Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 17, part. 1, A.djvu/296

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— Encycl. L’antipyrine ou méthyloxyquinizine a été préparée par M. Knorr, en faisant réagir l’éther acétylacétique sur la phénylhydrazine. Cette réaction s’opère en deux, phases. Il se produit tout d’abord une condensation des deux molécules avec élimination d’eau :

CSHS.AzHAzHî + CHSCOCHSCOS.CW Phényldrazine. Acétylacétate d’éthyle.

= C6H»AzîH.C(^-COÎ-CIHB + HîO

Le dédoublement ultérieur de la molécule se produit à 100° environ, avec séparation d’alcool :

CWArfHC^» ?00^115 = CÎHSOH —, ..CJOHtOAzSO Antipyrine.

On chauffe pendant quelques heures encore jusqu’à ce qu un échantillon prélevé dans la masse se solidifie entièrement par le refroidissement.

L’antipyrine se présente sous forme de poudre cristalline blanche, grisâtre ou jaunâtre, de saveur un peu amère, presque insoluble dans l’eau froide et l’éther, plus soluble dans l’eau chaude, très soluble dans l’alcool. Elle cristallise dans l’eau chaude en prismes fusibles à 127° et distille sans décomposition.

— Physiol. et Méd. L’antipyrine produit sur l’économie un abaissement de température très marqué, 2 à 3« sans effets secondaires. Une dose de S à 3 grammes prise en trois fois, à une heure d’intervalle, abaisse sûrement la température d’une façon lente et progressive jusqu’au chiffre normal. Cette action se maintient pendant six à huit heures en moyenne et quelquefois jusqu’à v.ngt-quatre heures. Le pouls suit une marche parallèle à la température et diminue de fréquence. Puis, l’élimination se fait par les urines sans que le malade en éprouve le moindre dérangement.

L’antipyrine est un médicament nouveau qui rendra des services toutes les fois qu’il sera indiqué d’abaisser la température ou de calmer la fièvre ; c’est un antipyrétique utile contre les lièvres, les inflammations, la phtisie, etc. Elle n’a pas d’action sur la fièvre intermittente. L’antipyrine se donne à la dose de 0 gr. 50 à 2 grammes dans un peu d’eau sucrée ou dans une potion, ou en poudre dans un pain azyme, ou en injections sous-cutanées ; 3 à 6 grammes produisent des sueurs abondantes et une faiblesse excessive. La transpiration peut être coupée par 0 gr. 005 d’agaricine ou 0 gr. 001 d’atropine. On n’observe pas de bourdonnements d’oreilles, de vertige ni de maux da tête après l’absorption de ce médicament. Il faut attendre de nouvelles recherches pour être fixé sur se3 vertus curatives. Quelques gouttes de perchlorure de fer versées dans l’urine d’un malade qui a pris de l’antipyrine, décèlent sa présence par la coloration très fortement rouge qu’elles lui communiquent.

ANTIQUAR1A, nom latin d’Antequera, v. d’Espagne. On trouve aussi anticaria et

ANTEQUARIA.

Antiquités grecque*, par G.-F. Schœmann, traduites de l’allemand par C. Galuski (1884-1885, 2 vol.). Cet ouvrage allemand parut en 1853. C’est d’après la troisième édition, publiée en 1871, qu’a été faite la traduction française. L’ouvrage se compose de deux parties, l’une consacrée aux antiquités civiles, l’autre aux antiquités religieuses. Dans la première partie, qui est la plus développée, Schœmann, après avoir consacré soixante-dix pages environ à la description de la Grèce homérique, aborde l’étude de la Grèce historique. Il retrace le caractère général de la cité hellénique, étudie la constitution des principaux États de la péninsule : Sparte d’abord, ses Ilotes, ses périèques, la législation de Lycurgue, les rois, le sénat, les assemblées du peuple et les éphores ; ensuite la Crète et enfin Athènes, l’organisation de la cité et l’histoire de son gouvernement jusqu’à la conquête romaine. Puis Schœmann passa successivement en revue les Amphictyonies, l’oracle de Delphes, les grandes fêtes (les Olympiques, les Pythiques près de Delphes ; au pied du Parnasse, les Néméennes et les Isthmiques), les fédérations provinciales, les affaires coloniales, la symmachie Spartiate et la symmachie athénienne, enfin les ligues Étolienne et Achéenne. Cet ouvrage, dans l ’esprit de l’auteur, est destiné aux lecteurs d’un esprit cultivé qui, sans fouiller eux-mêmes le champ de l’archéologie, sentent le besoin de se familiariser avec l’esprit et les institutions des anciens peuples ; on connaîtra fort bien, après l’avoir lu, la vie morale et politique des Grecs durant les temps classiques de leur histoire. Le traducteur a eu l’heureuse idée de joindre à l’ouvrage de Schœmann l’indication de nombreux travaux relatifs à l’archéologie grecque, composés en France ou écrits en français. Cet appendice, d’environ quarante pages, sera d’un précieux secours à quiconque s’occupe d’archéologie, surtout vu le petit nombre de travaux français mentionnés dans les éditions allemandes de l’ouvrage de Ëchœmann.

