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Une femme peut faire journellement de 50 à 100 vares de tresses et gagner de 9 à 18 cuartos. Le natlier coud Bans sa journée les douze bandes nécessaires à la largeur d’une pièce et gagne8 réaux. Un rouleau de nattes de tresses de 50 vares de longueur vaut de 100 à 180 réaux. Les feuilles d’alfa de qualité inférieure sont utilisées en papeterie et exportées principalement en Angleterre. Sur 150.000 tonnes anglaises extraites des côtes il’Espagne, on en exporte en moyenne 60.000 pour la fabrication du papier. Aujourd’hui l’alfa est surtout fourni par l’Algérie. On estime à plus de 5 millions d’hectares la superficie des Hauts-Plateaux qu’il couvre. L exp.oitation est très importante dans le département d’Oran ; il n’y a pas plus de 200.000 hectares d’alfa dans le département de Consuintine. Un hectare peut donner de 1.000 à 1.500 kilogr, de feuilles vertes.

Le gouvernement a accordé pour 3, 6 et 9 ans, à raison de 0 fr. 30 et 0 fr. 20 l’hectare, une légère partie des terres domaniales couvertes d’alfa. Les alfatlers indigènes ou espagnols employés par les concessionnaires à la récolle des feuilles gagnent jusqu’à 8 francs par jour. L’alfa, trié, est desséché pendant une dizaine de jours et perd 40 pour 100 de son poids. Il est alors utilisé, comme en Espagne, à la fabrication des cordes, des Battes ou du papier. L’exportation d’Algérie est considérable ; de 1875 à isss, elle s’est élevée a près de 828.000 tonnes, ainsi réparties entre les principaux ports : Alger, 31.710 tonnes ; Bône, 6.210 tonnes ; Oran, 755.030 tonnes ; Philippeville, 34.996 tonnes.

L’exportation augmente tous les ans, comme le tableau suivant le prouve :

1875 57.763 tonnes.

1876 58.760 1877 68.757 1878 60.750 1879 6Ï.586 1880 80.896 1881 77.561 1882 85.700 1883 82.420 1884 96.210 1885 96.545 — Papier d’alfa. V. papier.

ALFANDEGA-DA-FE, ville de Portugal, district de Bragatice (Tras-os-Montes), a 54 kilom. S.-E. de Bragance et à 20 kilom. N -E. du confluent du SaboretduDouro, par 41° 27’ de lat. N. et 9" 15’ de long. O. ; 1.487 hab. Alfundega est assise au pied de la sierra de Bornes (1.202 mètres), à 576 mètres d’altitude, sur la rive gauche d’un affluent du Sabor.

AIFAQCES (PUERTO de LOS) ou SAN-CAR-I.OS, port et baie d’Espagne, province de Tortose (Catalogne), à 24 kilom. S.-O. de l’embouchure de l’Ebre et à 75 kilom. S.-O. de Tarragone, par 40" 38’ de lai. N. et 31* de long. O. ; 4.540 hab. Alfaques a un excellent mouillage dans une baie spacieuse, mais peu profonde. Les salines abondent dans les environs. C’est l’entrepôt de Tortose, à cause d« l’encombrement continuel produit par la vase a l’entrée de l’Ebre. Le canal Nuevo fait communiquer cette ville avec Amposta, sur les bords de l’Ebre.

ALFAHELLA-DE-JALLES, ville de Portugal, district de Villa-Reul (Tras-os-Montes), à Î5 kilom. N.-E. de Villa-Real ; 1.060 hab. Alfarella se trouve au N. de la serra de Villarelho et au S. de la serra Padrella.

ALFÎEBI (César, marquis m sosteqno), homme politique italien, né à Turin le 13 août 1799, mort à Florence le 18 avril 1869. 11 servit d’abord dans l’armée, puis entra dans la carrière diplomatique, et fut secrétaire de la légation de Sardaigne successivement a Saint-Pétersbourg, Berlin, Florence, Paris (1825), où son père, Charles-Emmanuel, était ambassadeur. Lorsque Charles-Albert monta sur le trône, en 1831, il fit venir Alfieri a la cour. Celui-ci entra, en 1842, dans l’Association agraire, fondée par Cavour dans un but politique, et il en devint plus tard le président. Nommé président de la commission de réforme par Charles-Albprt, Alfieri y rendit des services considérables : c’est a lui que son pays est redevable de la fondation des chaires d’histoire du droit, d’économie politique, de droit des gens, etc., ainsi que de l’émancipation des universités. Grâce à ses instances, le roi se décida à réformer la constitution dans un sens libéral et le chargea de l’élaboration de la nouvelle constitution. Après la défaite de Custozza, en 1848, Charles-Albert l’appela à la direction des affaires. Mais Alfieri trouva en Gioberti un adversaire acharné, devant lequel il dut bientôt se retirer. Devenu vice-président du Sénat, il prit une part active aux délibérations de cette assemblée, qu’il présida de 1856 à 1860.

