Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 3, part. 2, Caq-Cel.djvu/180

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province de la Terre d’Otrante, district, et k 30 kilom. N.-O. de Tarente, ch.-l. de canton ; 5,500 hab. Siège d’un évêché suffragant de Tarente ; récolte abondante de coton.

CASTELLANIE s. f. (ka-stèl-la-nî — rad. castel). Hist. Titre de certains prieurés de l’ordre de Malte : La grandie caSTCllanib d’Emposte. il Gouvernement d’un castellan polonais.

CASTELLANO (Eugène), artiste dramatique français, né à Argos (Grèce) d’un capitaine de cavalerie qui, compagnon d’armes de lord Byron, avait pris part k la guerre contre la domination turque. Destiné d’abord à l’état ecclésiastique, le futur comédien, qu’on avait envoyé k Venise pour faire ses études, obtint d’être placé & l’école secondaire de marine à Toulon, qu’il quitta bientôt (1831), sur le désir de sa mère, pour venir à Paris prendre un emploi dan» le commerce. Le goût des représentations théâtrales étant devenu prédominant en lui, tous ses instants de liberté furent consacrés à courir les spectacles, et c’est en voyant jouer Deburau aux Funambules qu’il rêva sa place au soleil des artistes. Dès ’ors la maison de commerce fut négligée, et, vers 1842, il s’essaya sur la scène d’un petit théâtre de société, où Christian et quelques autres faisaient leurs premières armes, puis courut les environs de Paris, entra aux théâtres de la banlieue et fut enfin engagé à Boulognesur-Mer. Successivement applaudi à Reims, à Bruxelles, à Anvers, à Versailles, à Toulouse et à Lyon, ville dans laquelle il laissa les meilleurs souvenirs, il fut, en 1855, appelé à Paris au théâtre de l’A mbigu-Comique. Ses débuts eurent lieu dans le râle d’Alexis, du Moulin de l’ermitage, qu’il créa avec beaucoup de succès. Depuis lors, Dominique, de la Servante ; Adam, du Paradis perdu ; le comte, dans le drame de MM. Constant Guéroult et Molé-Gentilhomme, la Comtesse de Navailles, placèrent M. Castellano au premier rang des ucteurs aimés du public. Pierre et André, des Pauvres de Paris ; le comte de Montéléone, dans l’Espion du grand monde ; Wiidison, des Fugitifs ; le sénateur Bird, dans la Case de l’oncle Tom (reprise) ; Cornélius Agrippa, de Jane Grey ; t>a.gobert, du Juif-Errant (reprise) ; Henri III, dans la Dame de Montsareau, w ont fourni d’excellents rôles et lui ont donné l’occasion de faire preuve d’une grande intelligence de la scène. Citons encore Parmi les créations originales de cet artiste : Fanfan la Tulipe, la Maison du pont Notre-Dame, et plus récemment le docteur Joseph, dans le Comte de Saulles, avec Frédérick-Ltn.aUre ; Rochester, dans la Fille du maudit ; les quatre rôles de César Andréa, un notaire, sir Williams et le docteur Gordon, dans Iloeambole. Comédien de la bonne école, artiste consciencieux et de bonne tenue, M. Castellano étudie avec soin ses personnages et se grime supérieurement. Son jeu est plein de chaleur et d’animation, et quoique son organe manque parfois de sonorité, il n’en tire pas moins de grands effets. Sympathique à la foule, ajoutons qu’il fait de son art une étude incessante.

CASTELLANUS (Pierre Duchàtbl ou ChATKLain, plus connu sous le nom latinisé de), antiquaire et médecin flamand, né à Gerstberg en 1585, mort en 1632. Il fut professeur de

§ ree et de médecine à l’Académie de Louvain. n lui doit : Ludus, siée centuplant saturnale (Louvain, 1616) ; Eortologion, sive de festis Grcecurum syntagma (Anvets) ; De mensibus atticis diatriba ; Vita ? illustrium medicorum qui toto orbe ad hœc usque tempora florueruat (Anvers, 1618) ; De esu carnium libri quatuor(Anvers, 1626).

