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Cotte formule n’indique que deux isomères passibles pour les dérivés monosubstitués a cause de la symétrie complète autour de deux axes ; elle prévoit dix dérivés disubstitués, lorsqu’il n’y a qu’un seul radical substituant ; les autres dérivés sont susceptibles d’un grand nombre d’isoraéries. Aucun fait ne s’est montré en contradiction avec ces conséquences de la formule ci-dessus, qui est généralement adoptée.

Propriétés. La préparation et les principales propriétés de 1 anthraquinone ont été décrites (V. quinowe, au tome XIII du Grand Dictionnaire). La préparation n’a, du reste, plus guère d’intérêt dans les laboratoires, puisque l’anthraquinone se fabrique en grand dans l’industrie de l’aiizarine, ou l’on oxyde l’anthracène à l’aide d’un mélange de dichromate de potassium et d’acide sulfurique. Nous nous bornerons à compléter l’histoire do l’anthraquinone par l’indication de quelques propriétés.

L’anthraquinone s’électrise fortement par frottement. Sa densité de vapeur est 7,33 (Graebe) — 7,22 (V. Meyer), la densité théorique étant 7,20. Elle est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, assez soluble dans la benzine. L’acide azotique la dissout à chaud et la laissé déposer à froid Sans altération.

L’acide sulfurique agissant à 200° donne, avec l’anthraquinone, des acides sulfo-conjtigués ; le bisulfate de sodium, chauffé vers 270° en vase clos avec l’anthraquinone, donne l’acide disulfo-eonjugué. Un mélange d’acide sulfurique concentré avec son volume d’acide nitrique de densité 1,50 fournit à 40° le dérivé dinitré.

On sait que les oxydants agissent très peu sur l’anthraquinone. L’acide iodhydrique à l’ébullition conduit successivement, par son fiction hydrogénante, à l’anthranol, puis à l’hydrure d’ambracène.

Le perchlorure de phosphore, à 300°, fournit du dichloranthracène mélangé d’autres dérivés substitués.

Isomère de l’anthraquinone. On connaît un isomère de l’anthraquinone cristallisé en aiguilles rouges rappelant l’aiizarine, mais soluble dans les alcalis. La vapeur, chauffée à 300°, se transforme en anthraquinone. On obtient cet isomère dans l’action successive de l’acide nitrique et de l’acide sulfurique sur la matière formée en traitant l’anthracène par le chlore.

Anthrahydroquinone. C1*H8 (OH)*. Ce corps résulte de l’hydrogénation de l’anthraquinone par la poudre de zinc dans une solution de soude a l’ébullition. Il se dissout en rouge dans les alcalis et est précipité par les acides ; il faut le Sécher dans une atmosphère d’acide carbonique ; il est très instable surtout quand il est humide. (Grœbe et Lieberraann.)

Oxyanthraquinones. On les considère comme les produits de substitution de OH à H dans l’anthraquinone. Voici, d’après le Dictionnaire de Wurtz, les oxyanthraquinones connues :

Mono-C»WO*OH : Oxyanthraquinone, érythroxanthraquinone.

20 Di — Cl*HBO« (OH)* : Alizarine, quinizarine, xanthopurpurine, métabenzdioxyanthraquinone, anthrarufine, iso-alizarine, acide aiuhraflavique, acide iso-anthraflavique, acide frangulique, chrysazine.

30 Tri — Cl*11601i (OH)» : Purpurine, isopurpurine, flavopurpurine, oxychrysazine, anthragallol, oxyanthrarufine.

40 Tetra — Ci*HH)2 (OH)* : Rufiopine, aathrachrysone, oxypurpurine.

5» Hexa — Ol*11202 (OH)« : Acide rufigallique.

Peut-être une étude plus complète établirait-elle l’identité de plusieurs de ces coinposés considérés comme seulement isomères, toujours est-il que le nombre des monoxyanthraquinones et celui desdioxyanthraquinones sont ceux qui répondent à la formule adoptée pour l’anthraquinone.

Toutes ces oxyanthraquinones, sauf les deux premières dont il est traité ci-après, sont étudiées à leur ordre alphabétique. Notons seulement, qu’à part l’aiizarine, aucune des dioxyanthraquinones n’est susceptible de teindre les mordants ; au contraire, les trioxyanthraquinones sont toutes douées de pouvoir tinctorial.

