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ANGL

(Eure) en 1798, mort en 1876. Il entra dans l’administration de la marine, puis se livra à son goût pour lès lettres. S’édant rendu à Paris, il y débuta par un volume à’Odes (1825), inspirées par les idées légitimistes et catholiques. Cette même année, il publia un poème en quatre chants, Berthe et Robert, et une comédie en vers, le Cachemire, en collaboration avec M. Lesguillon. Avec ce dernier, M. d’Anglemont écrivit le libretto de Tancrède, dont Rossini composa la musique, et qui fut représenté en 1827. Parmi les autres œuvres de cet écrivain, qui n’a jeté qu’un médiocre éclat, nous citerons : Légendes /rauçaises (1829, in-8<>) ; Paul Ier (1832), drame écrit en collaboration avec Théodore Muret et qui fut joué a l’Ambigu ; ef>uc d’Knghien, histoire - drame (1832) ; Nouvelles légendes françaises (1833, in-8°) ; Pèlerinages (1835, in-8°’) ; !e Prédestiné (1839, in-8°) : Êuménides (1840, in-8°) ; Amours de France (1S41, in-8°) ; Jloses de Noël (i8û0, in-so) ; Pastels dramatiques (1869, in-so) ; Y Homme de Sedan (1871, in-8o) ; VInternationale(1871, in-8°), en vers ; la insurrection de la colonne (1872, in-8°), en vers ; Voix d’airain (1875, iii-8°), etc. M. d’Anglemont a donné, en outre, dans le recueil des Cent et un, l’Ouverture de la chasse dans les environs de Paris.

ÀNGLEMONT (Privât d’). V. Privât d’Anglemont, au tomeXIII du GrandDiclionnaire.

ANGLES, village de France (Vendée), cant. et à 10 kilom, de Moutiers-les-Mauxfaits, sur la rive gauche du Troussepoil, au bord de vastes marais qui s’étendent jusqu’à la mer ; 1,378 hab. « Dans les environs de ce village, dit M. A. Jeanne, s’élève le menhir de l’Eau. L’église d’Angles, ancienne abbatiale du commencement du xme siècle, a été restaurée au xrve, puis en 1857. La façade se termine par un pignon surmonté d’un gros ours de pierre portant la croix sur son dos. Cette figure a donné lieu à de curieuses légendes ; elle est appelée dans le pays « la Bête qui mange la beauté des filles d’Angles. » Sous l’église s’étend une crypte romane, communiquant avec un souterrain refuge. > ANGLES, village de France (Tarn), ch.-l. de cant., arroûd. et à 32 kilom. de Castres, sur un plateau qui sépare l’Arn de l’A goût ; pop. aggl., 550 hab. — pop. tôt., 2,513.hab. Fabrique de draps.

ANGLES (Charles - Grégoire), magistrat français, né à Veynes (Dauphiné) en 1736, mort en 1823. Il était conseiller au parlement lors de lu Révolution française et il éinigra en 1792. Rentré sous l’Empire, il fut, sous la Restauration, nommé premier président de lu cour d’uppel de Grenoble et manifesta en toute occasion ses antipathies contre les principes de 1789. Envoyé à la Chambre des députes, il prit une par active à la confection des lois répressives portées contre la presse. — Son fils, le comte Jules Angles, né à Grenoble en 1778, mort à Paris en 1828, fut ministre de la police générale sous l’Empire et préfet de police de Paris sous la Restauration. Il était en charge lors de l’assassinat du duc de Berry par Louvel et subit à cette occasion une sorte de disgrâce.

  • ANGLESEY (Henri Pagist, marquis d’).~

Le marquis d’Anglesey est mort en 1809.

  • ANGLET, ville de France (Basses-Pyrénées),

cant., arrond. et à 4 kilom. de Bayonne ; 3,880 hab. Grotte ou chambre d’amour, sur la grève.

  • ANGLETERRE. — Pour les additions à

faire aux détails donnés dans le tome 1er du Grand Dictionnaire, voir Grande-Bretagne et Irlande, dans ce Supplément.

