Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 12, part. 4, Ple-Pourpentier.djvu/240

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1406 PONT

la destruction de la république romaine, Pharnace parvint à reconstituer l’ancien royaume de Pont ; mais César le vainquit, et tout le pays rentra sous la domination romaine (47). Peu après, Antoine, maître de l’Orient, rendit a Amyntas, successeur de Déjotarus, la possession du Pont Galatique et donna au Grec Palémon la partie romaine du pays, qui prit le nom de Pont Polémoniaque. Quand Amyntas mourut (25 av. J.-C), le Pont Galatique cessa de former un gouvernement particulier et fut réuni au gouvernement romain de Bithynie. Enfin, lorsque Polémon II eut cédé son royaume à Néron, le PoutPolémoniaque fut réuni aussi au gouvernement de Bithynie et administré par un officier particulier placé sous les ordres du gouverneur de Bithynie et appelé prœfeclus orsPonticx.Ajoutons qu’une partie du Pont Polémoniaque avait été portée en dot par Pythodoris, veuve de Polémon 1er, à Archélaùs, roi de Cappadoce, ce qui fit surnommer cette partie Pont Cappadocien. Au rvo siècle de l’ère chrétienne, l’ancien royaume de Mithridate formait deux provinces romaines distinctes : le Pont Galatique, que Constantin nomma Mélénepont, du nom de sa mère Hélène, avec Amasee pour capitale ; le Pont Polémoniaque ^ dans lequel était aussi compris le Pont Cappadocien et dont Néocésarée était la capitale. Conquis par les Ottomans dans le xive siècle, l’ancien royaume de Pont forme de nos jours les livahs d’Amasia et deTokat, dans le pachalik de Sivas, et le pachalik de Trêbizonde.

Souverains du Pont, Satrapes héréditaires.

Artabaze 502

Ariobarzane 490 Rhodobates (date précise inconnue).

Mithridate Ier 402

Ariobarzane II 303

Iiois.

Mithridate II 337

Mithridate III 302

Mithridate IV 265

Mithridate V 222

Pharnace I« 134

Mithridate VI, dit lïvergètu 157

Mithridate VII le Grand, .. 123-03

Bois du Pont Polémoniaque.

Polémon Ier 37 av. J.-C.

Pythodoris, veuve du

précèdent....... 2 ap, J.-C.

Polémon II 38-C3

PONT (diocèse dk), une des grandes divisions de l’empire romain, formée par Constantin dans la préfecture d’Orient, Le diocèse de Pont comprit primitivement neuf provinces : Bithynie, Paphlagonie, Galatie, Cappadoce Ire. Cappadoce IIe, Hélénèpont, Pont Polémoniaque, Arménie Ire, Arménie Ile ; il en renferma onze lorsque Théodose le Grand eut détaché de la Bithynie une province nouvelle, nommée Honoriade, et de la Galatie 1re une Galatie IIe, appelée aussi Galatie Salutaire.

PONT-L’ABBÉ, bourg de France (Finistère), ch.-l. de canton, arrond. et à 18 kilom. S.-O. de Quimper, près de l’Océan et de l’embouchure de la petite rivière de son nom dans la baie de Benodet, où il a un petit port de commerce ; pop. aggl., 3,554 hab. — pop. tôt., 4,739 hab. Minoteries, fabrication de fécule et sirop de fécule. Pont-1’Abbé doit’son surnom à un célèbre couvent de carmes, fondé en 1383 par Hervé, baron de Pont-1’Abbé, et Péronnelle de Rocnefort, sa femme. L’église paroissiale actuelle n’est autre que l’ancienne chapelle de ce couvent. C’est un des plus intéressants édifices religieux de la Bretagne. Sur la façade occidentale de l’église, au dessus d’une porte centrale en ogive, d un style sobre et sévère, s’épanouit une rose portée sur une arcature trilobée à jour. L’extrémité du bas-côté (car l’édifice n’a qu’un seul collatéral appliqué sur la face septentrionale d’une nef rectangulaire) est décorée d’une ornementation analogue. L’édifice est partagé en deux parties par de légères arcades, et ses fenôtres, rayonnâmes dans la façade sud, sont flamboyantes dans le collatéral nord. La maîtresse vitre du chevet, représentant une rose de grande dimension, est un morceau d’une rare valeur, mais malheureusement bien mutilé. Au sud de l’église s’étendent les anciens bâtiments de l’abbaye ou plutôt du cloître. Ce cloître est admirablement conservé. Ses travées sont en ogives trilobées} inscrites dans une série d’intersections de cintres d’un gracieux effet.

