Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 15, part. 4, Vl-Zz.djvu/69

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
VOYA VOYA VOYA VOYA 1205


Henri VII que Sébastien et Jean Cabot, navigateurs italiens, découvrirent Terre-Neuve et la plus grande partie de l’Amérique du Nord. A partir de cette époque, l’Angleterre, qui sentait plus que toute autre contrée la nécessité d’avoir des colonies, et que son génie mercantile et aventureux poussait aussi vers les expéditions lointaines, lutta avec l’Espagne et le Portugal. Nous la voyons bientôt, en effet, envoyer Drake exécuter un voyage autour du monde. Sous Elisabeth surtout, la grande navigation fut en honneur. C’est d’abord sir Hughes Willoughby, qui ne réussit point à trouver un passage pour pénétrer du nord de l’Atlantique dans l’océan Pacifique, mais qui eut du moins l’honneur de l’avoir entrepris. Puis Barlow, découvrit la Virginie, et Walter Raleigh visita pour la première fois la Guyane. On sait que ce navigateur, qui colonisa la Virginie, fut décapité par l’ordre de Jacques Ier.

Après Barlow, Hudson chercha le passage si désiré de l’Atlantique dans le Pacifique et donna son nom à la baie qu’il découvrit en cherchant ce passage. Cette recherche fut encore faite sans succès par plusieurs navigateurs, Forbisher, Davis et Phipps, connu plus tard, comme lord président de l’amirauté, sous le nom de Mulgrave. Davis donna son nom à ce détroit, qui paraît n’être en réalité qu’une grande baie, puisqu’il est continuellement fermé par les glaces. Après eux, Anson, Byron, Wallis, Carteret accomplirent avec bonheur les expéditions les plus hardies. John Cook fit, en 1683, le tour du monde, et son célèbre homonyme, accompagné de Vancouver, dont le nom n’est pas moins fameux, fit d’importants voyages, à la fin desquels il périt, comme on sait, massacré par des sauvages des îles Sandwich. Ses travaux sont trop connus pour que nous les rapportions ici.

Parmi les plus célèbres navigateurs hollandais, nous devons citer Van Noort, Pierre Nuyts, Jacques Lemaire et Abel Tastnan, qui découvrit la terre de Van Diemen. Les Russes ne comptent qu’un très-petit nombre de grands navigateurs, encore appartiennent-ils tous à l’histoire contemporaine. Les deux plus connus sont : Kotzebue, fils du célèbie auteur dramatique allemand (v. ce nom) et Krusenstern.

Il nous reste à parler des navigateurs français. Il paraît que, dès le XVe siècle, des navigateurs de notre pays, dont le nom n’a pas été conservé, avaient découvert la côte de Guinée, découverte revendiquée pour Joko de Santarem et Pierre Escobar vers la fin du XVe siècle.

En 1584, Jacques Cartier remonte le fleuve Saint-Laurent et découvre le Canada. L’édition originale du livre qui contient la relation des découvertes de Jacques Cartier est très-rare. Il est intitulé : Brief récit et succincte narration de la navigation faicte es îles de Canada, Hochelega, Saguenay et aultres, et particulierement des mœurs, langages et cérémonies d’habitans d’icelles (Paris, 1545, pet. in-8°). On publia ensuite : Discours du voyage de Jacques Cartier aux terres neufves de Canada, Norimbergue, Hochelega, Labrador et pays adjaeens, dites Nouvelle-France (Rouen, 1598, pet. in-8°). Les découvertes de Cartier furent continuées et fécondées par Samuel de Champlain, qui partit de Honfleur le 15 mars 1603. Il remonta le SaintLaurent, pénétra dans l’intérieur des terres, en dressa la carte, et reprit la route de France, où, suivant la promesse qu’il avait faite avant son départ, il présenta au roi la relation de son voyage. Cette relation fut immédiatement imprimée sous ce titre : Des sauvages ou Voyage de Samuel Champlain (Paris, 1603, in-8°). Champlain retourna au Canada, fit de nombreuses explorations, tenta de trouver une route pour aller en Chine et dans l’Inde en passant par le nord de l’Amérique, et fonda la ville de Québec, dont il fit une colonie florissante. Les récits qu’il écrivit de ses voyages témoignent parfois d’une grande crédulité. Voici les titres de ceux qui succédèrent à la narration que nous avons déjà citée : les Voyages et découvertes en la Nouvelle-France en années 1615 à 1618 (Paris, 1619, in-8°) ; les Voyages de la Nouvelle France occidentale, dite Canada, faits par de Champlain, et toutes les découvertes qu’il a faites en ce pays depuis 1603 jusqu’en 1629 (Paris, 1632, in-4°). Il faut compléter les relations de Cartier et de Champlain par l’Histoire de la Nouvelle-France (Paris, 1744, vol. in-4°), ouvrage du Père Charlevoix, célèbre missionnaire né à Saint-Quentin.

