Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 14, part. 3, Sois-Suj.djvu/33

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SOLL

Un pauvre qui sollicite est presque toujours importun. (Fléch.) Une femme qui sollicite est une femme qui se compromet. (Mma C. Bachi.) Sous un régime d’unité, tout le monde tend la main ; les villes comme les individus sollicitent. (Proudh.)

Commentl monsieur se fâche, et monsieur sollicite ! Monsieur apparemment compte sur son mérite.

Etiehmb.

Ici-bas le bonheur est pour les intrigants, Et nul profit ne vient à qui ne sollicite.

lACHAMBEAUDIB.

Solliciter quelqu’un de son déshonneur, Lui proposer, exiger de lui quelque chose da déshonorant, i ! Vieille loc.

— Manège. Solliciter un cheval, L’exciter, l’animer du geste et de la voix.

— Gramm. Quand solliciter doit être complété par un infinitif, on met la préposition à devant cet infinitif si l’on entend parler d’une simple tendance qu’on cherche à exciter chez les autres ; solliciter quelqu’un à faire quelque chose, c’est l’y engager d’une manière quelconque et peut-être même sans désigner positivement la chose. Avec la préposition de, solliciter désigne une demande positive et précise.

SOLLICITEUR, EUSE 3. (sol-ïî-si-teur, euze

— rad. solliciter). Personne qui sollicite, qui demande un emploi, une grâce, une faveur : La caste des sollicitburs ne sait vivre que de l’argent de l’État. (Mme de Staël.) Un peuple de solliciteurs est le dernier des peuples. (Montalemb.) L^ ministres sont les esclaves de deux peuples ; l’un qui s’appelle les solliciteurs, l autre qui s’appelle les commis. (E. de Gir.)

.... Comment braver le sourire ou les larmes D’une solliciteuse aimable et sous les armes ?

Pieon.

— Personne qui s’employait a solliciter les procès, les affaires d’autrui : Un habile solliciteur. Un solliciteur diligent, actif. Un solliciteur d’affaires. Un solliciteur de procès. {Acad,)

— Chancell. rom. Banquier expéditionnaire.

— Ane. jurispr. Solliciteur de restes. Officier chargé de poursuivre les comptables quand ils étaient en déficit.

Solliciteur (le), vaudeville en un acte, do Scribe, Irabert et Varner (Variétés, 7 avril 1817). C’était originairement une grande pièce ennuyeuse, en trois actes ; Scribe en fit un petit vaudeville amusant. La scène se passe dans l’antichambre d’un ministre. Lespérance est le nom du solliciteur. Pour échapper à la consigne donnée au suisse et afin de pénétrer dans les bureaux, il a soin de cacher son chapeau, d’avoir une plume derrière l’oreille et des papiers sous le bras ; mais comment parvenir jusqu’au ministre ? L’entrepôt de tabac de Saint-Malo est l’objet de ses démarches. Il a de nombreux concurrents, notamment une dame Durand qu’il faut épouser pour obtenir cette place. Lespérance promet conditionnellement ; il cherche ensuite à mettre dans ses intérêts un jeune surnuméraire nommé Armand : mais, le trouvant incorruptible, il s’accroche à Mme de Versac, riche veuve qui protège Armand et qui demande pour lui une place au ministre. Mme de Versac s’imagine que Lespérance est un employé du ministère et lui fit sa pétition. Le solliciteur lui Substitue adroitement la sienne.et met celle de M"« de Versac dans sa poche. Cependant, il trouve et saisit bientôt l’occasion de se présenter devant le ministre. Un garçon limonadier vient d’apporter le déjeûner du secrétaire général. Lespérance prend sa place et le voila devant son excellence. Dans la joie d’être arrivé au comble de ses vœux, il se trompe, et remet au ministre la pétition de Mme de Versac, que son Excellence apostille. Quel est le désappointement du pauvre solliciteur quand il s’aperçoit de sa bévue 1 H ne lui reste plus qu à essayer de jouer le mime tour dans un autre ministère.

sollicitude s. f. (soll-li-si-tu-de — lat. sollicitudo ; de sollicitus, agité, venu de sollicitare, inciter). Soin inquiet : La sollicitude maternelle. On l’a soigné avec sollicitude, avec une vraie, une tendre sollicitude. (Acad.) La sollicitude maternelle ne se supplée point. (J.-J. Rouss.) Les femmes se montrent timides pour exciter la sollicitude et se faire protéger. (Latena.)