À l’entrée du pont, fréquemment reconstruit, qui donne son nom à la ville, se trouve l’église de Lambour, dont Louis XIV fit raser le clocher pour punir tes paysans de Pontl’Abbé de leur révolte contre un impôt (1673).

Le château ne présente plus aujourd’hui qu’une grosse tour dont on a également rasé le couronnement, et un corps de logis reconstruit au xvi[e siècle et qui sert do mairie. Le château de Pont-1’Abbé aifectait une forme elliptique ; il était autrefois flanqué de tours rondes ou carrées et entouré de fossés profonds. Deux portes seulement y donnaient accès, achevant ainsi d’en faire une place de guerre d’un abord des plus difficiles. La plupart des habitants de cette ville calme et silencieuse portent un costume très-original.

PONT

Pont-l’Abbé était jadis le siège d’une importante baronnie. À l’époque de la Ligue, Je baron Toussaint de Beaumanoir se prononça contre les ligueurs, qui attaquèrent le château et le pillèrent.

PONT-D’AIN, bourg de France (Ain), ch.-l. de canton, arrond. et à 20 kilom. S.-K. de Bourg, sur la riva droite de l’Ain ; pop. aggl., 9G2 hab. — pop. tôt., 1,444 hab. Construction de bateaux pour la navigation du Rhône. L’ancien château des ducs de Savoie, construit au XIIe siècle, remanié en partie, a été converti en asile pour les prêtres âgés du diocèse de Belley. Patrie de Louise de Savoie, mère do François Ier.

PONT - DE -’ L’ARCHE, bourg de France (Eure), ch.-l. de canton, arrond. et a, 12 kilom. N. de Louviers, sur la Seine, au-dessous du confluent de l’Eure et près du chemin de fer de Paris à Rouen ; 1,570 hab. Tanneries, plâtrerie ; fabrication de chaussons de lisière, couvertures, draps et tissus de chanvre. C’était jadis une place forte, qui a conservé des restes de ses anciennes fortifications et plusieurs maisons de bois, ornées de sculptures. L’église paroissiale, édifice inachevé du xve siècle, possède de beaux vitraux, un magnifique rétable en bois scuiptê et un buffet d’orgue du style Louis XIII. Pont-de-1’Arche possède un beau pont jeté sur la Seine, et l’on y voit les ruines de 1 ancienne abbaye bénédictine de Bon port, qui fut fondée par Richard Cœur de Lion. Chaque année, au mois de juin, ces ruines sont 1 objet d’un pèlerinage. Accourus, dès le matin, de tous les oays environnants, une grande quantité d’indiffidus de tout âge attendent avec impatience, la veille du jour de la Saint-Jean, que l’heure de midi sonne à la vieille église de Pontde-l’Arche. À peine ont-ils entendu l’horloge sonner douze coups, qu’ils touchent la pierre ttimulaire d’un moine du nom de Saint-Jean, inhumé dans l’abbaye. De là ils courent, en se bousculant, se précipiter dans la Seine. Au milieu du bras d’eau qui baigne les murs de l’antique abbaye se tient un homme dans le costume d’Adam après la création, lequel prend tour à tour les enfants et les jette dans l’eau. Un simple jupon constitue tout le costume des femmes qui prennent part à cet exercice. Les naïfs fidèles attendent de cette immersion des effets miraculeux qui, à les entendre, doivent les affranchir des douleurs articulaires et de diverses autres affections.

Pont-de-l’Arche, désigné dans un diplôme de Henri II sous le nom de Pons arcis raex (pont de ma citadelle), est situé près de l’ancienne station romaine des Damps. Ce fut en cet endroit, où la marée cesse de se faire sentir, que Charles le Chauve, pour arrêter les incursions des Normands et défendre les riches cultures et les palais impériaux de Pitres et du Vandreuil, fit construire par des ingénieurs byzantins, de 862 è. 863, un pont de 22 arches et crénelé, comme jadis celui de Rouen. Des châteaux forts étaient placés aux extrémités pour défendre la navigation des deux bras de la Seine, Sous les Normands, le nom de Pont-de-1’Arche apparaît sans cesse dans les guerres intestines et dans les guerres avec la France, Richard Cœur de Lion échangea cette localité pour Conteville ; mais Jean Sans Terre s’en empara de nouveau. Cette ville était alors regardée par tous les hommes de guerre comme la clef de la haute Normandie. Édouard III la brûla en 1346. En 1418, le roi d’Angleterre l’assiégea et s’en empara au bout de trois semaines. Le 13 mai 1449, Pont-de-l’Arche rentra au pouvoir des Français, grâce à uns ruse de guerre exécutée avec succès par un marchand de Louviers. Louis XI se rit livrer cette ville, occupée par les troupes de son frère Charles, duc de Normandie, et devant laquelle il avait mis le siège en 1466. Après l’avènement de Henri IV, Pont-de-l’Arche fut la première place de Normandie qui ouvrit ses portes au roi. En 1618, la maréchal d’Ancre acheta le gouvernement de Pont-de-l’Arche et augmenta le système de défense de cette place.