CASTELLARO, bourg du royaume d’Italie, dans la Vénétie, province et à 25 kilom. N.-E. de Mantoue ; 1,200 hab. Combats entre les Français et les Autrichiens en 1790 et 1801.

CASTELLAZZO, ville du royaume d’Italie, province et à 6 kilom. S. d’Alexandrie, entre la Bormida et l’Orba ; ch.-l. de mandement ; 5,000 hab.

CASTEL-LEONB, autrefois CASTEL-MAN FBED1, ville du royaume d’Italie, province et k 24 kilom. N.-O. de Crémone ; 4,300 hab. Cette ville est défendue par une vieille enceinte de murailles ; avant sa destruction par Frédéric Barberousse, elle portait le nom de Castel-Manfredi. Les Crémonais la reconstruisirent en 11SS et lui donnèrent le nom qu’elle porte aujourd’hui.

CASTELLESl (Adrien), cardinal et littérateur italien, né à Corneto dans le xve siècle. Le pape Innocent VIII l’ayant chargé d’une mission en Angleterre, il gagna la bienveillance du roi Henri VII, qui le nomma évêque d’Hereford, puis de Batn et de Wells. Plus tard, Alexandre VI le rappela à Rome et le créa cardinal. On dit qu’il voulut ensuite l’empoisonner pour s’emparer de ses richesses. Quand Léon X fut devenu pape, Castellesi entra dans une conspiration qui fut découverte, et, obligé de fuir, il ne reparut jamais. Le cardinal de Corneto (c’est ainsi qu’on l’appelait) était profondément versé dans la connaissance de la belle latinité, et il a laissé des écrits dont le style est très-pur ; ne sont : De ■ veraphilosophia ex quatuor doctoribus Ecclesiœ (1507) ; De sermone latino et modo latine toquendi (1513) ; De venatione (1512), etc.

CASTELLETO-SOPBA-TICINO, bourg du royaume d’Italie, province et à 28 kilom. N,

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de Novare, près de la riva droite du Tessin ; 3,200 hab.

CASTELLI (Bernardo), peintre italien, né à Gênes en 1557, mort en 1629. Il fut élève d’Andréa Seroini et de Luca Cambiaso. Il devint habile surtout dans le genre du portrait, et peignit, entre autres, ceux du Tasse, de Chiabrera et du cavalier Marini. — Ses trois fils, Valkrio, Giovanni-Maria et FerdinandoGiovanni, se firent aussi un nom dans la peinture. Le premier surtout peignit bien les batailles. Son tableau le plus célèbre est Y Enlèvement des Sabines, dans la galerie de Florence.

CASTEI.L1 (Benoit), mathématicien et physicien, disciple de Galilée, né à Brescia en 1577, mort à Rome en 1644. Il était abbé d’un couvent de bénédictins, et il professa les mathématiques à Pise et au collège de la Sapienza à Rome. Il est en quelque sorte le créateur de la partie de l’hydraulique relative aux eaux courantes. Son traité De la mesure des eaux courantes (Rome, 1638, in-4") a été traduit en français en 1664.

CASTELL1 (Barthélemi), médecin italien du xvie siècle. Il a laissé plusieurs ouvrages, dont les plus importants sont : Totius artis medicm compendium et svnopsis(Messine, 1597, in-4°), et Lexicon medicim grœco-latinum (Venise, 1607).

CASTELLI (Pierre), médecin et botaniste italien, né à Messine, mort en 1657. Après avoir professé la médecine à Rome, il se rendit à Messine pour y établir un jardin botanique dont il fut longtemps le directeur. Sas principaux ouvrages sont : Chalcantinum dodecaporion, sive duodecim dubitationes de us» olei vitrioli (Rome, 1619) ; Epistolm de elleboro (1622) ; Theatrum Flùrœ in quo ex toto orbe selecti flores proferuntur (Paris, 1622) ; Arte delti speziali ; Epistolœ médicinales (1626) ; De abusu venœ slectionis (1628) ; Annotazioni sopra l’Antidotario romano (1629) ; Incendia del monte Vesuvio (1632) ; Emetica, in quibus de vomitoriis et vomitu (1634) ; Hortus Messanensis (Messine, 1640) ; Catalogus plantarum /Einearum, etc.. Il est aussi l’auteur de Hortus Farnesianus, ouvrage publié sous le nom d’Aldini.

