Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 15, part. 4, Vl-Zz.djvu/108

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a de lui : De insigni præminentia principum imperii mnjorum prie principibus et statibus aliarum Europx reynorum (Tubingue, 1732, in-4o) ; Catalogus nummorum et numismatum antiquorum (Bonn, 1775, in-8°).

WAGNER (Pierre-Chrétien), médecin et naturaliste allemand, né à Hof en 1703, mort en 1764. Il fit ses études scientifiques à Halle et à Leipzig et, après avoir exercé dans différentes villes d’Allemagne, devint, en 1731, conseiller et médecin ordinaire du margrave d’Anspach. Plus tard, il fut nommé médecin à Erlangen, puis à Buireuth (1743). Outre un grand nombre de dissertations, insérées dans les Recueils de Franconie et dans le Commercium litterarum de Nuremberg, on a de lui : Dissertatio de lapidibus judaicis (Huile, 1724, in-4o) ; Représentations des pièces les plus rares et les plus belles du cabinet d’histoire naturelle de Baireuth, avec explications (Nuremberg, 1762, in-fol.), ouvrage qu’il n’eut pas le temps de terminer.

WAGNER (Jean-Gérard), médecin allemand, né à Helmstadt en 170S, mort à Lubeck en 1759. Il fut reçu docteur a l’université de sa ville natale en 1731 et alla ensuite se fixer à Lubeck. Nous lui devons les publications suivantes : Exercitatio physico-chemico-medica de medicamento arcano polychresto (Lubeck, 1733, in-4o) ; Observationes clinicm (Lubeck, 1737, in-4o), etc.

WAGNER (Ernest-Adolphe), littérateur allemand, né à Rossdorf en 1769, mort en 1812. Il était greffier du tribunal de sa ville natale et intendant du baron de Wechmar, lorsque le manque de ressources suffisantes pour son entretien et pour celui de sa famille le décida à aborder, en 1803, la carrière littéraire. Jean-Paul Richter le recommanda au duc Georges de Saxe-Meiningen, qui le nomma secrétaire de son cabinet. En 1804, il se.fixa à Meiningen, où il se consacra tout entier à la littérature. Malheureusement, la mort ne lui laissa pas le temps de tenir tout ce que promettaient ses premières œuvres, parmi lesquelles nous citerons : Aperçus de Willibald sur la vie (Meiningen, 1805,2 vol. ; 1821, 38 édit.) ; les Peintres en voyage (Leipzig, 1806, 1 vol.) ; les Voyages de l’étranger au pays natal (Hildburghausen, 1808-1810, 2 vol.) ; l’A-B-C historique dun fusilier de quarante ans (Hildburghausen, 1810), ouvrage qui fait suite aux Peintres en voyage ; Isidoro (Tubingue, 1812, 3 vol.). Tous ces ouvrages, dans lesquels on reconnaît l’influence de Jean-Paul, sans que cependant leur originalité en soit altérée, témoignent d’une vive imagination et d’une profonde connaissance du monde et des hommes. Ce sont, en général, les idées sentimentales et mélancoliques qui y dominent. Un recueil des Œuvres de Wagner fut publié après sa mort (Leipzig, 1827-1829, 12 vol. ; 1854 et ann. suiv., 3e édit.). On doit à Mogenseil des Lettres sur le romancier Ernest Wagner (Schmalkade, 1826).

