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baron de Baltimore dans le comté de Longford (Irlande), titre gui lui conférait la dignité de pair. Depuis longtemps, Calvert nourrissait l’idée de fonder des colonies en Amérique, Il avait obtenu du roi Jacques une charte qui lui concédait en toute propriété une portion de l’île de Terre-Neuve, désignée alors sous le nom de Ferryland. Il y envoya une colonie en 1621, dépensa 625,000 fr. (25,000 liv, sterl.) pour l’établir, et s’y rendit en personne en 1625, à peu près au moment de la mort de Jacques Ier ; mais son désappointement fut grand en abordant à Terre-Neuve, dont le climat ne convenait aucunement à la constitution des Anglais, et dont le sol était trop ingrat pour être défriché avec avantage. D’un autre côté, le voisinage des Français n’était pas un moindre obstacle à la colonisation. De Lavade ravagea ses pêcheries avec des troupes de débarquement. Après avoir armé deux vaisseaux, donné la chasse aux Français et rétabli les pêcheries, Calvert résolut d’abandonner le territoire et se mit à la recherche d’un pays plus clément. Les établissements de la Virginie, qu’il visita en 1628, l’aspect enchanteur du fertile pays baigné par les eaux de la baie de Chesapeake et par les cours d’eau qui viennent s’y déverser le séduisirent. Toutefois, l’accueil que Calvert, en sa qualité de catholique, reçut des réformés de la colonie virginienne ne fut rien moins que cordial, et il se vit forcé de chercher un établissement plus méridional. De retour en Angleterre en 1632, il obtint de Charles Ier, le 20 juin de la même année, une nouvelle charte qui lui concédait tout le territoire formant actuellement les États de Delaware et de Maryland ; mais il mourut avant que ses lettres d envoi en possession lui eussent été délivrées. — Au mot Baltimore, nous avons consacré quelques mois à ce personnage, qui est surtout connu sous ce nom en Angleterre. Toutefois, nous avons cru devoir en parler ici de nouveau, d’une façon plus étendue, avant de donner la biographie des autres membres importants de sa famille.

CALVERT (Ceci !), fils aîné du précédent et deuxième baron de Baltimore, né en 1623, mort en 1676. V. Baltimore (Cecil).

CALVERT (Léonard), frère puîné du précédent, et premier gouverneur du Maryland, mort en 1647. Il quitta l’Angleterre en 1633, avec le premier convoi d’émigrants, qui comprenait environ deux cents personnes, toutes catholiques. Parmi elles se trouvaient trois jésuites, dont l’un, le père White, correspondait avec le général de son ordre à Rome, et nous a laissé des détails intéressants sur cette première tentative de colonisation. L’expédition, partie de Cowes (lie de Wight) le 22 novembre 1633 ; arriva à destination le 27 mars 1634. Tandis que les missionnaires se faisaient des amis parmi les Indiens, Léonard Calvert luttait contre un certain William Clayborne, qui avait occupé l’Ile de Kent, située dans la baie de Chesapeake, presque au centre de la province concédée à lord Baltimore, et qui tut, pour le gouverneur, et pendant toute la vie de ce dernier, une source toujours renaissante d’inquiétudes et de tracas. Aussitôt après l’arrivée de Léonard, Clayborne, au lieu de se soumettre, déclara ouvertement la guerre aux nouveaux colons ; mais, ayant été pris les armes à la main, il fut envoyé en Angleterre, où il réclama vainement la possession de 11 le de Kent au nom du droit de premier occupant. Peu de temps après, il regagna l’Amérique, et se fixa dans la Virginie en attendant une occasion favorable pour se venger. Pendant ce temps, la colonie traversait une ère de complète anarchie. Lord Baltimore, tout en restant en Angleterre, n’en était pas moins, en vertu de la ehurto concédée par Charles Ier, l’unique législateur de la colonie. Les lois et les règlements qu’il édictait ainsi de loin et qu’il calquait sur ceux de l’Angleterre manquaient complètement leur but, et menaçaient d’anéantir la colonie, au lieu de la faire prospérer. Lord Baltimore eut le bon sens de comprendre la cause du mal, et, avec un sentiment de justice qui l’honore, il n’hésita pas à sacrifier son pouvoir législatif. Il permit donc aux colons de rédiger eux-mêmes leurs propres lois, se réservant seulement pour lui ou pour son délégué la faculté du veto. Le Maryland se hâta de constituer une assemblée législative, dont l’un des premiers actes fut de déclarer le catholicisme romain religion de l’État ; mais, chose très-remarquable en ce siècle d’intolérance, permission fut en même temps accordée a tous les chrétiens d’adorer Dieu selon leur conscience. Pendant les neuf années qui s’étaient écoulées depuis le débarquement des premiers colons dans le Maryland, un grand changement s’était accompli dans les affaires politiques de l’Angleterre. Le roi Charles Ier avait été privé de toute autorité et avait entrepris cette guerre civile qui devait lui coûter le trône et la vie. Les événements qui s’accomplissaient dans la métropole ne pouvaient manquer de produire une grande agitation dans les colonies. En 1643, Léonard Calvert se rendit en Angleterre pour s’entendre avec son frère sur la conduite à tenir. Son vieil ennemi Clayborne profita de son absence pour envahir la colonie. À son retour, en 1644, Léonard trouva toutes choses dans la plus grande confusion. Bien qu’il fut en possession d’uno charte nouvelle accordée a sou frère, Clayborne refusa do dôposur les anucs, reprit pos CALV

