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cietjne forteresse du duc d’Albe. Ces immenses travaux, qui coûtèrent près de 60 millions de francs, furent terminés eti cinq ans et entraînèrent l’expropriation de plus de 780 hectares de terrain. Cette importante opération fut exécutée dans les conditions suivantes : La ville d’Anvers prit & sa charge la démolition de l’ancienne enceinte espagnole et devint propriétaire des terrains sur lesquels elle s’élevait, moyennant le payement à l’État d’une somme de 10 millions de francs. Cet agrandissement quintupla la surface de la ville d’Anvers et incorpora dans la nouvelle enceinte le quartier populeux de Saint-Willebrord et une partie du territoire de Borgerhout et de Berghem. Dix ans plus tard, un nouvel agrandissement eut lieu, nécessité moins par l’accroissement du chiffre de la population que par l’insuffisance des quais de l’Escaut et des établissements maritimes. Le 10 janvier 1670, l’État cédait au prix de U millions de francs à une compagnie, les terrains occupés par la citadelle du Sud et les dépendances, sous la condition que celle-ci y créerait un quartier nouveau comportant un ensemble déterminé de constructions maritimes. Quelques difficultés retardèrent cette transformation, qui fut complète en 1874 seulement. Quelques modifications furent d’ailleurs apportées au plan primitif : l’angle rentrant formé par la branche de raccordement de la citadelle du Sud fut supprimé et l’enceinte polygonale fut prolongée en droite ligne jusqu’à l’Escaut. L’ancienne porte de Boom fut remplacée par quatre nouvelles ouvertures, ce qui élève a dix-neuf le nombre des portes de la ville actuelle. Va agrandissement nouveau eut lieu en 1886, en vertu d’une convention conclue en 1881, entre l’État et la ville d’Anvers. Cette dernière devint propriétaire du terreplein de la citadelle du Nord et des terrains militaires environnants, moyennant une somme de 3.700.000 francs. Cette cession, approuvée par une loi de février 1881, permit l’extension vers le N. des établissements maritimes actuels. La démolition, en 1874, de l’ancienne citadelle du Sud et celle des fronts intérieurs de la citadelle du Nord, rasés en 1881, supprimèrent toutes les servitudes militaires à l’intérieur de la ville et portèrent sa superficie à 1,525 hectares. Si, aux 1.525 hectares intra-muros, on ajoute les 197 hectares des communes de Borgerhout et de Berghem enclavées, la superficie de l’agglomération anversoise, circonscrite par l’enceinte fortifiée, s’élève aujourd’hui à plus de 1.720 hectares.

La population d’Anvers a suivi depuis le commencement de ce siècle une marche ascendante des plus rapides ; prenons les chiffres des dernières années : En 1830, elle comptait 73.500 habitants ; en 1860,111.000 ; en 1870, 135.000 ; en 1880, 173.000 et 201.000 au 1er janvier 1885. On remarquera que durant la guerre franco-allemande, le port d’Anvers bénéficia du chômage auquel étaient condamnés nos ports du nord et notamment le Havre et Dunkerque, et que, la paix rétablie, il sut, en s’outillant de façon à donner satisfaction au grand commerce, conserver une forte partie de la clientèle qu’il avait conquise durant nos désastres. La ville devait profiter de cette situation. Aussi, peut-on constater par les quelques chiffres précédents, extraits de documents officiels récemment publiés à Bruxelles, que, de 1870 à 1885, la progression ascendante de la population anversoise a été plus forte qu’en aucune autre période. Quelques chiffres encore compléteront ce qui précède et donneront une idée exacte de la transformation d’Anvers. En 1871, la ville contenait 19.000 maisons ; en 1881 elle en renfermait 26.000. La moyenne annuelle des constructions nouvelles a été de 550 de 1870 à 1884. Ces travaux étaient nécessités par la démolition de l’ancienne enceinte et par le démantèlement de la citadelle du Sud, dont nous parlons plus haut. Le percement de la rue Nationale, de 1878 à. 1881, a entraîné à lui seul la démolition de plus de 800 maisons dont quelques-unes avaient plusieurs siècles. La construction et l’élargissement des quais de l’Escaut ont aussi amené la dis Ïiarition de plus de 630 maisons situées sur es bords du fleuve dans le vieux Anvers. Cette démolition de l’ancienne ville a, sans doute, provoqué les regrets des artistes ; les ingénieurs de la ville ne semblent pas avoir tenu comptede ces regrets, car c’est avec une énergie impitoyable qu’ils ont, en moins de vingt ans, transformé leur cité, à la grande satisfaction de la population anversoise.

