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AUER

risiens, la Dormeuse éveillée, le 29 décembre 1883 ; à la Gatté, Pervenche, le 3L mars 1885 ; Serment d’amour, opéra-comique en trois actes, le 19 février 1886.

  • ACER (Aloîs) administrateur et typographe

autrichien, né à Wells le 11 mai 1793.-Il est mort à Vienne le 10 juillet 1869.

AVER (Adélaïde), pseudonyme de Charlotte de Coaei, romancière allemande. V. Cosbl (Charlotte de).

  • AOERRACH (Berthold), littérateur allemand,

tié à Nordstetten le 28 février 1812.-Il est mort à Cannes le S février 1882. Cet éininent conteur a publié, outre les onvrngea déjà cités au tome Ier du Grand Dictionnaire, un certain nombre de volumes intéressants : Vie nouvelle, roman (Mannheim, 1851) ; la Cassette du compère (Stuttgart, 1856) ; la Fille aux pieds nus (Stuttgart, 1856), qui a été traduite dans presque toutes les langues de l’Europe ; Sur la hauteur (Stuttgart, J865), idylle champêtre d’une grande fraîcheur, traduite en français par M’io Round, sous le titre de : Au village et à la cour (1866, 2 vol. in-12) ; la Maison de campagne des bords du Ilkin (1868), traduite également en français (1869, 5 vol. in-8°) ; c est un de ses ouvrages les moins réussis : une profusion de détails oiseux, de dissertations et de réflexions sur la pédagogie, la psychologie, l’esthétique et une foule d’autres choses nuisent considérablement à l’intérêt.

Durant la guerre franco-allemande, Auerbach travailla de toutes ses forces à surexciter l’enthousiasme germanique. Une petite brochure de lui, Ce que Veut le Français et ce que veut l’Allemand, pamphlet très virulent à l’égard de la France, se vendit a des centaines de mille d’exemplaires. Il adressa même à Victor Hugo une lettre, rendue publique, dans laquelle il prétendait démontrer les droits sacrés de l’Allemagne. On lui doit encore une Proclamation aux Alsaciens et un Récit du siège de Strasbourg, sous forme de lettres adressées à la 1 Gazette d’Augsbourg ». Tous ces écrits de circonstance ont été réunis par lui dans un volume intitulé Wieder unser (A nous de nouveau), où il célèbre, comme une restitution légitime, l’annexion de l’Alsace-Lorraine à l’empire d’Allemagne. Auerbach avait au reste assisté à toutes les péripéties de la guerre dans l’Est, en qualité d’attaché au quartier général du grand-duc de Bade.

Revenu aux études littéraires, il publia successivement : Walfried, histoire patriotique d’une famille (Stuttgart, 1874) ; Depuis trente ans, nouveaux récits villageois (Stuttgart, 1876) ; Nicolas Lenau, étude littéraire (Vienne, 1876) ; Landolin de Reutershofen (1878) ; le Forestier (1870) ; En chemin (1879) ; Brigitte (1880). Auerbach s’est aussi essayé au théâtre, mais sans grand succès : André Bofer, tragédie en cinq actes et en vers, jouée à Leipzig en 1859, et le Verdict des jurés, comédie en prose (1859), furent assez mal accueillis. Il est encore l’auteur d’une traduction des Œuvres de Spinoza, précédée d’une abondante biographie puisée aux meilleures sources (1841, in-8») et de travaux considérables sur Fichte, Goethe, Uhland, etc.

" AUERSPERG (Charles-Guillaume-Philippe, prince d’), homme d’État autrichien, né le 1er mai 18 M. — Bien que retiré de la vie politique active, en 1868, le prince d’Auers Îierg continua à user de son influence pour a défense de la constitution. Il s’opposa de tout son pouvoir aux tentatives du ministère Potocki, qui espérait, grâce à des manœuvres électorales, réduire le parti constitutionnel dans le Reiohstag. Après la chute du ministère Hohenwart-Schaeffle (30 octobre 1871), dont le prince Charles d’Auersperg avait été le principal adversaire, le cabinet réformateur, présidé par son frère le prince Adolphe d’Auersperg, eut en lui son plus ferme appui. De 1871 a 1879, il fut de nouveau président de la Chambre des seigneurs. Durant la session de 1879-1880, il prit une part active aux débats de cette Chambre et combattit la politique du comte Taafe. Le prince d’Auersperg, qui a longtemps présidé la diète de Bohème, est rentré dans la vie privée en 1885.

