Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 17, part. 1, A.djvu/208

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


ALSA

ls.t. N., et entre 3" 32’ et 50 5’ 8" de long. B. Sa plus grande longueur, du N. au S., est de 240 kilom. ; sa plus grande largeur, de l’E. À l’O., de ISO kilom. Sa superficie est de 14.512 kilom. carrés.

Configuration physique. L’Alsace-Lorr&ine forme trois régions distinctes : les Vosges, la plaine du Rhin en Alsace, et le plateau de Lorraine. L’altitude moyenne des Vosges est de 1.500 à 2.000 mètres ; la plaine du Rhin est de 100 à £00 mètres au-dessus du niveau de la mer, et le plateau de Lorraine de 200 à 500 mètres. Les Vosges occupent une superficie de 10.980 kilom. carrés, dont 7.500 pour l’Alsace. Dans les 10.980 kilom. carrés, 1.230 sont au-dessus de 650 mètres d’altitude ; 1.800 entre 650 et 325 mètres, et 4.480 entre 325 et 162. Elles se détachent du Jura à la trouée de Belfort, commençant par des collines peu sensibles pour s’élever assez rapidement et atteindre 938 mètres à l’E. de Giromagny. Les Vosges proprement dites ont leur origine au ballon d’Alsace (1.244 mètres). La dépression qui les sépare est une plaine ondulée de 35 à 40 kilom. d’étendue du N. au S., avec une altitude moyenne de 350 mètres ; cette plaine forme, entre l’Alsace et la Franche-Comté, une communication naturelle très importante au point de vue militaire. À partir du ballon d’Alsace les Vosges se dirigent parallèlement au Rhin jusqu’à Mayence sur une longueur de 240 kilom. Leur élévaiion diminue du S. au N. entre le ballon d’Alsace (1.244 mètres) et le mont Donnersberg (692 mètres), situé à l’O. de Worms. Le point culminant de tout le système ne se trouve pas dans la chaîne proprement dite, mais sur une de ses ramifications orientales, le ballon de Guebwiller (1.426 mètres). Les pentes des Vosges sont également abruptes sur les deux versants, à l’exception de la partie centrale ; celles de l’E. descendent jusque dans la plaine, tandis

2ue celles de l’O. sont limitées par le plateau levé et ondulé de la Lorraine ; c’est pour ctla que, vues des bords du Rhin, les Vosges

finraissent plus élevées que vues du côté de a Moselle. Les Vosges se divisent naturellement en trois parties, qui diffèrent complètement par leur constitution géologique, leur aspect et leur hauteur : les Vosges méridionales, du ballon d’Alsace jusqu’au mont Donon ; les Vosges septentrionales, jusqu’aux sources de la Lauter, et le Hardt, qui se termine près de Bingen, sur le Rhin, mais’qui n’appartient pas à l’Alsace. Les Vosges méridionales forment une véritable chaîne de montagnes de 1.000 à 1,200 mètres en moyenne ; eLes sont couvertes de vastes forêts, de lacs et d’étangs, et présentent des sommets arrondis en forme de ballons, boisés ou revêtus de pâturages. Cette chaîne est traversée par des routes nombreuses, mais faciles à défendre. Les points culminants sont : le ballon de Soultz ou Guebwiller (1.426 mètres), le Hohneck (1.366), le Rotenbach (1.366 mètres), et le Wissart (1.318 mètres). Cette chaîne se termine à la montagne presque isolée de Ûonon (1.013 mètres), au N. de Schirmeck ; elle est remarquable par les roches qui couvrent son sommet ; elle forme une défense naturelle, mais qui peut être tournée au S. et au N., soit par la trouée de Belfort, soit par les basses Vosges. Les Vosges septentrionales ou basses Vosges ont encore quelques sommets de 1.000 mètres d’altitude dans leur partie méridionale ; mais elles diminuent de largeur à mesure qu’elles s’abaissent considérablement. Au delà du col de Saverne (336 mètres), elles ne forment plus que des élévations minimes qui ont l’aspect de hauts plateaux, partout inférieurs à 500 mètres. Les points culminants sont : le Hohenkoff (450 mètres), au S.-E. de Bitche, et le Kaesborg (432 mètres), près des sources de la Moder. Au point de vue stratégique, les Vosges septentrionales ne présentent aucun avantage ; les Allemands ont détruit les forts qui en défendaient les passages. Les cols principaux des Vosges sont : le col de Bussang (600 mètres) ; le col de la Schlucht (1.250 mètres) ; le col du Bonhomme (940 mètres) ; le col de Schirmeck ^558 mètres), et le ColduDonon. Lecol de Saverne est le plus important ; c’est le chemin de communication entre Strasbourg, Metz et Nancy ; cette route est longée par le chemin de fer qui traverse la chaîne sous le magnifique tunnel d’Arschwiller ou de Hommarting, long de 2.678 mètres, etdont laconstructionaeoute2.600.000 francs. Ur. deuxième tunnel, superposé au précédent, donne passage au canal de la Marne au Rhin. La grande plaine du Rhin est, du N. au S-, beaucoup plus longue que large ; elle est faiblement ondulée, fertile, couverte d’une riche végétation et arrosée par de nombreux cours d’eau. L’111, la plus grande rivière de l’Alsace, la coupe en deux parties inégales : à l’O., elle ne laisse qu’une étroite vallée au pied des Vosges, tandis qu’à l’E. s’étend une large plaine qui va jusqu’au Rhin. Le plateau de Lorraine mesure 5.150 kilom.