Comme compensation à la disparition des habitations pittoresques, Anvers possède aujourd’hui des rues larges et aérées, des boulevards où l’on voit, à côté de grandes maisons de rapport assez uniformes, quelques habitations splendides, des parcs publics, et des squares, qui rappellent, d’assez loin toutefois, ceux des grandes villes d’Europe. Des monuments, des édifices religieux, d une architecture bien médiocre ; des établissements hospitaliers et surtout des écoles s’élèvent de toutes parts. Citons parmi ces constructions les plus remarquables : la nouvelle Bourse, le Palais de justice, les églises Saint-Joseph et Saint-Amand, le Théâtre flamand, la nouvelle Banque nationale, le nouveau Musée, etc.

Le port. Mais le fait sur lequel doit se

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porter toute notre attention est l’accroissement considérable de l’ancien port, la construction des nouveaux bassins dotés d’un outillage aussi puissant que celui des ports les plus importants du monde. C’est là qu’est la fortune d’Anvers, la raison de son accroissement et de son commerce prodigieux et aussi de la concurrence très sérieuse que la ville flamande fait à nos ports du nord.

Au commencement de ce siècle, le port d’Anvers était des plus modestes. Un quai s’étendait du bastion Saint-Michel au quai Saint-Jean ; d’autres entre le canal aux Charbons et le canal aux Grains, au N. et entre l’ancienne porte de l’Escaut, dite Porte Royale, et le canal Saint-Jean. Ces quais, bordés d’estacades et de taius, étaient d’un accès difficile et se trouvaient fort rapprochés des maisons, qu’atteignaient les eaux à, marée haute. Les communications le long du fleuve ne pouvaient avoir lieu que sur de faibles longueurs et par un réseau tortueux de rues étroites. La formation du quai continu de l’Escaut commença, en 1810, par la construction de quatre ponts mobiles, établis sur l’extrémité des quatre canaux de Saint-Jean, des Charbons, de Saint-Pierre et des Brasseurs. Ces ponts furent terminés en 1814. Les deux canaux du Nord disparurent à la même époque et furent remplacés par deux vastes bassins à flot, avec écluses, permettant aux grands navires d’y séjourner à tout état de marée. Ces divers travaux coûtèrent un peu plus de 13 millions. Le traité de Paris, du 30 mai 1SU, décréta que les nouveaux bassins, destinés tout d’abord à recevoir les vaisseaux de guerre de l’Empire français, seraient désormais réservés aux navires marchands. Le gouvernement néerlandais ne

