Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 14, part. 2, Scir-Soir.djvu/311

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qui tient une grappe, et une bacchante... d’Anvers. Une composition analogue appartient nu musée des Offices. Au musée de Madrid, un Silène, peint par Rubens, tient un masque k la main. À Florence, au palais Corsini, il y a du même muître un Silène entouré de petits génies et de satyres. Dans un tableau qui, du palais Brignole-Sale, de Gène», a été envoyé par Mme la duchesse de Galliera à l’exposition organisée à Paris au profit des Alsaciens-Lorrains en 1874, et qui a figuré à cette exposition sous le titre de Marche de Silène, on voit un guerrier, revêtu d’une cuirasse et d’un manteau rouge, caressant d’une

  • main la gorge d’une grosse commère et cherchant,

de l’autre main, k lui arracher une cruche de métal ; dans la pénombre, un vieux buveur, couronné de pampres et tenant une coupe à la main, rit et semble applaudir à la hardiesse du guerrier ; un Amour cherche à" enlever k ce dernier son sabre. Smith a catalogué ce tableau comme représentant alléiZoriquementl’Amour et le Vin et dit que Rubens

s’y est peint lui-même avec sa femme. Schelte van Bolswert a gravé, d’après RubenSj Silène soutenu par un satyre et un faune ; le même sujet a été gravé aussi sur bois par Christophe Jegher. Une autre composition de Rubens, la Marche de Silène, qui était au xviiie siècle dwns le cabinet de MCauletd’Hattteville, à Paris, a été gravée par Nicolas de Launay. On a aussi un Triomphe de Silène gravé par Giovanni Kolo, d’après le même raultre.

Siiènu (l’ivresse de), tableau de Ribera, au musée de Naples. Attaché au sol pur son obésité autant que par l’ivresse, le vieux Silène étale sur une draperie grise son énorme abdomen et ses membres déformés par la graisse. Il se soulève k grand’poino sur le coude et tend sa coupe k un faune, qui y faitcouler le vin contenu dans une outre. Son visage, de profil, respire la sensualité ; son œil est émerillonné par la convoitise ; sa bouche épaisse s’entr’ouvre pour rire et pour boire. On croit l’entendre stimuler lu zèle de son échanson. Derrière lui se penche un satyre aux longues oreilles pointues, qui paraît le soutenir et qui le regarde avec une admiration béate. À gauche, un compagnon de Silène, vêtu d’une nebride, tient une coupe pleine et nous regarde en riant ; au-dessus de lui, l’âne allonge la tête et pousse un joyeux : I han ! Au premier plan, à droite, tout près du dieu, on aperçoit une tortue et une crosse épiscopale... Du côté opposé, un serpent cherche à déchirer un papier sur lequel l’artiste j a signé : Josepkus à Ribera JJispanus Va- j lentin. et auccademicus (sic) liomanus faciebat Partenope 1626.

Les œuvres de nos modernes réalistes pâliraient singulièrement à côté de cette peinture d’une crudité brutale, mais d’une puissance de modelé et d’une intensité d’expression tout à fait extraordinaires. Les ombres ont malheureusement un peu poussé au noir et les tons rosés des carnations ont tourné au rouge brique. Ribera a fait lui-même une eau-forte d’après ce chef-d’œuvre. Il a gravé également un Triomphe de liacchus dans lequel on voit Silène sur son âne, soutenu par des faunes et des satyres.

SILÈNE s. m. (si-lé-né). Bot. Syn. de silène : On a vanté jadis tes racines des silènes comme cordiales. (T. de Berneaud.) Poiret et Desfontaines ont enrichi les jardins de VEurope d’un joli silène découvert sur les côtes de Barbarie. (F. Ilœfer.)

SILÈNE, ÉE adj. (si-lé-né — rad. silène). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au silène.

— ». !’• pi. Tribu de la famille des caryophyllées, ayant pour type le genre silène, et élevée par plusieurs auteurs au rang de famille distincte.

S1LÉNIE s. f. (si-lé-nî — do silène, nom mythol.). Bot. Syn.’d’AZARA.

S1LENTIAIRE s. m. (si-lan-si-è-re — laC. silentiarius ; de silentium, silence). Antiq. rom. Oflicier de la cour du Bas-Empire.

