Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 15, part. 4, Vl-Zz.djvu/332

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ZEITB1OM (Barthélémy), peintre allemand, né à Ulm vers 1440, mort vers 1518. Il eut pour premier maître Martin Schongauer et s’adonna d’abord à la gravure. Plus tard, il

rit des leçons de peinture de Hans Schuein, dont il épousa lu tille, et il exécuta de nombreux tableaux d’église, des volets d’autel, etc. Les tableaux de cet artiste sont remarquables par la pureté et la vérité du sentiment religieux, qui s’élève parfois jusqu’au grandiose. On peut reprocher à ses figures d’être grêles et roides j mais, en revanche, les draperies sont originales et harmonieuses, et l’exécution de ses tableaux est d’un

i achevé. Parmi ses œuvres les plus estimées, nous citerons : une belle Sairite face et une Télé de sainte Anne, au musée de Berlin ; deux tableaux représentant des traits de la vie de Saint Vateniinien, à la galerie d’Au^sbourg.

ZÉITE s. m. (zé-i-te). Hist. relig. Membre d’une secte d’Arabes mahouiétans, dans l’Yéinon.

ZEITOUN, la Lamia des anciens, ville de la Grèce moderne, ch.-l. du nome de Phocide et de Phthiotide, à 7 kilom. de la rive occidentale ilu golfe de son nom et près des Thermopylen, à 65 kilom. N.-O. de Livadia, non loin de la frontière turque ; 5,000 hab. Avec ses mosquées, son bazar et ses maisons, revêtues extérieurement de peintures, cette ville a conservé un aspect tout à fait turc. Elle possède une place pub.ique entourée de jolies constructions et deux ou trois rues assuji régulières. Lamia, la ville qu’a remplacée Zeitoun, est célèbre par ladéfaite qu Antidater essuya de la part des Grecs (323 av. J.-C), quand ceux-ci essayèrent, de secouer le joug macédoni ; n, après la mort d’Alexandre. La ville était située sur une hauteur et avait alors une grande importance militaire. On voit encore de nos jours des vestiges des anciennes murailles au pied de la colline, et l’on retrouve quelques assises helléniques dans les murs de la citadelle actuelle, qui a remplacé l’Acropole.

ZEITOUN, ville de l’Ile de Malte, à 7 kilom. S.-E. de La Valette ; 3,950hab.

ZEITOUN (golfe de), l’ancien golfe Maliaque, vaste baie de lu Grèce modems, formée sur la côte orientale par l’Archipel, au N.-E. de l’île de Négrepont. Ce golfe mesure 20 kilom. de l’E. À l’O. et 13 kilom. du N. au S. Sa rive méridionale, où vient se jeter la rivière d’Hellada, forme avec les montagnes qui la bordent le fameux dénié des ïhermopyles.

ZEITOUN (Oued-), rivière d’Algérie, province d’Oran, district ou arrond. de Tlemcen. Elle descend du versant septentrional de l’Atlas, coule au N. et se jette dans l’Oued-lsser, affluent de la Tafna, après un cours de 95 kilom.

ZÉITRABA adj. (zé-i-traba). Alchim. Se dit des matières fusibles.

ZE1TZ, ville de Prusse, province de Saxe, régence et à 45 kilom. S. de Mersebourg, ch.-l. du cercle de son nom, sur l’Elster-Blanc ; 13,300 hab. Fabriques de draps, cotonnades, cuirs, poterie ; brasseries, distilleries, toiles, amidon ; impression sur étoffes, blanchisserie de cire. Cette ville, siège d’ovêché au moyen âge, possède un ancien château, dont une partie sert de prison et l’autre a été convertie en liô, ital. Dans la cour même du château, on voit, l’église de la Trinité, qui renferme plusieurs tombeaux anciens, entre autres celui du fondateur du gymnase de Zeitz.

ZÉKAT s. f. (zé-katt). Dans le Maroc, Impôt ou aumône obligatoire qui se perçoit proportionnellement au nombre des bestiaux, et qui représente environ 2 pour 100 de la valeur imposée : La ziïk.at donne naissance à une infinité d’exactions.