pouvait, sans porter préjudice aux autres grands ports de la Hollande, poursuivre l’agrandissement du port d’Anvers. U ne fit rien, et même, plus tard, il céda à la ville d’Anvers, les ports et les quais, sous condition qu’elle se chargerait de leur entretien. En 1853, l’administration communale, entrant résolument dans la voie du progrès, décida de construire, en dehors de l’enceinte, un bassin & flot de 140 mètres de large sur 500 mètres de longueur. Ce bassin, connu sous le nom de bassin du Kattendijfc, en communication avec le canal de la Campine, fut achevé en 1860 et solennellement inauguré, en 1861, par le roi Léopold Ier. Cette extension des bassins en dehors de la ville entraîna l’agrandissement de l’enceinte. L’abolition du péage de l’Escaut vint accroître encore l’importance maritime d’Anvers. Ces droits de péage, réclamés par la Hollande, avaient été pris a charge par le gouvernement belge ; ils atteignaient environ 1 million par an en 1862. La Belgique, à la suite de négociations entamées avec les puissances signataires’ du traité de Paris, en vue du rachat de ce péage, obtint que chaque pays intéressé fournirait une subvention proportionnelle à> l’importance de son commerce avec le port d’Anvers, et le 16 juillet 1863, un traité international était conclu qui déclarait l’affranchissement du port d’Anvers. Quelques réductions opérées sur les droits de pilotage et de tonnage perçus à Anvers vinrent compléter cette mesure, et bientôt il fallut songer a de nouveaux agrandissements du port et de ses annexes. Les projets de ces nouvelles extensions furent conçus et exécutés par M. Th. Van Bever, ancien capitaine du génie et ingénieur de la ville. Ces travaux comprenaient la jonction des anciens bassins Napoléon au bassin Kattendijk, le prolongement du bassin aux Bois, le creusement d’un nouveau bassin, dit de la Campine, et d’un canal parallèle. Le bassin de jonction fut ouvert en 1869 -, ceux de la Campine et du canal, en 1873. L’ensemble de ces travaux coûta 17 millions de francs. Entre temps, des voies ferrées furent établies sur les quais. Le tonnage du port d’Anvers avait triplé en 10 ans. Cependant l’augmentation considérable du trafic commercial rendait ces nouvelles installations maritimes chaque jour plus insuffisantes. La ville d’Anvers, dont les finances n’auraient point suffi à l’exécution des travaux immenses que proposaient ses ingénieurs, entama, en 1873, des négociations avec le gouvernement belge en vue de l’amener à prendre à son compte une partie de la dépense. L’État belge se laissa facilement convaincre. Une loi du 17 avril 1874 approuva les diverses conventions conclues entre l’État belge, la ville d’Anvers et la Compagnie immobilière de Belgique, relativement à, la reconstruction et à l’exploitation des quais de l’Escaut. Les travaux de rectification, exécutés aux frais de l’État, furent achevés en 1884 et coûtèrent 40 millions environ. Les bassins de batelage du sud, dont la superficie dépasse 4 hectares, furent inaugurés en 1882. La société du Sud, substituée à la compagnie immobilière de Belgique, avait commencé, en 1874, les travaux de démantèlement de l’ancienne citadelle du Sud, et en 1882 elle livrait le terrain nivelé. Ces travaux avaient coûté plus de 7 millions. La ville d’Anvers, propriétaire des bassins, devait, aux termes du contrat conclu avec l’Etat, agrandir ses établissements maritimes, créer de nouveaux quais, construire des hangars-abris, compléter, en le perfectionnant, l’outillage nécessaire à la manutention des machines. Elle contracta un emprunt de 60 millions, sur lesquels 25 millions furent

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exclusivement affectés à cet objet. Cette nouvelle somme, jointe à celles qui, depuis 1859, avaient reçu une même affectation, donnait un total de 40 millions pour la part de la commune dans ces travaux. Ce dernier crédit permit de reconstruire les murs des quais Godefroy et de l’entrepôt, dont la largeur fut portée de 40 à 43 mètres, de prolonger le bassin Kattendijk, ce qui accrut sa surface de 4 hectares, de construire trois cales sèches, de creuser un nouveau bassin de batelage, celui du Loorbroeek, qui fut réservé aux bateaux naviguant sur le canal de la Campine, etc. De nombreux hangars couverts, et construits de façon à permettre par tous les temps la manutention des marchandises, furent élevés autour des bassins aux Bois et du Canal, des quais Napoléon, Godefroy et de l’entrepôt. Des grues hydrauliques ou à. vapeur furent installées sur plusieurs points. On organisa un service de remorquage pour les bassins.

Le mouvement commercial d’Anvers s’accrut, grâce à ces travaux, avec une telle rapidité que l’administration communale, prévoyant que les travaux en cours seraient insuffisants avant d’être exécutés, songea a la création de nombreux bassins. Une convention du 19 janvier 1881 lui permit d’acquérir le terre-plein de la citadelle du Nord sur lequel elle décida l’établissement de nouveaux bassins. Elle conclut, en 188Ï, un second emprunt de 55 millions, sur lesquels 35 millions furent emploj’és à l’extension des bassins et de l’outillage du port. Deux bassins nouveaux VAfrica et l’América, furent immédiatement mis en construction. Ils présentent une surface de 22 hectares et un développement de quais de 3.400 mètres, avec

un mouillage de 9 mètres.