ANTIRRHININE s, f. (an-tirr-ri-ni-nerad. anthirrinum). Chim. Principe colorant jaune extrait des fleurs de Vantirràinum linaria (linairej.

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ANTIRUBÉOLIQUE adj. (an-ti-ru-bé-o-li-ke

— rad. anti, contre, et rubéolique). Méd. Propre à combattre la rougeole ou à l’empêcher de se déclarer. V. rougeole, au tome XIII du Grand Dictionnaire.

ANTISÉMITIQUE adj. (an-ti-sé-mi-ti-ke

— du préf. anti, contraire, et de sémitique). Qui est contraire, qui est hostile aux Sémites, aux Juifs : L’agitation antisémitiquba pris en Jiussie et en Autrieke des proportions considérables ; On essaye de la propager en France.

ANTISEPTICISME s. m. (an-ti-sep-ti-sis-me

— rad. antiseptique). Méd. Préservation de la putréfaction par les antiseptiques.

— Encycl. Cette méthode de traitement, mise en honneur par Lister et A. Guérin, est suivie aujourd’hui par tous les chirurgiens des hôpitaux. On ne soigné pas de plaies, on ne pratique pas d’opérations sans faire de

Vantisepticisme. On a observé que, par ce moyen, le malsidesguérissaientbeaucoupplus vite, tout en évitant soit la pourriture d’hôpital, soit l’infection purulente (v. antiseptique).

Il On dit, dans le même sens, antiseptib ou

ANTISEPSIE.

ANTISEPT1NE s. f. (an-ti-sep-ti-ne — du gr. anti, contre ; sepsis, putréfaction). Industr. Acide borique employé comme antiseptique pour la conservation des matières alimentaires.

  • ANTISEPTIQUE s. m. — Encycl. Les an-

tiseptiques les plus usités en médecine sont : les eaux chlorurées, phéniquées, alcoolisées, très souvent employées dans le pansement des plaies, des ulcères, des trajets nstuleux, etc. L’acide phénique et les préparations phéniquées servent de base au pansement de Lister, l’antiseptique par excellence, qui a permis de pratiquer avec succès un grand nombre d’opérations considérées jusque-là comme presque toujours accompagnées de mauvais résultats. Nous avons encore le borax, si utile en collutoires contre le muguet ; le sublimé en solution au millième, si avantageux en injections détersives ; le goudron, la créosote, les sulfites et les hyposulfites, qui sont usités avec juste raison contre les maladies infectieuses ; enfin les acides salicylique, borique, chromique, acétique, la benzine, le thymol, l’eucalyptol rendent tous les jours des services et combattent efficacement la fermentation putride. Mentionnons, en outre, quelques antiseptiques qui en Sont encore à la période d’esssii : le salicol ou salol, l’hydronaphtol et l’iodol.

Aaiiibélates (les tbéories), par Robert Flint. Cet ouvrage, publié ea 1879, se compose d’une série de leçons sur les doctrines qu’on oppose de notre temps aux principes de la religion naturelle. Il traite successivement de 1 athéisme, du matérialisme, du positivisme, du séculàrisme, du pessimisme et du panthéisme. Il forme le complément naturel d’un ouvrage précédent du même auteur sur le théisme.