Angleterre politique et sociale (l’), par

M. Auguste Langel (Paris, 1873, in-18). Ce livre offre une étude complète des mœurs publiques et privées en Angleterre, des institutions politiques, sociales, judiciaires et religieuses. L’auteur porte, sur toutes ces matières un coup d’œil d’ensemble qui fait voir leur enchaînement et leur harmonie, car tout se tient dans la vie comme dans l’histoire d’un peuple. Il décrit avec beaucoup de finesse les variétés, les contrastes et ce qu’on est convenu d’appeler les excentricités de l’esprit et du caractère anglais ; il les explique par le mélange des races d’où est sortie la nation. Mais peut-être attribue-t-il trop d’influence aux lois physiologiques sur tous les phénomènes de l’ordre social. En revanche, il montre très-bien comment, chez ce peuple isolé des autres, tout à fait chez lui de par les conditions mêmes de sa situation géographique, l’amour des institutions libres s’est développé en même temps que l’amour du pays, et comment les deux choses ont fini par former un tout indissoluble ; la liberté, c’est l’Angleterre elle-même, et la puissance britannique n’a pas de plus solide fondement’. « La Chambre des communes est, dit-il, l’expression vivante de la souveraineté nationale", mais cette souveraineté n’est pas une force aveugle, enfantine, capricieuse, remuante, prèle à faire des ruines plutôt qu’à ne rien faire ; elle est la force motrice dé î’Apgleterre, et il lui suffit de vaincre dans ses patients efforts les fortes résistances de la tradition, de la coutume, de l’aristocratie, de la couronne ; une sorte d’équilibre mobile ^’établit sans cesse entre toutes ce» forces. Les Communes anglaises ne se sont jamais considérées que comme des instruments de

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la grandeur, de la prospérité, de la sécurité de l’Angleterre. Leur souveraineté s’arrête toujours instinctivement devant tout ce qui semble menacer la patrie. ■ M. Langel constate le déclin visible de la Chambre haute qui, après avoir été si longtemps l’âme de la politique anglaise, ne tient plus aujourd’hui que la seconde place dans l’État ; un peu plus il rééditerait ce mot d’un ministre whig qui, dans un discours public, appelait les lords des ■ étameurs de lois. >

Passant de la politique a la religion, M. Langel fait remarquer que, si l’Angleterre est chrétienne, elle lest a sa manière ; que le protestantisme a revêtu chez elle des caractères tout a fait spéciaux, incompatibles avec l’unité religieuse. Quoiqu’il y ait une Église nationale, ou peut-être même parce qu’il y en a une, qui est aristocratique et scandaleusement riche, les sectes ont pullulé à l’infini et elles se partagent la nation tout entière. C’est ainsi qu’à la liberté politique est venue se joindre la liberté religieuse, issue de cette variété des croyances. Tout a donc concouru pour faire du peuple anglais un peuple favorisé.

> M. Langel, dit M. Ad. Franck, a eu sous les yeux pendant un assez grand nombre d’années le spectacle de la société anglaise ; il l’a observée en moraliste et en philosophe au moins autant qu’en publiciste. Ce que valent ses lois, son gouvernement, ses croyances, ses mœurs, il le sait par lui-même pour les avoir vus à l’œuvre, et il nous fait part des résultats de ce long examen sans arrièrepensée d’aucune sorte, sans plaider pour ou contre quoi que ce soit, sans autre but que de nous informer de ce qui se passe dans le pays où il a vécu. C’était le seul moyen de rencontrer la vérité. Mais la vérité, quand elle est recueillie.par une intelligence non moins pénétrante qu’impartiale, ne se distingue pas, en pareille matière, de l’originalité ; aussi ne craiudrai-je pas de dire que le travail de M. Langer est certainement le plus original de tous ceux qui ont été publiés depuis longtemps sur nos voisins d’outre-Manche ; c est aussi un des plus riches en réflexions et en renseignements de toute espèce. Lorsqu’on vient d’en lerminer la lecture, on se demande avec étonnement comment tant d’idées et tant de faits ont pu être réunis dans un si petit espace. C’est que M. Langel, connaissant le prix du temps pour les esprits sérieux auxquels il s’adresse, est plus occupé à condenser sa pensée qu’à l’orner et à l’étendre. Il ne dit que ce qui lui parait nécessaire pour être compris. Mais cette sobriété ne lui a pas nui ; elle lui a suggéré des expressions très-heureuses et pleines de relief, qu’on trouve rarement lorsqu’on court après des effets de style. »

Angleterre (HISTOIRE D’). V. HISTOIRE, au

tome IX du Grand Dictionnaire.

ANGLEUH, village de Belgique, arrond. et à 5 kilom. S. de Liège, sur la ligne du Nord et le canal de l’Ourthe ; 2,675 hab. Fonderies et lamineries de zinc ; tanneries et commerce de bois. Près de cette ville se trouve le château de Quincampoix.

