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celui de Kneller, et ceux en pied de Pierre le Grand, de la duchesse d’Ormond, fille de Crowwell, de Jean Churchill, fils du duc de Marlborough, le portrait du duc de Schomberg à cheval ; ceux de Steele, d’Addison, de Pope, de Congreve, de Locke et surtout de la comtesse de Salisbury et de mistress Cross. Il a aussi gravé vingt-huit pièces historiques d’après Schalken, Carlo Maratta, Schidone, Baroccio, etc. On cite, parmi ces gravures, une Sainte Famille d’après Carlo Maratta et une Madeleine d’apiès Schalken.

SMITH (Guillaume), peintre anglais, né a Chichester en 1707, mort en 1764. Il a peint des tableaux de fleurs et de fruits, des portraits et des paysages.

SMITH (Jean), peintre et graveur à l’eauforte, frère, du précédent, né à Chichester en 1717, mort en 1764. Il a peint des paysages dont l’un, représentant une vue d’Angleterre gravée par Woollett, valut en 1760 à son auteur le second prix de paysage fondé par la Société d’encouragement des arts établie à Londres. Parmi ses autres paysages, citons les suivants, qui ont été gravés par Vivarès : Vues des abbayes de Kirslall et de Fountain, des Châteaux de Keniluiorth et de Tinmoulh, de la Nouvelle machine hydraulique de Belton, des Parcs d’Agley, d’Exton et de Newstead, appartenant à lord Byron, etc.

SMITH (George), peintre et graveur, frère des précédents, né à Chichester en 1730, mort a Londres en 1766, suivant d’autres en 1776. Il acquit une grande réputation comme paysagiste et remporta, avec un paysage orné de labriques, le premier prix, du concours proposé en 1760 par la Société d’encouragement, concours dans lequel son frère Jean n’obtint que le second prix. Il a peint encore : la Fenaison, la Récolte des pommes, te Hameau champêtre, le Site montagneux, la Récolte du houblon, etc. Tous ces tableaux ont été gravés par Vivarès.

SMÎTH(Edmond-Neale), poBte anglais, né en 1608. Il fit ses études à Westminster, à Cambridge et à Oxford, et obtint une place k l’université de cette dernière ville. Sa conduite peu exemplaire le fit suspendre de ses fonctions en 1700 ; il ne fut remplacé définitivement qu’en 1705. Dès lors, il ne s’occupa plus que de belles-lettres. En 1707, il rit représenter la tragédie de Phèdre et Hippolyte, qui trouva beaucoup d’admirateurs. En 1708, il composa une élégie sur la mort de son ami Jean Philips, élégie qu’on cite comme une des plus remarquables productions de ce genre que possède la littérature anglaise. On a encore de Smith quelques odes et un discours latin en l’honneur de Thomas Bodley, publiés en 1719 par Oldisworth, sous le titre d’Œuvres de Smith.

SMITH (Robert), physicien anglais, né en 1689, mort en 1768. Condisciple et cousin de Cotes, il contribua avec lui à la propagation des théories de Newton et occupa la chaire de physique à l’université de Cambridge. Il a laissé un Système complet d’optique qui a été, pendant longtemps, le meilleur traité sur la lumière. Cet ouvrage a été traduit en français par le Père Pézenas (Avignon, 1767), et avec des additions par Duval-Leroy (Brest, 1767). On doit aussi k Smith un Traité sur les sons (Cambridge, 1749, in-8°).

SMITH (Guillaume), voyageur anglais, né vers la fin du xviio siècle. Envoyé en 1726, par la compagnie d’Afrique, à la côte de Guinée, pour taire le dessin et lever le plan des forts qu’elle possédait dans cette contrée, étudier la géographie de certains lieux, etc., il arriva à destination l’année suivante. Do retour en Angleterre, il écrivit l’histoire de son voyage. Elle a été publiée k Londres en anglais (1744, avec fig.) et traduite en français (Paris, 1751, 2 vol. in-12, avec fig.).-Un autre Guillaume Smith est auteur d’une Histoire de la Nouvelle-York depuis la découverte de cette province jusqu’à notre siècle (Londres, 1765, in-8° ; traduction française par Eidous, Paris, 1767, in-12).

