifestent les Mayottaiset pour les amener à adopter une résidence ; des chefs de village, à solde fixe, sont institués dans ce but. Un règlement de travail, du 2 octobre 1855, a’assujetti les indigènes k des engagements de trois k cinq ans qu’ils contractent avec les concessionnaires. Cette mesure, d’une exécution difficile, ne produit pas un nombre suffisant de travailleurs, et il est nécessaire d’avoir recours à l’immigration. La sobriété des indigènes égale leur paresse : ils se nourrissent surtout de riz, de patates, de manioc et de tubercules que l’Ile produit à l’état sauvage. Les colons de Mayotte se voient contraints de chercher, en dehors de la population locale, les bras nécessaires à leurs cultures. Les recrutements à la côte de Mozambique et à Madagascar ayant été prohibés à cause des difficultés de toute nature qu’ils rencontraient dans ces pays où l’immigration prend trop facilement le caractère de la traite, les colons ont été autorisés k faire venir des travailleurs des autres Comores, où l’esclavage n’existe que sous une forme mitigée.

Le commerce de Mayotte n’offre pas encore une bien grande importance ; mais il est en progrès sensible. L’Ile, placée sous un régime de franchise absolue, reçoit et exporte, sous tous pavillons, des produits et des marchandises de toute nature. Les importations comprennent le sucre brut, les graines oléagineuses, le riz, la cire jaune, les peaux, les bois d’ébénisterie et de construction. Les exportations ont pour objet les outils ou ouvrages en métaux, les machines et mécaniques, l’es eaux-de-vie, les esprits et liqueurs, les vins, la houille, les câbles, les viandes salées, etc. En 1807, le total des importations et des exportations était représenté à Mayotte par une valeur de 2,270,551 francs ; l’année suivante, il atteignait le chiffre de 2,638,963 fr. En 1857, la navigation était représentée par un tonnage de 18,133 tonneaux, dont 10,207 tonneaux pour la France seule. Enfin, le tableau suivant donnera une idée de la progression rapide qu’a suivie la production :

186Û-1861. 18C7-18Û9.

Sucre.., 2,848,831 kiiogr. 3,060,500kilogr. Café... 1,475 — 3,400

Riz.... 40,500 — 130,000

Rhum... 10,000 litres. 45,530 litres.

Le commandant supérieur de Mayotte, do Nossi-Bé et dépendances relève directement du ministère de la marine. Il est assisté d’un conseil d’administration, composé des principaux fonctionnaires et de deux habitants notables. Le service du culte et celui de l’instruction publique sont confiés aux Pères de la Mission de Madagascar, dont la maison centrale esc à la Réunion. Le personnel du culte comprend un préfet apostolique, deux prêtres et un catéchiste. Us sont peu occu MAYO

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pés, car il n’existe k Mayotte que deux chapelles, l’une sur l’îlot de Dzaoudsi, et l’autre sur l’île Mayotte. La population de race arabe appartient a la religion musulmane ; une mosquée en pierre a été construite, en 1S55, sur 1 Ile Pamanzi, pour être affectée au service de ce culte. Les habitants de race malgache sont, en général, idolâtres. Les Pères ont fondé à Mayotte deux écoles, l’une pour les garçons, l’autre pour les filles. Elles sont fréquentées par une centaine d’enfants des deux sexes, en nombre k peu près égal. La direction de l’école des filles est confiée aux sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Il a été fondé aussi une école laïque où les enfants reçoivent une instruction professionnelle. La justice est rendue par un conseil et un tribunal de ire instance. Le conseil de justice est composé ainsi qu’il suit : le commandant de la station, président ; le juge du tribunal de ire instance, chef du service judiciaire à Mayotte ; le capitaine d’artillerie ; l’enseigne de vaisseau, commandant la marine locale ; un chirurgien de ire classe ; deux lieutenants.