g carrés et comprend les - de la partie de

la Lorraine cédée à l’Allemagne ; son altitude est de 230 à 2C0 mètres ; 112 kilom. carrés sont à une altitude inférieure à 162 mètres, 4.760 kilom. carrés sont entre 162 et 325 mètres, et 280 kilom. carrés dépassent 365 mètres. La Lorraine actuellement allemande ne forme jas une division géogra ALSA

phique ; elle se compose du versant occidental des massifs qui continuent les Vosges au N. du col de Saverne et que traversent, du N. au S., les vallées de la Saar, de la Nied et de la Moselle.

Hydrographie : Le Rhin, arrêté dans son cours vers l’O. parle Jura, au-dessous de Bâle, tourne brusquement vers le N.-O. et forme la limite de l’Alsace et de l’Allemagne ; dans cette partie de son cours, le fleuve est large, profond, navigable et rempli d’une multitude d’îles et d’îlots, généralement boisés ; de Bâle à Brisacb, leur nombre s’élève à 60 ; de Brisach à Strasbourg à 80, et de ce point à la frontière de l’Aisace on en compte 40. La largeur du Rhin, à Bâle, est de 270 mètres ; à Strasbourg, de 365 mètres. Parallèlement au fleuve, et à une distance de 2 à 3 kiloin., s’élèvent des dignes continues de 4 à 6 mètres de hauteur sur 4 à 7 mètres de largeur, destinées à contenir les débordements du Rhin, aux époques de fortes crues. Les ponts sur le Rhin sont très nombreux ; mais, à part Ceux qu’ont à franchir les voies ferrées et qui sont fixes et en métal, cène sont généralement que des ponts de bateaux. Le fleuve est traversé par trois lignes de chemins de fer : celle de Neuenburg à Mulhouse ; de Kehl à Strasbourg, la principale, et celle de Belfort, Nancy, Meta et Mayence. Ces lignes relient les deux grandes voies ferrées parallèles au Rhin. Sur la rive alsacienne, le Rhin arrose Neufbrisach, Markolsheim, Schonau, Rheinau, Strasbourg, Gambsheim, et Seltz. Le cours d’eau le plus important de l’Alsace est VIII, rivière qui prend sa source sur le Blauenberg, dans le Jura septentrional ; elle parcourt la plus grande partie de la plaine du Rhin, en Alsace, du S. au N., et passe à Altkirch, Mulhouse, Colmar, Sehiestadt, Strasbourg et se jette dans le Rhin à quelques kilomètres au N. de cette ville. L’IU coule sur une ligne parallèle et peu distante du Rhin ; son cours est de 150 kilom. et son bassin de 4.584 kilom. carrés. Les amas de graviers entraînés par cette rivière et portés au Rhin, sur la rive gauche, ont fait avancer le bec du confluent jusqu’au village de la Wanzenau ; son embouchure se trouve à 80 kilom. de Colmar. À droite, elle ne reçoit aucun affluent important ; à gauche, la Largue, le Dolleren, la Thur, la Lauch, la Fecht, la Liepvrette, la Bruche et de nombreux ruisseaux s’y déversent. Les autres cours d’eau de l’Alsace, qui tous se jettent dans le Rhin, sont : la Souffel, la Moder, la Zorn, qui passe à Saverne ; le Sauerbach, le Selz et la Lauter qui forme la frontière vers le N. et passe à Wissembourg. Dans la Lorrains citons la Moselle, qui forme une grande vallée, conduisant presque directement dans l’intérieur de la France ; de tout temps elle a été une des voies suivies, dans leurs invasions, par les peuples Germains. La largeur moyenne de la Moselle est de 50 à 80 mètres jusqu’au confluent de la Sarre ; sa profondeur est de 2™,50 ; elle entre en Lorraine au dessus de Pugny, arrose Metz, où elle reçoit la Seille, qui, sortie de l’étang de Lindre, a traversé Dieuze et ses importantes salines, Marsal et Vie, est rentrée en France, puis en est sortie à Cheminot pour rejoindre la Moselle. Celle-ci continue sa route, arrose Thionville et va se jeter dans le Rhin à Coblentz. La Moselle a encore comme affluent la Sarre, qui prend naissance au pied du montDonon, coule d’abord parallèlement aux Vosges, jusqu’à Sarrebruck et se dirige ensuite parallèlement au Rhin ; sa largeur moyenne varie entre 50 et 60 mètres ; sa profondeur est de i™,40 ; elle arrose Sarreguemines et Sarrebruck, où elle devient navigable. La Sarre reçoit, à droite, la Blies et l’Eichel. Parmi les autres rivières qui sillonnent le plateau de Lorraine, citons la Nied, formée de la réunion des deux Nied, allemande et française : la première passe à Faulquemont, la seconde à Remilly et Courcelles. La partie S.-E. de la Lorraine est pleine de lacs et d’étangs, reliés entre eux par des canaux. Les principaux canaux de l’Alsace-Lorraine sont : 1° le canal de la Marne-au-Rhtn, entre Vitry-le-François et 1*111, au-dessous de Strasbourg ; 2» le canal des Salines et des Houillères de la Sarre, qui joint la Seille à la Sarre ; 30 le canal le Vauban, entre Einsisheim et Neufbrisach ; 40 le canal de la Thur, qui rejoint la Lauch ; 5" le canal du Rhin, entre l’ill et le Rhin ; 6° au N.-E. de Mulhouse, le canal du Rhône au Rhin, entre la Saône, dans la Côte-d’Or, et l’ill, qui traverse la grande forêt du Harz (1.530 kilom. carrés).