ZEK.V-KHAN (Mohammed), souverain de Perse, mort en 1779. Pendant le règne de son frère utérin Kerym-lChan, il se révolta à plusieurs reprises, et se signala par d’horribles cruautés. C’est ainsi qu’il faisait creuser des trous a distance égale, comme pour y planter des arbres, ordonnant d’y placer ceux qu’il voulait faire périr, la tète en bas, attaches à de fortes branches, puis faisait combler les trous. Après la mort de Kerytn (1779), Zeky-Khait s’empara du pouvoir, bien que ce prince eût quatre fils. Mais, averti Ou dangerde régner en son propre nom par la résistance de plusieurs chefs de la tribu de Zend, il proclama deux des fils du. roi défunt, Aboul-Eetah et Mohamnied-Aly-Khan, et se rendit par la perfidie maître de ses ennemis, dont il se débarrassa ensuite par des supplices atroces. Son neveu, le brave et ambitieux Aly Mourad-Khan, à qui il avait confié le commandement de l’élite de ses troupes, s’étant révolté contra lui et rendu maître d’ispahan, Zeky-Khan entra eu une fureur inexprimable, réunit ses forces et marcha contre le rebelle ; mais arrivé à Yezukhast, près de l’Irak, il causa par des ordres cruels une telle indignation dans la population, qu’un des habitants l’assassina pendant la nuit. Ce monstre n’avait régné que quelques mois.

ZELA, ville du Pont. V. Zii.kh.

ZEMDA (François-Xavier), cardinal ita ZELA

lien, d’origine espagnole, né vers 1717, mort à Rome en 1801. Il entra de bonne heure dans les ordres, cultiva avec ardeur les sciences, se forma une belle bibliothèque, un musée d’antiques et de médailles, devint bibliothécaire du Vatican, où il fit construire un observatoire, et employa sa fortune et son crédit à favoriser les savants et les artistes. Lorsque l’ordre des jésuites fut supprimé, il reçut la mission de les remplacer dans les collèges par des professeurs instruits et il s’acquitta avec zèle de cette tâche. Pendant le pontificat de Pie VI, à l’élection duquel il avait beaucoup contribué, il devint secrétaire d’État et exerça une grande influence sur les affaires jusqu’en 1796, époque où il se démit de ses fonctions. Il se retira alors dans une campagne, près de Rome, assista au conclave de Venise dans lequel Pie VII fut élu pape, puis revint à Rome, où il termina ses jours. Ou a de lui un opuscule très-rare, intitulé : De nummis aliguot ssreis uneialibus epistola (Home, 1778, iu-4°),

ZELA1A (don Antoine), amiral sicilien, né à Païenne en 1678, mort àNaples en 1751. Il était lieutenant de vaisseau lorsque la Sicile fut cédée par le traité d’Utrecht au duc de Savoie, Vietor-A inédée. Zetaia entra alors au service de ce prince, qu’il quitta quand l’empereur Charles VI devint maître de la Sicile, servit à partir de ce moment dans la marine espagnole, devint capitaine de vaisseau en 1724, se distingua dans plusieurs expéditions, reçut de l’infant don Carlos le commandement du vaisseau amiral lorsque ce prince alla faire la conquête de la Sicile en 1735, se signala par sa bravoure, devint en 1738 un des membres de la junte de guerre et mourut comblé d’honneurs.

ZELAHA, lieu d’Espagne, dans la province et près de la ville de Badajoz. Alphonse VI, roi de Castille, y fut défait en 1086 par le chef des Almoravides, Yousouf-ben-Tasehfyn.

ZEL-AL1, pacha de Bosnie, né dans la seconde moitié du xvie siècle. Pendant le règne de Mohammed III, il servit sous les ordres d’un chef de rebelles, nommé Serivano. Ce chef étant mort, il fit sa soumission h la Porte moyennant la promesse du pachalik de Bosnie, se mit alors à la tête d’une troupe de 12,000 hommes, avec lesquels il combattit vaillamment contre les Hongrois en 1602 ; puis, voyant que la Porte ne se hâtait pas de lui donner le gouvernement promis, il résolut de s’en emparer de vive force, entra en Bosnie, battit le pacha Djafar, se rendit maître du pays et s’installa dans lu capitale Bagni-Aluck. Aussi pol.tique que brave, aussi rusé que ferme, il sut se maintenir au pouvoir, refusa constamment de se rendre à Constantinople, où on le manda plusieurs fois sous prétexte de lui faire honneur, mais réellement pour le faire périr, déclara que les faveurs qu’il avait reçues du sultan suffisaient à son ambition, et dit publiquement que, si on te troublait dans son gouvernement, il trouverait un allié dans l’empereur d Allemagne. On ignore l’époque de sa mort.