Les guerres religieuses amenèrent, au XVIe siècle, d’autres tentatives d’établissements français en Amérique. L’amiral de Coligny forma le projet d’y fonder une colonie, dans le but d’assurer un refuge aux calvinistes persécutés en France. Le vice-amiral Durand de Villegagnon, choisi d’abord pour exécuter ce projet, partit en 1515 et alla jeter l’ancre dans la baie de Rio-Janeiro. Il prit possession d’une île à laquelle il donna le nom de Coligny. Des émigrants, accompagnés de ministres, y arrivèrent en 1557 ; mais la concorde fut bientôt troublée par des discussions relatives à la célébration de la Cène. Villegagnon y joua un rôle despotique, puis abandonna la colonie, qui bientôt se donna aux Portugais. Les réformés appelèrent Villegagnon le Caïn de l’Amérique. Avant son retour en France, Barré avait publié Discours sur la navigation de Villega-


gnon en Amérique (Paris, 1558, in-8°). Coligny n’abandonna pas son dessein. La Floride, que Juan Ponce de Léon avait découverte en 1512 et dont les Espagnols avaient été plusieurs fois chassés par les naturels, lui parut convenir à une colonie de ses coreligionnaires. Charles IX l’ayant approuvé, il plaça sous le commandement de Jean Ribout et de René de Laudonnière deux navires, où étaient embarqués 500 ou 600 marins et soldats d’élite, tous huguenots. L’expédition quitta Dieppe le 18 février 1562, et s’arrêta dans une baie, qui reçut le nom de Port-Royal (Caroline du Sud). Après avoir construit un fort, qu’ils nommèrent Charles, les deux chefs reprirent la mer et rentrèrent à Dieppe le 20 juillet. La colonie, restée sous la direction du capitaine Albert, ne prospéra pas ; la rigueur de ce capitaine exaspéra les colons, qui l’assassinèrent et qui furent conduits ensuite par la misère à tous les excès, même à l’anthropophagie. Ces faits étaient inconnus en France lorsque Laudonnière partit de nouveau pour la Floride, en 1564, avec de nombrerx émigrants, entre lesquels se trouvaient des gentilshommes distingués. Il créa un nouvel établissement près de celui qui avait été si promptemeut ruiné, et construisit le fort Caroline. Après quelques mois de prospérité, la famine amena des troubles et des complots ; Laudonnière fut enchaîné sur un navire et les mutins allèrent ravager les côtes de Cuba, préparant ainsi la vengeance des Espagnols. Quand Laudonnière recouvra son autorité, la colonie était presque détruite par le manque de vivres et la désertion. Un convoi de 400 personnes, sous le commandement de Ribaut, arriva le 27 août 1565. A peine les deux chefs avaient commencé à réparer le fort et à établir les nouveaux arrivants, qu’une flotte espagnole se présenta à l’improviste. Pedro Menendez, qui commandait cette flotte, somma les Français de se rendre à merci, promettant « que les catholiques seraient humainement traités, mais que les hérétiques ne devaient espérer aucune grâce. » La première attaque qu’il tenta ne réussit pas. Ribaut, malgré les conseils de Laudonnière, voulut prendre l’offensive, et embarqua tous les hommes valides. Une violente tempête l’empêcha de joindre la flotte ennemie et le jeta en pleine mer. Les Espagnols, mettant cette circonstance à profit, se présentèrent devant le fort Caroline, où il ne restait pas 40 hommes en état de porter les armes. Laudonnière, après une défense énergique, parvint à s’échapper, avec un seul soldat. Les principaux officiers furent attachés au gibet ; Menendez fit placer audessus de leurs cadavres cette inscription : Pendus, non comme Français, mais comme hérétiques. » Tous les autres, même les plus inoffensifs parmi les colons, furent mis à mort avec une extrême barbarie. « Ces massacreurs et bourreaux d’Hespaigne, pour couronner leur sanglante tragédie, firent un beau grand feu de joye, et ayans entassé là dessus tous les corps de hommes, de femmes et des petits enfants, les réduisent en cendres, disant que c’estoient des meschans luthériens qui estoient venus infecter ceste nouvelle chrestienté et y semer des hérésies. Cette furieuse troupe rejettoit mesme sa colère et sanglant despit sur les morts et les exposèrent en monstre aux François qui restoyent sur les eaux et taschoient a navrer le cœur de ceux desquels ils ne pouvoient, comme ils eussent bien voulu, démembrer les corps ; car arrachans les yeux des morts, les fichoient au bout des dagues, et puis avec cris, hurlemens et toute gaudisserie, les jettoient contre nos François vers l’eau. » (J. Le Moyne de Mourgues. » Une tempête livra Ribaut à Menendez ; il fut poignardé par derrière, écorché encore palpitant, et les lambeaux de son corps, coupé en morceaux, furent plantés sur des piquets autour du fort. Laudonnière parvint à s’embarquer pour la France, où il arriva au mois de janvier 1566. Il raconta que 400 à 500 colons, hommes et femmes, vieillards et enfants, avaient été égorgés sans déclaration de guerre ; que le brave Ribaut, avec 408 marins ou soldats, avait été mis à mort après s’être fié à la foi espagnole, et il demanda, vengeance pour ses amis ainsi que pour l’honneur de notre nation. Charles IX fit une démarche auprès de Philippe II ; celui-ci démentit le fait ; tout fût dit pour les deux gouvernements. Mais un simple particulier, Dominique de Gourgues, résolut de venger le nom français. Il équipa trois petits navires, montés par 80 marins et 150 hommes d’armes. Arrivé en vue de la Floride au mois d’avril 1568, il fit alliance avec les Indiens et attaqua vigoureusement les Espagnols. A la tête de ses hommes, il s’écriait : « Amis, voilà les voleurs qui ont volé cette terre à notre roi ! voilà les meurtriers qui ont massacré nos Français. Allons, allons, revengeons notre roi, revengeons la France, montrons-nous Français ! » Le choc fut impétueux. Les Espagnols, forcés d’abandonner leurs retranchements, se précipitèrent dans les bois, où ils tombèrent sous les coups des sauvages. Tous les prisonniers furent pendus aux mêmes gibets qui soutenaient encore les squelettes des Français. Au-dessus de leurs corps, de Gourgues fit inscrire ces mots : « Pendus, non comme Espagnols ou catholiques, mais comme traîtres et assassins. » N’ayant pas des forces suffisantes pour occuper les lieux dont il ve-