MonoxyantàraquinoneSfCHWOi.OÏÏ.L’oKy- anthraquinone se trouve. dans les produits secondaires de la fabrication de l’aiizarine. Pour la séparer, on transforme le tout en sel de baryum, de calcium ou de plomb par ébullitipn avec le carbonate, d’un de ces métaux. L’aiizarine est précipitée, la monoxyanthraquinone reste à l’état de sel dissous ; on la précipite par un acide. On réalise simultanément la synthèse de l’oxyanthraquinone et de l’érythroxyanthraquinone en chauffant avec l’anhydride phtalique et l’acide sulfurique soit le phénol, soit l’anisol, soit l’acide anisique, soit l’acide salicylique. Pour les séparer, on profite de ce que le second est beaucoup plus soluble dans l’alcool à chaud qu’à froid, ce qui n’a pas lieu pour le premier. On commence par épuiser par l’ammoniaque faible, puis on reprend le résidu par l’alcool bouillant et on précipite par l’eau de baryte. Le précipité rouge est décomposé par l’acide chlorhydrique, et il reste de l’érythroxyanthraquinone qu’on fait cristalliser dans l’alcool.

le dérivé sulfuré C1*H8Os"

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L’oxyanthraquinone cristallise dans l’alcool ou l’éther en aiguilles jaunes ; elle se sublime en lamelles de même couleur, fond vers 270° ; elle est peu soluble dans l’eau, plus soluble dans l’alcool et l’éther. Ellejoue le rôle d’acide monobasique et forme des sels colorés en jaune ou en rouge. Elle ne teint pas le coton mordancé. Sous l’action de la potasse fondue, elle se transforme en alizarine.

L’érythroxyanthraquinone cristallise en jaune rouge dans l’alcool, où elle est beaucoup plus soluble à chaud qu’à froid, se sublime a 150u en aiguilles orangées, fond vers 180°. Son spectre d’absorption présente une bande jaune qui n’existe pas dans celui de l’oxyanthraquinone. La potasse fondue la transforme aussi en alizarine.

Les principaux dérivés substitués de l’oxyanthraquinone sont le dérivé acétylé, le dérivé dibromé, le dérivé acétylé et dibromé,

—OH SO«H qui se comporte comme un acide bibasique.

Dérivés substitués de l’anthraquinone. Le chlore et le brome fournissent des dérivés mono, di, tri, tétra et pentasubstitués qui présentent quelques isoméries ; on connaît aussi les dérivés mono et disulfoniques, les dérivés mono et dinitrês, ainsi que quelques dérivés amidés et azoïques. Beaucoup de ces composés, surtout les dérivés disubstitués, donnent de l’aiizarine au contact de la potasse eu fusion. Les dérivés disubstitués qui sont les plus intéressants ont déjà été traités (V. quinone, au tome XVI du Grand Dictionnaire). Nous ne dirons rien des autres dérivés chlorés et bromes, dont l’étude a été faite surtout par Diehl et flammerschlag. Citons toutefois la dinitranthraquinone, connue sous le nom de « réactif de Fritzsche ».

Acides anthraquinone-sulfoniques. L’acide monosulfonique C^HTO^.SOSH se produit en même temps que l’acide disulfonique CH1160* (S03H)» dans l’action de l’acide sulfurique sur l’anthraquinone ; le premier est surtout abondant quand on ne met pas plus de 3 parties d’acide sulfurique pour

I partie d’anthraquinone, et qu’on ne porte pas la température au delà de 260° ; le second est prépondérant quand on met cinq parties d’acide sulfurique et qu’on porte la température jusqu’à 270° ou 280°. Ces deux corps sont jaunes, assez solubles dans l’eau ; les sels de l’acide disulfonique sont plus solubles que ceux de l’acide monosulfonique. L’acide disulfonique, traité par la potasse en fusion, donne de l’aiizarine : c’est l’intermédiaire le plus avantageux pour la fabrication de l’aiizarine artificielle ; l’acide monosulfonique donne d’abord la monoxyanthraquinone, puis à une température plus élevée l’aiizarine ; tous deux donnent en même temps naissance à un acide oxyanthraquinone-sulfonique.