Climat. Le climat de l’Alsace-Lorraine est plus rigoureux que celui de la France ; les étés sont relativement chauds, et les hivers très froids ; les variations de la température sont brusques et sensibles. Les vents froids viennent du N.-E. et les vents chauds du S.-O. La grêle tombe fréquemment sur les sommets des Vosges. Quant à la Lorraine, en particulier, son climat est très variable, en raison même des inégalités du sol ; les jours de pluie y sont plus nombreux et l’humidité s’y condense plus souvent en nuages, qui s’élèvent à peu de distance du sol. Dans les environs de Bitche, à Forbach, les brouillards sont fréquents et très intenses ; mais ils sont utiles à la végétation. La température moj’enne de l’Alsace-Lorraine est do lo à 26° ; la mn3’enne des eaux pluviales,

ALSA

dans la vallée du Rhin, est de 560 à 580 millimètres, tandis que, sur les hautes Vosges, elle est de 1.100 à 1.200 millimètres. L’Alsace

ALSA

205

est donc, sous ce rapport, comme un résumé de la température du continent tout entier.

Wesserling. Colmar... Strasbourg. Metz

Température.

80,1 100,7 100,4

90,7

Millimètres de pluie.

1.157 479 672 660

Productions naturelles. Au point de vue agricole, l’Alsace-Lorraine est un des paj’s les plus avancés de l’Europe, soit par la mise en usage des méthodes perfectionnées

de culture, soit par l’exploitation des produits. La superficie du sol était ainsi distribuée en 1875, et depuis bien peu de changements ont eu lieu :

DISTRICTS.

Haute-Alsace. Basse-Alsace. Lorraine....

Totaux..

SUPERFICIE EN KILOMETRES CARRES.

Champs. Prairies. Vignobles. Vergers.