... Voub n’avez nul soin, nulle sollicitude

Pour — Ah ! sollicitude h. mon oreille est rude,

11 pue étrangement son ancienneté.

Molière.

— Préoccupation inquiète : Cette affaire lui donne, lui cause beaucoup de sollicitude. Il vit dans une sollicitude continuelle. Il éprouve une grande sollicitude, de grandes sollicitudes, (Acad.)

— Par ext. Objet d’un soin constant, attentif : La jeunesse, après avoir été la sollicitude et f affection de ma vie entière, n’a pas cessé de m’être chère. (Dupanloup.)

— Écrit, sainte. Les sollicitudes du siècle, Les soins des choses temporelles : Les sollicitudes et les engagements du siècle absorbent presque tous nos jours et nos moments. (Mass.)

— Syn. Sollicitude, —la, souci. V. SOIN.

SOLM

SOLLIER (Jean-Baptiste de), savant bollandiste, né au village de Herseau, dans le Courtraisis, en 1669, mort en 1740.11 entra dans l’ordre des jésuites, professa la théologie à Rome en 1697 et revint en France, où il fut attaché a l’œuvre des bollandistes. Il fut pendant vingt ans à la tête de la publication de la Vie des saints, et il a publié, en outre, une édition du Martyrologe d’Usuard (1714, in-fol.).

SOLL1ÈS-PONT, bourg de France (Var), ch.-l. de cant., arrond. et à 15 kilom. N.-E. de Toulon, dans une belle plaine ; pop. aggl., 2,173 hab. — pop. tôt., 2,692 hab. Filatures de soie ; fabrication de chapeaux, pâtes alimentaires, eaux-de-vie ; huileries, tanneries. Commerce de vins, figues sèches, oranges et citrons.

SOLLOHUB (Vladimir, comte), littérateur russe, né à Saint-Pétersbourg en 1814. Issu d’une ancienne famille de Lithuanie, il reçut une brillante éducation et fut attaché de bonne heure à l’ambassade russe à Vienne. Il ne tarda pas à renoncer à la diplomatie pour s’occuper exclusivement de littérature ; en 1850, cependant, il fut adjoint, avec le titre de conseiller d’État, au prince Voronzoff dans l’administration des provinces transcaucasiques. Plus tard, il se fixa à Dorpat, d’où il passa, en 1865, à Moscou, qu’il habite depuis cette époque. Il avait débuté dans la littérature par un recueil de nouvelles, intitulées : Pour le sommeil du petit lit (Saint-Pétersbourg, 1841-1843, 2 vol.), qui par la facilité et l’élégance de leur style obtinrent beaucoup de succès. Ii publia ensuite, en collaboration avec Shoukovski, Benediktoff et la comtesse Rostopchine, un recueil littéraire, Hier et aujourd’hui (Saint-Pétersbourg, 1845), qui renferme plusieurs

pièces remarquables. Mais son ouvrage le plus important, et pour le fond et pour la forme, est celui qui a pour titre Tarantas (Saint-Pétersbourg, 1845) ; il raconte le voyage d’un jeune habitant de Saint-Pétersbourg dans les provinces de l’intérieur de la Russie, et fait de la vie et des mœurs russes un tableau d’autant plus divertissant que la comparaison de l’antique simplicité patriarcale et des raffinements de la civilisation moderne

 ?’ donne lieu aux plus piquants contrastes. Il aut encore citer du même auteur plusieurs vaudevilles, dont le plus remarquable a pour titre : les Souffrances d’un cœur faible (l$50), des nouvelles, entre autres la Femme de l’apothicaire, traduite en français parX. Marinier ; Histoire de deux galoches ; Deux minutes ; la Petite vieille, etc., une comédie en trois actes, une Preuve d’amitié, qui a obtenu, en 1859, un certain succès au théâtre du Gymnase, à Paris. Le comte Sollohub a, en outre, collaboré à un grand nombre de journaux et de recueils littéraires russes et a fourni plusieurs mémoires au Bulletin de la Société géographique de Tiflis, dont il était devenu membre pendant son séjour au Caucase, et aux travaux de laquelle il a toujours pris une part active depuis cette époque. Parmi ses écrits qui ont été publiés ou traduits en français, nous citerons : Nou- ■ velles choisies (1854, in-12), trad. par M. de Lonlay ; Lettre au rédacteur de l’Indépendancebelge sur la méthode Galin-Paris-Chevé (1859, in-8°) ; les Musiciens contre la musique (1860, in-8°) ; la Protégée, aventures d’une comédienne du grand monde (1864, in-12), trad. par M. de Lonlay, etc.