session de l’île de Kent, et força Léonard Calvert à.se réfugier en Virginie (1645). Deux ans après il revint dans le Maryland avec une force militaire assez considérable, reprit l’Ile de Kent et rétablit son autorité sur la province entière. Il ne jouit pas longtemps de son succès. Le chagrin que lui avait causé l’état des affaires en Angleterre et les soucis de son gouvernement hâtèrent sa fin. Les circonstances de sa mort sont inconnues ; on sait seulement qu’il nomma pour son successeur, comme gouverneur, Thomas Green.

CALVERT (Frédéric), lord Baltimore, né en Angleterre en 1731, mort en 1771, appartenait h la famille des précédents. On a de lui un Voyage dans le Levant avec des remarques sur les Turcs et Conslanlinople, et un recueil de vers, aujourd’hui fort rare, intitulé : Gaudia poetica, in latina, anglica et gallica lingua composita (Naples, 1796, in-8°).

CALVERT (sir James), général anglais, entra dans l’armée en 1778. Après avoir servi en Amérique et en Hollande, il fut créé baronnet en 1818. Il prit une grande part à l’établissement des écoles militaires en Angleterre, et il est le fondateur de l’asile royal de Chelsea. Il est mort en 1826.

CALVERT (George-Henry), homme de lettres américain, né à Baltimore dans le Maryland en 1803. Son grand-père, Bénédict Calvert, un ancien loyaliste de la révolution américaine, était 1 ami intime du général Washington. George Calvert prit ses degrés au collège d’Harvard en 1823, et vint en Europe étudier à l’université de Gcettingue, où il acquit cette profonde connaissance de la littérature allemande dont on voit des traces évidentes dans ses ouvrages. De retour en Amérique, il publia un Cours de phrénologie en 1832 ; puis, l’année suivante, une vie d’Herbert Barclay. En 1836, il fit paraître une traduction du Don Carlos de Schiller, la tragédie du Comte Julien en 1840, et, en 1845, une traduction de la correspondance de Goethe avec Schiller. Il publia ensuite, en 1846 et 1852, des Scènes de la vie européenne. Enfin il a été nommé, en 1853, maire de Newport. (Rhode-Island.)

CALVET (Espri1>Claude-François), médecin, archéologue et naturaliste, né à Avignon en 1728, mort dans sa ville natale en 1810. Il fit ses études chez les jésuites, obtint le grade de docteur en médecine en 1745, et fut pourvu bientôt après d’une chaire d’anatomie. Pendant un voyage qu’il fit à Paris, s’étant trouvé en relation avec les personnes les plus recommandables de cette ville par leur savoir, il y sentit naître et se développer son goût pour les livres, et sa vocation de naturaliste et d’archéologue. L’esprit orné d’une foule de connaissances dues à des études sérieuses, Calvet parlait le latin et l’écrivait aussi facilement que sa propre langue. De tous les ouvrages qu’il a publiés, le plus important a pour titre : Dissertation sur un monument singulier des Utriculaires de Cavaillon, où l’on éclaircit un point intéressant sur la navigation des anciens (Avignon, 1766, in-8°). Calvet a laissé une masse considérable de manuscrits sur divers sujets, principalement sur des sujets d’archéologie et d’histoire naturelle. Il avait un raédailher, riche d’environ 12,000 pièces. À sa mort, il légua à la ville d’Avignon : sa bibliothèque, ses manuscrits, son cabinet avec tous les monuments antiques et modernes, et tous les objets d’histoire naturelle qui en font partie ; enfin, tous ses biens, évalués à 200,000 fr., pour être employés en fondations de bienfaisance.