I.3S6 1.977 3.771

7.134

440 612 644

1.696

Dans la Basse-Alsace, les plaines sont couvertes de vignobles, de champs de blé, d’orge, de colza, de tabac, de chanvre, de lin, de moutarde, de houblon, de garance. L’agriculture est partout florissante et l’industrie très développée, surtout dans la Haute-Alsace ; les principales branches d’industrie sont les filatures, le tissage et l’impression des cotons. Le long de la chaîne des Vosges, sur le versant alsacien, échelonnés de Wissembourg à la frontière, existent des gisements de terrains tertiaires renfermant des pétroles lourds qui donnent à la distillation d’excellents produits ; il 3" a aussi des mines de fer, de cuivre, de plomb argentifère et de charbon de terre. La Lorraine est également un pays agricole, mais bien inférieur à l’Alsace, quant à l’importance de ses productions ; son sol et son climat sont moins favorables aux grandes cultures ; elle ne possède pas une large vallée comparable à celle du Rhin, et ses coteaux, au lieu d’être exposés au S.-E., sont tournés vers le N. ; elle renferme, en outre, près de 7.000 hectares, soit 70 kilom. carrés de landes incultes, sans compter les marais et les marécages. À l’exception de quelques collines bien orientées, dans les vallées de la Moselle, de la Seille et de la Nied, et surtout dans les environs de Château-Salins et de Metz, la vigne est peu cultivée. L’Alsace-Lorraine entre pour un quart dans la production totale des vignes de l’Allemagne. Les principaux vignobles sont entre Thann et Mutzig ; les vins de cette région sont de qualité supérieure et quelques crûs ont une véritable célébrité. La Lorraine renferme beaucoup d’étants, qui servent de viviers ; & certaines époques, on les vide presque complètement, on prend le poisson qu’ils contiennent, et sur leurs bords asséchés on sème du froment et d’autres céréales ; la récolte faite, on referme les vannes et on repeuple l’étang, qui se remplit peu a peu. Le grand étang de Linde, dans la vallée de Seiller, fournit parfois jusqu’à 100.000 kilogr. de poisson par an. Grâce à la richesse du sous-sol, l’industrie a pris un grand développement : les gisements de fer sont très nombreux, et l’épaisseur de la couche productive atteint jusqu’à 30 mètres. Les mines les plus importantes sont situées à l’O. de la Moselle et s’étendent vers les frontières de France. Des mines nombreuses de charbon existent dans le bassin de la Sarre ; des salines et des roches de trias sont exploitées entre la Sarre et la Seille ; on en retire de grandes quantités de sel. Enfin, citons la grande crisiallerie de Saint-Louis, qui emploie 2.000 ouvriers et livre au commerce pour près de 8 millions de francs de marchandises chaque année.

Population. La population de l’Alsace-Lorraine est de 1.564.355 habitants. En 1880, elle comptait 1.566.670 habitants, soit 108 habitants environ par kilomètre carré. Sur ce nombre, il y avait 1.537.707 habitants pour la population civile et 38.963 pour la population militaire. D’après le recensement du 1er décembre 1885, la population n’est plus que de 1,564.355 âmes. De 1871 à 1875, le nombre des habitants avait diminué de 18.474, malgré un excédent de 52.120 naissances sur les décès, soit une perte totale de 70,594. De 1876 à 1880, les naissances ont dépassé les décès de 64.969 ; par contre, l’augmentation de la population civile n’a été que de 28.687 personnes, soit un déficit de 36.282. De 18S0 à 1885, la diminution a été de 2.315 personnes, soit de 0.14 pour 100, bien que l’excédent des naissances sur les décès se soit élevé, pendant cette période, à environ 55.000 âmes.

La Basse-Alsace a augmenté de 55 habitants, la Haute-Alsace de 607 habitants ; au contraire, la Lorraine a diminué de 2.977 habitants. Cette diminution de la population totale tient uniquement à l’émigration, qui dépasse de beaucoup l’immigration.

En 1880, cette province comptait 1 million 436.103 Alsaciens-Lorrains, 114,797 Allemunds, y compris les fonctionnaires et l’armée ; 13.906 Français et 1.861 étrangers.

1.112 1.325

598

3.035

39 66

7

112

Forêts.

528

794

1.213

2.535

Totaux.