SOL LUCET OMNIBCS (Le soleil luit pour tout te monde), C’est-à-dire qu’il est des avantages dont tout le monde a le droit de jouir.

SOLLYE s. f. (sol-lî — de Solly, botan. angl.). Bot. Genre d’arbustes, de la famille des pittosporées, comprenant quelques espèces, originaires de l’Australie et de la Tasmanie.

SOLMEZANB (Boniface Pastoret, baron de), -magistrat et diplomate français, né en 1576, mort vers 1660. Conseiller au parlement de Provence, il fut chargé de fréquentes négociations auprès des ducs de Savoie et fut employé dans de nombreuses missions par les ducs de Parme et de Modène. Après s’être démis de sa fonction au parlement, Solmezane se livra entièrement à la diplomatie. Dans sa vieillesse, il fut disgracié ; il quitfa alors Turin et se retira dans ses terres. Il a laissé des mémoires sur l’histoire du midi de la France pendant le règne de Louis XIII et la régence qui suivit. L’un de ses deux fils, Antoine, baron.de Solmezane, fut tué à l’expédition de Caodie. Le second, Pierre, vécut à Seillans, où il mourut en 1680.

SOLMIFIER v. a. ou tr. (sol-mi-fi-é — de sol, et de mi. Prend deux t de suite aux deux pr. pers. pi. de l’imp, de l’ind. et du subj. prés. : Nous solmifiions ; que vous solmifiiez). Ane. mus. S’est dit pour solfier : Solmifier un air.

SOLMISATION s. f. (sol-mi-za-si-on — rad. solmiser). Ane. mus. Art, action de solmiser, de lire ou de chanter la musique en nommant les notes.

— Encycl. V. solfier et solfeqk.

SOLMISER v. a. ou tr. (sol-mi-zé — de sol, et de mi). Ane. mus. S’est dit pour solfier.

SOLMONA ou SCLMOMA, la Sulmo des Ro SOLO

mains, ville du royaume d’Italie, province de l’Abruzze Ultérieure Ile, chef-lieu de district, de mandement et de circonscription électorale, à 70 kilom. S.-E. d’Aquila ; 14,553 hab. Fabrication de papier, objets en écaille ; teintureries. Cette ville, assez bien bâtie sur les bords de la Sore, possède une belle cathédrale, plusieurs autres églises, un bel hospice et, aux environs, un ancien couvent de célestins, transformé en maison de travail pour les indigents, Solmona, plusieurs fois ravagée par les Sarrasins, fut érigée eu principauté par Charles-Quint, en faveur de Lannoy, vice-roi de Naples. Patria du poste Ovide et du pape Innocent VIL

SOLMS (Mme Marie de), femme de lettres française. V. RatTaZzi.

SOLO s. m. (so-lo — mot ital. dérivé du lat. solus, seul). Mus. Passage ou morceau pour une seule voix ou un seul instrument : Chanter, jouer un solo. Un solo de cor, de harpe, de basson. (Acad.) II Adjectiv. : Violon SOLO. Clarinette solo, h PI., solos, et plus ordinairement aujourd’hui soli, à l’italienne. L’Académie veut qu’on dise des solo ; mais cette orthographe, que rien ne justifie, est d’ailleurs contraire à celle qui a été adoptée pour le pluriel de duo et de trio.

— Jeux. Au boston, Coup que l’on fait seul et volontairement. Syn. d’iNDÉPENDANOE.

— Encycl, Le solo est un morceau ou fragment de morceau destiné à être joué ou chanté par un seul virtuose, L’orchestre se bornant alors à un simple accompagnement dont le but est de soutenir la voix ou l’instrument principal chargé de briller en cette circonstance. Castil-Blaze dit que î le solo s’appelle récit, t Ce n’est pas exact. Le récit chanté par une voix est toujours un solo ; mais il ne s’ensuit pas que tout solo soit un récit. Dans une messe, dans un oratorio, un solo vocal se fait souvent entendre, qui n’est point un récit ; dans la musique dramatique même, on trouve souvent des exemples semblables.