WAGNER (Dieudonné-Henri-Adolphe), littérateur allemand, né à Leipzig en 1774, mort en 1835. Il étudia d’abord la théologie à l’université de sa ville natale et s’y occupa en même temps de philologie et de philosophie, scjences auxquelles il se consacra bientôt entièrement. Étant allé en 1798 suivre à Iéna les cours de Fiente, de Scheiling, des deux Schlegel et de Steffens, il se lia, dans cette ville, avec J.-A. Kanne, qui lui fit bientôt partager son goût pour l’étude de la science étymologique et de la philologie comparée. Il revint ensuite se fixer à Leipzig et y résida jusqu’à sa mort. Parmi ses ouvrages originaux, qui sont en trop petit nombre pour qu’on puisse se faire une idée bien juste de l’étendue de ses talents, nous citerons : Biographies des réformateurs Zviingle, Wyclef, Érasme, Butten, Jérôme de Prague et Œcolampade (Leipzig, 1800-1804, 6 vol.) ; Deux époques de la poésie "moderne, peintes en Dante, Pétrarque, Boccace, Goethe, Schiller et Wieland (Leipzig, 1806) ; Théâtre et publie (Leipzig, 1826). On lui doit, en revanche, de nombreuses traductions de différents écrivains étrangers, qui toutes, sans exception, attestent un travail consciencieux, bien qu’on lui ait fait le reproche de substituer trop souvent l’originalité du traducteur à celle de l’auteur. Les ouvrages les plus importants qu’il a traduits sont ; l’Histoire de la maison d’Autriche de Coxe (Leipzig, 1817, 4 vol., en collab. avec Dippold) ; 1 Histoire de la peinture de Lanzi (Leipzig, 1830-1833,3 vol., avec Quandt) ; le traité de Murray Sur la structure des langues européennes (Leipzig, 1825, 2 vol.) ; le Manfred de Byron (Leipzig, 1819), etc. Il a, en outre, publié un excellent Manuel de la langue italienne (Leipzig, 1819) ; un Parnasso italiano (Leipzig, 1826), ainsi que des éditions du Dictionnaire anglais de Fahrenkruger (Iéna, 1822), de VOrlando innamorato de Bojardo (1834) et des écrits italiens de Giordano Bruno (Leipzig, 1832, 2 vol.). — Sa femme, connue en littérature sous le pseudonyme d’Adolphine, a publié plusieurs romans intéressants, entre autres : Feuilles de lotos, trois nouvelles (Leipzig, 1835) ; Idéal et réalité (1838) ; Contes et récits pour de jeunes lectrices (1844) ; Nouveaux contes et récits (1846), etc.

WAGNER (Jean-Jacques), philosophe allemand, né à Ulm en 1775, mort en 1841. Il fit ses études à Iéna et à Gœttingue à une époque où Fichte et Schelling continuaient la révolution que Kant avait commencée dans la philosophie. Ce fut cependant plutôt sous l’influence des doctrines de Kant et de Platon que sous celle de Fichte et de Schelling qu’il écrivit ses premiers ouvrages, et il finît par devenir l’adversaire décidé de la philosophie de Scheiling, qu’il appelait un mélange chaotique d’empirisme et de spéculation. Après avoir professé en qualité de privat-docent à Iéna, à Gœttingue et à Heidelberg, il obtint à Wurzbourg une chaire de philosophie, dont il se démit plus tard, mais qu’il reprit en 1815 et qu’il conserva jusqu’en 1834, époque où il fut mis à la retraite. On a de lui : Théorie de la chaleur et de la lumière (Leipzig, 1802) ; l’Arf de l’éducation (Leipzig, 1802), traité philosophique écrit dans l’esprit de Platon ; De la nature des choses (Leipzig, 1803) ; Système de philosophie idéale (Leipzig, 1804) ; Principes des sciences politiques (Leipzig, 1805) ; De la philosophie et de la médecine (Bamberg, 1805) ; Idées pour une mythologie universelle du monde ancien (Francfort, 1809) ; Théodicée (Bamberg, 1809), en dialogues dans le genre de ceux de Platon ; l’État (Wurzbourg, 1815), ouvrage où, se conformant aux idées platoniciennes, il représente l’État comme la grande école de civilisation du genre humain et les anciens collèges de prêtres comme les premiers instituteurs de l’humanité ; Organon de la connaissance humaine (Erlangen, 1830), l’un de ses ouvrages qui produisirent le plus de sensation ; Système d’économie privée (Aarau, 1836) ; l’École poétique (1840). Wagner n’a pas fondé d’école philosophique particulière, malgré la nouveauté, la variété et l’éloquente vivacité de ses cours, qui attiraient autour de lui, à Wurzbourg, des auditeurs en nombre assez considérable pour rivaliser avec celui des élèves qui se pressaient autour de la chaire de Schelling.