SMITH (Adam), célèbre économiste et philosophe écossais, né k Kirkaldy (comté de Fife) le 5 juin 1723, mort à Édimbourg le « juillet 1790. Il perdit presque en naissant son père, qui était inspecteur des douanes. Vers l’âge de trois ans, jouant a la porte de la maison de sa mère, il fut enlevé par une bande de chaudronniers ambulants qui passaient par là. Il fallut poursuivre ces bohémiens et leur arracher de force celui qui devait être le fondateur de l’économie politique. En 1737, A. Smith passa de l’école de Kirkaldy à l’université de Glasoow, y étudia les sciences morales et politiques sous la direction de Hutcheson, puis fut envoyé, en 1740, au collège d’Oxford pour y achever ses études. En 1748, il vint habiter Édimbourg, où il se lia d’amitié avec Hume. Sa mère le destinait k la carrière ecclé>iastique ; mais il refusa d’y entrer, préférant donner des leçons sur la littérature et employant en partie son temps à étudier la philosophie et l’écqnomie politique. Nommé professeur de logique à Glascuw en 1751 et, l’année suivante, de philosophie morale, il se fit remarquer par son élocution simple et facile. Smith condensa ses leçons et le fruit de ses méditations dans un ouvrage qui répandit en peu de temps son nom non-seulement en Angleterre, mais encore dans l’Europe entière et qui lui

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assure un rang élevé parmi les moralistes de tous les temps ; nous voulons parler de sa Théorie des sentiments moraux (V. sentiments moraux [Théorie des]). Dans ce remarquable ouvrage, très-souvent, réédité et traduit plusieurs fois en français, notamment par Mme de Condorcet (Paris, 1790, 8 vol. in-8°), l’auteur établit que le mobile de toutes nos actions est dans la sympathie, force innée, instinct irrésistible qui nous pousse à partager la joie comme la douleur de nos semblables. C’est l’œuvre d’un penseur profond, d’une belle âme, d’un écrivain ingénieux. On trouve, k la suite, une Dissertation sur l’origine des langues, sujet traité avec une grande supériorité d’analyse. Adam Smith, qui avait puisé dans la maison paternelle, le goût des questions de commerce et d’industrie, méditait un grand travail sur ce sujet. Il saisit avec empressement l’occasion qui lui fut offerte d’un voyage en France, où il accompagna le duc de Buccleugh en janvier 1764. Après un séjour de dix-huit mois à Toulouse, pendant lesquels il recueillit de précieux matériaux, il vint, en 1765, à Paris et s’y lia avec plusieurs savants, particulièrement avec Quesnay et Turgot, les chefs des économistes indépendants. De retour en Écosse (1766), il se renferma dans sa maison de Kirkaldy, s’isolant tout à fait du monde, ne sortant que pour les recherches dont il avait besoin. Après dix années d’un travail opiniâtre, en 1776, parurent ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (2 vol. in-4°), auxquelles nous avons consacré un article spécial. V. RICHESSE.

Jamais livre ne reçut un accueil aussi enthousiaste. Il procura à son auteur une fortune assez considérable, le fit nommer aux lucratives fonctions de commissaire des douanes à Édimbourg (1778) et fut traduit dans presque toutes les langues. Il en existe trois traductions françaises : une de Blavet, une de Roucher et une de Germain Garnier, la dernière et la meilleure (1843,2 vol. gr. in-8<>), avec commentaires de la plupart des économistes et notice biographique par Blanqui aîné. Le travail considéré comme source de la richesse, la valeur basée sur l’offre et la demande, le commerce affranchi de toute prohibition, la concurrence élevée a la hauteur d’un principe et résumée dans la fameuse formule > Laissez faire, laissez passer, ’ tels sont les points principaux de la doctrine d’Adam Smith. La plupart de ces idées avaient été émises avant lui ; mais il eut la gloire de les coordonner, de les réunir en une synthèse lumineuse, et k ce point de vue il doit être considéré comme le créateur de la science qui a pris depuis le nom d’économie politique. Ses théories sont devenues le point de départ de tous les économistes, le champ de bataille de toutes leurs discussions. Les progressistes anglais sont parvenus à en faire passer une partie dans la pratique. Le premier interprète de talent qu’elles aient eu chez nous est J.-B. Say (v. ce nom). Les Recherches, quoique déjà vieillies, seront toujours lues avec intérêt : on y trouve une haute philosophie, un charme de détails que les disciples ont remplacés par des formules sèches, souvent obscures.

Atteint d’infirmités précoces, Adam Smith, qui ne s’était point marié, vécut presque constamment dans l’isolement. Dans les dernières années de sa vie, il partagea son temps entre les devoirs de sa place et ses études favorites. Il se proposait d’écrire un ouvrage sur le droit civil et politique, dans lequel il devait tracer les progrès successifs de la jurisprudence depuis les siècles les plus grossiers jusqu’aux siècles les plus polis ; mais il n’eut pas le temps d’accomplir son dessein.

