Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 13, part. 2, Pubi-Rece.djvu/366

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Les réactions contre les hommes perpétuent les révolutions. (B. Constant.) Plus la compression a été violente, plus la réaction se montre terrible. (B. Constant.) Amenées par une réaction, les lois d’exception traînent à leur suite une réaction contraire. (Royer-Collard.) Les réactions déterminent les révolutions. (Proudh.) Les femmes ont fait plus de mal à la république de Février que toutes les forces conjurées de la réaction ciùile.(Prouàh.) Si la révolution n’existait pas, la réaction l’inventerait. (Proudh.) La réaction, en politique, est xine loi qui n’est encore, surtout en Fi-an.ce, qu’imparfaitement étudiée. <B. de Gir.) Le maréchal Ney fut la principale victime concédée aux réactions de 1815. (Dupin.) Exilé de son pays natal par tes réactions politiques, il eut bientôt épuisé ses faibles ressources. (Viennet.) La réaction, après les premiers jours de stupeur et de silence, fut effroyable et prodigieuse. (Ste-Beuve.) La réaction levait la tête et avait pris pied partout, jusque dans les pouvoirs publics. (Ste-Beuve.) Les réactions n’arrêtent un moment le progrès des sociétés que pour le précipiter ensuite vers le but. (Vacherot.) Comment ta Révolution, attaquée avec tant de violence et sur tant de points à la fois, put-elle résister aux efforts d’une réaction touie-puissante et ne reculant devant rien ? (Taxile Delord.)

— Encycl. Mècan. Lorsqu’un corps agit sur un autre, par contact ou à distance, pour lui communiquer un mouvement dans un sens, réciproquement le second agit sur le premier pour le mouvoir en sens contraire ; l’action du second corps sur ie premier est la réaction de ce second corps. La réaction est égale à l’action ; mais ce principe fondamental demande à être expliqué. Supposons d’abord que deux corps plus ou moins invariables de figure agissent l’un sur l’autre mécaniquement par le contact, le principe dans ce cas signifiera que les résultantes des actions exercées en chacun des points de contact, par l’un des corps sur l’autre, seront égales et de sens contraire. Supposons qu’un corps solide, liquide ou gazeux, plus ou moins compressible ou extensible, plus ou moins flexible, subisse de l’extérieur un effort quelconque en l’un de ses points, l’action de la force extérieure se transmettra de proche en proche dans toute la masse, et chaque particule du corps tirera ou poussera l’une quelconque de celles avec lesquelles elle sera en contact, et celle-ci agira en sens contraire avec une énergie égale ; or, si l’on imagine dans le corps en question une section piano quelconque, en chaque point de cette section les résultantes des actions exercées par l’une des parties du corps sur l’autre seront égales et de sens contraires. Supposons enfin que deux corps agissent l’un sur l’autre, à distance, en raison d’une quelconque des propriétés de la matière, le principe signifiera alors que les actions mutuelles de l’une des molécules d’un des corps sur une molécule de l’autre seront égales, de sens contraires et dirigées suivant la droite qui joindrait les deux molécules. En général, les actions de l’un des corps sur toutes les molécules de l’autre n’auront pas de résultante unique ; on ne pourrait donc pas concevoir, dans ce cas, l’action et la réaction comme deux forces égales et contraires ; toutefois, si l’on imagine que toutes les actions exercées par chacun des corps sur les molécules de l’autre soient transportées au centre de gravité de cet autre, les deux résultantes de translation seront égales, parallèles et de sens contraire, sans être, pour cela, dirigées nécessairement suivant la ligne des deux centres.

Le principe de l’égalité entre l’action et la réaction a été formulé par Newton, mais il avait été mis en usage par Huyghens dans son traité : De horologio oscillatorio ; il constitue, en effet, une base indispensable de la dynamique des systèmes. Les théories modernes le fondent dans le principe de d’Alembert, auquel il sert de point de départ. Le principe de l’égalité entre l’action et la réaction donne par lui-même le moyen de réduire la question du mouvement d’un système de parties liées entre elles a celle du mouvement d’une simple molécule ; en effet, si l’on conçoit écrites pour chacune des molécules les trois équations de son mouvement, elles contiendront bien les expressions des forces Inconnues qui naîtront des liaisons de cette molécule à toutes les autres, mais, par compensation, chaque liaison fournira une condition contenant, en général, la force inconnue qui en naît ; ainsi, le nombre des équations restera égal au nombre des inconnues directes du problème, c’est-à-dire au nombre des coordonnées de ses points.