WAGNER (Jean-Martin de), sculpteur allemand, né à Wurtzbourg en 1777, mort en 1858. Fils d’un artiste distingué, il s’adonna, après avoir suivi les cours de l’université, à l’étude de la peinture et de la sculpture, et obtint en 1802, de l’Académie des beaux-arts de Vienne, un premier prix de dessin historique. Après un court séjour à Paris, il partit pour Rome en 1804, et ce fut dans cette ville qu’il exécuta ses deux premiers tableaux : le Conseil des héros grecs devant Troie et Orphée aux enfers. Il poursuivit en même temps ses études de sculpture et, chargé en 1810 par le prince royal, Louis de Bavière, de faire des achats d’antiques, réussit à acquérir pour le musée de Munich les fameuses sculptures d’Égine, à la restauration desquelles il travailla ensuite de concert avec Thorwaldsen. Il acheta aussi plus laid pour la glyptothèque de Munich le Faune de la collection Barberini, ' la Minerve Ergane, etc. L’esquisse d’une frise, dont il avait puisé l’idée dans les Fêtes d’Eleusis de Schiller, excita l’admiration du prince Louis, qui lui commanda, pour l’école d’équitation de Munich, un bas-relief représentant le Combat des Centaures et des Lapilhes. L’année suivante, il fut chargé d’exécuter, pour l’intérieur de la Walhalla, une frise longue de 100 mètres, à laquelle l’artiste travailla pendant douze ans, et qui fut placée en 1839. Dans l’intervalle, Wagner s’était occupé d’acheter et de restaurer les vases antiques qui forment aujourd’hui la magnifique collection de vases de Munich, où l’artiste se rendit en 1841 pour présider à la mise en ordre de ces antiquités. Il fut, à cette occasion, nommé directeur de la galerie centrale de tableaux en remplacement de Dilli ; mais il offrit quelques semaines plus tard au roi sa démission de cet emploi, tellement était vif son désir de revoir Rome. Il revint, au bout de quelques mois, dans cette ville, où à eut pour habitation la villa di Malta, qui appartenait au roi de Bavière. Il entreprit alors la dernière de ses grandes œuvres, une série de modèles en plâtre pour la décoration de la nouvelle porte de la Victoire, à Munich. Ils représentaient, sur les faces, les cercles de la Bavière en médaillons isolés, puis, sur les côtés, des combats entre des cavaliers et des fantassins ; enfin, sur la partie supérieure de la porte, six Victoires et la Bavière montée sur un quadrige traîné par quatre lions. Ces modèles furent exécutés dans divers ateliers de Munich, et la porte fut ouverte à la circulation en 1850. Le faire de Wagner rappelle celui des anciens artistes grecs, dont il connaissait à fond l’histoire et les œuvres et dont il s’était, en quelque sorte, approprié la conception artistique.

WAGNER (Georges-Philippe), philologue allemand, né à Schœnbrun en 1794. Après avoir fait d’excellentes études à l’école de Schulpforta et à l’université de Leipzig, il fut nommé directeur du collège de Guben, puis, en 1817, professeur à la Kreuzschule de Dresde, dont il devint en 1833 l’un des recteurs. Il prit sa retraite en 1854. On a de lui des éditions savantes, la réimpression du fameux Virgile de Heyne, une édition de l’Elegia ad Marcum Valerianum Corvinum Alessulam (Leipzig, 1816), et enfin, entre autres mémoires fort importants, la Tragédie grecque et le théâtre d’Athènes (Dresde, 1844).

WAGNER (Rodolphe), savant physiologiste allemand, né à Baireuth en 1805, mort en 1864. Il fit ses études médicales dans les universités d’Erlangen et de Wurzbourg, fut reçu docteur en 1836 et se rendit alors à Paris, où il suivit les cours d’anatomie comparée de Georges Cuvier. Il parcourut ensuite, en naturaliste, les côtes de la Normandie et celles du midi de la France, et alla visiter l’île de Sardaigne, où il releva de curieux gisements d’animaux fossiles. De retour en Bavière, il ne put obtenir une chaire d’anatomie comparée à l’Académie de Munich, et, désolé de cet échec, il alla exercer la médecine à Augsbourg. Nommé trois ans plus tard professeur à l’université d’Erlangen, il obtint en 1832 la chaire de zoologie, et ses leçons eurent bientôt un tel retentissement qu’en 1840 il fut tout d’une voix nommé à la chaire de physiologie de Gœttingue en remplacement de Blumenbaeh. La faiblesse de sa santé l’obligea à passer les hivers de 1845 et de 1846 en Italie, où il se livra à d’intéressants travaux sur les poissons électriques. Depuis, M. Wagner s’est fait surtout remarquer dans la fameuse querelle entre les savants matérialistes et les savants spiritualistes de l’Allemagne, et il s’est placé, par l’autorité de son talent, à la tête de ces derniers. Nous citerons, parmi ses écrits : Étude d’anatomie comparée du sang (Leipzig, 1833) ; Parlium elementarium organorum qns sunt in homine atque animalibus mensiones micrometricæ (Leipzig, 1834) ; Traité d’anatomie comparée (Leipzig, 1834-1835) ; Prodrome de l’histoire de ta génération chez l’homme et chez les animaux (Leipzig, 1836) ; Études de physiologie comparée (Leipzig, 1838) ; Icônes physiologics tabulas physiologiam et geneseos historiam illustrantes (Leipzig, 1839-1840) ; Essai sur l’encyclopédie et la méthodologie des sciences médicales au point de vue historique (Erlangen, 1838) ; Traité de physiologie (Leipzig, 1839) ; Atlas d’anatomie comparée (Leipzig, 1841) ; Des rapports entre la physiologie, tes sciences physiques et la médecine pratique (Gœttingue, 1842) ; Dictionnaire de physiologie (Brunswick, 1843-1S53) ; De ta construction de l’organe électrique de la raie (Gœttingue, 1847) ; Nouvelles recherches sur la construction et ta terminaison des nerfs (Gœttingue, 1848) ; Recherches névrologiques (1854) ; la Création de l’homme et la substance des âmes (Gœttingue, 1854) ; Sur la science et la foi, par rapport surtout à l’avenir des âmes (Gœttingue, 1854) ; la Lutte au sujet des âmes (Gœttingue, '1857), etc. Vers la fin de sa vie, Wagner s’était adonné avec une prédilection toute particulière à des études d’anthropologie, et, se servant de la collection de crânes de Blumenbach, il chercha à faire de nouvelles découvertes sur le mode de formation du crâne dans les différentes races. En septembre 1861, il provoqua la réunion à Gœttingue d’une assemblée d’anthropoiogistes qui se mirent d’accord sur la méthode à suivre pourprendre des mesures sur le corps humain. Il publia avec Baër (Leipzig, 1861) un Compte rendu des résultats obtenus dans cette réunion. Quant à ses travaux particuliers sur les mêmes ujatières, il les a exposés dans les deux ouvrages suivants : Études préparatoires à une morphologie et une physiologie scientifiques du cerveau humain, considéré comme l organe de l'âme (Gœttingue, 1860-1862, 2 vol.), et Études de zoologie et d’anthropologie (Gœttingue, 1861).