ZÉLANDAIS, AISE s. et adj. (zé-lan-dè, è-ze). Géogr. Habitant de la Zélande ; qui appartient à ce pays ou k ses habitants : Les Zélandais. Les mœurs zélandaises.

Nèo-Zèlandaii, aise, Habitant de la Nouvelle-Zélande ; qui appartient à ce pays ou à

ses habitants : Les anthropophages kéo zélandais.

ZÉLANDE, en hollandais Zeeland (c’est-àdire pays de la mer), province du royaume de Hollande, au S.-O., presque entièrement composée d’îles formées par les bouches de l’Escaut et de la Meuse. Elle est limitée au N. par le bras méridional de la Meuse, qui la sépare de la province de Hollande méridionale ; à l’E., par la province de Biabant septentrional ; au S. (où une partie de son territoire appartient au continent), par la pro ince beige de la Flandre orientale, et à à l’O. elle est baignée par la mer du Nord. Indépendamment de sa partie continentale au S., les principales lies qui composent la province de Zélande sont : JSchouwen, Tholen, Nord-Beveland, Sud-Beveland et Wal7 cheren. Superficie, 105,706 hect. ; 166,000 h. Ch.-l., Middelburg. Cette province est subdivisée en cinq districts, qui portent les noms de leurs chefs-lieux : Middelburg, Sluys ou L’Ecluse, Goes, Hulst, Zieriksee. LaZeiande est un pays plat et bas, garanti contre les invasions de la mer, dans les endroits où il n’y a pas de dunes, par des digues de 5 à 6 mètres de hauteur, dont l’entretien coûte annuellement plus de 2 millions de francs. Le sol, gras, fertile et bien cultivé, produit en abondance des céréales, des légumes, pommes de terre, chanvre, colza, etc. L’élève du bétail et surtout du mouton y est importante ; la volaille, le gibier et le poisson y sont abondants ; mais, si la terre y fournit à peu prés toutes les productions nécessaires à la consommation des habitants, le climat y est humide, brumeux, malsain et engendre des fièvres endémiques. L’industrie manufacturière de la Zélande est représentée par de nombreuses filatures de lin, des fabriques de toiles et d’étoffes de laine, des brasseries, distilleries, moulins à huile, raffineries de sel, fours à chaux, chantiers de construction pour la marine, etc. Le commerce exporte du blé, de la garance, du chanvre, du bé ZÉLA

tail, des pois, des fèves, de la laine, du pois» Son et de l’huile. Les îles qui composent la province de Zélande étaient habitées à l’époque romaine par les Caninefates ; elles subirent le contre-coup de la chute de l’empire, et, après les invasions des barbares, elles appartinrent pendant longtemps à des seigneurs indépendants. Florent V, comte de Hollande, les réunit sous sa domination en 1256. La Zélande passa ensuite, comme la Hollande, à la maison de Bourgogne, puis à la maison d’Autriche, et forma sous Charles-Quint une des dix-sept provinces espagnoles des Pays-Bas. Cette province fut une des premières à secouer le joug espagnol au xvie siècle ; elle fit ensuite partie des Provinces-Unies jusqu’en 179S, époque où la république batave fut établie. En 1S10, elle fut comprise dans l’empire français, où elle forma le département des Boui^hes-del’Escaut et une partie de celui des Bouchesde-la-Meuse. En 1814, en reprenant son nom

de Zélande, elle forma une des provinces du royaume de Hollande.