La première leçon est consacrée à l’athéisme. M. Flint commence par déterminer le sens précis du mot, et s’attache à montrer que l’athéisme, s’il né se borne pas à une simple critique des preuves du théisme, s’il prétend affirmer dogmatiquement la nonexistence de Dieu, est essentiellement irrationnel. Il renouvelle contre lui un argument resté célèbre dans l’histoire de la théologie anglaise. • L’athéisme absolu suppose, dit Koster, une science infinie ; car, à moins d’être présent en un même instant à tous les points de l’univers, l’homme ne peut savoir s’il n’y a pas quelque part des manifestations de la divinité. S’il ne connatt pas absolument chacun des agents de l’univers, celui qu’il ne connaît pas peut être Dieu, S’il n’est pas lui-même le principal agent dans l’univers, et s’il ignore quel est cet agent principal, il est possible que ce soit Dieu. S’il n’est pas absolument en possession de toutes les pro Positions qui constituent la vérité universelle, une de celles qui lui manquent peut être précisément cette proposition qu’il y a un Dieu ; s’il ne peut assigner avec certitude la cause de tout ce dont il perçoit l’existence, cette cause peut être Dieu. S’il ne connaît pas tout ce qui a été fait dans l’immensité des âges écoulés, il se peut que certaines choses aient été faites par un Dieu. Ainsi, à moins de connaître toutes choses, c’est-à-dire de rendre impossible l’existence d’une autre divinité en étant Dieu lui-même, l’athée ne peut savoir si l’Être dont il rejette l’existence n’existe pas. »

La seconde et la troisième leçon exposent l’histoire du matérialisme depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. La quatrième leçon contient la réfutation du matérialisme contemporain ou scientifique. Signalons les arguments les plus nouveaux. D’abord, le matérialisme ne satisfait pas, comme il le prétend, le besoin d’unité essentiel à la raison : il n’est pas et ne saurait être un monisme -, il est nécessairement un multitudinisme. Un seul élément matériel, absolument simple, sera éternellement impuissant à en produire un autre. Aussi les matérialistes ont-ils généralement admis l’existence primordiale d’un nombre infini d’atomes. — Ce premier argument n’est pas, semble-t-il, très satisfaisant ; car on peut répondre : 1» que l’unité demandée par la raison est plutôt générique que numérique ; 2° que ce besoin d’unité doit inspirer quelque dé*

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fiance, n’étant peut-être, comme le disait Bacon, qu’une idole de tribu.

En second lieu, le matérialisme na rend pas compte du rapport qui existe entre la matière et la force. Celle-ci est-elle le produit de celle-là ? Mais une matière primitivement dénuée de force, qui donnerait naissance à la force, serait une cause à qui manquerait le pouvoir nécessaire pour être une cause. La matière est-elle, au contraire, l’effet de la force ? Pour rester conséquent avec lui-même, le matérialisme doit admettre que cette force est purement physique. Comme telle, elle est nécessairement uuie à une manifestation matérielle et doit être aussi divisible, aussi multiple que la matière qui la manifeste ; on revient à l’hypothèse atomistique : l’unité de principe s’évanouit. Veut-on enfin que la matière et la force soient inséparables, coordonnées, coéternelles ? Ce n’est plus alors le multitudinisme, mais le dualisme. Or, cette dualité d’existence implique, comme le remarque le professeur Calderwood, une diversité de nature et une restriction mutuelle, et ces deux choses, diversité et limitation, soulèvent de nouveau le problème qu’elles semblaient devoir résoudre. — Ce second urgument n’est pas non plus sans réplique, car il suppose la nécessité du monisme, laquelle n’est pas démontrée.

Enfin la thèse matérialiste exige l’existence d’une matière qui précède toute forme de l’esprit, qui existe indépendamment de toute pensée. Mais une pareille conception n’est-elle pas contradictoire ? Ce que nous connaissons de la matière, ce sont ses propriétés ; et ces propriétés n’existent qu’en relation avec les sens qui les perçoivent. Couleur, saveur, pesanteur, étendue, rien de tout cela n’est intelligible en dehors d’une conscience. La matière en soi, dépouillée de tous les sensibles, la matière purement objective est inconnaissable. ■ La seule matière qui puisse être conçue ou imaginée, fût-ce simplement comme objet possible de connaissance, c’est une matière qui n’est pa3 seule, mais accompagnée de l’esprit, une matière relative à l’esprit et dépendante de lui. Mais, s’il en est ainsi, comment le matérialiste sera-t-il fondé k soutenir qu’il existe une chose telle que la matière dont il parle ? Si ce qu’il représente comme la totalité, la substance, l’explication suprême de tous les êtres, est pour la pensée une contradiction absolue, quelle autorité a-t-il pour lui attribuer la réalité véritable et de merveilleux pouvoirs ? Si la matière n’est jamais connue et ne peut être connue comme ayant une existence indépendante, comment peut-on arriver à cette conclusion qu’elle a une telle existence ? » — Ce dernier argument est le plus solide, ou plutôt le seul solide : on n’y peut rien opposer de sérieux. Mais il porte, non seulement contre le matérialisme, mais encore contre la réalité de la matière, qu’il réduit aux apparences subjectives données par la sensation.