En résumé, les bassins maritimes d’Anvers actuellement en service sont au nombre de huit, représentant ensemble une surface de 42 hectares 50. La surface des quais bordant ces bassins, non compris les emplacements réservés aux dépôts permanents, est da 27 hectares 50. Ces bassins sont pourvus de murs ou d’estacades sur 4.700 mètres environ et de talus accostables, présentant un développement de 2.500 mètres. Le plafond des bassins se trouve à. des profondeurs variant depuis la cote — 3m,03 (anciennes installations) jusqu’à la cote — 4m,78 (installations nouvelles). Deux écluses y donnent accès : la première, celle du petit bassin ancien a été construite sous Napoléon 1er ; |a seconde débouchant dans le bassin du Kattendijk a été construite en 1858. Les navires calant 6m,10 peuvent passer par l’écluse maritime ancienne. Celle de Kattendijk permet le passage des navires ayant un tirant d’eau de 6m,48, Les deux bassins anciens communiquent entre eux au moyen d’un chenal de 18 mètres d’ouverture avec portes d’écluse. Le niveau de l’eau y est variable avec l’état de la marée pendant la durée de l’ouverture des portes de l’écluse de mer. Le niveau des autres bassins est maintenu aussi constant que possible à la cote — 3m,60. L» manœuvre des portes se fait pendant le flot. Ces bassins maritimes sont situés au nord de la ville. Deux nouveaux bassins, situés au nord de celui de Kattendijk et destinés, l’un aux transatlantiques, et l’autre aux navires chargés de pétrole, sont reliés aux établissements maritimes par un bassin d’attente avec écluse, et au fleuve, par une nouvelle écluse maritime. Le plafond de ces nouveaux bassins est établi a la cote —5™,50, ce qui donne un mouillage de 9m,10. En plus de ses bassins maritimes le port d’Anvers possède deux bassins réservés exclusivement aux bateaux venant de l’intérieur. L’un d’eux, celui du Loorbroeek, est situé à proximité du canal de jonction de l’Escaut à la Meuse ; il mesure 450 mètres de longueur sur 40 mètres de largeur ; l’autre est construit sur le terre-plein de l’ancienne citadelle du Sud. Sa superficie est de 41.000 mètres et les quais qui le bordent ont une largeur variant de 30 à 32 mètres. Les nombreuses écluses, qui ferment les divers bassins, sont en partie manceuvrées à l’aide de la force hydraulique. L’écluse des anciens bassins est éclairée à la lumière électrique, afin de permettre le mouvement d’entrée et de sortie des navires pendant la nuit. Les ponts établis sur les chenaux des bassins sont, en général, des ponts tournants, avec mécanisme de manœuvre à la main et à action hydraulique. Outre les ponts tournants, qui sont tous d’un type uniforme, il existe un pont roulant sur l’écluse maritime du bassin du Kattendijk. Ce pont se manœuvre uniquement par la force hydraulique. La largeur de la passe à franchir est de 27111,50 ; la longueur total du pont de 48™,36. La manœuvre complète, ouverture et fermeture, dure environ 5’30". Le fioids total du tablier mobile est de 370.000 kiogr. Le tout a coûté environ 300.000 francs.

Le nouveau mur du quai de l’Escaut s’étend depuis la nouvelle gare du Sud jusqu’à l’écluse du Kattendijk, sur une longueur de 3.500 mètres.

Les hangars établis sur les quais des bassins d’Anvers couvrent une superficie de 55.000 mètres environ ; seuls les hangars à pétrole sont en maçonnerie. Les hangars des quais rectifiés de l’Escaut s’étendent sur une superficie de 100.000 mètres.

Les bassins maritimes du nord, ceux de batelage du sud et les quais de l’Escaut sont

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pourvus d’un système général de transmission de force par l’eau comprimée à 47,62 atmosphères ; sur les quais des bassins du nord on compte 15 grues hydrauliques, sur les quais de l’Escaut, 34. Ces grues ont un« puissance qui varie de 750 a 2,000 kilogr. Deux grues de 40 tonnes, manoauvrées par la force hydraulique sont installées au quai est du bassin du Kattendijk. Enfin, sur le même quai, se trouve une Digue pouvant lever une charge maximum de 120 tonnes. L« port d’Anvers possède 6 cales sèches, dont 3 construites en 1S65 et 3 établies depuis 1880.

Le dragage des bassins est fait à l’aide d’un bateau-dragueur, capable d’enlever ec un an 24.000 mètres cubes de déblai.

L’ensemble des établissements maritimes d’Anvers est desservi par de nombreuses voies ferrées et par des gares commerciales se divisant en deux groupes, l’un desservant tous les établissements maritimes du nord, et l’autre les quais de l’Escaut.