À la vérité, cette première idée simple de la mise en usage du principe n’était applicâble que dans des cas très-restreints ; mais ce n’étuit plus qu’une question d’analyse que de passer du cas d’un nombre limité de points matériels liés les uns aux autres au cas de masses continues jouissant, dans toute leuç étendue, de propriétés physiques connues qui résumassent les relations ou liaisons de leurs parties entre elles. C’a été le travail du xvmo siècle.

— Politiq. En politique comme en mécanique, l’action est toujours suivie de la réaction. Un mouvement exécuté dans un sens quelconque amène toujours un mouvement de sens contraire, et s» l’humanité, envisagée

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dans son ensemble et durant une longue pé ’ riode, progresse, c’est que la somme des forces qui la poussent en avant dépasse lasomme de celles qui tendent à la ramener vers l’état de nature.

Envisagée au point de vue de la politique théorique, la réaction est donc un mouvement contraire à un mouvement donné qui le précède, qu’il tende d’ailleurs à porter les peuples vers une civilisation plus avancée ou qu’il ait pour but de les ramener vers un état plus barbare. C’est ainsi que la Révolution française, cette immortelle page de notre histoire, l’éternel honneur de la France, fut une réaction vigoureuse contre l’absolutisme monarchique et les abus qu’il traînait avec lui, comme aussi la Restauration fut une réaction violente contre les principes proclamés en 1789,

Tel est le sens du mot réaction dans le langage de la philosophie politique.

Dans le langage de la politique courante, et sans doute parce que, depuis la chute de l’ancien régime, la plupart des gouvernements qui se sont succédé en France ont tenté de reprendre ouvertement, par la forée ou par des voies détournées, au moyen d’une réglementation abusive, les conquêtes faites par la Révolution, le mot réaction désigne un mouvement de recul, conduit par les adversaires de la république, seule forme de gouvernement qui puisse accepter et appliquer sans arrière-pensée les principes contenus dans la Déclaration des droits de l’homme.

De la réaction envisagée au premier de ces deux points de vue, nous ne dirons que peu de chose. C’est une des lois qui régissent les sociétés humaines. Elle se révèle, a chaque page de l’histoire, aux yeux de ceux qui, dégagés de toute superstition, demandent la raison des phénomènes qui se sont accomplis dans la suite des siècles historiques uniquement à l’étude de la nature des hommes, de leurs croyances, de leurs préjugés et de leurs intérêts.

L’homme pris individuellement est sujet à de brusques revirements. Suivant que ses passions, ses intérêts présents le guident, il peut aller de droite ù gauche, se jeter brusquement dans une voie, puis s’arrêter et revenir sur ses pas. L’homme présente, sur une échelle réduite, le spectacle que nous otfrent les sociétés. Elles aussi, sous l’empire de tous les sentiments qui peuvent agiter l’individu, l’espérance, la crainte, la haine, se lancent dans telle ou telle direction, puis, comme effrayées des actes commis sous le coup des sentiments dont elles ont subi l’impulsion, elles reviennent sur elles-mêmes et se prennent à regretter tout ou partie de ce qu’elles ont détruit. C’est au moment où elles s’arrêtent dans leur élan, alors qu’elles sont arrivées, pendules d’un nouveau genre, au point extrême de leur course, que ceux contre qui elles avaient agi reparaissent et profitent de l’épuisement de leurs forces pour ramener les sociétés à leur point de départ. Fort heureusement, la force constante d’impulsion qui nous pousse vers un état meilleur est supérieure à la force qui tend à nous ramener en arrière, et il reste toujours debout quelque chose des progrès accomplis.