ALFIEBI (Charles, marquis ci sostbquo), homme politique et écrivain italien, fils du précédent, néà Turin, en 1837. Il (Uses études dans sa ville natale et se prépara de bonne heure à entrer dans la vie publique. Collaborateur du « RUorgimento >, de la « Rivista contemporaneai, du • Cimente», Charles Alfieri y fit paraître des études dont plusieurs furent très remarquées, et publia, en outre, diverses brochures, notamment : la Réforme et la Révolution, te Statut et la République, Programme libéral et indépendant pour les élections générales de 1857. Il devint, à cette

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époque, membre de la Chambre des députés sardes, où il prit fréquemment la parole et soutint de ses votes la politique de Cavour, dont il avait épousé la nièce. Après la mort de son père, ie marquis César, il le remplaça au Sénat (1869). Depuis cette époque, il a constamment défendu une politique de conciliation et de liberté, destinée à calmer la violence des passions politiques. « Tout ce qu’on peut obtenir en Italie, en fait de modération envers l’Église, a-t-il dit, doit être demandé à l’application du principe de liberté, rien à titre de faveur et de privilège. » Grand ami de la France, il n’a cessé de lui témoigner publiquement sa sympathie. En 1872, il écrivait à M. d’Haussonville : • Un Italien, qui sait ne devoir l’indépendance et la liberté de sa patrie qu’au secours fraternel de la France, ne peut voir sans une profonde douleur le démembrement de provinces françaises et le violent assujettissement à la domination étrangère. Chrétien et libérai, je déteste une politique d’arbitraire, d’astuce et de violence, dont l’Alsace-Lorraine est aujourd’hui la victime ». Le marquis Alfieri est le fondateur et le président de l’école des sciences sociales de Florence, destinée à préparer les jeunes gens instruits a entrer dans l’administration et dans la vie politique. En 1872, il a réuni, dans un volume intitulé l’Italie libérale, ses discours et ses écrits politiques les plus remarquables. Une de ses brochures, intitulée le Chemin de Rome, a été publiée en français, à Paris, en 1860.

ALFONSINE, ville d’Italie, province de Ravenne, par 44° si’ de lat. N. et 9« 42’ de long. E. ; 6.969 hab. C’est la patrie de Vinceuzo Monti.

, ALFOBD (Henry), poète et érudit anglais, né à Londres, en 1810. — Il est mort à Canterbury, le 12 janvier 1871.

  • ALFOBT ou mieux ALFOBTV1LLB, commune

du département de la Seine, arrond. de Sceaux, canton de Charenton, à 7 kilom. de Paris ; 4.061 hab. Fête à Saint-Anne. Marchés Jéjeudi et le dimanche.

Histoire, Alfort, jadis un hameau, a dû son origine à un château qui, au xive siècle, était dénommé Berefort et, au xvue, Hallefort. Le hameau grandit en quelque sorte sous l’égide de son voisin et son aîné, Maisons (v. ce mot). Jusqu’en 1885, Alfort n’a été qu’une dépendance de Maisons, qui était la commune ; à cette date, une loi a reconnu son autonomie et lui a conféré une organisation municipale indépendante.

Le vaste et massif château d’Alfort, situé dans une position charmante, à la pointe des deux grandes routes de la Bourgogne et de la Champagne, ayant vue sur la Seine et sur la Marne, fut longtemps le centre de grandes fêtes et de réceptions brillantes. Plus tard on y fonda VEcole vétérinaire dont il est question à l’article ci-après.

Alfort (BCOLB VBTBRIMAIRB t>'), que dans le langage courant on appelle simplement École d’Alfort. C’est la plus importante de nos trois écoles nationales vétérinaires ; les deux autres sont établies à Lyon et à Toulouse.

