Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 14, part. 2, Scir-Soir.djvu/325

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que l’on jiiace tout autour contre la terre, en spirale, chaque tour reposant sur le précédent, jusqu’à ce qu’on arrive il les revêtir entièrement de la même manière que sont revêtues les bouteilles du pays. On remplit ensuite la cavité de blé ; on bouche b» col de cette espèce de bouteille avec deux paiilaissons que l’on pose sur le grain et au-dessus desquels on met une grosse pierre ronde qui le ferme exactement. Après avoir placé la pierre, on l’arrose de quelques seaux d’eau boueuse pour achever de fermer les interstices ; puis on la couvre d’un demi-pied ds terre, ce qui égalise cet endroit-là avec le reste du soJ. Il y a peu de particuliers qui possèdent des conserves ; mais on en trouve de louage sous le couvert de plusieurs tuileries. Le tuilier qui en est propriétaire répond de votre blé ; il fait tous les frais nécessaires pour l’y mettre et pour l’en sortir, et il vous offre le choix ou de vous en rendre autant de sacs qu’il en a reçu de vous, sans rien prendre pour lui que ce qui s’en trouvera de plus, ou de vous restituer tout le blé qui sortira de votre conserve moyennant 4 sous par sac de magasinage. Comme le grain gonfle dans les conserves d’environ 3 pour 100, le premier marché lui convient beaucoup mieux que le second, La conserve reste fermée et n’est jamais visitée jusqu’au moment où l’on veut se défaire de son blé, et il faut alors le vider tout d’une fois. Après l’avoir découverte et en avoir été la pierre et les paillassons, on trouve à l’entrée un tiers de sac demimoisi qui a été détrempé par l’eau boueuse qu’on a jetée sur la pierre ; il appartient au propriétaire des conserves et n est pas compté. Celui qu’on trouve au-dessous est parfaitement sec, sans aucune odeur d’enfermé ni d’échauffé, sans un seul grain attaqué par les charançons ; bien plus, lorsqu’il arrive qu’on a rempli une conserve avec du blé qui s’échauffait, la fraîcheur de la terre calme immédiatement la fermentation et tue tous les insectes qui peuvent s’y trouver. Cependant le blé qui est au fond n’est pas si beau ; il est gonflé par l’humidité et a un peu l’odeur de moisi. Les meuniers ont l’habitude de mêler tout ce que l’on en retire, en sorte que l’infériorité de celui du fond ne s’aperçoit plus sur une grande masse. Aussitôt que l’on a vidé une conserve, on ôte la chemise de paille, qui a pris elle-même un peu d’odeur de moisi et qui ne peut plus servir ; on balaye bien toute la cavité et on la referme, tant avec la pierre qu’avec la terre qu’on met dessus, jusqu’à ce que le moment soit venu de la remplir de nouveau. »

Le procédé qui vient d’être décrit présente des inconvénients qu’il n’est pas besoin de signaler au lecteur. Les Romains et les Maures construisaient leurs silos avec plus de soin. Les parois en étaient imperméables. Les Maures creusaient ces fosses avec le marteau et le ciseau dans des roches compactes, toutes les fois qu’ils en trouvaient au voisinage de leurs grandes villes. On voit encore à Aleala-del-Guadayra, près de Séville, seize de ces excavations taillées dans le roc ; plusieurs d’entre elles contiennent an moins 3,000 hectolitres de blé. Ils savaient aussi construire des caves étanches en maçonnerie, dans des terrains bien choisis ; tels sont les silos de Rota et beaucoup d’autres. Ils servent encore aujourd’hui aux mêmes usages qu’autrefois et l’on ne connaît pas la limite du temps pendant lequel les grains peuvent y rester enfermés sans se gâter. De nos jours, l’ensilage, sans être un fait général, est néanmoins assez répandu en Espagne. On peut diviser en deux catégories les silos qui servent à cet usage : les uns, comme Ceux qu’ont laissés les anciens Maures, sont maçonnés ou construits dans des roches compactes ; ceux-là seuls ont le privilège de conserver les grains indéfiniment ; les autres, assez semblables aux fosses de la Toscane, sont plus ou moins parfaits, suivant la nature des sols où ils sont établis. On en cite OÙ, au moyen de quelques soins, le blé peut 8e conserver pendant très-longtemps sons aucune altération. Mais on comprend qu’il faut pour cela certaines conditions particulières que l’on ne trouve pas très-communément. Nous citerons cependant un petit canton de l’Estramadure qui doit à sa constitution géologique un semblable privilège. Ce pays, que l’on appelle la Tierra de los Barros, est a 4 lieues environ de Badajoz et de Zafra. C’est une contrée plate, de 4 ou 5 lieues en tous sens, formée par un dépôt de sable et d’argile ferrugineux et dejni-compacte, à l’intérieur d’une enceinte de montagnes qui ne s’ouvre que sur deux points, vers le nord. Elle doit son nom à la nature argileuse de son sol (6arro, argile). Le grand bourg d’Almendralejo en occupe à peu près le centre. Les silos sont construits sur de petites croupes ou énùnences, où le dépôt atteint 6 à 8 mètres d’épaisseur. L’ensilage ne se pratique, du moins avec quelque étendue, que dans neuf localités seulement, et encore celles d’Almendralejo et de Villafranca sont-elles les seules où on lui donne un aussi grand développement. Dans plusieurs, il existe seulement quelques st(os à l’intérieur des habitations. Dès qu’on quitte le dépôt dont nous venons de parler, on se trouve sur des terrains perméables qui ne se prêtent plus aucunement à la conservation des grains.