WAGNER (Maurice-Frédéric), voyageur et naturaliste allemand, frère du précédent, né à Baireuth en 1813. Il étudia jusqu’en 1829 au gymnase d’Augsbourg ; mais à cette époque des raisons de famille le forcèrent d’embrasser la carrière commerciale. Il n’en continua pas moins à étudier avec ardeur les Sciences naturelles et la géographie, pour lesquelles il avait montré de bonne heure beaucoup de goût, et renonça définitivement au commerce en 1834. Après avoir suivi aux universités d’Erlangen et de Munich des cours de zoologie, il parcourut, de 1836 à 1838, l’Algérie, où le gouvernement français le nomma membre de la commission qui accompagnait l’armée. Il a consigné les résultats de son séjour en Afrique dans l’ouvrage qui a pour titre : Voyages dans la régence d’Alger pendant les années 1836, 1837 et 1838 (Leipzig, 1841, 3 vol., avec atlas), et qui, de même que les relations de ses voyages postérieurs, se distingue par la fidélité, la simplicité et la vivacité de la narration, ainsi que par la justesse des appréciations et l’intelligence des aperçus. À son retour de l’Algérie, Wagner reprit à l’université de Gœttingue ses études d’histoire naturelle et, pendant trois ans, travailla surent à acquérir des connaissances étendues en géologie. En 1842, il entreprit, aux frais de l’Académie de Berlin, un second voyage scientifique, qui dura trois années, et pendant touf ce temps il explora les bords de la mer Noire, le Caucase, l’Arménie, le Kurdistan et la Perse. Il en rapporta d’importantes collections, intéressantes surtout pour l’histoire naturelle de ces contrées, et qui se trouvent aujourd’hui dans les musées de Munich, de Vienne et de Paris. De 1852 à 1855, il parcourut avec Scherzer une grande partie de l’Amérique du Nord, notamment le Canada et les États-Unis, puis les Indes orientales. Il fut ensuite chargé par le roi Maximilien de Bavière d’explorer l’Amérique du Sud ; pendant les années 1858 et 1859, il visita les régions montagneuses, presque inconnues jusqu’alors, de l’État de Panama et, l’année suivante, les contrées non moins inexplorées qui s’étendent à l’est des Andes. De retour en 1860, il fut nommé professeur honoraire de géographie et d’ethnographie à l’université de Munich et conservateur du nouveau musée ethnographique de cette ville. Il y a, en outre, été élu membre de l’Académie. On a encore de lui les ouvrages suivants : le Caucase et le pays des Cosaques (Leipzig, 1847, 2 vol.) ; Voyage en Cokhide (Leipzig, 1850) ; Voyage dans l’Ararat et dans le plateau de l’Arménie (Stuttgard, 1850) ; Voyage en Perse et au pays des Kourdes (Stuttgard, 1852, 2 vol.) ; Voyages dans l’Amérique du Nord (Stuttgard, 1S54, 3 vol.) ; la République de Costa-Rica (Stuttgard, 1856). Il a commencé en 1868 la.publication d’un grand ouvrage sur son voyage dans l’Amérique méridionale, dont il avait déjà, fait connaître les résultats scientifiques dans un grand nombre de mémoires insérés dans les Communication ! de Peteimann et dans le Journal de géographie universelle de Berlin.