— Encycl. Les fonctions des silentiaires consistaient à maintenir l’ordre et à faire observer le silence dans le palais impérial. Elles avaient donc quelque ressemblance avec celles des huissiers chargés du service intérieur dans nos Assemblées législatives. Les silentiaires étaient au nombre de trente et formaient trois décuries, commandées chacune par un dêcurion. Ils étaient, en outre, de mémo que les cubieulaires, sous les ordres du pihnicier, et celui-ci dépendait du chambellan en chef, ou prmpositus sacri cubiculi.

SILER s. m. (si-lêr). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, type de la tribu des silérinées, dont l’espèce type croît sur les montagnes d’Europe et d’Asie.

— Encycl. Les silers sont des plantes k feuilles engainantes k la base, à limbe pennatiséqué ; les fleurs sont disposées en ombelles amples et à rayons «ombreux, k involucre et involucelles nuls ou formés d’un petit nombre de folioles ; la corolle a cinq pétales échancrès, avec une lanière infléchie ; le fruit est lenticulaire, comprimé, à neuf côtes filiformes, obtuses, dont cinq primaires et quatre secondaires moins saillantes. Le siler trilobé, qui compose à lui seul ce genre, est une grande plante vivace, à tige finement frtrjéc, à feuilles glauques et à fleurs blan SILÉ

ches, réunies en une ombelle très-grande. Il est répandu dans toute l’Europe et dans le nord de l’Asie, et croît surtout dans les bois montagneux. On lui a attribué quelques propriétés médicinales ; mais on Va confondu avec une espèce de laser, qui porte le nom spécifique de siler et dont les racines et les fruits sont aromatiques et stimulants.

SILÉRINÉ, ÉE adj. (si-lé-i’i-né — rad. «iler). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au siler.

— s. f. pi. Tribu de la famille des ombellifères, ayant pour type le genre siler.

SILÉSIE s. f. (si-lé-zï — nom de pays). Comm. Sorte de drap léger.

SILESIE, en allemand Schlesien, en latin Sitesia, ancienne division politique de l’empire d’Allemagne, comprenant la province prussienne et la province autrichienne du même nom. Elle fut conquise en 1745 par Frédéric le Grand sur les Autrichiens. La plus grande partie de cette contrée est restée k la Prusse par le traité de Hubertsbourg (1763). La Silésie, quand elle faisait partie de l’empire germanique, se divisait en haute et basse Silésie. La première au S., appuyée aux monts Sudètes et au Riesengebirge, qui la couvraient de leurs ramifications, comprenait neuf duchés et principautés : Teschen, Ratibor, Troppau, Jœgendorf, Oppeln, Grotskaou Neisse, Monsterberg, Briey etSchweidnitzf La seconde ou basse Silésie, ainsi nommée parce qu’elle comprenait un pays de plaine, renfermait huit duchés et principautés : Breslau, Œls, Wolaw, Liegnitz, JaWer, Glogau, Sagan et Groschen.