Dérivés amidés et azoïques. Les travaux de Bœttger et Petersen ont fait connaître l’o-monamido-anthraquinone C^H^O8 (AzHS)ï, poudre rouge-brique, fusible à 256" et sublimable ; l’a- diamido-anthraquinone (jl*H6Os (AzH2)2 cristallisant en aiguilles rouge grenat, fusibles à 236° et sublimables ; l’azotate d’à- diazo-anthraquinone

CH1170S.AzS.AzO»

en poudre rose, qui, par l’ébullition avec l’eau fournit l’oxyanthraquinone.

Homologues de l’anthraquinone. Méthylanthraquinone. A la formule C1411103.CHS correspondent deux isomères, conformément aux prévisions de la théorie pour les dérivés mono-substitués. L’a- méthylanthraquinone s’obtient en oxydant le métbylanthracène en solution alcoolique par l’acide azotique. Elle cristallise en aiguilles ou lamelles jaunes fusibles vers 162», insolubles dans l’acide acétique et la benzine, solubles dans l’alcool bouillant. Elle donne un dérivé dibromé qui se comporte avec la potasse comme l’anthraquinone dibromée, et fournit la méthylalizarine.

La p- méthylanthraquinone a été trouvée dans l’aiizarine artificielle, elle cristallise en aiguilles jaune pâle, fusibles vers 178» et sublimables.

À ces corps se rattache l’acide anthraquinone-carboxylique CuHTO*C02H, qui résulte de l’oxydation du méthylanthracène en solution acétique par l’acide chromique.

II cristallise en aiguilles jaunes fusibles vers 2800, solubles dans l’acétone à froid, dans l’alcool et l’acide acétique à chaud, peu soluble dans les autres dissolvants ordinaires.

Diméthylanthraquinone. Ci*H«0»ÇCH3)*. Elle se produit dans l’oxydation du diméthylanthracène par l’acide chronique en solution acétique ; elle cristallise en aiguilles jaune pâle fusibles à 155°. Un mélange de zinc en poudre et de potasse y détermine, comme dans l’anthraquinone, une coloration rouge intense. L’oxydation du dirnéthylanthracène par l’acide chromique va plus loin quand on élève la température et fournit l’acide méthylanthraquinone-carboxylique

Ci*H«OS(CH3.COSH),

blanc fusible à 245° et l’acide anttaraquinonedicarboxylique Cl*H«OS(CO*H)2jaunâtre fusible au-dessus de 300° CWachendorff et Zincke). ANTHRARUFINE s. f. (an-tra-ru-fl-nernrî. tmlkracène. et du lat. rufus, jaune !. Chim,

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Corps jaune cristallisé se rattachant à l’anthracène et isomérique avec l’aiizarine.

— Encycl. Uanthrarufine Cll»1180* est un des corps qui constituent l’anthraflavone (v. ànthraflavone) ; elle reste dans la partie non dissoute par l’eau de baryte ; on la purifie en sublimant le résidu entre deux verres de montre, vers 125». On peut en faire la synthèse à partir de l’anthracène (Liebermann et Boeck).

C’est un corps jaune, presque insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool (la solution est légèrement fluorescente en vert, les cristaux qui s’en déposent sont du système quadratique), assez soluble dans la benzine et le chloroforme. L’acide sulfurique la dissout en produisant une coloration rouge cerise extrêmement intense avec fluorescence brun-kermès si la solution est concentrée ; la coloration est rouge cramoisi en solution étendue ; ■ suffit pour colorer

’ 10.000.000 r

l’acide sulfurique ; la solution donne deux bandes d’absorption très intenses et une autre moins nette qui subsistent même quand la coloration devient insensible par suite de la dilution. Les acides azotique ou azoteux font virer la coloration au jaune. La solution potassique d’anthrarufine est jaune verdâtre ; elle devient verte et fluorescente par l’ébullition avec la poudre de zinc. L’anthrarufine ne teint pas les mordants de fer et d’alumine ; elle forme avec la baryte et la chaux des laques cramoisies insolubles. Pondue avec la potasse, elle s’oxyde en donnant l’oxyanthrarufine isomère de la purpurine. Elle forme avec l’anhydride acétique un dérivé diacétylé C»11602(C2H3C-2)S. On doit la considérer comme de l’anthraquinone dihydroxylée, avec un groupe hydroxyle dans chaque noyau benzique tandis que l’aiizarine a ses deux hydroxyles dans le même noyau.