AUERSPERG (Adolphe-Guillaume-Daniel, prince d’), homme politique autrichien, frère du précèdent, né le 21 juillet 1821. Il étudia d’abord le droit, puis prit du service dans l’armée (18*1), où il resta jusqu’en 1860. Il débuta dans la politique comme membre de la diète de Bohême, puis devint conseiller privé et membre a vie de la Chambre des seigneurs. Durant trois années il fut président de la diète. Dans toutes ces fonctions, il se montra énergique défenseur de la constitution. Après la chute du ministère Hohenwart (30 octobre 1871) et du ministère provisoire Holzgethan, M. d’Auersperg fut chargé de former un ministère constitutionnel. Nommé, le 25 novembre 1871, président du cabinet cisleuhan, dont le baron Lasser était le principal représentant, il fit voter la réforme électorale, depuis longtemps attendue. Pour la première fois, un parlement nommé par l’élection directe se réunit en décembre 1873. Le gouvernement promulgua de nouvelles lois confessionnelles à la place du concordat qui venait d’être supprimé, et introduisit d’importantes réformes dans l’ad AUFR

ministration de la justice. Le 6 octobre 1S78, le prince Auersperg donna sa démission de ministre président, mais garda provisoirement encore la direction des affaires jusqu’en février 1879. Il fut alors nommé président de la cour des Comptes.

ABERSWALD (Rodolphe»’), homme d’État prussien, né au château de Faulen, près Rosenberg (Prusse) le 1er septembre 1795, mort à Berlin le 15 janvier 1886. Il était le frère du général prussien Jean-Adolphe Erdmaou d’Auerswald. Élevé avec le prince Guillaume, le futur empereur d’Allemagne (1807-1810), il s’engagea dans un régiment de hussards et prit part à la campagne de Russie (1812) et a la guerre contre la France. Ayant quitté le service en 1820, il se retira dans ses terres, et fut élu conseiller provincial. Pendant la guerre de Pologne, en 1831, il administra le canton frontière de Memel ; puis il devint bourgmestre de Kœnigsberg. Elu en 1837 membre de la diète de la province de Prusse, il occupa diverses positions dans l’administration. Après la révolution de mars 1848, il fut chargé de présider le nouveau ministère (Hausemann-Kuhlwetter-Schreckenstein), où il eut le portefeuille des Affaires étrangères (juin 1848), Cette même année, la ville de Francfort-sur-1’Oder l’envoya siéger, comme député, à l’Assemblée nationale prussienne. Mais, dès le mois de septembre suivant, le cabinet dut se retirer ; d’Auerswald resta seulement membre de l’Assemblée, où il vota avec la droite. Après la dissolution de la Chambre, il retourna à Kœnigsberg et remplit les fonctions de président supérieur de la province de Prusse. De 1850 à 1851, il fut président de la province du Rhin et, en 1858, le prince régent l’appela à faire partie du ministère de la nouvelle-ère comme ministre sans portefeuille. D’Auerswald entreprit la réorganisation de l’armée sans s’être assuré de l’approbation de la Chambre des députés ; ce fut la cause de sa chute. Le ministère libéral Schwerin-Auerswald se retira en mars 1862. D’Auerswald fut nommé burgrave de Marienbourg, mais n’eut plus d’influence politique.

ADERSWALD (Alfred d’), homme d’État prussien, frère du précédent, né à Marienwerder le 16 décembre 1797, mort à Berlin le 3 juillet 1870. Il s’engagea en 1815 comme volontaire dans un régiment de dragons prussiens, et lorsque la paix fut signée, il alla poursuivre ses études à Kœnigsberg, où il contribua à fonder la première association d’étudiants. En 1819, d’Auerswald entra au service de l’État, mais le quitta en 1824 pour s’occuper de l’administration de ses biens. De 1830 à 1844 il fut conseiller provincial de l’arrondissement de Rosenberg. Ses débuts dans la politique datent de son entrée dans l’assemblée des états provinciaux de la Prusse en 1837. En 1842, il obtint la convocation des états de l’empire, promise depuis 1815.