WAGNER (Guillaume-Richard), compositeur et écrivain allemand, né à Leipzig le 22 mai 1813. Tout enfant, il perdit son père, qui était greffier d’un tribunal. Sa mère, qui avait épousé en secondes noces l’acteur Geyer, le conduisit à Dresde, où il étudia à l’école de la Croix et reçut des leçons de piano. De là, il retourna à Leipzig, entra dans l’école de Nicolaï et s’adonna avec ardeur à la poésie. Une symphonie de Beethoven, qu’il eut l’occasion d’entendre, fut pour lui une sorte de révélation. À partir de ce moment, il se passionna pour la musique et, tout en étudiant la philosophie et l’esthétique à l’université, il prit des leçons d’harmonie et de composition. Il avait dix-neuf ans lorsqu’il commença à écrire quelques morceaux, notamment une ouverture et une symphonie qui furent jouées avec succès dans des concerts. Après avoir passé quelque temps à Wurtzbourg, Wagner se rendit à Magdebourg et fut nommé en 1834 directeur de musique au théâtre de cette ville. À cette époque, il écrivit le livret et la musique d’un opéra en trois actes, intitulé les Fées, qu’il ne fit point représenter, puis il fit jouer à Magdebourg (1836) le Novice de Palerme, opéra dont la chute fut complète. Cet insuccès lui fut d’autant plus pénible, qu’il avait composé cet ouvrage d’après un nouveau système musical qu’il devait développer plus tard. Il quitta alors Magdebourg, devint en 1837 chef d’orchestre au théâtre de Kœnigsberg, se maria étourdiment et tomba dans la misère. Ayant obtenu un emploi de directeur de musique au théâtre de Riga, il y continua ses études de composition. Dans cette ville, il commença à écrire, dans le genre d’Auber, un opéra qu’il n’acheva point, puis tira du roman de Bulwer, intitulé Rienzi, le sujet d’un opéra en cinq actes, dont il écrivit le livret (1839). Wagner venait de composer la musique des deux premiers actes, lorsqu’il résolut de partir pour Paris et d’y faire représenter son œuvre, espérant qu’elle lui apporterait la gloire. Pendant son voyage de Riga à Boulogne, son navire fut assailli par une tempête. Ce fut en assistant au spectacle de la mer en fureur qu’il conçut l’idée de son opéra le Vaisseau fantôme.

À son arrivée à Paris, Meyerbeer le recommanda vivement à Léon Pillet, directeur de l’Opéra. En attendant qu’il eût terminé Rienzi, il lui fallait vivre, et il était à peu près sans ressource. L’éditeur de musique Maurice Schlesinger lui rendit les plus grands services en lui donnant des travaux et en s’efforçant de le faire connaître. Mais les morceaux de musique qu’il écrivit pour des romances n’eurent aucun succès, et il en fut à peu près de même de tous les morceaux de fantaisie qu’il composa pour la Gazette musicale ; il dut se résigner à arranger pour le violon et le cornet à piston la musique des opéras nouveaux. Pendant ce temps, il achevait son Rienzi et écrivait le livret du Vaisseau fantôme ou Hollandais volant. Dégoûté du séjour de Paris, où il n’avait éprouvé que des déceptions, il résolut de retourner en Allemagne. La nouvelle que son Rienzi venait d’être reçu au théâtre de Dresde et son Hollandais volant au théâtre de Berlin le combla de joie. Grâce à un nouveau travail que lui fournit Schlesinger et à la vente du sujet du Hollandais volant, que Léon Pillet lui acheta quelques centaines de francs pour composer un livret destiné à Dietsch, Wagner put retourner en Allemagne au commencement de 1842.

En arrivant à Dresde, tout parut enfin lui sourire. Rienzi, joué par de remarquables chanteurs, eut un succès complet (1842) et lui valut d’être nommé par le roi de Saxe maître de la chapelle royale, avec un traitement considérable. Cet opéra, du reste, ne marque encore d’une façon bien claire aucune phase essentielle dans le développement des vues sur l’art qui le dominèrent bientôt complètement. Le Vaisseau volant, joué dans la même ville en janvier 1843, échoua complètement et ne réussit pas mieux à Berlin en 1844. Dans ce dernier opéra, beaucoup plus que dans Rienzi, s’accusaient ses idées sur la transformation du drame musical. Cette chute lui fut donc extrême-