PONT-AUDES1ER, en latin Pons Aldemari, ville de France (Eure), ch.-l. d’arrond. et de canton, à 70 kilom. N.-O. d’Evreux, sur la rive gauche de la Rille, qui commence a être navigable en cet endroit ; pop. aggl., 5,372 hab, — pop. tôt-, 6,124 hab. L’arrondissement comprend 8 cantons, 124 communes et 73,033 hab. Tribunaux de 1" instance et de commerce ; justice de paix. Petit séminaire ; bibliothèque. Moulins a blé ; filature de coton ; papeterie ; usines métallurgiques ; quincaillerie ; laminerie ; tanneries, mégisseries. Commerce important de cuirs, lia, grains, bestiaux, toiles, draperie, mercerie. La ville de Pont-Audemer, en partie ceinte de vieilles murailles, est bien bâtie, bien percée et copieusement alimentée d’eau courante ; elle possède plusieurs édifices religieux remarquables, entre autres l’église Saint-Ouen, construction duXl° siècle inachevée, avec un beau portail flanqué de deux tours ; l’intérieur offre de beaux vitraux et des fonts baptismaux du xvie siècle. L’église Saint-Germain, qui date du xi» siècle, est surmontée d’un beau clocher ogival.

On s est demandé si Pont-Audemer ne serait pas la bourgade romaine désignée sous le nom de Breviodurum dans l’Itinéraire d’Antonin. Les anciens géographes, et après eux Rover, avaient toujours indiqué à Pont-Au PONT

demer l’emplacement de Breviodurum, qui était situé, d’après ('Itinéraire d’Antontn, a 17 lieues gauloises de Juliobona (Lillebonne) et de Noviomaqus (Lisieux) et, dans la carte de Peutinger, a 20 lieues gauloises de Rothomagus ; mais depuis quelques années on croit que Brionne, ou l’on a découvert un camp antique, était anciennement Breviodurum. Au reste, on a trouvé à Pont-Audemer, à diverses reprises, des vestiges et des débris romains. Cette localité est désignée sous le nom de Deux-Ponts dans un acte de Dagobert de 715. Le nom de Pont-Audemer, dans la composition duquel entre un nom d’homme, Pons Audomari ou Aldemari, se trouve relaté authentiquement pour la première fois dans une charte de Richard III pour Fécamp. Après l’établissement des hommes du Nord, Pont-Audemer devint le domaine d’une famille dont le premier personnage connu s’appelait Torf. Son fils aîné, Touroude, fut le père d’Onfroi, cousin germain de Richard II par sa mère Dulcine. Onfroi, surnommé de Vieilles, fonda en 1033 l’abbaye de Préaux et lui donna tout ce qu’il avait à Pont-Audemer. À cette époque, Pont-Audemer possédait déjà trois paroisses" et ’n’avait pour toute défense que sa forteresse, assise sur le promontoire de Longval. La révolte de Galeran de Meulan, en 1122, fut funeste à la ville ; le roi d’Angleterre s’y porta avec son armée, brûla d’abord cette cité, qui était très-grande et très-riche, dit Orderic Vital, puis attaqua la forteresse, qui capitula au bout de sept semaines et fut brûlée par les assiégeants. Henri Ier restaura la forteresse et entoura la ville de remparts. Galeran rentra après 1135 en possession de son domaine, qui lui fut repris, en 1160, par Henri II ; mais bientôt après, Galeran fut remis en jouissance de toutes ses forteresses. Son fils Robert vit successivement ses domaines confisqués, puis restitués par Henri H, Richard Cœur de Lion et Jean Sans Terre. Philippe-Auguste, après avoir pris Pont-Audemer, les confisqua définitivement. Le 22 février 1353, le roi Jean donna à Charles le Mauvais, roi de Navarre, le château et la ville de Pont-Audemer. Cette concession fut l’occasion d’une longue lutte pendant laquelle Pont-Audemer fut à diverses reprises envahi et ravagé par les troupes des deux partis. Duguesolin ruina, en 1378, la forteresse, qui ne fut jamais rétablie. Pris par les Anglais en 1417, repris en 1449 par les Français sous les ordres de Dunois, Pont-Audemer fut cédé, en 1550, par Henri II a Madeleine d’Annebaut, en échange de ses ■ droits sur le marquisat de Saluées. Pendant les guerres de religion, la ville eut beaucoup à souffrir. Elle fut prise en 1565 par les protestants, reprise quelques mois après par les catholiques et rançonnée par les deux partis en 1589. Assiégée, en 1590, par Henri IV, elle se rendit à ce prince ; mais, en 1592, son gouverneur la livra par trahison au duc de Mayenne qui massacra une partie des habitants et ruina le reste. Après ces funestes épreuves, Pont-Audemer cessa de jouer un rôle dans l’histoire militaire de la France.