L’histoire des grandes secousses qui, depuis un siècle environ, ont agité l’Europe, pour ne parler que de cette partie de l’univers, a démontré que la force de l’action est supérieure à celle de la réaction. En remontant plus haut dans l’histoire des peuples qui habitent noire continent, on trouve également la preuve de cette assertion et si, en ce dernier cas, cette preuve parait plus difficile à faire, c’est que, pour constater un progrès accompli, il ne faut plus comparer deux époques voisines, mais mettre en regard deux périodes éloignées. C’est, enfin, parce que les progrès réalisés depuis cent ans, progrès lentement élaborés par le xvua et le xvui» siècle, sont tellement éclatants qu’ils effacent, pour ainsi dire, par leur grandeur même, tous ceux qu’avait, non pas réalisés, mais rêvés l’humanité jusqu’à cette époque. Si, au point de vue du résultat général, l’action ou la force qui pousse l’homme vers un état social plus parfait est supérieure, comme nous l’avons dit, à la force qui tend à ie ramener en arrière, au point de vue des faits envisagés en eux-mêmes, au point de vue de la lutte, on peut dire que l’intensité de la réaction est directement proportionnelle à celle de l’action. S’agit-il, en effet, de faire table rase des abus monstrueux que la monarchie avait enfantés et perpétués durant tant de siècles, la réaction qui s’accomplit contre ce régime, ferme et modérée dès le début, accentue bientôt son énergie, qui s’augmente des résistances qu’elle rencontre et arrive à son paroxysme au lendemain de la condamnation de Louis XVL Le temps lui manque pour rendre à la monarchie et aux privilégiés tous les coups que le peuple en a reçus durant quinze siècles. C est la première fois que la nation a la force, elle en use, et si elle frappe avec énergie, même avec fureur, c’est qu’elle agit sous l’empire de cette loi qui veut que la réaction soit proportionnelle à l’action. Une monarchie moins

absolue, des privilégiés moins tyranniques n’eussent point déchaîné une pareille tempête. La République de 1848, succédant à un pouvoir moins despotique, ne songea même point à inquiéter un monarque fugitif ; la première condamna Louis XVI à mort. Que

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d’autres que nous reprochent à la Révolution française ce qu’on a qualifié d’excès ; avant de nous associer à ces plaintes, nous demandons qu’on fasse le compte des victimes tombées dans les deux camps et qu’on nous dise qui des deux a fourni le plus grand nombre. Après le triomphe de la réaction du g thermidor, réaction qui devait conduire, à travers le Directoire et le Consulat, à l’Empire, la nation, qui avait autrefois suivi avec enthousiasme l’œuvre des fondateurs de la liberté, s’éprit de la gloire militaire ; une réaction violente devait suivre cet élan qui fut si fatal à la France, et la paix à tout prix, même au prix du retour des Bourbons, succéda bientôt aux quelques années de guerre à outrance. La réaction qui suivit le retour de l’héritier de Louis XVI fut violente, mais elle n’osa point tenter tout ce qu’elle rêvait de faire et dut abandonner une partie du terrain conquis. La réaction qui s’était faite contre le militarisme fut plus complète et si, longtemps encore, on devait faire de l’opposition à la monarchie avec les souvenirs guerriers de l’Empire, cette opposition arborait par-dessus tout le drapeau de la liberté. En somme, il résulte des faits que la réaction, lorsqu’elle succède à un élan qui entraînait le peuple vers la liberté, modifie moins les résultats obtenus que lorsque cette réaction succède à une impulsion qui ie lançait en dehors de la voie où il doit trouver la satisfaction de ses intérêts légitimes, le bien-être et la liberté. Si, quittant le point de vue théorique auquel nous nous sommes placé dans la première partie de cet article, nous examinons ce qu’est la réaction dans le langage politique courant, nous remarquons que, dans son acception la plus ordinaire, ce mot désigne tout effort qui, au nom d’un droit prétendu divin, au nom de la supériorité de certaines classes ou de tout autre principe, tend soit à reconstituer la société sur les bases où elle reposait avant 1789, soit à substituer de nouveaux privilégiés aux anciens.

Pour se faire une idée exacte de ce que peut être cette réaction, de sa puissance, des prétextes dont elle couvre ses actes et du but qu’elle poursuit, il suffît d’étudier son personnel.