CASTELLI (Trivulce), cabaliste renommé, astrologue et médecin, né k Nice au xvue siècle. Il annonça avec emphase la guérison du jeune duc Victor-Amédée et prédit que le ciel lui réservait un règne long et glorieux. À cette époque, l’art de la divination avait encore des adeptes, et le hasard se chargea de donner raison à Castelli. Il composa un livre intitulé : l’Horoscope (Nice, 1676). Cet ouvrage ftt du bruit et fut envoyé k la régente Jeanne de Nemours. Celle-ci, après, avoir consulté inutilement les plus habiles médecins de l’Europe pour obtenir la guérison de son fils, qui semblait n’avoir plus qu’un souffle de vie, se décida en dernier ressort à faire venir Castelli à la cour. Sachant en imposer au vulgaire par un certain air d’importance, il parvint k capter les bonnesgrâces de la régente, qui le combla d’autant plus volontiers de faveurs et d’honneurs que le jeune duc était revenu, comme par miracle, à la santé. Voilà Comment un heureux hasard fait souvent la fortune d’un adroit charlatan

CASTELLI (Gabriel-Lancelot), antiquaire italien, né à Palerme en 1727, mort en 1791. Après la suppression des jésuites, il fut nommé directeur du lycée de Palerme, et le jardin botanique de cette ville lui doit de notables accroissements. Ses principaux ouvrages sont : Storia di Alésa, antica cittâ di Sicilia (Palerme, 1753) ; Inscrizioni palermitane (J758) ; Siciliœ veteres inscriptiones (1769) ; Siciliœ populorum veteres nvmmi (1781).

CASTELLI (Joseph de), magistrat et homme politique français, né à Calvi (Corse) en 1749, mort dans la même ville en 1821. Comme tous les Corses de distinction, Joseph de Castelli fit ses études en Italie, k l’université de Pise. De retour dans l’Ile, il jugea bientôt que toute résistance contre la France était impossible et surtout impolitique : il se rallia donc k la nouvelle cause. Nommé en 1774 membre du conseil supérieur de l’Ile, il devint successivement commissaire de la marine en 1797, commissaire des guerres en 1798, membre de l’administration centrale en 1799, du tiibunal extraordinaire du Goloetdu Liamoneen 1801, et il fut chargé, en 1804, d’établir en Corse le service des douanes. Bonaparte avait vu Castelli à l’œuvre lors des troubles qui agitérent la Corse pendant la Révolution ; Napoléon ne l’oublia pas, et lorsque, en 1809, il voulut organiser la justice dans l’Ile sur les bases adoptées pour tout l’empire, il le nomma premier président de la nouvelle cour. En 1814, profitant des troubles et de l’impuissance de la première restauration, les Anglais envahirent la Corse, et, pour frapper un grand coup qui eût en quelque sorte légalisé sa Conquête, !e général Montrésor exigea du premier président que les arrêts fussent dorénavant rendus au nom de George III d’Angleterre. Castelli s’y refusa, convoqua la cour, qui appuya unanimement son opinion, et il déclara en audie/ice solennelle au général anglais lui-même, que « la Corse, département français, n’aurait d’antre justice que celle rendue au nom de Louis XVIII, roi de France et de Navarre. » Cette courageuse résistance brisa "le parti anglo-corse, et donna aux secours de France le temps d’arriver. Cet acte d’indépendance pa CAST

triotique passa inaperçu au milieu dés troubles de cette époque. Castelli était trop modeste, d’ailleurs, pour se prévaloir d’un devoir accompli, et lorsque, plusieurs années après sa mort, l’espèce d’ostracisme qui pesait sur la Corse fut levé, oir attribua toute la gloire do sa belle réponse au. premier président Colonna d’Istria, qui, en 1814, était procureur général a la cour. Toutefois, la Corse avait rendu justice k Castelli, en 1816, en le portant à la députation. À Paris, Castelli défendit toujoursavec chaleur les intérêts de son pays pendant les deux sessions auxquelles il assista ; en 1817, notamment, il demanda et obtint que ia Corse, supportant les charges de l’État, fût traitée comme département français, et que toutes ses productions fussent admises en France par les ports désignés francs de droits.