Le commerce de Pont-Audemer était très-important au moyen âge. À une époque reculée, on y fabriquait les étoffes et préparait les cuirs ; la pêcne maritime y était très-active et les pêcheurs fort renommés pour la salaison du hareng. Le vin, le poivre, le gingembre y étaient l’objet d’un commerce considérable. Lors de la conquête de l’Angleterre, Roger de Beaumanoir put, grâce au port de Pont-Audemer, fournir un contingent de 50 navires au duc Guillaume. Aux dates 1224, 1265 et 1285, l’importance des halles de cette ville est constatée par des actes et des arrêts qui se trouvent dans le cartulaire normand. La tannerie et la draperie y prospéraient au xve siècle. Son commerce décrut progressivement pendant la seconde moitié du xviie siècle, par suite de l’exagération des impôts. Des conciles ont été tenus à pont-Audemer en 1257, 1267, 1279 et 1305 ; ils eurent pour objet de régler des matières de discipline, relativement à la conduite des prêtres et des moines, et de maintenir les privilèges du clergé.

PONT-AUTHOU, village et commune da France (Eure), cant. de Montfort-sur-Risle, arrond. et à 21 kilom. de Pont-Audemer, sur la Rille ; 517 hab. Moulins à blé ; fabrique da de draps, filature de laine. Une tradition répandue signale Pont-Authou comme une ancienne ville. Quelques auteurs ont placé la station romaine de Breviodurum à Pont-Authou, passage où il existe une route fort ancienne de Lisieux à Rouen, rattachée, vers le Marché-Neuf, au vieux chemin d’Alençon à Rouenjjar Séez, Gisay et Orbec ; des objets antiques appartenant à l’époque romaine y ont été découverts. Le roi Henri I« y cantonna, en 1122, après la levée du siège de la tour de Yatteville, Henri de La Pommeraie avec des troupes, en attendant une occasion favorable pour combattre Galeran de Meulan et ses alliés révoltés contre l’autorité royale. Pont-Authou était le siège d’une vicomte qui existait dès 1310 et d’un bailliage.

PONT-AVEN, bourg de France (Finistère), ch.-l. de cant., arrond. et à 17 kilom. O. de Quimperlé, sur l’Aven, où il a un port de cabotage ; pop. aggl., 1,048 hab. — pop. tôt., 1,131 hab. Minoteries, exportation de pierres, de bois, de cidre, de farines ; importation de sel et de futailles vides, Près de ce bourg,

PONT

on voit les ruines de l’ancien château du Hènon,

PQNT-DE-BARRET, village et commune da France (Drôme), cant. de Dieuleflt, arrond. et à 21 kilom. de Montélimar, entre des montagnes resserrées, sur le Roubion ; 780 hab. Trituration des sumacs indigènes ; exploitation de bois de chauffage. Source d’eau gazeuse alcaline, fréquentée dans la belle saison et dont les eaux s’exportent pour l’usage de la table.

PONT-DE-BEAUVOISIN, bourg de France (Isère), ch.-l. de cant., arrond. etfc, l&kilom. E. de la Tour-du-Pin, sur le Guiers-Vif ; pop. aggl., 1,658 hab. —pop. tôt., 1,784 hab. Commerce de bestiaux, de toiles et de blé. Il Bourg de France (Savoie), ch.-l. de cant., arrond. et à 29 kilom. 0. de Chambéry, sur le Guiers-Vif, vis-à-vis de son homonyme, dont il est séparé par la rivière que franchit un pont d’une seule arche très-hardie ; pop. aggl., 967 hab. — pop. tôt, 1,233 hab. Filature de soie.