SILÉSIE (i’Rovinck de), une des grandes divisions administratives de la Prusse, dans la division S.-E. de la monarchie, comprise entre les provinces de Brandebourg et do Posen au N., la Pologne russe et la Gallicie à l’E., la Silésie autrichienne, la Moravie et la Bohême au S., la Saxe royale, la province prussienne do Saxe et f elle de Brandebourg à l’O. Superficie, 41,723 kilom. carrés ; 3,510,707 hab. Chef-lieu, Breslau. La province de Silésie est divisée en trois régences : Breslau, Oppeln, Liegnitz ; elle renferme 58 cercles administratifs, H7 villes, 41 bourgs et 5,335 villages. Les monts Sudètes, qui couvrent la partie méridionale de la province, et le Riesengebirge, qui s’élève au S.-O. sont les principales chaînes de montagnes de la Silésie ; leurs plus hauts sommets atteignent 1,6GB mètres. Tout le pays envoie ses eaux à la mer Baltique ; il appartient au bassin de l’Oder et au bassin secondaire delà Wartha. On trouve plusieurs lacs dans la Silésie, mais aucun d’eux n’a une étendue considérable ; les étangs y sont nombreux, surtout dans la partie septentrionale, près de la limite du duché de Posen. Comme richesses minérales, Cette province possède des mines de fer, de cuivre, de plomb, d’argent, de zinc, de cobalt, d’arsenic, de houille, de lignite, de soufre, de terre à porcelaine, de tourbe, de marbre, de plâtre, etc. Il y a trente-trois sources minérales en exploitation ; les plus renommées sont celles de Salzbrunn, Warmbrunn, Charlottenbruun et Cudowa. Le climat est sain et tempéré, excepté sur les hautes montagnes, où il est rude et humide. Le soi, quoique généralement sablonneux, est fertile ; il est arrosé par l’Oder, la Neisse, la Bober, laSprée et une multitudes d’autres cours d’eau moins importants. Il produit des céréales de toute espèce en quantité plus que suffisante pour la consommation locale, des pommes de terre, des légumes, des plantes oléagineuses, du houblon, du chanvre, des betteraves, du tabac et de la garance. Les forêts bien boisées y couvrent 615,532 acres ou 241,385 hectares. L’élève des bestiaux y est très-importante, surtout celle des moutons et des bètes à cornes. On y comptait, en 1872, 2,143,763 moutons, 1,351,431 bêtes à cornes, 264,449 chevaux, 381,017 porcs, 153,071 chèvres. Le gibier y est partout très abondant et les rivières sont très-poissonneuses. Après l’iigriculture et l’élève des bestiaux, l’industrie minérale est une des principales ressources de la population. On y compte 135 mines de houille en exploitation, 81 mines de fer qui alimentent 94 hauts fourneaux, 41 usines a zinc, 2 mines de cuivre, 3 mines de graphite, etc., occupant ensemble 35,000 ouvriers. L’industrie manufuctière n’a pas moins d’importance ; les principales branches sont : la fabrication des toiles, des draps, des lainuges, des tissus de coton, des cuirs, des produits chimiques ; on y trouve aussi des verreries et des papeteries. Des routes nombreuses et bien entretenues, plusieurs canaux et des rivières navigables contribuent au développement du commerce, dont l’activité trouve de puissants éléments dans les productions agricoles et industrielles de la province. En 1871, on comptait en Silésie 28,2 illettrés par 1,000 habitants.

Le territoire qui forme la province de Silésie fut occupé dans les temps anciens par les Qutidt’s et les Lygiens, et au ve siècle de l’ère chrétienne par les Slaves. Elle fit partie de l’empire des Moraves, puis de la Bohême ; au Xe siècle, elle reçut des ducs polonais de la maison des Piast. Miécislas 1er y introduisit le christianisme en 965. La situation géographique de cette contrée entre la Pologne et la Bohème la mit souvent en lutte avec ces deux pays, qui s’en disputaient la pos SILE

session. Elle obtint enfin son indépendance en 1168, époque où le roi Boleslas IV la rendit aux trois fils de Wladislas II, mort en exil. Ceux-ci gouvernèrent d’abord en commun, puis ils se partagèrent l’héritage paternel et furent la tige de trois lignes ducales d’où sortirent plusieurs branches latérales. En 1327, le roi Jean de Bohême fut reconnu comme suzerain par la plupart des princes silésiens et, en 1357, la Silésie fut définitivement réunie à la Bohème. Cette contrée souffrit beaucoup des troubles religieux qui ensanglantèrent l’Allemagne aux xve et xvie siècles, principalement dans les guerres des hussites et pendant la guerre de Trente ans. Les rigueurs impolitiques de l’Autriche contre les protestante silésiens facilitèrent beaucoup la conquête de la Silésie par le roi de Prusse, Frédéric le Grand, en 1745. Depuis cette époque, la Silésie, à l’exception d’une faible partie située au S.-E. et dont la rivière d’Oppa forme la limite, est une des plus belles provinces de la monarchie prussienne.

SILÉSIE AUTRICHIENNE, partie de l’empire d’Autriche, au N., détachée de la Silésie et laissée à l’Autriche par le traité de Habertsbourg qui mit fin à la guerre de Sept ans (1763). La Silésie autrichienne, comprise dans le gouvernement de Moravie et Silésie, où elle forme les deux cercles de Troppau et de Teschen, est limitée an N. par la Silésie prussienne, dont la sépare en partie la rivière d’Oppa, il l’O. et au S. par la Moravie, à l’E. par la Hongrie et la Gallicie ; superficie, 5,170kilom. carrés ; 455,000>hab. Ch.-l, Troppau. Le sol de cette contrée, accidenté par de nombreuses ramifications des monts da Moravie et des Karpalhes, est en grande partie couvert de forêts ; il est riche en mines de nouille, d’ardoise, de plomb et d’alun. La Wartha, la Neisse, l’Oder et la Vistule y prennent leur source, et plusieurs autres petits cours d’eau l’arrosent e.t le fertilisent. Élève de bestiaux, importante exploitation métallurgique.