Lorsqu’une partie vocale ou instrumentale est destinée, dans un ensemble, à absorbera son profit l’attention générale, le mot solo, inscrit a cet endroit sur chaque partie, indique au virtuose privilégié qu’il va être placé en première ligne, et en même temps fait connaître aux autres qu’ils doivent accompagner avec la plus grande réserve, la plus grande délicatesse, afin de laisser bien à découvert la partie principale, celle que l’auditeur doit entendre par-dessus toutes les autres. Souvent un solo instrumental accompagne un morceau vocal, et l’harmonie produite par la voix ou les voix et l’instrument est une source d’effets nouveaux. Au second acte du Pré aux clercs, l’air d’Isabelle est soutenu par un brillant solo de violon ; l’air célèbre de la Dame blanche : Viens, gentille dame, est

firécédé d’un solo de cor formant ritournelle ; a romance du troisième acte des Mousquetaires de la reine est accompagnée par un solo dé cor anglais ; la sérénade de Don Juan est soutenue par un solo de mandoline ; l’air de Coraline, dans le Toréador, est accompagné par un solo de flûte, etc.

Il peut y avoir un solo de plusieurs instruments à la fois ; ainsi, dans l’introduction de l’ouverture de Guillaume Tell, il y a un solo de cinq violoncelles, dont chaque partie est distincte ; dans l’ouverture du Jeune Henri, on trouve aussi un solode quatre cors, dont chaque partie encore est distincte ; au troisième acte du Pré aux clercs, on rencontre un solo d’altos et de violoncelles, cette fois à l’unisson, etc.

Dans les orchestres nombreux et bien composés, on donne la qualification de solo à l’instrumentiste chargé d’exécuter les solos concernant son instrument. On dit alors un violon solo, un cor solo, une clarinette solo, une flûte solo, etc. Jadis, le virtuose auquel incombait cet honneur jouait strictement les solos et ne faisait point sa partie dans l’exécution du reste de l’ouvrage ; maintenant, et par mesure d’économie, on a supprimé cet emploi extraordinaire, et l’instrument solo fait partie intégrante de l’orchestre.

Il y a soixante ans encore, on donnait le nom de solos à des compositions écrites pour un instrument principal avec accompagnement d’orchestre ; c’étaient des espèces de concertos d’une forme irrégulière et d’une étendue assez restreinte ; on appelle aujourd’hui i fantaisies » ces sortes de compositions.

SOLO, rivière de l’Océanie, dans l’île de Java. Elle coule au N.-E. et se jette dans le détroit de Madura, après un cours de 350 kilom.

SOI.O-BËNG-AWAN ou SOURARARTA, ville de l’Océanie, dans lîle de Java, à 500 kilom. S.-E. de Batavia, sur la rivière de Solo, excapitule de l’ancien royaume de Matarem ; 10,000 hab. Cette ville est formée par la réunion de plusieurs gros villages.

SOLOFKA, ville du royaume d’Italie, province de la Principauté Ultérieure, district et à 11 kilom. S.-E. d’Avellino, chef-lieu de mandement ; 5,376 hab. Fabriques de draps, cuirs, parchemins ; orfèvrerie renommée. Ville assez bien bâtie, renfermant une belle église collégiale.

SOLOGNE (maladie de). V. maladie.

SOLOGNE, Secolaunia au moyen âge, pays de l’ancienne France, compris aujourd’hui

SOLO

dans les départements de Loir-et-Cher, du Cher et du Loiret, dans lesquels il occupe une étendue de 500,000 hectares. Les guerres de religion commencèrent et la révocation de l’édit de Nantes consomma la ruine de cette contrée, autrefois riche et florissante. C’est un pays plat, sillonne ça et là de quelques filets d’eau fangeux, parsemé de flaques d’eau stagnante et composé de terres sablonneuses. On n’y rencontre guère qu’une

herbe grossière et chétive, ou des bois rabougris. L’habitant semble être aussi misérable que le sol ; la pauvreté des produits et conséquemmeut la mauvaise nourriture, les

étangs, les cours d’eau marécageux occasionnent des fièvres intermittentes et des maladies scorbutiques. Ce triste tableau ne s’applique plus aujourd’hui au pays tout entier. L’impulsion donnée à l’agriculture, au reboisement et à l’amélioration des races ovine et bovine a complètement transformé certaines parties de cette vaste contrée. En voici une preuve : en 1830, le prix des meilleures terres ne dépassait pas 300 francs l’hectare ; tandis qu’en 1870, il variait, sur beaucoup de points, de 1,500 à 2,000 francs. Au point de vue géologique, la Sologne forme un vaste bassin dontle sol appartient aux ter rains secondaires inférieurs, formés de grès bigarrés, de poudingues, de schistes marneux, de calcaires et de marnes irisées. Les principaux cours d’eau qui l’arrosent sont la Sauldre, que l’on a entrepris de canaliser, le Beuvron et le Cosson. Le canal de la Sauldre est destiné à unir le Cher k la Loire.