Comme moraliste, A. Smith a, dans sa Théorie des sentiments moraux, développé avec talent et originalité la morale du sentiment, dont le fond appartient à Hutcheson. Tandis que, pour ce dernier, le sentiment qui sert de principe k la morale est la bienveillance, pour Smith c’est la sympathie ;

c’est de la sympathie qu’il fait dériver, par une ingénieuse analyse, tous les sentiments honnêtes, privés et publics, toutes les vertus de tous ordres. Comme économiste, « il est le premier, dit V. Cousin, qui, des travaux divers entrepris ou exécutés en Angleterre et en France de son temps et même avant lui, ait composé une doctrine soumise à la méthode qui seule est reçue dans les sciences véritables, embrassant toutes les questions relatives à celle de la richesse et fournissant désormais à tous les esprits doués d’un peu d’attention la matière d’une étude légitime et régulière. Il n’a pas seulement constitué le corps de la science ; il lui a donné l’âme et la vie, c’est-à-dire le principe qui l’anime dans toutes ses parties et qui est la loi de tous ses mouvements. »

Outre les deux grands ouvrages précités, on lui doit : Lettre critique à la Revue d’Edimbourg sur le dictionnaire de Johnson (1754) et Essais sur des sujets philosophiques (Londres, 1795, in-4<>), traduits en français par Prévost (1797, 2 vol. in-8»). Dugald-Stewart a donné une édition de ses Œuvres complètes (Édimbourg, 1818, 5 vol. in-8">).

SMITH (Hugh), médecin anglais, né vers 1730, mort en 1790. Après avoir fait ses études médicales à l’université d’Édimbourg, où il fut reçu docteur en 1753, il fut ensuite nommé médecin de l’hôpital de Middlesex et

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alderman de Londres. Parmi ses ouvrages, | nous citerons les suivants : The family phy- j sician ; being a collection of usefut family remédies (Londres, 1760, in-4°) ; Essays, physiological and practical, on ihe nature and , circulation of the blood, and effects and uses I of bloodletiing (Londres, 1761, in-S°) ; Formulée médicamentorum (Londres, 1768, in-8°) ; Treatise on the use and abuse of minerai u>aters (Londres, 1776, in-8°) ; Philosophical inquiry into the laws of animal life (Londres, 1780, in-4°) ; An essay on thenerves, illustrating their efficient, formai, matérial, and final causes, with a copperplate (Londres, 1794, in-8").

SMITH (Charlotte Turner, dame), femme de lettres anglaise, née à Stoke, près de Guilford (Sussex), en 1749, morte k Telford, près de Farnham, en 1806. Toute jeune, elle se fit remarquer par sa vive intelligence, son imagination un peu rêveuse, surtout par son goût pour la poésie ; à dix ans, elle composait déjà des vers. Mariée en 1765 avec M. Smith, fils d’un directeur de la compagnie des Indes, elle fut loin de trouver le bonheur dans cette union. Son mari dilapida sa fortune et dut passer en France, où elle le suivit. Là, elle écrivit des vers, des contes, des romans, et, après avoir mené une vie assez précaire, elle revint en Angleterre avec Smith. Celui-ci ne tarda pas k être de nouveau poursuivi par ses créanciers et jeté en prison. Charlotte partagea pendant sept mois sa captivité. Lorsqu’ils recouvrèrent l’un et l’autre la liberté, a la gène dans leur ménage avait succédé la misère. Ce fut alors que Mme Smith chercha k tirer parti de ses talents. Grâce à l’écrivain Haley, elle ’parvint à publier son premier recueil de vers, Elegiac sonnets andother essays (1784, in-4°) ; qui n’eut pas moins de onze éditions. L’éclatant succès de ce livre l’engagea à persévérer, et, à partir de ce moment, elle fit paraître des romans et des poëmes. En 1788, elle $e sépara de son mari et alla se fixer près de Londres, avec sa nombreuse famille, qu’elle éleva du produit de ses ouvrages. Charlotte Smith est surtout célèbre par ses poésies ; cependant Walter Scott semble leur préférer ses romans, où domine une douce mélancolie et dont le style se ressent souvent de la rapidité avec laquelle ils ont été écrits. Nous citerons, parmi ses œuvres, outre une traduction de Manon Lescaut (1785, 2 vol. in-8°), les ouvrages suivants : Emmeline ou la Recluse du château (1788) ; Eihelinde ou la Recluse du lac (1789) ; Célestine