3.505 4.774 6.233

14.512

Dans la même année, il y avait 1.218.468 catholiques, 305.134 protestants, 39.278 israélites et 3.790 personnes appartenant à d’autres religions. En juin 1882, la répartition de la population par professions était la suivante : 627.800 agriculteurs et éleveurs de bestiaux, 17.803 s’occupant de sylviculture, de chasse et de pêche ; 142.627 commerçants, 16.606 journaliers ou domestiques, 563.272 occupés dans l’industrie, 104,212 aux emplois publics et aux professions libérales ; enfin, 67.260 sans profession.

Organisation politique et administrative. L’organisation politique de l’Alsace-Lorraine, dont nous avons parlé an tome XVI du Grand Dictionnaire, a été modifiée par la loi du 4 juillet 1879. Nous indiquerons les dispositions de cette loi en faisant plus loin l’historique des deux provinces. Au point de vue judiciaire, l’appel va, des six tribunaux de première instance (Landgerichte) de Mulhouse, Colmar, Strasbourg, Saverne, Sarreguemines et Metz, à la cour de Colmar. Toute l’administration des chemins de fer, postes et télégraphes, dépend de l’empire. Pour l’église évangélique de la confession d’Augsbourg, il y a un directoire ; pour l’Église réformée et le culte israélite, des consistoires indépendants. Un des premiers soins du gouvernement allemand a été de rétablir l’université de Strasbourg sur des bases très larges et de germaniser l’enseignement à tous les degrés. La législation française a été en partie maintenue, mais elle se modifie peu à peu.

L’Alsace-Lorraine est maintenant divisée en trois districts : Basse-Alsace, Haute-Alsace et Lorraine, et en vingt-trois cercles ainsi distribués :

Basse-Alsace, 612.077 habitants sur 4.778 kilom. carrés. Huit cercles : Sehiestadt, Erstein, Molsheim, Strasbourg-ville, Strasbourg-campagne, Haguenau, Wissembourg, Saverne.

Haute-Alsace, 462.077 habitants sur 3.508 kilom. carrés. Sept cercles : Altkirch, Mulhouse-ville, Mulhouse-campagne, Thann, Guebwiller, Ribeauvillé, Colmar.

Lorraine, 489.729 habitants sur 6.222 kilom. carrés. Huit cercles : Sarrègnemines, Forbach, Boulay, Thionville, Metz-ville, Metzcampagne, Château-Salins, Sarrebourg.

Les villes principales de l’Alsace-Lorraine sont, dans la Haute-Alsace : Mulhouse, Colmar, Guebwiller, Sainte-Marie-aux-Mines, Thann, Ribeauvillé, Soultz, Munster ; en Basse-Alsace : Strasbourg, Haguenau, Sehiestadt, Bischwiller, Saverne, Wissembourg, Barr ; en Lorraine : Metz, Sarrègnemines, Thionville, Forbach, Ars-sur-Moselle. D’après le recensement du 1er décembre 1885, Strasbourg compte 111.987 habitants, soit 7 516 de plus qu’au dernier recensement ; Mulhouse, 69.759 (augmentation, 7.130) ; Metz, 54.072 (augmentation, 841) ; Colmar, 26.537 (augmentation, 431).

Le budget des dépenses, dans l’Alsace-Lorraine, s’est élevé, pour l’année 1886-1887, à 38.494.604 marcs, et celui des recettes, à 40.441.106 marcs.

Par le traité de Francfort, l’Alsace-Lorraine avait été dégrevée de toute dette publique. Depuis lors, une loi du 10 juin 1872 a créé des obligations à 4 pour 100, qui montaient, en 1886, à 23.424.400 francs, et l’on a émis, de 1881 à 1886, des rentes à 3 pour 100.

Système de défense. Depuis 1871, les Allemands ont transformé l’Alsace-Lorraine en un vaste camp retranché ; les garnisons sont réparties ainsi : 21.219 hommes en Lorraine, 13.474 dans la Basse-Alsace et 4.270 dans la Haute-Alsace. C’est surtout autour de Metz et de Strasbourg, quartier général du 15° corps d’armée, que les Allemands ont concentré leurs forces. Metz est la clef de l’Allemagne du Nord, comme Strasbourg est la clef de l’Allemagne du Sud. Metz est actuellement la plus redoutable forteresse de l’Europe ; elle menace le centre de la frontièrede la Meuse-Moselle, c’est-à-dire les places de Toul et de Verdun et les routes de Paris,