nait de s’emparer, il ramena sa petite troupe en France, et entra à La Rochelle le 6 juin. La postérité a placé son nom parmi ceux des hommes héroïques ; mais il fut bien mal récompensé, durant sa vie, de l’acte qui venait de l’illustrer à jamais. L’ambassadeur d’Espagne demanda sa tête. Il fut obligé de se cacher et vécut dans un état voisin de la misère. Jacques Le Moyne de Gourgues, peintre dieppois, qui avait accompagné Jean Ribaut, a écrit la Relation du capitaine J. Ribaut à la Floride ; elle a été publiée pour la première fois dans le tome VI du recueil de Théodore de Bry, intitulé : Narratio regionum Indicarum per Hispanos devastatarum (1590-1598). René de Laudonnière a laissé : Histoire notable de la Floride, contenant les trois voyages faits en icelle par des capitaines et des pilotes français (Paris, 1586, in-8°). Bazanier a écrit le Voyage du capitaine de Gourgues dans la Floride (1586, in-4°), et la Bibliothèque nationale possède un manuscrit, la Reprise de la Floride par le capitaine de Gourgues (n° 10,537). Un roman publié en 1857 dans le journal Le Siècle, par M. Pulgence Girard, et intitulé le Talion, a pour sujet la mémorable aventure de Dominique de Gourgues.

Deux voyageurs français, au XVIIe siècle, eurent une grande réputation, Tavernier et Chardin. Le premier avait déjà visité une grande partie de l’Europe à l’âge de vingt-deux ans ; il partit en 1638 pour la Perse, à la suite d’une caravane ; les tissus et les pierres précieuses qu’il en rapporta lui procurèrent un gain si considérable qu’il résolut de nouveaux voyages en Asie. Il retourna en Perse, parcourut le Mogol, une grande partie de l’Inde, alla aux îles Célèbes, à Sumatra et à Batavia. De retour en France après son sixième voyage, il vendit à Louis XIV pour 3 millions de diamants. Il fut admis à la cour, et reçut des lettres de noblesse en récompense des services qu’il avait rendus au commerce français dans l’Inde. Boileau écrivit pour son portrait les vers suivants :

En tous lieux sa vertu fut son plus sûr appui,
Et bien qu’en nos climats de retour aujourd’hui
En foule à nos yeux il présente
Les plus rares trésors que le soleil enfante,
Il n’a rien rapporté de si rare que lui.