Dans la construction de leurs sitos, les Romains demandaient tout à l’art de la maçon SILO

nerie, et ils les établissaient jusque dans les situations les plus défavorables, dans des terrains de glaise ou de sable, à quelques mètres du bord de la mer. Ce que l’on y admira surtout, ce sont leurs revêtements intérieurs, qui sont incomparables. On en voit qui conservent encore, après quinze cents ans, la dureté et le poli du marbre. Les silos des Romains, qui sont encore très-nombreux en Italie, étaient, pour la plupart, construits en pierres meulières unies par ce fameux ciment qu’ils employaient dans toutes leurs constructions.

L’ensilage parait n’avoir pas été inconnu des Égyptiens. On a trouvé, parmi les restes de leur architecture, des fosses à blé très-bien conservées. Quelques-unes, réunies et contiguës, sont entourées de murailles de granit très-épaisses ; d’autres sont’isolées, de dimensions plus petites et de forme carrée. Ces dernières reposent sur une seule pierre de granit ; quatre autres pierres de granit parfaitement jointes en forment les parois ; enfin, une cinquième dalle recouvre l’ouverture supérieure.

De nos jours, l’usage des silos est très-répandu en Pologne, en Russie, en Hongrie et chez les Arabes. Dans tes deux premiers de ces pays, ils sont de forme conique et très-étroits à la partie supérieure ; l’intérieur est garni d’un mastic solide qui empêche l’infiltration des eaux ; une pierre couvre l’ouverture. Avant d’enfermer les grains dans ces fosses, on les passe à l’étuve ou au four pour les dessécher complètement ; on les retire de terre aux premiers dégels. En Hongrie, où lo sol au-dessous de la couche de terre végétale est une masse fort épaisse d’argile très-dure, on construit ordinairement les silos à une petite distance des villages, dans un endroit élevé. Ils ont le plus souvent de 5 à 6 mètres de profondeur sur une largeur d’environ 2 mètres à la base. L’ouverture a 1 mètre carré. Au moment d’y enfermer le grain, on jette dans la fosse de la paille à laquelle on met le feu. Cette opération, répétée pendant trois jours, sèche et durcit les parois. Lorsque ces parois sont refroidies, on étend au fond de la fosse une épaisse couche de paille et, à mesure qu’on la remplit de blé, on place également de la paille sur son pourtour. Ce blé est bien nettoyé et bien sec. L’ouverture est comblée par 2 piods d’épaisseur de paille, sur laquelle on place une vieille roue supportant un monceau de terre argileuse bien tassée. Ce procédé est, à ce que l’on dit, excellent ; des dépôts, trouvés au commencement de ce siècle autour de l’emplacement des villages détruits par les Turcs en 1526, offrirent du blé bien conservé. D’autres fois, les silos hongrois, au lieu d’avoir cette forme conique, présentent, au contraire, un évasement par le haut ; ou bien encore on construit des puits secs, avec un revêtement de briques crues et de terre glaise.