ZÉLANDE (NOUVELLE-), nommée aussi terre des Etaiset terre de Cook, archipel de 1 Oceanie, dans la Polynésie, à environ 900 kilom. S.-E. de la côte orientale du continent australien. Situé dans le grand Océan austral, ce groupe, composé de deux îles principales, s’étend en longueur du N.-E. au S.-O. entre 34° 12’ et 47" 20’ de latit. E. et, en largeur variable, entre 164" et 178° 39’ de iongit. E. L’Ile septentrionale, ou Tasmanie du Nord, nommée Ikand-Mawi par les indigènes, est séparée de l’île méridionale (appelée Tavaï-Pounamou par les indigènes, ou Tasmanie du Sud par les Européens) par le détroit de Cook ; la première de ces îles a 750 kilom, de longueur, la seconde 800 kilom. ; leur largeur varie de 200 à 2S0 kilom. ; au S. de Tawuï-Pounamou s’étend la petite Ile Sleword, que sépare le détroit de Foveaux. La superficie totale de ces trois îles est de 230,000 kilom, carrés. La population est d’environ 100,000 indigènes, appelés Maoris, et de 341,860 Européens (décembre 1874). La côte occidentale de ces îles décrit une ligne concave, parallèle à peu près à la ligne convexe de la côte S.-E. du continent australien, qui y est opposée ; presque partout elle est élevée et d’un accès dangereux ; cependant toutes ces îles, surtout celle du nord, possèdent d’excellents ports, parmi lesquels il faut citer : rVrt-Chalmeis, Nelson, Wellington et Auckland. Les saillies et baies que présentent ces côtes sont : le cap Ûton, à 1 extrémité N.-O. de l’Ile septentrionale et le cap Kawa-Kawa à son extrémité S.-E. ; citons encore le cap Warka-Keka, sur la côte orientale, où l’on rencontre la baie d’Abondance, au nord de ce dernier cap. Dans l’île méridionale ou Tavaï-Pounamou, on remarque les caps Farewel et Cmnphell au N., Siiunders et Ouest au S. ; la presqu’île de Banks sur la côte Orientale et lu baie Dusky au N. du cap Ouest ; enfin, la baie Pegosus au N.-O. de la presqu’île de Banks. Non loin de ces côtes, on trouve plusieurs petites Iles, dont les plus importantes sont : Maekarie, Bishop, Antipode, Bounty, Clerk et Cimtham. Les îles de la Nouvelle-Zélande, comme la plus grande partie de celles de l’océan Pacifique, sont d’origine volcanique. Une chaîne de hautes montagnes traverse le centre de l’île méridionale et parcourt le sud de l’île septentrionale. Ces montagnes, parmi lesquelles on remarque des volcans en ignition, notamment le volcan Tongariro, et en quelques endroits des pics dont les cimes atteignent les limites des neiges perpétuelles, s’abaissent graduellement en s’avançant vers les côtes, et entre les divers rameaux qu’elles projettent s’étendent des plaines et quelques marais. Parmi les reliefs les plus saillants de cette chaîne, mentionnons, dans l’Ile septentrionale, le pic Egmont (2,520 mètres), qui, par sa forme et son élévation, rappelle le pic de Ténériffe, et le Ruapehou (ï,800 mètres) ; et dans l’île méridionale, le mont Cook (4,020 mètres) et le mont Earustaw (3,050 mètres). Outre la chaîne centrale, on y trouve aussi quelques chaînes secondaires de collines, des massifs isolés d’une assez grande étendue et des plateaux très-élevés. La plupart de ces hauteurs sont couvertes de magnifiques bois de construction jusqu’à la limite des neiges éternelles. La Nouvelle-Zélande est bien arrosée ; une foule de ces cours d’eau peu importants au point de vue de la navigation, mais très-utiles k l’agriculture et à l’industrie, descendent des hauteurs ; le "Waïkato est le plus remarquable des cours d’eau. On y trouve, en outre, plusieurs petits lacs, de nombreux étangs, un grand nombre de sources minérales, des geysers, etc.

La géologie et la minéralogie de cette contrée insulaire sont encore peu connues. Cependant on a découvert et on exploite en assez grande quantité de la houille k Nelson, à New-Plymouth et sur quelques autres points des îles principales, et des mines d’or. Le fer abonde, et la colonie anglaise exporte plus de 13,000 quintaux de cuivre annuellement. Le manganèse, le soufre, l’ardoise, le marbre, les pierres et terres à ouvrer s’y rencontrent aussi. Dans l’Ile septentrionale on rencontre des cavités qui sont évidemment des cratères éteints. Les tremblements de terre sont assez fréquents dans la Nou ZÉLA