Ce personnel est très-varié. En première ligne et par droit d’ancienneté figurent les légitimistes purs, ceux qui regrettent la féodalité. Ce groupe est peu nombreux. Il se compose de quelques ci-devant nobles dont les aïeux, s’ils ne sont point.tous allés aux croisades, ont fait pour la plupart florès dans les salons de la Pompadour. Ils regrettent un régime où il était si aisé d’obtenir des pensions et où le vilain était si facile à tailler. Ce groupe est peu nombreux ; il rêve plus qu’il n’espère la restauration de l’ancien régime. Il a pour ardents auxiliaires le clergé et les ignorants qui subissent l’influence du prêtre. En seconde ligne viennent les partisans de la monarchie dite constitutionnelle. Les agents de réaction appartenant à ce parti occupent ordinairement. dans les affaires, dans la littérature ou dans la philosophie orthodoxé, une position assez importante. Ils, ont un profond mépris pour le pauple qui ne sait pas le grec et ne connaît point les finesses de cette philosophie plus bavarde que sérieuse sortie de la cervelle de Cousin. Ce parti ne croit pas à la liberté pour le peuple ; il ne croit plus à la royauté et vent créer au profit d’une nouvelle caste, la bourgeoisie riche ou instruite, des privilèges qui, s’ils ne rappellent point ceux qu’enfanta l’ancienne monarchie, n’en sont pas moins des privilèges. Son programme se résume comme suit : Ïilus de monarque absolu, pas de liberté pour e peuple ; tout pour et par la bourgeoisie riche et instruite. Le elergé est peu sympathique, en général, à ce parti qui, en somme, a lu Voltaire et quelquefois encore parait s’en souvenir. Cette catégorie d’agents de la réaction a, depuis quelques années, subi une scission d autant plus regrettable pour elle qu’elle compte plus de généraux que de soldats. Une portion de ceux qui naguère

criaient : « Silence aux pauvres I » se sont épris d’un bel amour pour la forme de gouvernement si chère au peuple, la République. Ces néo-convertis demandent, il est vrai, pour récompense de leur conversion, le pouvoir qu’ils refusent surtout aux républicains, bien qu’ils se déclarent disposés à fonder là République. Faut-il les ranger dans le camp des agents de la réaction ? Nous ne le ferons pas, parce qu’ils déclarent poursuivre un but vers lequel nous tendons comme eux, mais avec autrement de franchise et sans redouter de l’atteindre. Nous ne nous demanderons pas s’ils ne veulent pas simplement transporter dans la République les institutions réactionnaires qu’ils défendaient contre le peuple sous l’ancienne monarchie.

La troisième catégorie des agents de réaction- catégorie à part, qui procéda du sabre et de la police, est celle des impérialistes. Cette faction recueille généralement l’hérir tage que lui préparent les deux autres fractions du parti réactionnaire. Elle quitte le pouvoir en léguant la ruine et l’invasion. Le peuple à demi dégrossi des campagnes la prend pour la démocratie ; le clergé l’appuie avec ardeur toutes les fois qu’elle est au pouvoir ou qu’elle a. chance d’y reparaître. Les agents de la réaction qui appartiennent au groupe dont nous venons de parler ont un langage spécial. Ils parlent à la fois de dô READ

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raocratie et de césarisme, d’ordre et de liberté, de suffrage universel et d’idée napoléonienne. Au fond, ils se moquent du suffrage universel, qu’ils mettent en tutelle, de la liberté, qu’ils escamotent, et des droits du peuple, qui ne sont plus que les droits de César. Cette fraction est dangereuse, car elle ne se contente point de faire de la réaction platonique, elle agit et a trouvé plusieurs lois, l’histoire le prouve, ^dans l’armée et le clergé de puissants auxiliaires.

En terminant cette énumérat’ion, nous ne pouvons omettre de signaler une catégorie très-nombreuse d’agents qui se distinguent par un caractère particulier, celui-ci : ils font de la réaction sous toutes les formes de gouvernement. Ils les acceptent toutes plus ou moins, s’efforcent d’en tirer tout ce qu’ils peuvent dans l’intérêt de leur caste et s’accommodent de l’Empire, de la royauté et

même de la République, pourvu que tous ces pouvoirs subissent leur influence et respectent leurs privilèges ; nous avons nommé le clergé catholique. Hostile à la libre pensée qui ruine son crédit, il est, sous l’œil de ses chefs, au service de tout pouvoir qui consent à refuser aux’ libres penseurs le droit d’exprimer leur opinion par la voie du journal, de la conférence ou du livre. Il a servi le premier Empire, la Restauration, Charles X avec un égal enthousiasme ; il servit Louis-Philippe avec regret, mais, sous ce règne, imposa, sinon aux puissants et aux philosophes patentés, au moins aux modestes