PONT-CANAVESSE, bourg du royaume d’Italie, province de Turin, district et à 24 kilom. S.-O. d’Ivrée, ch.-l. de mandement ; 4,372 hab. Aux environs, carrière de marbre blanc.

PONT-CANET, domaine vinicole du Médoc. Il comprend un grand et beau vignoble de 67 hectares, produisant en moyenne 160 tonneaux d’un vin classé parmi les premiers grands crus duMédoc.

POJTTS-DE-CÛ (les), en latin Pons Saii, petite ville de France (Maine-et-Loire), sur trois îles de la Loire reliées entre elles par des ponts, ch.-l. de cant., arrond. et à 5 kilom. S. d’Angers ; pop. aggl., 1,924 hab.pop. lot., 3,397 hab. Corderies importantes, pêche et navigation. Commerce de bestiaux, de chevaux, de poisson, de chanvre et de

f raines de semence. C’est en réalité une sorte e faubourg d’Angers, traversé par une rue unique de près de 3 kilom. de longueur. Les ponts qui relient les îles entre elles et avec les deux rives de la Loire sont au nombre de quatre. En reconstruisant ces ponts, en 1849, on a trouvé dans la masse des piles démolies une médaille de Vespasien. Un château, bâti sur un tertre, au bout du premier pont, domine la route et le fleuve. L’église Saint-Aubin, construction du commencement du xne siècle, offre de très-belles peintures murales du xvie siècle ; mentionnons encore les belles sculptures de l’église de Sorgues. L’origine des ponts de Ce a souvent été l’objet des discussions des savants. Suivant les uns, ils furent construits par Jules César ; suivant les autres, ils sont bien inoins anciens, et ceux dont font mention les Commentaires étaient placés au-dessous de ceux que nous voyons aujourd’hui. Ce qui est certain, c’est qu’ils ne portent le nom de ponts de Ce que depuis le xve siècle ; on les appelait antérieurement ponts de Sée, de Sez ou de Say. On sait aussi, à n’en pas douter, que les Romains eurent, tout à côté des ponts de Ce, dans l’angle formé par la Loire et la Maine, une station importante, un camp fortifié, très-connu des antiquaires sous la dénomination de camp de Frémur et qui était une des principales positions des conquérants dans l’Ouest. Il ny aurait donc rien d’invraisemblable à supposer que Jules César eût jeté là un pont pour assurer ses communications. Le camp de Frémur était encore occupé par les légions romaines au ivo siècle, ainsi que l’établit la grande quantité de médailles de Constantin qu’on y a trouvées récemment. À cette époque, les ponts n’étaient placés que sur la Loire et la Vienne ; la calée septentrionale de celui de la Loire joignait de près l’un des angles du camp. Un autre ouvrage plus considérable encore que ces pontset qui s’y rattache consiste dans les restes encore très-reconnaissables aujourd’hui d’une turçia composée de deux murs parallèles et d’aplomb, réunis dans quelques endroits par des murs de refend d’une solidité à toute épreuve. Les ponts de Ce et les ponts de Juignê, réunis par cette belle turcie, ne formaient autrefois qu’un ouvrage unique ; elle avait de 6 à 7 mètres de largeur, et, à quelques endroits, elle s’élève encore à 2 ou 3 mètres environ au-dessus du sol de la plage. Sa longueur était de 4,000 mètres environ, suivant un plan en zigzag dont tous les angles étaient obtus. Elle partait de la culée méridionale du pont de Saint-Maurille, se dirigeait en amont et allait aboutir à celui donc on voit les ruines près de Juignè et sur lequel on passait le Thouet, On rencontre encore près de la moitié de la turcie le bras de la Loire appelé le Louet, traversé en grande partie par plusieurs portions de ces ruines que les mariniers désignent communément sous le nom de Pierres de Juignê. * Les ponts de Ce proprement dits, écrit un archéologue contemporain, ont été longtemps considérés comme une merveille ; ils sont au nombre de quatre : le premier, en arrivant du côté d’Angers, est composé d’une chaussée et de sept arches en pierre ; il a 335 mètres de longueur et se termine au faubourg Saint-Aubin, Ce faubourg est séparé de la ville par un autre pont qui a dix-sept arches en pierre et trois travées en bois ; celui-ci a 112 mètres de longueur. Ces deux ponts sont sur l’ancien lit de la Loire. Lorsqu’on a traversé le faubourg Saint-Aubin, qui donne son nom au second