Historique. L’École d’Alfort fut fondée, en 1766 par Bertîn et Bourgelat qui, quatre ans auparavant, avaient déjà créé celle de Lyon. Claude Bourgelat, cet homme remarquable qui fut tour a tour avocat, mousquetaire, professeur d’équitation, vétérinaire, Savant et bon écrivain, en conçut l’idée, en dressa les plans, et les fit exécuter dans le château d’Alfort, avec l’appui et le concours de son ami Bertin, devenu contrôleur général des finances. Il fut le premier directeur de l’École où il eut pour successeurs Chabert, Girard, Yvart, Renault, Delafond, Magne, Reynal, etc. ; aujourd’hui elle est dirigée par M. Goubaux. Elle s’est distinguée a la fois par les hommes éminents qu’elle a choisis comme professeurs et par les élèves illustres qu’ils ont formés-, on peut citer parmi les premiers Vicq-d’Azyr, Daubenton, Fourcroy, Dulong, Flourens, Huzard, Bouley, Lassaigne, et bien d’autres encore ; parmi les seconds, Gilbert, Flaudrin, Girard, Dupuis. Vatel, etc. En 1814, lorsque les puissances coalisées menaçaient notre capitale, l’École d’Alfort se vit tout à coup transformée en camp militaire. Non moins braves que les élèves de l’École polytechnique, les jeunes vétérinaires voulurent aussi contribuer à la défense de Paris. Le château fut fortifié, les murs du parc furent crénelés, et, fiers des canons que le gouvernement avait confiés à leur courage, les élèves de l’École d’Alfort restèrent fermes aux postes où ils avaient été placés ; plusieurs y trouvèrent la mort ou y reçurent des blessures glorieuses.

En 1879, ces jeunes gens furent presque sur le point de prendre encore les armes, mais cette fois pour une moins noble cause : il s’agissait d’une révolte motivée par des questions de discipline intérieure, toujours fort difficiles à trancher quand les élèves qu’il faut réglementer sont déjà des jeunes gens. Ceux-ci protestaient surtout contre l’obligation où ils étaient d’aller chaque dimanche à la messe. Il parait qu’en 1805 Mme Lenoir, femme du directeur, avait été scandalisée de ne voir à la messe que quatre élèves. Grâce au zèle de cette dame, il fut décrété que les jeunes vétérinaires assisteraient aux offices dimanches et fêtes et feraient leur salut malgré eux. Depuis lors.

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on avait continué par routine l’application d’un règlement peu en harmonie avec notre époque de tolérance et de liberté de conscience. À la suite de la petite émeute de 1879, les élèves furent licenciés pendant quinze jours, puis tout finit par s’arranger.

Organisation.conditions d’admission, etc. L’École est établie près des bords de la Marne, dans l’ancien château et ses dépendances. L’appropriation de l’édifice et du parc à leur destination nouvelle a exigé et exige encore un grand nombre de constructions. L’École a toujours un effectif réel de 300 élèves, qui y séjournent pendant quatre ans. La première année, les jeunes gens suivent des cours de physique, de chimie, de botanique et de ce qu’on appelle ■ l’extérieur « ; on entend par là l’étude des formes des animaux : à son port, a son poil, il faut arriver à reconnaître la race, l’âge de l’animal, etc. La seconde année, on passe en revue toute la partie médicale de l’enseignement, c’est-à-dire l’anatomie, la zoologie, la physiologie et l’histologie. La troisième année est consacrée h l’étude des maladies des animaux. Aux bâtiments nécessaires à l’habitation et à l’instruction des élèves, il a donc fallu adjoindre des écuries, des étables, des porcheries, des bergeries, des chenils, etc., pour l’observation et le traitement des différentes espèces de maladies. L’établissement est surtout un hôpital pour les chiens et les chevaux, qui sont soignés par les élèves sous la direction des professeurs. Nous n’avons, on le voit, rien à envier à l’Inde et à, son hospice de Bénarès. La pension d’un cheval est de 2 fr. 50 par jour, celle d’un chien de o fr. 60. On voit le des bêtes quasi historiques : ainsi se trouvait relégué lit, il n’y a pas bien longtemps encore, pour cause de vieillesse, un cheval du maréchal Canrobert. En quatrième et dernière année, les études s’achèvent par la médecine légale vétérinaire ; on comprend qu’une des principales fonctions du médecin des animaux est le contrôle des causes qui ont amené leurs maladies. Telles sont les principales matières enseignées aux élèves de l’École d’Alfort. Il faudrait en ajouter beaucoup d’autres pour les énumérer toutes, surtout après le décret du 18 février 1887, le dernier document qui ait réglementé cet important établissement. Nous nous contenterons de citer la pathologie générale, le manuel opératoire, la ferrure, l’inspection des viandes de boucherie, la pharmacie, la toxicologie, l’hygiène, la zootechnie, la langue et la littérature françaises, la langue allemande, etc. Longtemps on a pu reprocher à l’École d’Alfort de former des vétérinaires aptes seulement au traitement des chevaux : le gouvernement de la République s’est attaché à y introduire tous les moyens d’instruction et de recherches propres h former des praticiens connaissant à fond tous les animaux domestiques et les maladies qui peuvent les atteindre. Les mêmes règlements nouveaux ont été introduits dans toutes les écoles vétérinaires. Pendant la dernière année, les élèves vont chaque jeudi en visite aux abattoirs de la Villette.