Elu en 1846 membre des synodes généraux évangéliques, il s’opposa à l’emploi des livres symboliques dans l’ordination des ecclésiastiques et exigea une représentation organique de l’Église. Président de la Prusse orientale en 1847, il fit partie ensuite du cabinet formé le 29 mars 1848 par Camphausen, mais se retira le 14 juin suivant, en même temps que Camphausen, Arnim et Schwerin. À partir de ce moment, il siégea dans l’Assemblée au centre droit et vota toujours contre la majorité démocratique. En 1849, d’Auerswald fut nommé membre et vice-président de la deuxième Chambre prussienne. Il y fit partie de la gauche constitutionnelle et soutint la politique d’union de Radowitz. Après la retraite de cet homme d’État, il combattit énergiquement la politique de Manteuffel. Depuis, d’Auerswald fut nommé plusieurs fois encore député, mais il ne joua plus aucun rôle important.

AOFRECHT (Théodore), orientaliste allemand, né à Leschnitz (Haute-Silésie) le 7 janvier 1822. Il s’est surtout occupé de grammaire comparée, en suivant les leçons’ de Bœckh, de Bopp et de Lachmann ; il est également très versé dans la connaissance de l’ancien allemand. Tout en prenant ses grades à l’université de Halle, il publiait ses premiers ouvrages : De accentu compositorum sanscritorum (1847) ; tes Monuments ombriens, en collaboration avec Kirchhoff (1849-1851) et commençait avec Kuhn la publication d’un Journal de philologie comparée (1852). S’étant rendu à Oxford, il prit part à l’édition du JRig • Véda de Max Mûller, revint à Berlin donner des leçons de sanscrit et se faire recevoir docteur (1856), publia le Commentaire d Ujjvaladatta sur les Unadisoutras (Bonn, 1859), puis obtint un emploi à la bibliothèque d’Oxford. Il en profita pour publier un excellent Catalogue des manuscrits sanscrits de ta bibliothèque bodiéienne (Oxford, 1864). Deux ans auparavant il avait été nommé professeur de sanscrit et de philologie comparée à l’université d’Édimbourg. Defiuis 1875, il est professeur de langues et de ittérature indo-européennes à 1 université de Bonn. On lui doi* encore une édition de t’Abhidanaratnamala d’Haiayudha (Londres, 1861) ; les Hymnes du Rig-Véda (Berlin, 1861-1863, 2" édit. en 1877, avec additions) ; Catalogue des Manuscrits sanscrits du collège de la Trinité, à Cambridge (1869) ; le Paddhati de Sarngadha*a (Leipzig, IS73J ; Fleurs d*

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l’fndoustan (Bonn, 1873) ; Us Anciennes langues de l’Itntie (Oxford, 1875) ; l’AilarayaBrâhmana (Bonn, 1879).

AUFSESZ (Hans-Philippe Wernbr, baron de), archéologue allemand, né le 7 septembre 1801 à Aufsesz, château patrimonial de sa famille dans la Franconie supérieure (Bavière), mort à Munsterlingen, près Constance, le 7 mai 1872. Il étudia le droit à l’université d’Erlangen, remplit pendant deux ans des fonctions administratives, puis se retira dans ses terres et s’adonna & des études historiques et juridiques. En 1832, il vint à Nuremberg, où il trouva des ressources nombreuses pour ses recherches

archéologiques, et dès lors il songea à fonder dans cette ville, un grand musée germanique, renfermant une collection d’œuvres d’art et d’antiquités allemandes, une bibliothèque des archives, etc. Il fonda un journal, la Revue de l’antiquité allemande (1832), et obtint que les richesses archéologiques se trouvant à Nuremberg fussent réunies et exposées dans un même local. Lors de (a réunion des germanistes à Fruncfort-sur-le-Mein (1846), il développa son projet d’un musée national allemand ; mais l’exécution en fut encore retardée par les événements de 1848 jusqu’en 1853. Aufsesz fut le premier directeur du musée dont il avait été l’organisateur (1853-1S62). [lrevenaitdel’inauguration de l’université de Strasbourg, lorsqu’il mourut subitement. Parmi ses nombreux écrits sur l’histoire et sur îe droit, nous citerons : la Féodalité dans ses rapports avec te droit et l’époque (Nuremberg, 1828) ; tes Charges des fiefs seigneuriaux en Bavière (Munich, 1831) ; l’Unique véritable cause de divorce dans l’Église chrétienne (Bayreuth, 1838).