La cinquième leçon est consacrée au positivisme et la dixième au séculàrisme. Voici, d’après M. Flint, les principales propositions du séculàrisme : 1° Il faut faire passer les devoirs relatifs à cette vie avant ceux qui se rapportent à une vie future ; car la vie présente étant la première en certitude, doit avoir la première place comme importance. On ne nie pas pour cela la vie future ; on la relègue au rang des possibilités, des espérances incertaines. 2° La science est la providence de l’homme ; il est nécessaire de connaître le vrai avant de pouvoir faire le bien et acquérir le bonheur. La prière est inutile, l’expérience prouvant qu’elle ne reçoit pas de réponse ; nous sommes sous la dépendance de lois générales, et il n’y a pas de providence spéciale. 3° L’homme possède une règle de vie indépendante de toute croyance à Dieu, à l’immortalité et à la révélation. Le fondement de cette règle de vie, c’est l’utilité. — On voit que le séculàrisme ne diffère du positivisme que parce que sa morale est utilitaire et non altruiste.

La septième leçon est intitulée : • V a-t-il des tribus athées ? » M. Flint remarque que le fait, fût-il établi, ne prouverait rien contre l’universalité d’existence du sentiment religieux. Mais il tient que le fait même est fort contestable. Il discute, sur ce point, les assertions de M. Lubboek et montre ou qu’il a mal interprété le témoignage des voyageurs auxquels il se réfère, ou qu’il a passé sous silence des autorités compétentes qui renversent sa thèse, ou enfin que les auteurs qu’il cite n’ont pu être exactement informés.

Le pessimisme est l’objet de la huitième leçon. Selon M. Flint, le pessimisme moderne de Schopenhauer et de Hartmann est sorti d’un scepticisme qui était lui-même le produit du panthéisme. < Je ne pense pas, dit-il, qu’il doive bientôt disparaître. Ceux qui le regardent comme une manière de penser purement transitoire et superficielle, comme une atteinte d’une maladie spéculative destinée à passer promptement, ne voient pas, ce qui est pourtant manifestement la vérité, que, avec tous ses défauts, il a le grand mérite de poser nettement une question d’énorme importance, qui a été étrangement négligée, même par la philosophie. • Cette question est celle de la valeur de la vie. M. Flint estime que le pessimisme donne à cette question une réponse qui n’est ni inconséquente ni déraisonnable, quand on admet certains principes aujourd’hui fort répandus, « Le

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pessimisme, dit-il, a sa mission ; il ne passera pas tant que cette mission ne sera pas remplie, c’est-à-dire tant que prévaudront les principes de l’athéisme. IL ne peut être réfuté et vaincu qu’avec l’athéisme. Si la vie présente est tout ; s’il n’y a ni Dieu ni immortalité, si l’on n’accorde de valeur qu’à ce qui peut être empiriquement mesuré et pesé, il n’est pas, je crois, possible de réfuter cette proposition que ce qu’il y a de bon dans la vie est tellement mêlé au péché, à la souffrance et à la déception, qu’un homme sage peut, raisonnablement et après réflexion, désirer de n’être jamais né. »

Le panthéisme est examiné et discuté dans les deux dernières leçons. M. Flint traite dans la dernière des rapports du panthéisme avec la religion, avec la moralité, avec le plaisir esthétique, et avec la philosophie. Il termine en montrant que le panthéisme, par ses objections à l’idée de création, conduit à distinguer en Dieu deux modes d’activité : l’activité créatrice, dont l’effet, nécessairement fini, ne saurait être proportionné à la causa ; et une activité tout interne, éternelle et infinie, telle que celle qu’entendent les théologiens quand ils parlent de l’éternelle génération du Verbe et de l’éternelle procèssion du Saint-Esprit. Ce qui revient à dire que le théisme purement philosophique ne serait pas une position solide, s’il ne trouvait un complément dans la révélation chrétienne.