!1791) ; Desmond (1792) ; The Old manor house

1793), que W. Scott regarde comme son chef-d’œuvre ; The Emigrant (*1793), poëme ; The Wandering of Warloick et The Banished man (1794) ; Montalbert (1795) ; Alarchmont (1796) ; The Youny philosopher (1798) ; The Solitary wanderer ; le Prosa’it, sorte d’autobiographie, trad. en français par Marquand

(1803, 4 vol. in-12) ; Rural walks (1795, 2 vol, in-12) ; Natural history of birds (Londres, 1807) ; Beachy head, and other poems (Londres, 1807, in-8°) ; Corisandre de Beauvilliers anecdote française du xvie siècle ; Geneviève de Castro ou le Mariage mystérieux, traduit par Cohen (Paris, 1821, 4 vol.) ; les Loisirs de l’enfance et de la jeunesse ; les Promenades champêtres ; Roland ou l'Héritier vertueux ; le Bandit calédonien, traduit par extraits dans la Nouvelle bibliothèque des romans ; Barozzi ou les Sorciers vénitiens, chronique du XV siècle. L’auteur du Dictionnaire des écrivains vivants de la Grande-Bretagne attribue ces deux derniers ouvrages à une demoiselle Smith, actrice du théâtre de Hay-Market. D’un autre côté, Reuss cite de notre auteur une vingtaine d’ouvrages imprimés de 1784 & 1800.

SMITH (Jean-Rapha8l), peintre et graveur anglais, né k Londres en 1750, mort à Duncaster en 1812. Il a gravé beaucoup k la manière noire et à la pointe, d’après Reynolds et d’après d’autres peintres. Mais c’est surtout comme peintre de portrait qu’il acquit une grande réputation parmi ses contemporains. La vogue dont jouissaient ses tableaux était considérable ; il les faisait payer une guinée et il lui arriva, dit-on, d’en terminer une quarantaine en une semaine. Citons, parmi ses portraits, le portrait eu pied du célèbre Fox et celui du comte Stanhope.

SMITH (John-StafTord), compositeur anglais, né k Glocester en 1750, mort en 1836. Il fut, jusqu’en 1817, organiste de la chapelle royale et maître des enfants de la chapelle, obtint de grands succès dans les concours musicaux et publia cinq recueils de chansons (1779-1785), une collection d’Antiennes, un ouvrage intitulé Musica antiqua et un recueil d’Anciennes chantons du xve siècle.

SMITH (sir James-Edward), botaniste anglais, né kNorwich en 1759, mort dans la même ville en 1828. I ! fit ses études médicales à Édimbourg et vint s’établir à Londres ; mais il pratiqua peu et il s’adonna avec ardeur k la botanique. Grâce k sa fortune, il put acheter les livres et les collections de Linné, moyennant la somme de 1,000 guinées.et on doit le considérer comme l’un des fondateurs les plus actifs de la Société linnéenne. En 1792, il fut chargé d’enseigner la botanique k la reine Charlotte et aux princesses de la famille royale. Bien que nommé professeur k l’insti SMIT

tution royale, il se retira dans sa ville natale, n’apparaissant k Londres que pendant la durée de son cours. On lui doit, entre autres travaux : English Botany (Londres, 1790, 36 vol. in-8°) ; Spicileqium bolanieum (Lon dres, 1792, in-fol.) ; Flora Britannica (Lon dres, 1800, 3 vol. in-8°) ; Exotic Botany (Londres, 1804, 2 vol. gr. in-4°) • Introduction to Botany (Londres, 1807, in-8°).

SMITH (Anker), graveur anglais, né k Londres en 1759, suivant d’autres en 1764, mort en 1S19, suivant d’autres en 1835. Élève de Heath, il le seconda dans l’exécution de plusieurs de ses travaux. Plusieurs planches signées Heath, entre autres 'Apothéose de Hsndel, sont, dit-on, l’œuvre entière de Smith. On lui doit encore les planches de l’édition des poëtes anglais par Bell. Une de ses meilleures productions est la Mort de Van Tyler, d’après Northcote, qui lui valut, en 1797, son admission k l’Académie royale.