  • AUGE (vallée d’). Le département du Calvados

comprend, au point de vue agricole, trois régions et trois types bien distincts : la région des prairies et l’herbager, la plaine et le cultivateur proprement dit, enfin le Bocage, dont les habitants, appelés dans le pays « les Boscains », ne sauraient être confondus avec l’un ou avec l’autre des types précédents. L’herbager occupe les vallées, les pentes et les plateaux où coulent la Dives et la Touques : c’est le célèbre pays d’Auge, comprenant la plus grande partie des arrondissements de Lisieux, de Pont-1’Evêque, et s’étendant au midi jusque dans le nord-est de l’Orne, Le cultivateur occupe les arrondissements de Caen et de Bayeux ; c’est la fertile plaine qui s’en va des basses collines du Cinglais, par une pente insensible et uniforme, s’ouvrir sur les rivages sablonneux de la baie du Calvados. Le Boscain ne se montre qu’au delà du Cinglais, dans la région boisée qui forme l’ouest de l’arrondissement de Falaise et tout l’arrondissement de Vire. Pour l’homme de la plaine, au delà du Cinglais, en dehors du Bessin et du territoire de Caen, il.n’y a dans tout le reste de la basse Normandie (Orne et Manche) que des Boscains. Ils tranchent, du reste, sur la population de la plaine, dans laquelle l’influence du sang germanique est manifeste, par leurs usages, leur physionomie, leur langage traînant ; ils représentent plus exactement l’ancienne race.

M. H. Baudrillart a remarqué que les occupations de l’herbage exigent plus de

calcul que d’activité, l’extrême fécondité du sol le dispensant de tout travail de culture ; les bêtes fournissent tout l’engrais nécessaire. L’herbe pousse si spontanément qu’en une nuit ce qu’en ont consommé les bestiaux est réparé et au delà. Les terres se vendent de 8.000 à 11.000 francs l’hectare, et se louent de 300 à 600 francs. En été, au commencement de l’automne, en hiver, l’herbager se promène dans ses pâturages. C’est au printemps qu’il a à déployer quelque activité. Il se met en route avec sa blouse bleue par-dessus sa redingote, son bonnet de fourrure, sa sacoche de cuir et lesgrands ciseaux dont il se servira pour marquer ses initiales sur le poil des bêtes qu’il achètera. Muni d’une forte somme, il va faire sa tournée dans les foires et sur les marchés. Le marché est le vrai champ de l’activité de l’herbager normand.

Les bœufs achetés, il les répartit sur les

fiâturages et règle leur régime selon l’état et e tempérament de chacun d’eux. Ces précautions prises (et comme l’achat, elles supposent des connaissances spéciales et de la sagacité), c’est du temps seul que dépend la fortnne de l’herbager ; il n’y peut plus rien, et, du reste, n’en a pas grand souci, car si la saison est mauvaise, il trouve presque toujours moyen d’éviter toute perte en surélevant ses prix de vente. Selon les circonstances, il peut faire deux ou même trois saisons. À l’engraissement des animaux de boucherie, il joint d’ordinaire l’élève des juments poulinières qui donnent les chevaux de demi-sang renommés dans le monde entier. Ce cumul n’est pas sans inconvénient ; te bœuf seul rencontre dans l’herbage de la vallée d’Ange les vraies conditions de son développement.

augelite s. f. (ô-je-li-te — du gr. auges, éclatant ; lithos, pierre). Miner. Phosphate d’alumine hydraté trouvé en Suède, dans la mine de Westana. Ce minéral, incolore ou rosé, a pour formule A1203, Ph205 ; il se présente en masses ayant trois clivages distincts d’éclat unes dansité est 2,77. I) donne

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beaucoup d’eau au tube, est in fusible au chalumeau et est à peine attaqué par les acides.

" AUGER(Hippolyte-Nicolas-Just), littérateur français, né à Auxerre le 25 mai 1797.-Il est mort à Menton le 29 février 1881.

AUGERVILLE-LA-RIVIÈRE, commune dé France (Loiret), arrond- et à 19 kilom. de Pithiviers, cant. de Puiseaux ; 267 hab. L’attention publique ne s’est guère portée sur, cette petite commune que depuis le jour où Berryer acheta le château qui commandait autrefois le pays. C’est là qu est mon le célèbre orateur, et il a été inhumé, sous une tombe de la plus grande simplicité, dans l’humble cimetière du village. Sa propriété est passée aux mains de sa sœur, Mm« la duchesse de Riario-Sforza. Mais Augerville-la-Rivière appartenait déjà de droit a la chronique historique. Cette petite commune de la vallée de l’Essonne a vu figurer parmi ses seigneurs : l’argentier de Charles VII, le célèbre Jacques Cœur ; puis, au xvi» siècle, le prévôt des marchands de Paris, Jean Lnullier, qui contribua puissamment, avec le comte de Brissac, à ouvrir, en 1594, les portes de la capitale à Henri IV ; enfin, au xviii* siècle, la président Perrot, serviteur dévoué du prince de Coudé. Lorsque celui-ci eut résolu de passer du côté de la Fronde, il partit de Paris pour soulever la Guyenne, le Poitou et l’Anjou. La reine mère envoya à sa poursuite un courrier qui devait lui remettre des propositions de paix. Le courrier se trompa, et, au lieu d’aller à Augerville-la-Gaste, sur la route d’Orléans, où était te prince, il alla à Augerville-la-Rivière, résidence du président Perrot. Lorsque l’erreur fut réparée, il était trop tard. Condè refusa d’écouter les paroles de paix qu’on lui apportait ; il répondit que, puisqu’il était loin de Paris, ce n’était pas la peine d’y retourner. Le château actuel d’Augerville est un assez remarquable monument de la Renaissance.