Ce sont là de sérieux travaux, et qui ont leur sanction échelonnée. À la fin de chaque année il y a un examen, et une insuffisance de points entraîne le renvoi. Toutefois le ministre, sur la proposition du conseil de l’École, peut accorder a certains élèves reconnus capables de se rattraper la faculté de redoubler une année ; mais cette faculté ne peut s’exercer qu’une fois pendant toute la période réglementaire des études. Cinq années représentent donc le maximum du temps qu’un élève passe à l’École.

Depuis sa fondation l’établissement a reçu environ en moyenne 75 élevés par année. Il reçoit des élèves internes, demi-pensionnaires et externes. Toute demande à l’effet d’obtenir l’autorisation d’entrer dans l’une des écoles vétérinaires de France doit être adressée, avant le l" août de chaque année, au ministre de l’Agriculture. Le prix de la pension entière, à Alfort, est de 600 francs pour l’année scolaire. Cette somme est payable en trois termes, ainsi qu’il suit : 180 francs le 15 octobre, 180 francs le 1« janvier et 240 francs le 1er avril. Les élèves demi-pensionnaires et externes acquittent aux mêmes époques, et par fractions proportionnelles, une rétribution fixée à 400 francs pour les premiers et 200 francs pour les seconds. Le payement doit être effectué dans une caisse de l’État. Indépendamment du prix de la pension, les élèves internes et externes sont tenus de verser, au commencement de chaque année scolaire, une somme de 30 francs destinée à garantir le payement des objets cassés ou détériorés par leur faute. Ce versement a lieu entre les mains du régisseur da l’École. Des bourses et des fractions de bourses peuvent être accordées par le ministre de l’Agriculture, mais pour une année seulement ; toutefois elles sont renouvelables. Tous les élèves, boursiers ou non, sont obligés de se procurer à leurs frais les effets de trousseau, ainsi que les livres et les instruments nécessaires & leur instruction. L’école admet les étrangers au même titre que les nationaux, et l’époque d’entrée est fixée au 6 octobre de chaque année. L’admission n’a lieu qu’après un concours auquel nul n’est autorisé à prendre part s’il n’a préalablement justifié <iuM aura dix-sept ans accomplis le

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1er octobre de l’année du concours ; aucun» dispense d’âge ne saurait être accordée. Les candidats doivent se conformer en tous points aux décrets du 21 octobre 1881 et du 18 février 1887 et aux instructions et programmes qui leur sont communiqués sur leur demande. Le concours a lieu tous les ans, le premier lundi d’octobre ; les épreuves, qui sont écrites et orales, portent uniquement sur les matières désignées au programme des connaissances exigées. Les bacheliers es lettres et es sciences sont dispensés de ces épreuves, ainsi que les jeunes gens qui ont obtenu le diplôme délivré dans les écoles nationales d’agriculture ou des diplômes équivalents. Le ministre de la Guerre entretient à l’École d’Alfort 30 élèves militaires pour le service des corps de troupes h cheval. A partir de 1890, tous les candidats devront avoir un des trois diplômes de bachelier, ou un diplôme délivré soit par l’Institut agronomique, soit par les écoles nationales d’agriculture.