publicistes et au peuple son joug de fer. Il applaudit au coup d’État de décembre et bénit le parjure. Il fut, pendant son règne, à de rares exceptions près, son ardent auxiliaire dans la lutte engagée entre le suffrage universel libre et la candidature officielle. À cette date, légitimistes et orléanistes faisaient de l’opposition à l’Empire ; lui, dès le début, l’acceptait te bénissait, le servait. Pourquoi ? Parce Hn’ le croyait assez puissant pour arrêter le cours de.la Révolution, qu’il hait par-dessus tout et à qui il ne pardonnera jamais de l’avoir privé de ses privilèges et d’avoir brisé son omnipotence d’autrefois.

Contre tant d’ennemis coalisés pour nous ramener en arrière, que peutla vraie démocratie qui est l’action ; que peut-elle contre toutes les forces que nous venons d’énumérer, contre laréaeiion ?Tout, car elle a pour elle la classe moyenne et le peuple qui, petit a petit, s’élève à la connaissance de ses droits. La réaction peut triompher une fois de plus, son triomphe sera passager ; toujours le peuple reprendra son élan, conservant chaque fois une parcelle du terrain conquis, jusqu’au jour où la force de réaction, qui lui a tant de fois fait momentanément équilibre, ne sera plus de taille à l’arrêter un seul instant.

RÉACTIONNAIRE adj. (ré-a-ksi-o-nè-rerad. réaction). Qui prête son concours ù une réaction politique : Pouvoir réactionnairb. Parti réactionnaire.

— s. m. Celui qui prend part aune réaction, qui se montre partisan d une réaction : Le gouvernement de Louis XVIIF s’opposa de toutes ses forces aux excès des réactionnaires de 1815. ("**) Les plus grands réactionnaires que je connaisse, ce sont les révolutionnaires. (E. de Gir.)

RÉACTIONNEL, ELLE adj. (ré-ft-ksi-o-nèl, è-le — rad. réaction). Mèd. Qui se rapporte a une réaction : Le pouvoir réactionnel d’un agent thérapeutique.

RÉACTIONNER v. a. ou tr. (ré-a-ksi-o-né

— du préf. , et de actionner). Actionner de nouveau : Je croyais qu’il me laisserait en/în dormir en paix ; mais il vient ■ de me réactionner.

— v. n. ou intr. Bourse. Réagir contre la hausse ; Les cours ont réactionné toute cette semaine.

RÉACTIVER v. a. ou tr. (ré-a-kti-vé — du préf. , et de activer). Activer de nouveau. Réactiver la flamme.

READ (Mary), aventurière anglaise, née vers 1680, morte à la Jamaïque en 1721. Son père, ou plutôt son prétendu père, était un marin qui, peu de temps après son mariage, partit pour un long voyage, laissant sa femme enceinte d’un fils. Cette femme, ennuyée de son veuvage, oublia son époux et devint mère d’une fille, dont elle accoucha secrètement et qu’elle substitua & son fils, mort dans l’intervalle. Lorsque Marie eut atteint l’âge de dix ans, sa mère lui révéla le secret de sa naissance et lui conseilla de cacher son sexe. Devenue orpheline à quatorze ans, la jeune fille embrassa l’état militaire ; elle servit sur mer dans son pays et sur terre en Flandre. Eperdument amoureuse d’un jeune Flnmand, son camarade, elle reprit les habits de femme, l’épousa et s’établit aubergiste près de Brada. Son mari étant mort, Mary Read s’engagea dans’l’infanterie, s’embarqua pour l’Amérique. Le vaisseau qu’elle montait fut pris par des pirates, avec lesquels elle s’enrôla. Personne ne soupçonnait son sexe ; maïs la passion qu’elle avait conçue pour un jeune Anglais, Francis White, prisonnier des pirates, lit qu’elle lui sauva la vie en exposant la sienne dans un duel contre un flibustier. Gravement blessée, elle découvrit à White ses sentiments, qu’il partagea par reconnaissance. Les deux amants se jurèrent une fidélité éternelle et convinrent de saisir la pre-