En France, on a bien des fois tenté de conserver du blé en silos, et l’on a toujours échoué. Mais, il faut le dire, la cause en est bien moins dans les défauts inhérents au système que dans l’impéritie de ceux qui ont fait ces tentatives. Nous n’en voulons pour preuve que l’historique même de ces essais. Les premiers sont dus à M. le comte de Lasteyrie. En 1819, sous le ministère de M. le duc Decazes, il dirigea la construction de trois silos d’expériences. Après avoir creusé le terrain, on garnit le fond d’une première couche en caitloutage, ensuite d’une seconde en pierre meulière à sec, et on forma sur cette base le sol des sitos avec des pierres meulières garnies d’un mortier à chaux maifre et à. sable. Afin d’avoir une idée exacte e la nature des matériaux qu’il convenait d’employer, la construction des murailles latérales lut faite de matériaux différents de ceux employés pour la base du silo ; de plus, on joignit les briques, le moellon, la pierre meulière tantôt avec de la chaux grasse, tantôt avec de la chaux maigre. Ces différentes portions de muraille furent laissées sans revêtement dans quelques parties, tandis que dans d’autres elles furent couvertes d’un enduit à chaux maigre et à sable, d’une couche de bitume ou de ciment composé de brique pulvérisée, de lithaige et d’huile. Pour rendre imperméables les revêtements faits à chaux et à sable, on avait eu soin de les carboniser en faisant brûler à plusieurs reprises du charbon dans l’intérieur des silos. Les grains furent laissés dans ces silos une année entière. Au bout de ce temps, on constata que les grains placés contre les revêtements de mortier à chaux maigre ou

contre ceux en bitume et ceux en ciment à l’huile et à la lithaige étaient secs et dans un parfait état de conservation, tandis que les grains qui portaient sur les murs sans aucun revêtement furent retrouvés moisis ou pourris dans une épaisseur de quelques centimètres. On remarquera que dans l’expérience ci-dessus, malgré l’absence presque complète de données scientifiques et en suivant seulement les quelques règles fournies par l’observation des faits, on est arrivé à un résultat qui, sans être complet, était néanmoins satisfaisant. L’attention de l’autorité était vivement attirée à cette époque sur l’importante quest.on de la conservation des grains. Concurremment avec les essais de M. de Lasteyrie, le ministre de lu guerre autorisait, en 1819, le directeur général des subsistances militaires, M. le comte

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Dejean, à poursuivre des expériences analogues. M. Dejean pensait que l’altération des grains était due exclusivement à l’intervention de l’air et qu’il suffisait de supprimer cette intervention. Ses silos étaient extérieurs au sol, et leur enveloppe était formée par une feuille de plomb épaisse au plus de OïDjOOZ. Il lit une première série d’expériences qui dura quatre ans avec trois silos de 80 hectolitres de capacité, qu’il plaça dans les conditions suivantes. L’un fut logé au premier étage, dans la chambre destinée au mélange des farines, devant une grande croisée exposée au midi, et reçut pendant quatre étés consécutifs l’influence directe des rayons du soleil. L’autre fut établi à l’air libre, sous un hangar ouvert de tous côtés qui l’abritait seulement des intempéries directes de l’atmosphère sans le soustraire à toutes les influences qu’elle éprouva pendant le même espace de.temps, dans lequel on compte deux hivers extrêmement rigoureux et un extrêmement humide. Le troisième entin fut construit dans la cave qui existe sous les murs de la manutention, dont l’activité est continue, puisqu’on y cuit vingt-quatre heures par jour, ce qui lui procure une chaleur humide telle, que le thermoinèire, dans certaines parties, s’y tient constamment à 36° Réaumur au-dessus de zéro, qu’on ne peut y séjourner quelques instants sans éprouver une véritable suffocation, insupportable pour beaucoup de personnes, et que les madriers ou autres bois composant 1 échufa ud qui avait servi à verser les grains étaient, au bout de quatre ans, dans un état de décomposition totale. On voit, par ces lignes empruntées au mémoire de AI. Dejean lui-même, que l’auteur des nouveaux silos avait tenu à bien préciser le caractère de ses expériences, de manière à démontrer que l’air seul était la cause de la décomposition du blé. Nous allons voir si les résultats répondirent à son attente. Le blé renfermé