SILÉSIEN, IENNE s. et adj. (si-lé-zi-ain, i-è-ne). Géogr. Habitant de la Silésie ; qui appartient k ce pays ou à ses habitants : Les Silésiens. 'La population silbsibnne.

SILEX s. m. (si-lèkss — mot latin qui représente un thème sanscrit, çilaka, de çila, pierre, rocher, par le changement fréquent de ç en s. Le sanscrit fila, d’où çQila, montagneux, rocheux, est pour cira et provient de la racine sanscrite par, kar, qui signifie proprement blesser, et d’où dérivent en sanscrit plusieurs termes qui expriment la dureté et quelques noms de la pierre ou des corps analogues). Miner. Nom donné k diverses pierres dures, à base de silice.

Platine à silex, Platine d’arme k feu dans laquelle l’inflammation de la charge est produite par le choc d’un fragment de silex sur une pièce d’acier. Il Arme à silex, Arme dont la platine est à silex.

— Encycl. Le silex pyromaque est une matière siliceuse compacte, translucide sur les bords des éclats et à cassure conchoïdSle. 11 se brise facilement en fragments à bords tranchants. La couleur en est le plus souvent grisâtre, noirâtre ou blonde. Cette roche se présente sous forme de rognons, de plaques et de blocs dans les calcaires des terrains crétacés et supercrétaeés. C’est particulièrement dans la craie blanche du bassin parisien qu’abondent, en lits horizontaux, les rognons de silex pyromaque, dont la forme est presque toujours tuberculeuse et k contours arrondis. L’origine de ces silex est duo, suivant quelques géologues, k une quantité notable de silice que tenaient en dissolution les eaux dans lesquelles a eu lieu la précipitation de la craie blanche. Quand celle-ci s’est déposée lentement, la silice, au lieu de se mélanger au calcaire et de le rendre siliceux, se serait réunie par séries de nodules. De là des assises de silex régulières et étendues k différents niveaux ; et les couches crayeuses qui les séparent inarquent les intervalles de temps qui se sont écoulés entre leurs productions respectives. On peut, en effet, concevoir qu’à mesure que de nouvelles précipitations avaient lieu la solidification des silex qui servaient de supports était trop avancée pour admettre la possibilité d’un mélange entre des roches d’un âge différent. D’autres géologues, s’appuyunt sur les savantes expériences de M. Becquerel, relatives k l’électro-chimie, ne voient dans la formation des silex qu’un phénomène purement électrique. Selon cette hypothèse, les particules siliceuses auraient été amenées sur certains points par des courants électro-chimiques et se seraient agglomérées successivement par séries de nodules.

La propriété qu’ont les silex de faire feu sous les instruments acérés les a fait rechercher de tout temps pour la fabrication des pierres k briquet. Pour cet usage, on choisit principalement ceux de couleur blonde, k forme globuleuse, ceux dont la cassure est lisse, égale, et qui sont susceptibles d’être taillés k angles très-aigus. Comme la plupart des autres pierres, les silex perdent, par une exposition prolongée k l’air, la propriété de se laisser tailler facilement ; aussi les ouvriers ont-ils soin de les débiter promptemeut lorsqu’ils sont encore imbibés de l’humidité de la carrière. La France possède les

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meilleures variétés de silex ; pendant fort longtemps elle a exporté une très-grande quantité rie pierres k fusil ; mais, aujourd’hui, 1 emploi du silex pour les armes à feu est à peu près abandonné en Europe ; on préfère les amorces fulminantes.

Silex molaire. V. meulièrb. SILEXÉ, ÉE adj. (si-lè-ksé — rad. silex).

Techn. Se dit des pâtes dans la composition desquelles le silex entre pour une proportion notable ; Les paies silexéus et feldsptitfiiques concourent à la fabrication des poteries cailloutées dites ironstones, qu’on appelle en France faïences fines et que le commerce dé* signe sous le nom bien impropre de porcelaine opaque. (Salvétat.)

SILEXIFORME adj. (si-lè-ksi-for-me — de silex, et de forme). Miner. Qui a l’aspect d’un caillou.