L’ouvrage de M. Flint contient de nombreux appendices où sont éclaircis certains points secondaires qui n’ont été qu’indiqués dans les leçons. On y trouve de précieuses indications bibliographiques.

ANTITHERMIE s. f. (an-ti-tèr-mt — du

§ r. -anti, contre, et thermot, chaleur). Méd. yn. de antipyrèsb.

ANTITHERMINE s. f. (an-ti-ter-mi-nedu gr. anti, contre ; thermos, chaleur). Méd. Nom donné en médecine à l’acide phénylhydrazine-tévulinique, employé par quelques praticiens comme antipyrétique.

— Encycl. L’antithermine, corps jaune, cristallisable dans l’alcool, s’obtient en ajoutant une solution d’acide lévulinique à de la phénylhydrazine dissoute dans l’acide acétique étendu. C’est un antipyrétique qui se rapproche beaucoup de l’antipyrine par sa composition et ses effets.

ANTITHERMIQUE adj. (an-ti-ter-mi-ke)rad. antithermie). Syn. de antipyrétique.

ANTIVAGC1NATEUR s. m. (an-ti-va-ksina-teur — de anli et de uaccinateur). Qui est opposé à la vaccine ; Les antivaccinatevjrs tant de moins en moins nombreux.

— Encycl. On donne le nom d’antivaccinateurt à ceux qui ont combattu ou qui Combattent encore l’inoculation de la vaccine ou des virus atténués comme préservative de la variole et des autres maladies virulentes chez l’homme et chez les animaux. Les débats les plus passionnés ont eu lieu d’abord au sujet de la vaccine, depuis la fin du xvme siècle, surtout lorsque dans les différents pays la vaccination a été légalement obligatoire (Bavière, 1807 ; Suède, 1816 ; Écosse, 1864 ; Angleterre, 1867 ; Allemagne, 1874 ; France, discussion à l’Académie, 1881).

Dans ces dernières années, les antivaccinateurs, voyant grandir l’idée de la préservation par inoculation avec les études bactériologiques, se sont réunis en ligue internationale et en congrès (Bruxelles, Cologne, Liège). Dans quelques pays, la loi établie a été attaquée (en Angleterre, à la Chambre des communes, par M. Taylor) et même suspendue, par exemple dans le canton de Berne. Les antivoccinateurs s’appuient sur ces arguments :

îo La variole n’est nullement influencée par la vaccination.

2o La vaccination est une variolisation qui entretient les épidémies et provoque trop souvent la mort,

3° Elle rend plus intenses les épidémies varioliques, et les beaux résultats qu’on lui attribue sont basés sur des statistiques falsifiées dans l’intérêt vénal des médecins.

40 Bien loin de rendre service, elle introduit dans le sang d’individus sains des substances provenant de tissus malades, et propage ainsi l’érysipèle, les diathèses dites héréditaires et surtout la tuberculose et la syphilis.

Il importait de répondre à de telles assertions, formulées trop souvent par des gens de bonne foi, mais répandues par d’autres sous forme de brochures (tracts, en Angleterre) parmi le public ignorant et incapable de juger, et l’on fit voir : 1<> Qu’au moyen âge et au xvue siècle les épidémies de variole étaient plus épouvantables que la peste. Les statistiques de Maison au Small-Hospital de Londres établirent que, sur 100 cas de variole chez les gens non vaccinés, il y a eu 35 décès ; chez les gens se disant vaccinés, mais ne ponant pas de cicatrices, 21 décès ; chez les gens ayant da 1 à 4 cicatrices la mortalité tombe de 7 à moins de 1 pour 100 cas. En Suède, période prèvaccinale (1774-1801), moyenne de décès par million d’habitants, 1.973 ; période de vaccination facultative (1802-1816), 470 ; période de vaccination obligatoire (1817-1877), seulement 189. Dans le canton de Berne, où la loi a été abrogée vers 1882, on a vu le nombre des cas de variole et des décès augmenter très notablement. Dans ces statistiques, le contrôle de l’État u