Tavernier manquait d’instruction ; mais il avait une grande mémoire, et les notes qu’il recueillait pendant ses voyages contenaient des renseignements d’une grande exactitude sur l’histoire, la géographie, les productions, les monnaies, les mesures, les mœurs et les usages des pays qu’il avait vus. D’après ces notes, Chappuzeau et La Chapelle rédigèrent les Six voyages de J.-B. Tavernier, qu’il a faits en Turquie, en Perse et aux Indes pendant l’espace de quarante ans et par toutes les routes que l’on peut tenir (Paris, 1676-1679, 3 vol. in-4°). Chardin, fils d’un riche joaillier, partit aussi, dans un but de commerce, pour les Indes orientales. Ses voyages eurent lieu de 1665 à 1677. Il en écrivit la relation, sous ce titre : Journal du voyage du chevalier Chardin en Perse et aux Indes orientales par la mer Noire et par la Colchide (Amsterdam, 1711, 3 vol. in-4° et 10 vol. in-12). Cet ouvrage jouit d’une grande estime. Le style en est d’une admirable simplicité. Les observations, surtout en ce qui concerne la Perse, témoignent d’une rare sagacité, et l’exactitude en a été constatée par tous les voyageurs modernes. L’administration, la législation, l’industrie, les sciences, les arts des Persans sont étudiés, ainsi que leurs moeurs, leurs usages et leurs costumes. L’érudition de Chardin lui a permis de contrôler sur les lieux mêmes les passages des historiens et des géographes de l’antiquité relatifs à ce pays, et de les rectifier ou de les compléter. Pour le XVIIIe siècle, on cite surtout les Voyages autour du monde de Bougainville et de Cook. La relation de Bougainville, écrite par lui-même (Paris, 1771, in-4°), est d’un style gracieux et plein de mouvement. Le premier voyage de Cook fut rédigé par Hawkesworth (Londres, 1773, vol. in-4°) ; le second, par Cook (Londres, vol. in-4°) ; le troisième, par King (Londres, 1784, 3 vol. in-4°). Ils ont été traduits en français, les deux premiers par Suard (Paris, 1774-1778, 14 vol. in-8°) ; le troisième, par Demeunier (Paris, 1785, 8 vol. in-8°). Parmi les voyageurs allemands, dont les observations et les récits ont un caractère particulier d’exactitude, nous citerons surtout Forster, Alexandre de Humboldt, Lichtenstein, le prince Max de Neuwied, Martins, Pœppig, Tschudi, Ruppel, Lepsius, etc.

Nous citerons encore, parmi les voyages fameux, les expéditions scientifiques de Verdun de la Crène, de Fleurieu, de Chabert, de Borda et la malheureuse entreprise de La Pérouse.

Bruni d’Entrecasteaux, envoyé à la recherche de ce dernier, qui accomplit son expédition à la fin du règne du Louis XVI et au commencement de la Révolution, rapporta, au milieu de périls de toute sorte, des documents excessivement précieux qui lui ont servi pour rédiger la relation de son voyage.

Sous le Consulat, le capitaine Baudin est envoyé pour faire le tour du monde et rapporte de ce voyage de circumnavigation de précieuses découvertes sur des contrées à peine connues jusqu’à lui. Sous le gouverne-


ment de la Restauration, on cite le voyage scientifique de M. Louis Freycinet sur la corvette la Physicienne ; celui de son lieutenant, M. Duperrey, sur la Coquille, destiné à recueillir des documents, à faire des expériences de toute sorte, en un mot, à faire de nombreuses recherches sur l’astronomie, la météorologie et les sciences naturelles proprement dites. A la même époque, le fils du fameux Bougainville entreprenait et terminait heureusement une expédition scientifique dans l’océan Indien.

Dumont-d’Urville, dont on connaît la fin malheureuse, le 8 mai 1842, exécuta deux voyages autour du monde, à juste titre considérés comme les plus importants qui aient été entrepris.

Dans son premier voyage, qui dura plus de trois ans (1826-1829), il longea pendant 400 lieues les côtes de la Nouvelle-Zéhuide, et pendant 350 celles de la Nouvelle-Guinée ; il traça la carte hydrographique de l’archipel Viti, des lins Loyalty, Vanikoro, Hogoleu, Pelew, et releva un grand nombre d’îles et d’îlots inconnus. Dans le second voyage, qui dura à peu près le même espace de temps (de 1837 à 1840), après deux croisières aux pôles, il explora les quatre archipels les plus importants de la Polynésie : Nouka-Hiva, Tonga-Tabou, Taïti et la Nouvelle-Zélande. Il fit ensuite, en courant les plus grands dangers, des études hydrographiques sur quelques parties de l’Océanie, les îles Viti, les Nouvelles-Hébrides, les îles Salomon, Hogoleu, Pelew, releva les côtes de la Nouvelle-Guinée et de la Louisiane, ainsi que les passes du détroit de Torrès et l’archipel d’Asie, dans ses points principaux.