ALFOUR, ALFOUBOO, ALIFODR. Ethn. Nom d’une race d’hommes habitant, le plus souvent à l’état sauvage, l’intérieur des îles Malaises.

— Encycl. Les Alfours représentent au milieu des Malais un élément particulier, en minorité dans toutes les lies, composé de débris d’une race autochtone depuis longtemps disparue de Java, mais subsistant encore à Bornéo sous le nom de Daiaks, à Sumatra sous celui de Battaks, et dans les autres Iles, aux Célèbes, dans les Moluques, sons le nom à’Alfourous, que leur donnent les Malais.

Ces Alfours, appelés si justement par SI. Hamy Indonésiens, occupèrent d’abord les lies de la Malaisie. D’où venaient-ils T Probablement du sud de l’Inde : ou rencontre en certains points du continent indien des types rappelant celui des Alfours. Ces Alfours furent les premiers habitants de la Malaisie ; ils habitaient les forêts, dans les montagnes, et demeuraient dans des maisons construites sur pilotis, rappelant les anciennes stations lacustres. Plus tard, arrivèrent les Malais, qui s’établirent sur les côtes des lies de la Sonde passant dans les Célèbes et les Moluques, chassèrent devant eux et repoussèrent dans l’intérieur les Alfours, qu’ils détruisaient aussi probablement sans pitié toutes les fois qu’ils en trouvaient l’occasion. Ce nom à’alfourou dans la bouche des Malais est synonyme de «outlaw», d’esclave fugitif, et s’applique par extension a toutes les tribus sauvages insoumises qui vivent dans les montagnes et les forêts, fuyant la civilisation.

Les Alfours sont des hommes de taille asset élevée, à la peau brun foncé et très poilus, aux cheveux longs, tins et légèrement crépelés. Us sont dolichocéphales. Leurs membres Bont grêles en général, sauf dans l’adolescence, et leur ensemble est mieux proportionné que celui des Mélanésiens. Leur visage se termine en pointe, le nez est long et aquilin, les yeux fendus en amande ont une expression inquièie ; enfoncés sous le* arcades sourcilières saillantes, ils rappellent ceux des oiseaux de proie. Le menton et les joues sont généralement couverts d’une barbe épaisse et inculte ; la poitrine, les bras et surtout les jambes sont extrêmement poilus.

Les hommes vont nus, à l’exception d’un langouti d’écorce d’arbre ou d’étoffe ; les femmes s’enveloppent les reins dans un pagne ; comme armes, ils ont la lance, l’arc et les flèches, soit à pointe de bambou taillée et barbelée, soit à pointe de fer ; parfois aussi ils sont armés de sabres larges et droits. Ce sont de grands guerriers et coupeurs de têtes ; ils ornent leurs longs boucliers, en forme de pavois, de peintures rouges et de chevelures prises sur les têtes coupées à l’ennemi.

Les Alfours ont dû habiter également l’Ile de Bourou, et il en existe probablement encore dans l’intérieur ; de là ils ont sans doute passé en certains points de la Nouvelle-Guinée par toutes les Iles qui s’étendent entre Gilolo et celles de Waigiou, Salwatty, Batanta. Il ne nous paraîtrait pas impossible que les races guerrières et montagnardes de la péninsule Nord, Werraons, Wonims, Wa-Saoni et Arfaks ne fussent un mélange d’Indonésiens et de Mélanésiens. Si l’on se transporte, par exemple, à Andaie, territoire d’Arfaks, on est étonné des rapports que présentent certains hommes, venus des montagnes, avec les Alfours de Gilolo. On ne voit pas de ces hommes au havre de Dorey,

?ui est entièrement occupé par la race maore,

presque toujours en difficulté avec les montagnards. Cependant, à quelques kilomètres de Dorey, sur des monticules, sont établis deux villages d’Arfaks, ATambori et Pokombo ; mais les gens qui les habitent sont très mélangés de sang mafor et ne présentent pas de grandes différences avec le type papou. (D’après un voyageur français, M. M. Maindron.) Le nom d’Arfaks n’est d’ailleurs en Nouvelle-Guinée, comme celui d’Alfours, qu’une désignation générale dans laquelle les populations côtières enferment toutes les tribus de l’intérieur dont elles ont à redouter les incursions.

ALGARINEJO, ville d’Espagne, province de Grenade (Andalousie), à 45 kilom. O. de Grenade, à 10 kilom. au N. de Loja, par

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