ANTHRAXANTHIQUE (an-tra-gzan-ti-ke — rad. anthracène et xanlhique). Chim. se dit d’un acide isomérique avec l’aiizarine trouvé dans l’aiizarine artificielle, et probablement identique avec l’acide anthraflavique.

ANTHROL s. m. (an-trol — de anthracène, et terminaison ol de alcool). Chim. Nom de deux des trois corps isomériques qui représentent l’anthracène mono-oxygéné.

— Encycl. Les deux anthrols

C»H«0 ou CUH».OH,

sortes d’alcools isomériques se rattachant à l’anthracène par leur composition, ont été obtenus par Zincke ; on les désigne par les lettres a et B.

L’a—anthrol s’obtient par la fusion de l’acide a-monosulfonique de l’anthracène, avec la potasse. On dissout la masse dans l’eau et on précipite par un acide ; puis on purifie par des lavages à l’éther et des cristallisations dans un mélange d’alcool et d’éther. Il cristallise en aiguilles jaune clair, peu solubles dans l’eau, se décomposant sans fondre vers 250".

Le p—anthrol se prépare de même en partant de l’acide sulfonique B ; il lest jaunâtre, plus soluble dans l’alcool que son isomère.

Anibropogénie ou Histoire de-■ évolution humaine, par Ernest Haeckel, professeur à l’Université d’iêna. Cet important ouvrage, dont la première édition parut en j875, fut traduit en français par le docteur Ch. Letourneau (1877, 1 vol. gr. in-8). L'Anthropogénie est en quelque sorte la suite et le complément de l’aistoire naturelle de la Création, qui fonda la réputation de M. Haeckel ; c’est un recueil de leçons familières, de conférences faites devant un public d’élite.

M. Haeckel étudie d’une part l’ontogénie, c’est-à-dire l’histoire du développement de l’homme considéré comme individu isolé (l’embryologie)-, et d’autre part la phylogénie, c’est-à-dire l’histoire du développement de l’espèce humaine et des différentes formes animales qui, par une série de transformations, sont parvenues à la constituer à travers le lent écoulement des siècles. Un étroit rapport exista entre les deux sciences : l’évolution embryologique, individuelle, l’ontogénie, ne doit être qu’un résumé rapide, un recommencement en petit de l’évolution paléontologique, de la longue existence des espèces antérieures, de la phylogénie. Le professeur d’Iéna ne donne pas, quoi qu’on en ait dit, ses déductions comme articles de foi scientifique, mais seulement comme des probabilités voisines de la certitude. Comment en serait-il autrement ? comment pourrait-on prétendre remonter, sans s’égarer jamais, le long chemin qui conduit de l’homme à la monère, quand si souvent les jalons, les points de repère font défaut ? « Pour une espèce fossile, il en est cent, mille, qui n’ont pas laissé la plus légère trace de leur existence. >

M. Haeckel, avant de donner ses conclusions personnelles, rappelle et résume l’opinion de ceux qui avant lui ont étudié la question, depuis Aristote, fondateur de l’ontogénie dans son livre ittft ÇAwv ■jivtfftmî, jusqu’aux transformistes contemporains, en passant par Fabricius d’Aequapendente, qui au commencement du xviie siècle fit des recherches sur la formation du poulet, puis par Spigelius, Needham, Harvey, Malpighi, Swammerdara, qui étudia l’embryologie de