CASTELLI (Ignace-Frédéric), auteur dramatique allemand, né k Vienne en 1781, mort en 1862. Jusqu’en 1840, il fit partie du commissariat des vivres en Autriche, tout en écrivantdesœuvresthéâtrales. Abandonnant alors

a la fois l’administration et le théâtre, il vécut dans la retraite et forma une collection de tabatières unique en sou genre. Castelli était un aimable épicurien, plein de bonhomie et de jovialité. Il a fait représenter plus de cent pièces de théâtre.-Très-souvent il s’est contenté d’imiter M. Scribe, qui imitait tant de gens. Il a paru deux éditions, non de ses œuvres complètes, mais de ses pièces principales : Saeminlliche Werke (Vienne, 1844, 15 vol. ; 2« édit. en 1848). Il a composé, en dialecte bas-autrichien, des poèmes qui survivront peut-être k son théâtre. Enfin on a de lui quelques brochures politiques, entre autres, le Paysan revenant de la diète (1848), et des Mémoires (Prague, 1861-1862, 3 vol.), où l’on trouve d’intéressants détails sur- l’état de la société viennoise vers 1848

CASTELLINl (Sylvestre), historien italien, né à Vicenee, mort en 1630. Il s’appliqua à l’étude des monuments du moyen âge, et compulsa avec soin les archives de sa ville natale. On lui doit les Annali di Vicenza, en dix-neuf livres, dont les onze premiers furent publiés en 8 vol. vers la fin du xviiie siècle.

CASTELL1NI (Luc), théologien et prélat italien, né à Faenza, mort en 1631. Il entra dans l’ordre des dominicains, dontd devint général, et il fut ensuite nommé évêque de Catanzaro, en Calabre. On lui doit : De électione et confirmatione canonisa prœlatorum (Rome, 1625) ; De canonisatione tanctorum (1629).

CASTELLlO, nom latin de Châtillojj.

CASTELLO, bourg de l’empire d’Autriche, dans le Tyroi, à 50 kilom. E. de Trente, sur la petite rivière du Grigno ; 1,500 kilom. Grand commerce d’imageries et de figurines en plâtre.

CASTELLO (Castello da), chroniqueur italien, né k Bergame dans le xtv» siècle. Il a laissé une chronique où il a raconté, en latin barbare, les faits relatifs à J’histoire de sa ville natale de 1378 à 1407. Elle a été insérée dans leScriptoresrerumitaticarum, tle Muratori.

CASTELLO (Giovanni>Battista). V. Bergamasco.

« CASTELLO-BAKON1A, bourg du. royaume d’Italie dans la Principauté Ultérieure, district et à 15 kilom. S.-E, d’Ariano, ch.-l. de cant. ; 2,300 hab. Sources minérales ; fabrication de lainages.

CASTELLO-BRANCO (Castrum Album), ville forte de Portugal, ch.-l. de district, dans la province du bas Beira, à 80 kilom. S.-E. de Coïmbre, sur la Liria ; 6,000 hab. Evèché suffragant de celui de Lisbonne ; collège ; beau palais épiscopal.

CASTELLO-BRANCO (Camille), romancier portugais, né vers 1825, a traduit le Génie du christianisme, de Chateaubriand, et écrit depuis quatorze ans de nombreux romans, parmi lesquels nous citerons : Augustin de Cetita ; Ana< thème ; Car Iota Anaela ; Deux époques dans la vie ; Deux heures de lecture ; Epines et fleurs ; le Livre noir ; les Mystères de Lisbonne ; Marquez de Torres Novas ; Où est le bonheur ? Ce que font les femmes ; Scènes contemporaines, etc.