CALVET (Jean-Jacques), homme politique français, mort en 1820. Garde du corps quand éclata la Révolution, il fut élu député à la Législative par le département de l’Ariége^ etse fit surtout remarquer par sa modération et son attachement à la constitution de 1791. Le 20 juin, il s’opposa vainement à l’admission des insurgés du faubourg Saint-Antoine à la barre de l’Assemblée ; le 8 août, il faillit être assassiné pour avoir combattu le décret d’accusation lancé contre La Fayette, et, après la journée du 10 août, il quitta l’Assemblée pour s’enfermer dans une profonde retraite. Jusqu’en 1813, il resta complètement étranger aux affaires politiques. À cette époque, le département de TAriége l’envoya siéger au Corps législatif, et lui renouvela son mandat sous la Restauration. Dans cette dernière période de sa vie, Calvet, bien que devenu ministériel, ne s’en montra pas moins un des plus chauds défenseurs de la liberté individuelle et de la liberté de la presse.

CALVI, ville de France (Corse), ch.-l. d’ar. sur la côte N.-O. de l’Ile, à 83 kilom. N. d’Ajaccio, par 4C 34’ de fat. N. et 6° 25’ de long. E. ; pop. aggl. 1,814 hab. — pop. tôt. 1,884 hab. L’arrondissement comprend 6 cantons, 35 communes et 25,124 hab. Tribunal de l’c instance ; collège communal ; port de commerce avec une bonne rade protégée par le fort Mozzello, presque imprenable. Commerce de vins, huile d’olives, cire, bois, peaux de chèvre, etc. Cette ville, appelée autrefois Situs Ccesiœ ou Sinus Casalm, d’où, par contraction, Calvi, est bâtie sur les collines qui dominent la mer à l’O. de la citadelle, position plus avantageuse par la proximité des fontaines, et plus saine par l’éloignement des marais. La nouvelle ville date du xiiic siècle, et sa fondation est due aux guerres civiles. Vers

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l’an 1268, Giovanninello de Pictia-Allera, en lutte avec Gîudice de la Rôcca, se retrancha sur le rocher avec ses partisans ; la guerre terminée, il l’abandonna- mais quelques familles y restèrent. Elles devinrent tributaires des Avoghari, seigneurs de Nonza, jusqu’à l’arrivée des Génois. Ceux-ci bâtirent le château et les fortifications qui existent encore. Calvi garda fidèlement la foi jurée à Gênes, qui lui laissa ses magistrats particuliers et lui donna un acte de privilège si étendu, qu’elle était une véritable république sous la protectorat plutôt que sous la domination de Gènes. Cette fidélité fut soumise à de terribles épreuves, et Calvi mérita toujours l’inscription que les Génois firent graver sur la porte de la citadelle : Civitas Calvi semper fidélis. En 1400, les Aragonais s’en emparèrent ; la même année, excitée par Pierre Baglioni, la population tes chasse. Dans son enthousiasme, elle anoblit son libérateur ;, et lui donne pour nom le cri de Libertat, auquel il l’avait soulevée. Moins de deux cents ans plus tard, un de ses descendants délivra Marseille des chefs ligueurs qui voulaient livrer cette ville aux Espagnols. En 15S3 ? Calvi résiste seule aux années corso-françaises, dirigées par Des Ursins et Sampiero. En 1794 enfin, Calvi, assiégée par terre et par mer par l’armée anglaise, Fut prise après une résistance héroïque. C’est là que Nelson, alors sous les ordres de l’amiral Hood, perdit son bras. La population émigra en masse à Toulon plutôt que de se soumettre, et ne rentra qu’avec les Français.

Vue de la mer, Calvi parait complètement isolée de la terre ferme, à laquelle la relie un isthme très-étroit. Bâtie sur un rocher granitique en forme de cône, elle se trouve entre deux golfes ; le golfe de Calvi à VE., et celui de Revellata à l’O., qui forment un vaste demi-cercle fermé au N.-E. par le cap Speno, et à l’O. par la pointe Revellata, que surmonte le phare. C’est une des places les plus fortes de l’île. Les remparts sont flanqués de cinq bastions épais, de tous points inaccessibles ; très-élevée, elle ne peut être battue du côté de la terre que des hauteurs du col Mozzello ; on y a construit deux forts dont les feux viennent croiser ceux de la citadelle. Le port, situé au S.-E, de la ville, est très-beau, large et profond : une escadre peut y mouiller à l’aise. La ville se divise en deux parties : la citadelle, où se trouvent les édifices publics, tels que l’ancien palais des gouverneurs, transformé en caserne ; l’église primatiale, dont la coupole n’a pas été réparée depuis que les boulets anglais l’ont percée à jour, et qui contient le tombeau des Baglioni ; le tribunal, la mairie et le collège. La basse ville, sur l’isthme qui joint le rocher à la terre ferme, est habitée par les pêcheurs et les commerçants.