Les sommes consacrées par la ville d’Anvers depuis 1859 à l’amélioration de son port s’élèvent à 75 millions. Les subventions accordées parle gouvernement belge ne sont pas inférieures a 50 millions. Cette transformation a donc, a l’heure actuelle, et sans y comprendre les dépenses effectuées par la société du Sud et par les chemins de fer, coûté 125 millions.

Avant de dire quelques mots de l’administration du port d’Anvers, il nous faut consacrer quelques lignes k la Maison hanséatique, qui, au xvie siècle, servait de résidence aux commerçants des villes de la Hanse, La Maison hanséatique, située entre les deux anciens bassins, fut construite en 1564. Elle contenait alors, si l’on s’en rapporte aux chroniques du temps, 300 chambres décorées avec le plus grand luxe, et qui servaient à loger les négociants et leur famille. Les persécutions dont ces négociants, en grande

■partie protestants, furent victimes vers lu fin du xvie siècle et le commencement du xvii», les décidèrent à abandonner Anvers, et leur maison devint une caserne. Après bien des vicissitudes, cette maison, qui ne présente d’ailleurs aucun caractère architectural, fut cédée au gouvernement belge. L’État la revendit en 1881 à la ville d’Anvers, qui l’aménagea pour la manutention des grains. Longée de trois côtés par les quais des anciens bassins, la Maison hanséatique confient parfaitement à sa nouvelle destination. L’outillage qu’on vient d’y installer à titre d’essai, car ce local serait insuffisant à emmagasiner tout le grain qui passe à Anvers, est des plus curieux. La Maison se compose d’un rez-de-chaussée, de trois étages et d’un grenier ; la surface utilisable des planchers est de 15.000 mètres carrés et permet l’emmagasinage de 120.000 hectolitres. Les silos établis ou à établir dans la cour contiendront environ 1J0.000 hectolitres, soit en tout 230.000 hectolitres. Le transport horizon lai du grain a lieu sur des bandes en caoutchouc de 011,70 de largeur, s’appuyant sur des chevalets, avec rouleaux de friction en fonte. Ces bandes, au nombre de deux dans chacun des quatre corps de bâtiment, sont continues et traversent les caves et les greniers, de telle sorte que le grain puisse, suivant les besoins, être remonté ou descendu II tous les niveaux. La connexion entre les bandes des caves ot celles du grenier s’obtient au moyen de quatre élévateurs, installés dans chacun des angles du bâtiment. Ces élévateurs fonctionnent à la façon d’une drague et se composent de chaînes passant sur des tambours et portant des récipients, qui prennent le grain a la cave. Le mouvement de translation est obtenu au moyen de moteurs hydrauliques, utilisant l’eau des accumulateurs du Kattendijk et travaillant à 47,62 atmosphères de pression.

L’administration du port d’Anvers est confiée au conseil communal de cette ville. Ce conseil, présidé par le bourgmestre, est composé de 31 membres élus. Cinq échevins, choisis parmi les membres du conseil, et nommés par le roi, assistent le bourgmestre et se répartissent les différentes branches rie l’administration. C’est ainsi que l’échevin du commerce et des finances est chargé de la gestion de tous les établissements maritimes et de la police du port, tandis que les bassins et leurs dépendances, l’outillage, et le personnel d’exploitation dépendent de l’échevin des travaux publies. L’État conserve la police de la rade, les phares, le pilotage, l’exfiloitation des voies ferrées et le service de a douane. L’administration communale est secondée dans sa gestion par cinq fonctionnaires, relevant exclusivement de l’État. Les recettes des bassins maritimes du Nord appartiennent exclusivement à la ville d’Anvers. Celles qui proviennent des quais de l’Escaut et des bassins de batelage construits par l’État, donnent lieu à un partage entre l’État, la ville et une société particulière.

Le pilotage des navires est obligatoire ; il s’effectue concurremment par des pilotes belges et des pilotes néerlandais. Les droits sont les mêmes pour les navires de toutes les nations, et sont payés en raison du tirant d’eau. Ils varient suivant les saisons d’hiver et d’été et suivant que le navire est a voiles, sous remorque ou à vapeur. Lorsque le charriage des glaces est assez considérable pour que la marche du navire en soit sensiblement