velle-Zélande. Malgré sa position reculée vers le sud, ce pays jouit d’un climat salubre, qui a beaucoup d analogie avec ceux de France et de l’Angleterre méridionale. La chaleur y est moins lourde qu’à Sydney, et l’on n’y est pas exposé à ces longues pluies torrentielles qui affligent les colonies de l’Australie. Cependant, à presque toutes les nouvelles lunes, la température change et il règne des vents très-violents. En général, l’air est salubre et propre à la longévité. Le climat de la Nouvelle-Zélande convient à la culture de toutes les productions de l’Europe. Sur plusieurs points, sa végétation, dans laquelle on distingue des fougères arborescentes, des draccenas qui s’élèvent comme des palmiers, ressemble, par son abondance et sa vigueur, à celle des tropiques. Le sol défriché est très-fertile et produit toute espèce de grains et de fruits, tels que blé, orge, avo.ne, maïs, pommes de terre, pommes, poires, raisins, etc. Le lin a de larges feuilles qui fournissent une filasse aussi fine que la soie et propre U. la fabrication des étoffes. Le myrte k thé croît sur les collines voisines de la mer. Les feuilles d’un arbre semblable au pin d’Écosse peuvent servir contre le scorbut. Les Européens Ont introduit la culture des blés, des racines et des légumes d’Europe, qui réussissent très-bien. Les naturels de 1 île septentrionale cultivent les patates, les ignames, la citrouille, et surtout une espèce de fougère dont les racines très-fibreuses donnent un suc nourrissant. Les épinards de la Nouvelle-Zélande sont supérieurs à ceux d’Europe. Des espèces de céleri sauvage, le cresson et autres plantes aiitiscorbutiqiies y croissent en abondance. Il n’y a pas d’arbres à pain ni de palmiers. Les forêts, que l’on peut regarder comme inépuisables, fournissent beaucoup de bois à l’exportation de Sydney et d’autres colonies. Le pin y atteint une grosseur et une hauteur prodigieuse, surtout la variété du pin kaury. La faune de cette contrée présente une particularité tout à fait remarquable : c’est l’absence absolue de mammifères indigènes ; les chevaux, bœufs, moutons, chèvres et porcs qu’on y trouve ont tous été importés ; il(u’y a pas jusqu’au chien et au rut qui n’aient été introduits dans ces contrées par les Européens. Des perroquets, perruches, canards sauvages et d’excellents pigeons habitent les profondeurs des forêts ; la volaille commence a se propager par les soins des colons européeus. On trouve dans la Nouvelle-Zélande d énormes lézards qui attaquent les hommes. Les poissons abondent sur les côtes ; on pèche des chiens de mer, dont la chair a le goût de la raie ; les maquereaux et les homards y sont excellents.

Les iudigènes, appelés Maoris, appartiennent à la grande famille polynésienne, larace dominante du moins, car ou y a trouvé deux variétés très-distinctes. L’une, plus grande, plus belle, a le teiut plus clair, des traits réguliers, les cheveux lisses, les yeux grands et bien fendus ; ces indigènes ont une physionomie agréable, bien qu’ils se défigurent, les chefs surtout, par un tatouage en incision dont la disposition ne contribue pas peu à leur faire paraître, à tous, le nez aquilin ; cette forme, toutefois, est assez commune, et elle se joint à l’écartement des narines. Leurs cheveux sont longs, leurs dents sont admirablement belles, le caractère de la physionomie est aussi varié qu’en Europe. La seconde variété des Maoris a les formes plus petites et moins belles, la physionomie peu expressive, les cheveux crépus et la barbe frisée. On n’y rencontre qu’un petit nombre d’individus tatoués, car cet ornement semble appartenir uux guerriers, et par conséquent aux chefs, qui le sont tous. Les femmes sont loin d’égaler les hommes en beauté ; petites pour lu plupart, elles n’ont rien de ces grâces naturelles que l’on rencontre chez d’autres peuplades polynésiennes, à Sandwich, à Taïti, par exemple. Les femmes des chefs sont tatouées d’une manière particulière aux lèvres et sur lesépuules. La langue des Néo-Zélandais diffère très-peu de celle des habitants de Tonga, de Tuïti, des Marquises, des îles Sandwich et des autres terres de la Polynésie, ce qui suffit pour ne laisser aucun doute sur leur origine. Les insulaires de la NouveLe-Zélaude ne connaissent d’autres arts que ceux que demande la construction de leurs cabanes et de leurs pirogues, qu’ils sculptent avec une grande adresse, ainsi que la fabrication ne leurs belles nattes en phormium tenax (lin). Leurs casse-tête et leurs haches, eu beau jade vert, demandent beaucoup de temps et de Soin pour être fabriquées ; aussi y tiennent-ils fort et ne les echangent-ils que contre des armes à feu. Il est à remarquer que l’arc et les fieches ne sont point connus dans la mer du Sud. Le costume de ces insulaires est des plus pittoresques ; il se compose de nattes de différentes espèces ; il y en a, entre autres, de très-épaisses, couvertes de longs brins de phontuum. Lorsqu’ils s’accroupissent sous ce vêtement, ils ressemblent à une ruche surmontée d’une tête. Quelques-uns nouent leurs cheveux par derrière et les ornent de plumes ; d’autres les enduisent d’ocre rouge par devant ; c’est la toilette de cérémonie. Sa couvrir les épaules est chez eux une marque de respect. Aujourd’hui, hommes et