•ANGLO-SAXONS. — Hist. On désigne sous ce nom les peuples germaniques qui envahirent la Grande-Bretagne vers le milieu du v» siècle après notre ère. Ces peuples se composaient de Jutes, originaires du Jutland, d’Angles et de Saxons. Ils se convertirent au christianisme au commencement du vus siècle, sous le pape Grégoire 1er, et bientôt on vit s’élever sur leur territoire de nombreux monastères, d’où sortirent des missionnaires, couîme saint Boniface, l’apôtre de la Germanie, et des savants, comme Alcuin. Vers 787, les Anglo-Saxous eurent à lutter contre l’invasion des Danois ; ils furent vaincus et obligés de subir le joug des vainqueurs, qui leur imposèrent des rois. Alfred le Grand, roi des Anglo-Saxons (871-900), lutta vainement contre le flot des envahisseurs, qui occupa bientôt tout le territoire et anéantit la civilisation des vaincus. L’invasion de Guillaume le Conquérant mit fin à cette lutte, et la dynastie anglo-normande remplaça celle des Anglo-Saxons (1066).

* ANGLURE, bourg de France (Marne), ch.-l. de cant., arrond. et à 60 kilom. d’Epernay, sur l’Aube, à la naissance d’un canal de dérivation- pop, aggl., 831 hab. — pop. tôt., 850 hab. Église du xive siècle ; jolies maisons.

ANGLURE (Oger d’), capitaine français du XIIe siècle. Il partit pour la croisade en 1191, sous les ordres de Philippe-Auguste. Fait prisonnier pur Saiadin, il fut relâché sous la promesse de se rendre en France pour réunir la somme nécessaire à sa rançon. N’ayant pu parvenir à la parfaire, il retourna en Palestine et s’y constitua prisonnier. Saiadin, touché de son attachement à la parole donnée, le relâcha de nouveau, en lui demandant seulement de porter lui-même et de faire porter par ses descendants le nom de Saiadin. Oger d’Anglure prit, en effet, à partir de cette époque, le nom de Saiadin d Ançiuro.

ANGOISSE, bourg et commune de France (Dordogne), arrond. et à 47 kilom. de Nontron.cant. de Noailles.sur la Loue ; 1,300 hab. Forges et hauts fourneaux.

ANGOLO ou ANGELO, sculpteur et architecte italien. V. Agostino, dans ce Supplément,


* ANGORA. — D’une statistique récemment publiée dans la Gazette d’Augsbourg, il résulte que la ville d’Angora (Turquie d’Asie) contient 38,138 hab. et que le district du même nom en renferme 315,426. Le gouvernement général d’Angora contient quatre districts : Angora, Jozgat, Kyrscher et Kaisarié. La population totale s’élève à 1,004,478 âmes, dont 849,432 inahométans et 155,046 chrétiens. Le commerce d’Angora avec Constantinople s’est chiffré, en 1873, par 15,680,000 piastres de tistik (poil des chèvres d’Angora), 1,400,000 piastres de laines, 463,000 piastres de gomme adragant, opium, etc. L’exportation totale est estimée à 17,543,000 piastres. Les importations de la même année ont fourni au gouvernement général une recette de 45 millions de piastres.

C’est à Angora qu’on a découvert, dans le temple d’Auguste, la fameuse inscription d’Ancyre, connue sous le nom de Testament d’Auguste.

Angot (la fille de madame), opéra bouffe, paroles de MM. Clairville, Siraudin et Koning, musique de M. Ch. Lecocq. Accueillie avec méfiance par les directeurs des théâtres parisiens, la pièce fut jouée au théâtre des Fantaisies-Parisiennes, à Bruxelles, en novembre 1872. Cette pièce est très-amusante. La fille de M™* Angot, Clairette, est une jolie fleuriste que les dames de la halle ont prise sous leur protection et veulent marier a un perruquier, le sieur Pomponnet ; mais Clairette aime le chansonnier Ange Pitou ; celui-ci, fort inconstant, sacrifie son amie aux beaux yeux de Mlle Lange, la célèbre comédienne ; Clairette, après toutes sortes de péripéties, après s’être même fait mettre en prison pour avoir chanté une chanson satirique de son amant, se console de son infidélité en accordant sa main à Pomponnet. La musique de cet ouvrage est agréable, facilement écrite et expressive. Nous citerons surtout les couplets sur Mme Angot : Trèsjolie, peu polie ; le chœur des conspirateurs : Quand on conspire ; la valse : Tournes, tourne :, et la scène finale du troisième acte, dont ce qu’on appelle le catéchisme poissard a fait les principaux frais. Cet opéra bouffe a été chanté par Widmer, Jolly, MUCS Desclauzas, Luigini, Mme Déforme.