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la grenouille et découvrit dans i’œuf de cette espèce la segmentation du vitellus, enfin et surtout par Gaspard Frédéric Wolif. Celui-ci, dans sa thèse Theoria générationis, établit les bases de la théorie monistique qui est d’une importance capitale. « Jusqu’alors ou supposait, comme le dit un rédacteur de la « Revue scientifique » à propos du livre de M. Haeckel, que dans le développement des différents organismes, végétaux ou animaux, et même dans le développement de l’homme il n’y avait jamais formation de nouvelles parties, mais simplement évolution, épanouissement de parties primitivement existantes ; en d’autres termes on croyait que tous les organes, même les plus compliqués, existaient déjà complètement formés, mais à l’état latent, dans le germe de l’individu ; Wolff, au contraire, vint soutenir que le développement des animaux et des plantes consistait en une série de transformations successives, et que ni dans l’œuf ni dans la semence il n’y avait une image réduite de l’être qui allait prendre naissance. ■ Il était réservé à Charles-Ernest BaSr de faire, en 1816, triompher la vérité de cette assertion scientifique. Ce savant fut amené à formuler la loi suivante : « Un individu d’une forme animale déterminée obéit dans son développement à deux tendances : 1° à celle qui pousse le corps à s’accroître et se perfectionner par la différenciation histologique et morphologique ; 2° à celle qui fait passer le type d’une forme générale à une forme particulière. Le degré de perfectionnement de l’animal se mesure par la différenciation histologique et morphologique, tandis que le type peut être considéré comme l’expression du rapport qui existe entre les organes et leurs éléments. Il y a donc entre le degré de perfectionnement et le type des différences si essentielles, que le même type peut se présenter à des degrés différents de perfectionnement, et que, réciproquement, le même degré de perfectionnement peut être observé dans un certain nombre de types. » M. Haeckel s’appuie sur cette loi de Ba6r, qu’il déclare être d’une importance fondamentale. Il faut accorder une place spéciale à Lamark qui, au commencement de ce siècle, fut en quelque sorte le précurseur de Ch. Darwin. Le premier il proclama, entre autres choses, qu’il n’y a eu ni création primitive comme celle que relate la Bible, ni créations successives comme celles dont parle Cuvier, mais que le développement de la terre et de ses habitants provient d’une série continue de phénomènes dérivant tous d’une même cause initiale. Les mêmes idées furent reprises plus tard et élargies par Darwin, par Huxley, et aussi, avec de légères modifications, par MM. Geoffroy-Sain t-Hilaire, Serres et Flourens ; on regrette de ne pas rencontrer ces noms français dans l’ouvragé du savant professeur d’Iéna.

Comme Charles Darwin, comme Th. Huxley et Cari Vogt, M. Haeckel soutient, par des arguments empruntés à la paléontologie et à l’anatomie comparée, que l’homme tire son origine d’êtres d’une simplicité extrême, plus imparfaits encore que la cellule végétale, des cytodes, consistant en une masse homogène d’une substance albuminoïde, dans laquelle on ne reconnaît ni protoplasma, ni nucléus distinct, mais qui jouit des propriétés inhérentes à ces deux éléments. Au-dessus de ce groupe d’êtres rudimentaires, auquel appartiennent les monères, se placent les organismes-cellules, qui se distinguent par la présence d’un organe, mais qui peuvent être rangées dans la même catégorie que les cytodes, sous le nom de plasiides. L’œuf, chez l’homme comme chez les animaux, n’est à l’origine qu’une simple cellule, et le professeur d’Iéna en conclut, d’après les lois de la biogénie, que tous les animaux et l’homme lui-même dérivent d’un organisme unicellulaire. Existe-t-il encore des échantillons de ces organismes ? Oui, répond M. Haeckel ; ■ il y a encore de ces êtres dune structure extrêmement simple, soit dans la mer, soit dans les eaux douces, et on les désigne habituellement sous le nom A’amibes. Quand on les examine en s’aidant du microscope, on les voit sous l’aspect de petits corps qui changent fréquemment dg formes, et qui consistent en un protoplasma demi-fluide contenant une vésicule qui représente le noyau. Us se meuvent sur le porte-objet du microscope, en allongeant çà et là, en manière de bras, certaines parties de leur masse, puis tout à coup ils s’immobilisent, pour recommencer bientôt leurs mouvements bizarres. Quand ils séjournent pendant quelque temps dans une eau chargée de substances étrangères, ils se revêtent d’une membrane homogène, mais ordinairement ils restent dépourvus de toute enveloppe, aussi font-ils pénétrer avec la plus grande facilité, dans la substance constitutive de leurs corps, les granules en suspension dans le liquide ambiant et qui servent à leur nourriture. » L’œuf naissant se conduit exactement de la même manière ; l’amibe peut donc être considéré comme représentant, dans la série phylogénétique, ce qu’est l’œuf dans la série ontogénique : en un mot, l’amibe peut être regardé comme la forma primitive d’où sont issus tous les organismes.

M. Haeckel étudie minutieusement la fécondation de l’œuf, la formation du blastoderme, le développement des cavités viscé-