SMITH (William Sidney), célèbre amiral anglais, né k Westminster en 1764, mort k Paris en 1840. Il entra dans la marine à treize ans, fit la guerre d’Amérique, pendant laquelle il se signala k diverses reprises, fut nommé lieutenant en 1780 et, trois ans plus tard, reçut le grade de capitaine de frégate. Lorsque la paix fut signée, le jeune Smith, dévoré par le besoin d’activité, entra en 1788 au service de la Suède, en guerre avec la Russie, et prit part k la destruction d’une flotte, russe (1790). Il se mit ensuite à voyager, visita la France, une partie de l’Orient, et prit, en 1792, du service dans la flotte ottomane. Lorsqu’il apprit que la guerre venait d’éclater entre 1 Angleterre et la France (1er février 1793), il revint en toute hâte et rejoignit l’amiral Hood, que la trahison avait rendu maître de Toulon. Sidney Smith proposa d’incendier la flotte française et l’arsenal et se chargea lui-même d’exécuter ce terrible projet dans la nuit du 17 au 18 décembre 1793. Lorsqu’il eut fait sauter et livré aux flammes l’arsenal, dix vaisseaux et deux frégates, il partit pour l’Angleterre, reçut peu après le commandement de la frégate le Diamond, et se livra alors à d’audacieuses entreprises sur nos côtes et dans nos ports, s’empara de plusieurs bâtiments français, notamment de la frégate la Révolutionnaire (1794), pénétra dans la Seine pour y capturer un corsaire, mais se vit entouré par des canonnières et fut fait prisonnier (17 mars 1796), avec son équipage et un gentilhomme français, M. de Tromelin, qu’il fit passer pour son domestique. Conduit à Paris, Smith fut enfermé k la prison de l’Abbaye, puis k celle du Temple. N’ayant pu parvenir à se faire échanger et soumis k une détention rigoureuse, il résolut de s’évader. Plusieurs royalistes, notamment Phélippeaux et le danseur Boisgirard, entrèrent dans le complot ; et, grâce k un faux ordre de mise en liberté, présenté par Boisgirard, déguisé en général, il parvint à s’évader (4 septembre 1797). À son retour en Angleterre, où il fut l’objet d’une ovation, Sidney Smith reçut le commandement du vaisseau le Tigre, puis fut envoyé, avec son frère, comme ministre plénipotentiaire k Constantinople (septembre 1798). Lk, il fit signer à la Porte un traité d’alliance avec l’Angleterre (5 janvier 1799) et passa ensuite en Égypte pour y combattre 1 armée française sous les ordres de Bonaparte. À la tête d’une escadre, il bombarda Alexandrie, occupée par les Français, puis se rendit k Saint-Jean-d’Acre, assiégé par Bonaparte (15 mars), dirigea la défense et força le général français, qui avait inutilement perdu 4,000 hommes, k renoncer k prendre la ville (22 mai). L’Angleterre accueillit avec enthousiasme cette nouvelle et vota des remercîments k Sidney Smith pour la façon brillante avec laquelle il avait dirigé la défense. Bonaparte, vivement irrité de son échec, s’écria, dit-on : « Cet homme m’a fait manquer ma fortune ! » et, dans un ordre du jour, il traita de fou le coin inodore anglais. Celui-ci le provoqua en duel, mais le commandant eu chef de l’armée française se

borna k répondre qu’il accepterait le cartel si on lui donnait Marlborough pour adversaire. Pour récompenser Smith d’avoir fait échouer l’expédition de Syrie, le sultan lui envoya, avec l’ordre du Croissant, de riches présents, notamment une aigrette en diamants. Après avoir réparé ses vaisseaux dans l’archipel grec, le commodore Sidney Smith retourna k Coustantinople, s’entendit avec le gouvernement ottoman sur les moyens d’expulser les Français de l’Égypte, puis revint dans ce pays et remplit les Jonctions de chef d’état-major de Mustapha-Pacha pendant la bataille d’Aboukir, où il fut sur le point d’être fait prisonnier. Lorsque Bonaparte eut quitté l’Égypte pour exécuter en France ses ambitieux projets, Smith attaqua sans succès le Bogaz de Damiette, mais il s’empara du fort d’EI-Arisch (30 décembre). Ayant appris que l’armée française, découragée, désirait vivement rentrer en France, il entra en négociations avec Kléber et eut l’habileté do faire signer aux plénipotentiaires de ce dernier la célèbre convention d’EI-Arisch, par laquelle les Français devaient évacuer l’Egypte avec armes et bagages et remettre aux Turcs les places et positions qu’ils occupaient. En outre, un armistice de trois mois était conclu pour que la convention pût être ratifiée (24 janvier 1800). Mais le gouvernement refusa de reconnaître le traité et exigea qu,