Paoli, pour punir Calvi de sa fidélité à Gênes, bâtit en 1758, à 24 kilom. au N., une nouvelle ville, l’Ue-Rousse, et quand les premières maisons s’élevèrent, il dit : J’ai plante' les potences pour pendre Calvi. Depuis, Calvi, ruinée par la guerre, laissa sa rivale accaparer le commerce de la province de Bologne ; mais lorsque le désert de Goléria, qui court au S. le long de la côte, sera repeuplé, Calvi redeviendra la capitale et le centre du commerce de cette riche province. La colère d’un homme ne peut défaire l’œuvre de la nature, et Calvi, avec sa belle position, sa proximité du continent français, son beau port et sa citadelle, absorbera à son tour l’Ile-Rousse, qui ne sera plus que ce qu’elle fut toujours, une rade foraine. Calvi se vante d’avoir donné le jour à Christophe Colomb, mais cette prétention est fort contestée. It Ville du royaume d’Italie, province de la Terre de Labour, district et a 20 kilom. N.-O. de Caserte ; 50 bab. Siège de l’évêché uni de Calvi-et-Teano, dont le titufaire réside à Pignataro. Cette ville, autrefois importante, la Cales des Romains, fut détruite au viii» siècle par les Arabes, sortit de ses ruines, et fut renversée quelques années plus tard par les secousses de violents tremblements de terre. Les Français, commandés par Macdonald, s’emparèrent de

Calvi le 9 décembre 1798, après avoir battu sous ses murs l’année napolitaine.

CALVI (Lazare), peintre italien, né à Gênes en 1502, mort en 1607. Fils d’Augustin Calvi, qui substitua un des premiers dans ses peintures les fonds coloriés aux fonds dorés, il passa de l’atelier de son père dans celui de Pierino del Vaga, lorsque celui-ci vint s’établir à Gênes en 1527. Sous la direction de cet artiste distingué, Lazare fit de grands progrès, et commença sa réputation par des peintures dont Pierino lui dessina les cartons. Aidé de son frère Pantaléon, peintre comme lui, il exécuta à Gênes de belles fresques dans le palais Doria, dans le palais Grimaldi, etc., puis fut appelé à Naples et à Monaco, où il laissa également des œuvres importantes. À la fois plein d’ambition et d’envie, Lazare ne pouvait souffrir les succès des autres artistes. Il fit empoisonner Jacques Bargone, dont le mérite lui portait ombrage. S’étant vu préférer LucaCambiaso pour des peintures à Saint-Mathias, il en ressentit une si grande douleur, qu’il renonça pendant près de vingt ans à peindre. Pendant ce temps, il fit do la nautique et de l’escrime. Ayant repris enfin ses pinceaux, il travailla jusqu’à l’âge de

3uatre-vingt-cinq ans ; mais les œuvres qui atent de cette époque, notmnuient ses peintures de la coupole ne Sainte-CaUiarinu, sont

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oxécutées avec sécheresse, et froideur. II mourut à l’âge de cent cinq ans.

CALVI (Donat), biographe italien, né à Bergame au xvne siècle. Étant entré dans l’ordre des augustins, il devint vicaire général de sa congrégation pour la Lombardie. On lui doit un ouvrage biographique, curieux et aujourd’hui fort rare, sous le titre de : Scena litteraria degli scrittori Bergamaschi (Bergame, 1664, 2 vol, in-4°).

CALVI (Jean), médecin italien, né à Crémone vers 1715, mort vers 1766. Il exerça successivement la médecine à Florence, à Milan, et enfin à l’université de Pise, où il fut appelé à professer en 1763. On a de lui plusieurs ouvrages en latin. L’un d’eux, fort estimé, et publié sous le titre de ; De hodiei-na etrusca clinice Commentarius (Florence, 1748), expose l’état de la médecine en Toscane à l’époque où il vivait.