dans la cuve de la chambre du premier étage était parfaitement sec, coulant à la main et dans un parfait état de conservation. Dans la cuve du hangar, le blé se trouvait de même en bon état, sauf sur un point où, une.fissure s’ètant produite, un peu d’eau avait pu s’introduire dans l’intérieur de la cuve. En cet endroit seulement, à la profondeur d’un pouce, il y avait une petite quantité de grains agglomérés. À la cave de la manutention, l’influence du local s’était fait sentir dans la cuve ; les grains placés à la partie supérieure étaient plus secs qu’au moment où on les avait enfermés ; par contre, ceux de la partie inférieure étaient assez humides ; seuls, les grains du milieu étaient dans leur état naturel. Du reste, la masse entière n’avait pas subi d’altération sensible, excepté en un point où une tissure s’était produite ; les nuances de sécheresse ou d’humidité des différentes couches disparurent après une aération de quelques heures. Poursuivant le cours de ses expériences et voulant leur donner plus d’autorité en opérant sur de plus grandes proportions, M. Dejean fit doubler en plomb une pièce au rez-dechaussée d’un bâtiment appartenant à la réserve des grains et farines de Paris, Ce silo, dont le mode de construction était coûteux et peu sûr, éprouva quelques avaries : des tissures et des perforations s’y produisirent dans plusieurs points. Il s’ensuivit naturellement des altérations du blé ; pourtant la masse du grain resta intacte et les pertes furent minimes.

Les demi-succès de ces diverses expériences prouvaient évidemment qu’en interdisant l’accès de l’air extérieur on évitait une des causes les plus actives de destruction, mais que d’un autre côté, en tenant compte seulement de ce fait, on devait s’attendre nécessairement à des déceptions. L’accès de l’air, en effet, n’est pus la seule cause des altérations du grain ; il en existe beaucoup d’autres non moins efficaces, telles^ par exemple, que les variations de température et l’humidité. Malgré tout, on était en bonne voie, lorsque l’insuccès décisif et trop bien mérité des célèbres expériences de M. Terneaux vint frapper 1’en.siluge d’un discrédit dont il ne s’est pas encore relevé. M. Terneaux avait la singulière idée que-tous les blés, même les plus humides, pouvaient se conserver indéfiniment dans toute espèce de sol, au moyen d’une couche extérieure assez mince de grains agglomérés qui se forme tout autour, le long des patois. Cette opinion, contraire au bon sens aussi bien qu’à tout raisonnement scientifique, reçut un démenti catégorique dans les fameuses expériences entreprises à Saint-Ouen par M. Terneaux. De grandes fosses, creusées dans un sol extrêmement perméable et dont le fond était humide au point d’être excessivement boueux, reçurent du blé également humide. On n’y appliqua aucun revêtement, on n’y fit usage d aucun moyen pour dessécher les parois. On ensila à découvert pendant les mois d’octobre et novembre et l’opération dura quinze jours ! Faut-il s’étonner après cela si l’échec fut complet ? Néanmoins, le coup était porté et la cause de l’ensilage bel et bien perdue. On sait, en effet, comment le public apprécie ces sories de choses. Il se rend compta du résultat obtenu ; mais presque jamais il ne s’inquiète des causes qui 1 ont amené.

L’ensilage n’a été préconisé de nouveau

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que dans ces dernières années par M. Doyère. Ce savant professeur a mis dans l’examen de ses procédés une exactitude telle, qu’il a fait de l’ensilage un moyen de conservation vraiment scientifique. Il suffira, pour s’en convaincre, d’ex.posersa théorie ; nous allons le faire en peu de mots et nous signalerons en même temps les résultats généraux obtenus par ses expériences.

En principe, M. Doyère ne demande que

■ deux choses : des silos souterrains parfaitement inaccessibles à l’air et à l’humidité, des

! blés parfaitement secs au moment de l’ensilage.

Ce dernier point est très-important,

. mais très-facile aussi à obtenir. On possède aujourd’hui tous les moyens nécessaires à la

1 détermination de la quantité d’eau contenue dans le blé. Le3 expériences de M. Doyère

j ont porté sur quatre silos de 50 hectolitres chacun. Voici les résultats auxquels il est

! arrivé. Les blés ensilés n’ont présenté au

’ cune trace d’échauffement spontané ; leur température est celle du sol lui-même. Les blés trop humides pour se conserver absolument s’altèrent beaucoup moins vite dans les

silos que dans les greniers ordinaires. Le blé I contenant 17 pour 100 d’eau n’a pas éprouvé

de changement appréciable, quoiqu’il ait absorbé de l’oxygène et dégagé de l’acide carbo I nique. Le blé contenant moins de 15 pour 100

! d’eau n’a éprouvé aucune modification chimique.