SI LU ET, ville de l’Indoustan anglais, dans la présidence de Calcutta, k 130 kiToni. N.-E. de Dacca, à l’E. du Brahmapoutra, chef-lieu du district de son nom ; 7,000 hab. Résidence d’un collecteur d’impôts et siège du tribunal du district. La superficie du district de Silhet, situé k l’E. du Riahinapoutra et arrosé par la rivière de Soormah, est de 3,542 milles carrés ou 8,855 kilom. carrés ; sa population est évaluée par les géographes anglais k 1 million d’habitants.

SILHON (Jean db), litiérateur français, né h. Sos, près de Nérac, vers 1596, mort k Paris en 1667. Entré au service de Richelieu, qui le nomma conseiller d’État, il vit, pendant la Fronde, sa maison mise au pillage et dut, pour vivre, se contenter d’une maigre pension fort mal payée. Silhon fut un des premiers membres de l’Académie française. Ses principaux ouvrages sont : les Deux «erites (Paris, 1G2G, in-8°) ; le Ministre d’État (Paris, 1631, 2 vol. in-4») ; De l’immortalité de l’âme (Paris, 1634, in-4») ; De la certitude des connaissances humaines (Paris, 1601, in-4°).

SILHOUETTE s. f. (si-lou-è-te — nom d’un contrôleur des finances sous’ Louis XV, dont les opérations infructueuses éveillèrent la raillerie des Parisiens et leur firent désigner par le mot silhouette tout ce qui présente un aspect triste, délabré, imparfait. C’est ainsi qu on fit des portraits k la Silhouette tirés de profil d’après les contours do l’ombre projetée par une chandelle, d’où plus tard le nom de silhouette donné k ces portraits). Dessin de profil, en suivant i’ombie projetée par le visage : Portrait à la silhouette. Dessiner une silhouette.

— Par ext. Dessin d’une teinte uniforme, sans détails intérieurs, et dont le bord seul se détache du fond par la différence rie ton ou de couleur : Le vent agitait au bord de la route la vive silhouj ;Ttk des arbres. (V. Hugo.) Sur le ciel, piqué de quelques étoiles, se découpe, au sommet d’une colline, la silhouette opaque de la ville. (Th. Gaut.)

SILHOUETTE (Étienne du), financier français, né k Limoges le 5 juillet 1709, mort k Brie-sur-Marne Te 20 janvier 1767. Son père, receveur des tailles, lui fit donner une excellente éducation et. étudier le droit. Silhouette compléta son instruction par des voyages, et, tout en s’oecupant de littérature, de philosophie et d’histoire, il se livra particulièrement k l’étude du système financier des Anglais. D’abord conseiller au parlement de Metz, il devint ensuite maître des requêtes, chancelier du duc d’Orléans, commissaire pour le règlement des limites des possessions de la France et de l’Angleterre en Acadie (1749) et commissaire près la Compagnie des Indes. Silhouette avait, k cette époque, acquis une assez grande réputation connue écrivain et comme financier. Nommé, grâce k l’appui de Mme de Pomjiadour, contrôleur général des finances, le 4 mars 1759, il débuta par réformer des abus dont la suppression grossit le Trésor" public Je 72 millions sans augmentation d’impôts, réduisit les pensions, supprima des privilèges concernant l’impôt de la taille, etc. L’opinion publique se prononça en sa faveur et il eut pewiunt quelque temps une vogue extraordinaire, qui se changea bientôt, avec plus ou moins de justice, en une haine universelle. Après avoir, pour remédier k la pénurie du Trésor, proposé des économies sur les dépenses personnelles du roi et des ministres, il annonça le projet d’un édit de subvention qui souleva contre lui le parlement, la cour ce le public, suspendit, pour un an, le payement des billets des fermes, le remboursement des capitaux dus par le Trésor public, et engagea les particuliers k porter à la Monnaie leur vaisselle pour être convertie en argent destiné k subvenir aux besoins du Trésor. Privé de l’appui de l’opinjon, qui l’avait soutenu jusqu alors, le ministre vit manquer toutes ses opérations et fut contraint de se retirer après une administration de huit mois (21 novembre 1759). L’esprit frivole de cette époque censura surtout l’économie du financier déchu. Tout parut à la Silhouette : les culottes sans poches, les surtouts sans plis, tout co qui portait enfin un caractère de sécheresse et de parcimonie. C’est ainsi que le nom de Silhouette est resté k un genre de portraits fort à la mode alors et qui se faisaient en traçant une esquisse légère d’après l’ombre du profil du visage, sur une feuille de papier