CALV1ÈRE (Charles-François, marquis de), littérateur français, né à Avignon en 1693, mort en 1777.’ Il suivit la carrière des armes, devint lieutenant général en 1748, et, après quarante-quatre ans de service, il se retira, en 1755, dans son château de Vezenobre. À la fois poëte, antiquaire, homme de goût et grand amateur des beaux-arts, Calvière fut nommé membre honoraire de l’Académie de peinture en 1747. Il avait réuni une riche collection de tableaux, de dessins, etc., et écrit plusieurs mémoires sur les vieux monuments d’Arles, de Nîmes, d’Orange. On a de lui : Recueil de fables diverses (1792, in-18).

CALVIÈRE ou CALVIKRES (Jules, baron dk), né à Nîmes vers 1775. Lors du retour de Napoléon, en 1815, il joua un rôle actif dans les mouvements royalistes qui ensanglantèrent les départements du Midi, et dont le fameux Trestaillon fut un des plus fanatiques instigateurs. Il fut ensuite nommé dépulé, et vota constamment avec la majorité réactionnaire. Sous le ministère Villèle, il fut successivement nommé aux préfectures des départements de Vaucluse et de l’Isère.

CALVIFRONS s. m. (kal-vi-fronss — du lat. calvus, chauve ; frons, front). Ornith. Genre d’oiseaux, syn. de oymnockphale.

CALVIL ou CALVILLE s. m. (kat-vil). Hortic. Variété de pomme : Calvillk rouge. Calville blanc. Compote de calvilles, h Calvil est peu usité. Il Quelques lexicographes ou écrivains le font féminin :

La calville, pendant au flexible branchage,

Mêle un pourpre douteux au vert de son feuillage,

MlCIIAUl).

CALVIMONT (Jean-Baptiste-Albert, vicomte de), littérateur et administrateur français, né à Périgueux en 1804, mort en 1858. Il fît ses études de droit à Paris, puis il entra au ministère des finances en 1827. Peu de temps après la révolution de Juillet, il abandonna son emploi, se fit journaliste, publia quelques romans, et, quoiqu’il eût manifesté ouvertement des opinions légitimistes, il accepta en 1841 le poste de sous-préfet à Nontron. Destitué en 1848, il fut nommé souspréfet de Bergerac dès l’année suivante, puis préfet de la Dordogne et maître des requêtes en 1851. On cite parmi les romans du vicomte de Calvimont : Veillées vendéennes (1832), et À l’ombre du clocher (1842).


CALVIMONTIUM, nom latin de Chaumont-en-Bassigny.


CALVIN (Jean), fondateur de la Réforme en France et l’un des pères de notre langue, naquit à Noyon, en Picardie, le 10 juillet 1509, et mourut à Genève le 27 mai 1564. Il était d'une famille originaire de Pont-l'évêque. Son grand-père exerçait à Noyon la profession de tonnelier, et son père, Gérard Chauvin ou Cauvin, — Calvin vient du mot latin Calvinus par lequel l'auteur traduisait son nom Chauvin, — avait échangé le métier de tonnelier contre les fonctions de notaire apostolique, procureur fiscal du comté, promoteur du chapitre et secrétaire de l’évêque de Noyon Charles de Hangest. Il était pauvre et chargé d'une nombreuse famille ; mais sa charge auprès de l'évêque pouvait lui faire espérer pour le jeune Calvin une carrière dans l'Église. L'enfant montrait des dispositions précieuses secondées par sa mère Jeanne Lefranc, de Cambrai, qui l'accoutuma de bonne heure à une piété austère et à un genre de vie tout à fait isolé. Une bonne éducation était nécessaire ; on le plaça au collège des Capettes, où il fit preuve « de bon esprit, d'une promptitude naturelle à concevoir et inventif en l'étude des lettres humaines, » suivant Desmay, docteur de Sorbonne, auteur de Remarques sur la vie de Calvin. Un parent de l'évêque, le seigneur de Mommor, avait un précepteur habile ; le père du jeune Calvin obtint que son fils en partagerait les leçons. À d'autres égards, le séjour du jeune homme dans un milieu aristocratique comme la maison de M. de Mommor devait avoir pour son éducation d'autres avantages très-appréciables... « Quant au danger, dit M. Bungener (Vie de Calvin), qu'aurait pu avoir pour bien d'autres ce séjour dans une maison opulente, son naturel sérieux l'en sauva. La sévérité de son père contribuait aussi à le maintenir timide, craintif, compression fatale à certaines âmes, mais utile à d'autres, et féconde pour elles en éléments d'audace et d'énergie. » Mais Calvin fut « nourri en la