Toutes les nations commerçantes rivalisèrent longtemps pour chercher le fameux passage nord qui devait faire communiquer l’Europe avec les Indes par le nord de l’Amérique. On vit successivement naviguer dans les régions boréales, Ellis, Martens, Philipp, Davis, Gilbert, Hudson, Baffin, Fox, James, Munk, Jacob May, Owen, Koscheley, Hearn et Mackenzie ; malgré tant d’efforis infructueux, cette recherche est poursuivie au commencement de notre siècle. Viennent alors Parry et Franklin ; ce dernier reste perdu au milieu des glaces, et nombre d’expéditions vont à sa recherche ; dans l’une elles se trouve notre compatriote Bellot, qui trouve la mort sur un glaçon ; une autre est commandée par Mac-Clure, qui découvre enfin le fameux passage si longtemps cherché ; une dernière procure à l’Américain Hayes l’occasion de découvrir la mer libre du pôle, vers laquelle allait s’élancer Gustave Lambert, lorsqu’il fut tué à Paris durant le siège de 1870-1871. L’Amérique avait été explorée par Vancouver, Robert Gray, Brougthon, Lewis, Clarke, Humboldt ; aujourd’hui, malgré son éloignement, elle est aussi fréquentée par les Européens que si elle faisait partie de notre continent. L’Inde, si mystérieuse, n’a plus de secrets pour nous ; on a déchiffré ses langues sacrées et pénétré le sens de ses mythes. Les sources du Gange ont été recherchées par Web, Raper, Hearsay et Hodgson ; Moorcroft a pénétré dans le petit Thibet, le Père Hue a parcouru la, Chine et la Tartarie ; enfin, les lettres de Victor Jacquemont restent un monument impérissable. En Afrique, à Mungo-Park, à Bowdluk, à Tooli, à Belzoni, à Beaufort, à Peddic, à Wodney a succèdé Livingstone qui, plus heureux qu’eux tous, a traversé le continent africain dans toute sa largeur. Il n’est pas de touriste aujourd’hui qui n’ait remonté les bords du Nil au moins jusqu’à Goudokoro ; l’Anglais Baker, accompagné de sa femme, et l’Anglais Speke ont remonté jusqu’aux sources mystérieuses de ce fleuve et en ont trouvé l’origine dans le lac Nyanza ; au pôle antarctique, le capitaine Smith a découvert la Nouvelle-Shetland, etc.

Les principaux recueils de voyages sont les suivants : Collectio diversarum, navigationum et itinerum, par Huttich (Bâle, 1536, in-fol.) ; Raccolta di naviyasioni e viaggi, par Ramusio (Venise, 1550-1559, 3 vol. in-fol.) ; The principal Navigations, par Hakluyt (Londres, 1598-1600, 3 vol. in-fol.) ; Voyages faits principalement en Asie (La Haye, 1735, 2 vol. in-4°) ; Histoire générale des voyages, par l’abbé Prévost (1746-1789, 20 vol. in-4°) ; Abrégé de l’histoire générale des voyages, par Laharpe (Paris, 1780, 21 vol. in-8°) ; Histoire générale des voyages, par Walckenaër (Paris, 1826-18S1, 21 vol. in-8°) ; Voyages autour du monde, recueil avec cartes, portraits et gravures, édité par Dumont-d’Urville (Paris, 1833-1844, 2 vol. in-8°).

On range quelquefois dans la littérature des voyages certains livres qui appartiennent bien plutôt au domaine purement littéraire. Ainsi l’Itinéraire de Paris à Jérusalem, par Chateaubriand (1811) ; Souvenirs, impressions, pensées et paysages pendant un voyage en Orient, par Lamartine (1835) ; Lettres d’un voyageur, par George 8and (1836) ; Impressions de voyage, par Alexandre Dumas (1839-1841) ; le Rhin, par Victor Hugo (1842) ; Voyage en Espagne, par Théophile Gautier (1845) ; Italia, par le même (1853) ; Constantinople, par le même (1854) ; Voyage en Orient, par Gérard de Nerval (1856) ; Voyage en Italie, par M. Taine (1867), etc. Ces ouvrages ont quelquefois l’exactitude par laquelle se distinguent les vrais voyageurs ; mais ils