Qjiant a l’humidité des grains, on peut dire en thèse générale que ceux qui contiennent plus de la pour 100 d’eau doivent être

considérés comme humides et devront être chauffés à l’étuve. Dans les pays mérîdionaux, la dessiccation artificielle n’est pas ordinairement nécessaire, les blés de ces pays ne contenant presque jamais plus de 13 à 14 pour 100 d’eau. Du reste, si les blés qui ne contiennent pas plus de 1S pour 100 d’eau dans nos climats peuvent être considérés comme secs, il n’en est pas de même en Algérie, en Espagne, on la température du sol atteint 20° au moins au-dessus de zéro ; dans ces contrées, on ne peut considérer comme secs que les blés contenant seulement de 13 à 14 pour 100 d’eau.

Nous adopterons, en terminant, cette conclusion de M. Doyère, dont le savant mémoire Sur l’ensilaije rationnel nous a servi de guide dans cette étude, à savoir que ce modo de conservation des récoltes vaut mieux que tous les autres. Il résulte, en effet, de l’examen attentif des faits que nous venons d’étudier que jamais blé sec ne s’ext gâté sous terre dans des vases fermés et exempts d’humidité et que toutes les expériences de conservation en vas*s clos ont réussi, si ce n’est quand elles ont été faites dans des conditions manifestement mauvaises.

Peine du silo. Le silo est le premier degré de cette pénalité exceptionnelle, abandonnée à l’appréciation des supérieurs, indépendamment de la répression régulière à

laquelle est soumis le soldat par le code militaire. Il vient après la salle de police et la prison. Dans l’espace étroit qui forme le fond de cette fosse où on les descend, les condamnés peuvent rarement s’asseoir ou se coucher, car presque toujours leur nombre est considérable. En été, on y étouffe, car rien n’y garantit contre les ardeurs d’un soleil brûlant ; en hiver, on y a de l’eau ou plutôt de la boue jusqu’aux genoux ; en tout temps les insectes, les immondices en font un cloaque infect. Le régime du silo est le pain et leau. Cette peine barbare n’a jamais été appliquée que dans nos colonies.

SILO, ville de l’ancienne Palestine, dans la tribu d’Ephraïm, entre JBethel et ijichem, à 20 kilom. S. de cette dernière ville. Silo fut la capitale des Hébreux depuis leur entrée dans la terre promise jusqu’au règne de David ; c’est là que Josue lie le partage du territoire entre les douze tribus, et que furent placés provisoirement le tabernacle et l’arche d’alliance.

S1LOÉ, source intermittente d’eau vive de l’ancienne Palestine. Elle sortait du mont Sion, près de Jérusalem, entre les vallées de Josaphat et d’Henuou, et alimentait deux piscines rendues célèbres par le miracle de l’aveugle-né à qui Jésus rendit la vue. C’est dans le voisinage de cette fontaine que fut enterré le prophète Isaïe.

SILONDIE ou SILUNDIE s. f. (sMon-dl). Ichtbyol. Genre de pousons malacopteryfiens, de la famille des siluroïdes, voisin des agrès, et comprenant deux espèces, qui vivent dans les fleuves de l’Inde : La sii.ondhï du Gange est fort estimée comme aliment, (Ci. Bibron.)

SILOPE s. f. (si-lo-pe). Entom. Genre d’insecies coléoptères pentaineres, de la tribu des lamellicornes, tribu des scarabées phyllophages, comprenant une dizaino d’espèces, qui habitent l’Australie.

SILOUETTE s. f. Orthographe vicieuse

du IllOl SILHOUETTB.

SILOXÈRE s. m. (si-lo-ksè-re). Bot. Genre de plantas, de la famille des synanthétées.

SILPHAL, ALE adj. (sil-fal, a-le — rad. silphe). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au silphe.

— s. f. pi. Tribu d’insectes coléoptères, de la famille des clavicornes, ayant pour type le genre silphe.

silphe s. m. {sil-fe — du grec silpkê,