L’île de Mayotte, presque ignorée des Européens jusqu en 1840, est cependant habitée depuis six cents ans. Les premiers habitants connus furent des noirs de la côte d’Afrique. Jusqu’en 1830, l’histoire de Mayotte est assez obscure. Vers cette époque, Adrian Souli, roi des Sakalaves, venait d’être chassé par les Hovas de la côte N.-O. de Madagascar, lorsque le sultan de Mayotte, nommé Amadi, lui fit offrir ’ de partager la souveraineté de Mayotte. Adrian Souli hésitait ; mais, dans l’intervalle, Amadi fut massacré par son frère, qui prit sa place, Buanacombé renouvela les offres faites par son père et engagea Adrian Souli à hâter son arrivée. Ce dernier se décida ; l’usurpateur fut renversé. Une partie de l’île lui fut assignée en toute propriété et il commença à la.cultiver avec les Sakalaves qu’il avait amenés de Madagascar. Mais bientôt des querelles s’élevèrent entre les gens d’Adrian Souli et ceux de Buanacombé, et la guerre éclata entre les deux chefs. Buanacombé, chassé de Mayotte, chercha un refuge a Mohéli, auprès de Ramanateka, à qui il fit cession de son île pour prix de son hospitalité. En 1836, Ramanateka envahit Mayotte et en chassa à son tour Adrian Souli. Ce dernier se réfugia chez Abd-Allah, sultan d’Anjouan ; mais il rentra bientôt en possession de Mayotte, grâce à l’assistance de ce chef, qui vint ensuite attaquer Ramanateka à Mohéli. Abd-Allah échoua dans cette entreprise ; son escadrille ayant été jetée à la côte par un coup de vent, il tomba entre les mains de Ramanateka, qui le laissa mourir de faim en prison. Allaouy fut proclamé sultan d’Anjouan a la place d Abd-Allah, son pore, et avec l’appui d’Adrian Souli, son beau-père ; mais il fut renversé par son oncle Salim, qui favorisa en même temps une révolte à Mayotte contré Adrian Souli. Celui-ci parvint k se rendre maître de la révolte et k rester seul possesseur de Mayotte.

Tel était l’état des choses en 1841, lorsque M. Jehenne, alors lieutenant de vaisseau, commandant la Précoyatite, visita Mayotte et fut frappé des avantages remarquables que présentait cette île. Peu de temps après (1841), M. Passot, capitaine d’infanterie, envoyé en mission auprès du souverain de Mayotte, concluait avec Adrian Souli un traité qui nous assurait la possession de l’île moyennant une rente annuelle de 5,000 francs et rengagement de faire élever à la Kéuuion deux enfants du sultan. Trois prétendants contestaient à Adrian Souli la légitimité de sa possession ; c’étaient : Buanacombé, ancien sultan de Mayotte ; Ramanateka, sultan de Mohéli, et Salim, sultan d’Anjouan. Buanacombé, seul prétendant sérieux, mourut peu après ; Ramanateka mourut aussi, léguant* la souveraineté de Mohéli à sa fille, qui n’a cessé depuis lors de vivre en bonne intelligence avec les Français. Enfin, Saliin, qui avait succédé comme sultan d’Anjouan k Allaouy, a renoncé expressément u tout droit sur Mayotte. La traité passé par le capitaine Passot fut ratifié par une décision du gouvernement français du 10 février 1843, et la prise de possession de Mayotte fut effectuée le 13 juin 18431

MAYOW (Jean), médecin et chimiste anglais, né dans le pays de Cornouailles en 1645, mort à Londres en 1679. Il abandonna l’étude du droit pour celle de la médecine, et se livra tour à tour k la pratique de son.art k Bath et à Londres. En 1678, la Société royale l’admit au nombre de ses membres. Pendant ses loisirs, Mayow s’occupa de chimie, fit une étude toute particulière de la respiration, établit une analogie entre la respiration et la combustion, et fut sur le point de découvrir la chimie pneumatique. • Ce savant, dit Jourdan, établit qu’une partie ûa l’air, k laquelle il donnai*- le nom de sel vital, sel igné, sel feriuentatif ou esprit nitro-aérien, s’unit aux molécules sulfureuses du sang pour en débarrasser ce liquide et lui fournir les molécules dont il a besoin pour se mouvoir ; il ajoutait que c’est cette combinaison entre une portion de l’atmosphère et certaines particules du sang veineux qui artérialise ce dernier, et que la respiration est, en outre, la source de la chaleur animale. Traduisons les mots sel vital par oxygène et parties sulfureuses du sang veineux par hydrogène et carbone, nous aurons la célèbre théorie chimique, naguère encore si applau 174