En 1814, Augerville-la-Rivière fut le théâtre d’un combat entre les habitants et les Cosaques de Platow, qui furent battus ; un tableau de M. de Montfort, qui a été reproduit par la gravure, représente cet épisode.

  • " AUGIER (Guillaume-Victor-Emile), poète

dramatique français, né à Valence (Urôme) en 1820.—Il a fait représenter au Théâtre-Français, le 8 avril 1878, une comédie en cinq actes et en prose, les FourcAambault, dont on trouvera l’analyse dans ce volume ; elle a eu un très grand et très légitime succès. Il a été promu grand ofneier de la Légion d’honneur le 31 décembre 1881. Aux obsèques de Victor Hugo, c’est lui qui fut délégué par l’Académie française pour y porter la parole en son nom, ayant eu ainsi, comme académicien, à prononcer l’oraison funèbre des deux plus grands poètes du siècle : il avait fait l’éloge de Lamartine dans sa réponse au discours de réception de M. Emile OUivier.

M. Emile Augier s’est retiré du théâtre étant encore dans toute la vigueur de son talent et après l’éclat d’un succès qu’ont à peine dépassé «es meilleures pièces ; les Fourchambault semblent être, en effet, la comédie dont il a voulu faire le couronnement de sa carrière dramatique. C’est du moins ce qui résulte des contidences qu’il faisait, en juin 1886, au littérateur allemand Paul Lindau, qui lui demandait s’il ne produirait plus rien, contidences dont la presse s’est aussitôt faite l’écho. «Mon cher ami, lui dit-il, j’ai appris par expérience qu’on ne s’arrête jamais à temps ; on s’arrête toujours ou trop tôt ou trop tard. On a le choix. Moi, je me suis décidé à m’arrèter trop tôt. Je veux vous dire ce qui m’a décidé aie faire. J’étais jeune, au commencement de mes succès, quand je me trouvai un jour dans le cabinet d’un directeur de théâtre. Il était très aimable, ce directeurl Pendant que nous causions, un domestique lui apporta une carte de visite. En la lisant, il fit la grimace et dit : 1 Je ne

« suis pas visible ; iqu’il me fiche la paix, ce

« vieux tourment 1 • Je jetai les yeux sur la carte de visite ; c’était la carte d’Eugène Scribe I c’était l’homme qui avait remporté le plus de succès dans notre siècle, le maître du théâtre, que l’on recevait ainsi. Et alors je me jurai que pareille aventure ne n’arriverait jamais. Je ne veux pas qu’un directeur de théâtre me fasse dire par son domestique qu’il n’est pas visible, et voilà pourquoi ma résolution est irrévocablement prise. Je vis simplement. Le théâtre ne me fait plus plaisir, je l’ai vu à la reprise de l’Aventurière. Les répétitions m’ennuient, me fatiguent, m’agacent, et je ne travaille plus. • On regrettera cette détermination, qui nous prive peut-être de quelques études de mœurs aussi vivantes que les Fourchambault ; mais M. Emile Augier a fait assez pour sa propre gloire et pour la gloire de notre théâtre contemporain ; il reste le seul juge du moment où il aurait pu craindre de descendre dans la faveur publique.

AUGCIN (Louis-Augustin), peintre français, né à Rochefort le 29 mai 1824. Après avoir étudié la peinture avec Jules Cogniet et Corot, M. Auguin revint à Rochefort, où il habita de 1850 à 1860, et fit, en vue de ses tableaux, de fréquents voyages dans les campagnes de la Charente-Inférieure et de la Charente. Vers 1860, il se fixa définitivement à Bordeaux, où il ouvrit un atelier