La Sologne était autrefois couverte de forêts, dont Ta disparition avait fait du pays un désert malsain. Des plantations nouvelles de pins, de chênes, de bouleaux, etc., ont complètement transformé l’aspect de la contrée et beaucoup contribué à son assainissement. On cultive la vigne sur dix communes du territoire solognot, et elle produit une quantité considérable de vins blancs qui, dans les années favorables, sont doux et agréables. On estime surtout ceux du cru nommé Murblin, dans la commune de Cour-Cheverny, à 12 kilom. de Blois. Un grand nombre de chaudières, appartenant aux propriétaires, réduisent ces vins blancs en eaux-de-vie, lorsque la récolte est abondante. Elles sont ordinairement fabriquées à 20° ou à 22°. Leur extrême douceur, qui augmente en vieillissant, les fait préférer à toutes les autres pour la fabrication des liqueurs. Ces eaux-de-vie, que l’on exporte surtout dans le nord de la France, sont l’objet d’un important commerce. On peut juger le plus souvent de l’état d’un pays par l’examen attentif des habitations. En feologne, la plupart des fermes ont plutôt l’aspect de tanières que de bâtiments destinés à abriter des hommes. Le sol est généralement dépourvu de plancher et se compose seulement de terre battue ; il est plus bas que celui de la cour, d’où résulte une humidité constante, cause naturelle des rhumatismes dont les Solognots sont atteints avant l’âge. Les murs en torchis sont mal clos, les portes et les croisées sont mal jointes. Les animaux ne sont" ni mieux ni phjs mal logés que les hommes. Les bergeries semblent avoir été faites en vue d’y faire étouffer les pauvres bêtes qu’on y enferme. La nourriture des paysans de la Sologne est encore généralement des plus mauvaises. Pendant huit mois de l’année, ils mangent un pain de seigle noir et fétide avec un peu de fromage ou de porc salé. Pendant quatre mois, le pain de sarrasin est substitué a celui de seigle. La boisson habituelle est une eau de fort mauvaise qualité, à laquelle on peut attribuer en partie la fréquence des fièvres intermittentes, si funestes aux habitants.

L’élève du bétail est une des principales ressources des habitants de la Sologne. Les chevaux de ce pays sont maigres, petits, mal conformés ; leur croupe a l’apparence de celle du mulet, leur tête est laide, leur corps généralement disproportionné. Les jambes cependant sont fines et bonnes. Depuis quelques années, on a fait de nombreux essais d’amélioration, souvent couronnés de succès.

Quant à la race ovine de la Sologne, elle a, dit M. Magne, son enractère très-marqué. Tout en ressemblant au berrichon par sa taille et ses formes, le mouton solognot se reconnaît a sa tête et à ses jambes roussâtres, à sa laine ordinairement blanche, mais souvent grise à l’intérieur, moins fine, plus dure, disposée en mèches que dépassent quelques poils longs terminés en pointe vrillée, frisée. Très-sobres, les moutons solognots se développent suivant la fertilité du pays où ils sont élevés. Des brebis solognotes, exportées pleines de la Sologne et conduites dans le Gàtinais ou la Brie, donnent des agneaux qui les dépassent en taille. Une génération ou deux suffisent, dans les contrées fertiles, pour doubler leur taille. Dans la première moitié de notre siècle, les propriétaires de la Sologne ont fait beaucoup d’essais sur les races ovines ; la plupart ont échoué parce qu’ils ont oublié qu’en introduisant dans un pays aussi pauvre que le leur des races perfectionnées très-exigeantes, c’était les vouer inévitablement à la dégénérescence et à la mort. Un seul, M. Malingié, directeur de la ferme école de La Charmoise, a réussi à fonder une race excellente par des individus du pays accouplés avec des spécimens de la race anglaise de New-Kent. Mais il est juste de dire que cette exception est due tout entière aux