La Fille de madame Angot obtint un immense succès à Bruxelles. Les directeurs des théâtres parisiens se ravisèrent alors., et celui des Folies-Dramatiques lit de magnifiques propositions aux auteurs, qui ne lui gardèrent pas rancune. La pièce eut, aux Folies, plus de six cents représentations, et lors de sa reprise, en 1876, au Théâtre-Historique, elle a de nouveau attiré la foule.

La Fille de madame Angot a fait le tour du monde, et ses airs populaires sont partout chantés.

Angot (la feuille de madame), journal satirique hebdomadaire, fondé par M. Georges Petilleau le 5 octobre 1873. Cette publication, qui n’avait d’original que son titre, eût le sort de ses pareilles ; elle disparut au bout de quelques semaines. Il ne reste d’elle que le huitain suivant, que contenait le premier numéro, et qui eut un certain succès d’actualité :

On m’a raconté qu’il Versaille
Est un chantier très-apparent,
Où quatre cents bûches de taille
Sont à vendre dans ce moment.
Le marchand dit à qui l’aborde :
< Les quatre cents pour un louis !
Mais, bien entendu, mes amis,
On ne les livre qu’a la corde. »

* ANGOULÊME, ville de France (Charente), ch.-l. du départ., sur un plateau entouré de trois côtés par deux cours d’eau, l’Anguienne et la Charente : pop. aggl., 22,109 hab. —pop. tôt., 25,928 hab. L’arrond. comprend 9 cant., 136 coinm., 134,106 hab. Cette ville doit sa prospérité à son industrie et à son commerce d’exportation et d’importation ; ses papeteries jouissent d’une réputation européenne ; raffineries, tanneries ; filatures, fabriques de toiles et d’étoffes grossières ; fabriques de registres, satinege et glaçage ; commerce considérable d’eaux-de-vie ; cuirs, toiles, draps, bijouterie, mercerie ; grains. Entourée de remparts et de jurdins qui offrent des points de vue variés sur la délicieuse campagne qui l’enveloppe, Angoulême a six faubourgs : l’Houmeau, Saint-Ausorie, Saim-Martin, Suint-Cybard, la Bussate et Saint-Koch. Elle est alimentée d’eau par deux machines : l’une, due à l’ingénieur Cordier, élève l’eau de la Charente à près de loo mètres ; l’autre, établie à 2,500 mètres d’Angoulême, puise les eaux de la Touvre, les monte sur le plateau sur lequel la ville est assise et les conduit dans le réservoir des Blanchettes.

Outre les monuments que nous avons cités à notre article Angoulême (t. 1«, p. 380 du Grand Dictioimaire), mentionnons encore : l’église Saint-Martial, construite par M. Abadie ; Saint-Ausone, bâtie dans le style roman de transition ; l’hôtel de ville, qui renferme le musée, édifié de 1858 à 1866, sur l’emplacement du château des comtes d’Angoulême, d’après les plans de M. Abadie ; le théâtre, bâti de 1866 à 1872 sur la place de la Commune ; le Palais de justice, où se trouve la bibliothèque. Les boulevards de ceinture, d’où, comme nous l’avons dit, l’on jouit p»r ÀNGU

tout de beaux points de vue, constituent à Angoulême, avec le Jardin-Vert, des endroits agréables de promenade. Aux environs, les sources.de la Touvre, la fonderie de Ruelle et la poudrerie de Thérouat, sur la Charente, attirent l’attention des touristes.

Histoire. Pour compléter ce que nous avons dit au t. Ier de l’histoire d’Angoulême, ajoutons que la religion réformée y fut introduite par Calvin et ne tarda pas à y faire un certain nombre de prosélytes ; les catholiques et les protestants s’y livrèrent, comme ailleurs, à toutes sortes d’excès ; en 1568, l’amiral de Coligny s’y fit surtout remarquer par sa cruauté. Le roi Charles X porta, comme on sait, avant son avènement au trône le titre de duc d’Angoulême.

ANGOULÊME (Jacques d’), sculpteur français, né à Reims vers 1510, mort vers 1570. Il ne resta que fort peu de temps dans sa ville natale et s’établit de bonne heure à Angoulême, d’où il tira son surnom. Il avait été en Italie et étudié assez longtemps à Rome. Ses travaux, tant ceux qu’il exécuta en Ita lie que ceux qu’il exécuta en France, étaient très-estimés. On a longtemps conservé dans la bibliothèque du Vatican trois grandes figures de cire qui lui avaient été commandées. Il y avait également de lui, dans une grotte voisine de Meudon, une belle statue de VAutomne.

ANGRIE, bourg de France (Maine-et-Loire), cant. et à 5 kilom. de Candô, entre deux affluents de l’Erdre ; 1,900 hab. Joli château défendu par des tours et entouré de fossés ; église du xvn< ! siècle, inachevée.

ANGROISE s. f. (an-groi-ze). Nom donné dans plusieurs départements au lézard de muraille, il On dit aussi angroissb.

ANGUI s. m. (an-ghi). Drosse de l’antenne d’une gulère.

  • ANGUILLE s. f. — Constr. Pièce de bois

qu’on place entre deux radeaux employés à la confection d’un pont, pour maintenir leur éeartement.

— Encycl. Ichthyol. Voici sur les anguilles un article publié, en février 1875, par le journal le Temps, et qui nous parait de nature à intéresser nos lecteurs.

« On a écrit des volumes sur le mode de reproduction des anguilles. Aristote croyait quelles naissaient de la fange ; Pline, des fragments que les anguilles adultes enlevaient de leur corps en le frottant contre des rochers ; d’autres anciens, des cadavres dès animaux. Helinontles faisait venir de la rosée du mois de mai ; Schwenckfeld, des branchies de la bouvière ; d’autres les font sortir des gades-inorues, des sahnones, des éperlans, etc. De nos jours, où l’observation est plus laborieuse et plus constante, cette ténébreuse question n’a pas été plus clairement élucidée ; on en reste toujours aux conjectures ; aussi faut-il accueillir avec empressement tout renseignement sincère qui peut conduire à sa solution.

■ Déjà, il y a quelques années, un des plus aimables de nos écrivains s’occupant des choses delà campagne, qui estunpisciculteur distingué à ses heures de loisir, M. Eugène NoSl, avait surpris des anguilles, qu’il conservait dans un petit étang de sa propriété, se lîvrantàun manège singulier. Vers la fin d’octobre, ces anguilles se rapprochèrent les unes des autres, se réunirent et s’enlacèrent dans une boule qui, sans changer de place pendant cinq à six semaines, était dans un perpétuel mouvement, ces anguilles ne cessant pas de s’entre-croiser, de s enlacer les unes dans les autres en un inextricable réseau de nœuds faits, défaits et refaits avec un visible plaisir. Puis, en une nuit, les anguilles disparurent ; elles étaient sorties du réservoir en se glissant le long des berges en terre et s’en étaient allées a travers la prairie.

> M. Mieux, un simple garde-pêche rouennais, que ses intelligentes préoccupations placent certainement fort au-dessus des modestes fonctions qu’il occupe, a observé des faits analogues ; voici comment il les expose et les conclusions qu’il en tire : " Beaucoup de personnes, dit-il, prétendent qu’à l’autourne les anguilles vont à la mer ; niais

> nous, à qui nos occupations journalières permettent d’étudier de visu, nous sommes à même d’affirmer que les anguilles qui descendent les fleuves en hiver ne vont pus à a la mur, mais qu’elles restent au contluent

> des eaux douces et salées, où elles trouvent des eaux saumâtres et des terrains vaseux, qui leur permettent de s’introduire à une

> certaine profondeur dans l’intérieur des terres. Là, elles s’entassent, s’empêtrent ensemble, forment une énorme masse, et,

« par le mouvement continu de cette boule

> vivante, le timon dont leur corps est enduit s’en détache et s’entasse à l’intérieur

■ de cr famille réunie. La nature aidant, la

■ matière dout chaque sujet s’est dépouillé

« devient, duns le courant de février, une

> quantité de bestioles que les premières douceurs de la température mettent en mouven ment. >

Bien entendu, nous laissons à M. Mieux l’entière responsabilité du phénomène qui transformerait le limon en jeunes anguilles. Si cette hypothèse est hasardée, les ugo’ioméraiions d’anguilles qu’il a constatées, et qui peut-être aussi caractérisent l’acte de fécondation de ces poissons, n’en ont pus