CASTELLO-DE-VI DE, ville de Portugal, province d’Alemtejo, district et à 20 kilom. N.-E. de Portalègre ; 6,000 hab. Elle est entourée de murailles et défendue par un êhâteau fort. Fabriques de draps.

CASTELLO-Dl-QDABTO, bourg du royaume d’Italie préfecture et à 6 kilom. N, do Florence ; 1,400 hab. Remarquable villa des anciens grands-ducs de Toscane.

CASTELLODUNUM, nom latin de ChÂtkau-

DUN.

CASTELLON-DE-LA-PLANA, ville d’Espagne, ch.-l. de la province de son nom, k 300 kilom. K de Madrid, à 55 kilom. N.-E. de Valence, près de la Méditerranée ; 16,952 hab. Fabriques de toiles a voiles et d’agrès de navire ; commerce de chanvre, vin, huile. Cette ville fut bâtie par Jacques Ier, roi d’Aragon, près de l’emplacement de l’ancienne Castalia, que ce monarque fit détruire après l’avoir enlevééaux Maures, en 1233. LTiôtel de ville, l’église principale et une tour isolée de 740 m. de hauteur sur 360 de circonférence, méritent d’être remarqués.

CASTELLON-DE-LA-PLANA (province de), division "administrative de l’Espagne, dans l’ancien royaume de Valence, ch.-l. Castellon-da-la-Plana ; limitée au N. par les pro

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vinces de Taragone et de Teruel, à l’O. par la province de Teruel, au S. par celle de valence, et 5i YE. par la Méditerranée. Sa longueur du N. au S. est de no kilom., et sa largeur moyenne de 110 kiiom. ; 312,748 hab. Cette province, qui comprend 10 juridictions civiles et 148 pueblos ou communes, est arrosée par la Pafencia, le Mijares et le Monléoa. Au S. et à l'0>, elle est hérissée de montagnes, ramifications de la sierra de Garder. Le sol, fertile en chanvre, froment, huile et vins, renferme quelques mines de charbon, de cobalt et de plomb.

CASTELLONE, bourg du royaume d’Italie, province de la Terre de Labour, sur le golfe et k 6 kilom. N.-E. de Gaete ; 4,000 hab. Ce bourg, placé sur le parcours de l’ancienne voie Appienne, occupe, dit-on, l’emplacement de Formiœ, ville célébrée par Horace, qui en compare les vins k ceux de Palerme. On voit dans une vigne, k droite de la route qui conduit de Rome à Naples, une tour ronde appelée tour de Çicéron, que plusieurs antiquaires supposent être le tombeau que le fils de l’orateur éleva à son père. Une aubergo occupe l’emplacement du Prœdium formio.num, maison de campagne où Cicéron fut assassiné par les sicaires d’Antoine. Derrière cette auberge, on voit un amas de ruines, au milieu desquelles sont les bains du plus grand des orateurs latins.

CASTELLOTU, bourg et municipalité d’Espagne, province et k 78 kilom. N.-E. de Teruel, sur le Guadalupe, ch.-l. de juridiction civile ; 2,197 hab. Vins estimés,

CASTELLQZA ou CASTELLOZE (dame), dame noble du xiii« siècle, qui fut poète comme Sapho et non moins malheureuse qu’elle en amour. Plusieurs femmes, à cette époque, se distinguèrent par leurs talents poétiques. Parmi elles, la dame Castelloza et la comtesse de Die sont les plus célèbres. • La dame Castelloza, dit le biographe provençal, fut d’Auvergne, noble dame, femme de Truc de Maîrona ; el’e aima le seigneur Armand de Bréon, et composa ses chansons’ à son sujet. C’était une dame fort gaie, três-enseignée et très-belle. » Cet enseignement, dont parle le poète, consistait en la connaissance de romans, de lu musique, de l’art de la conversation. Quelque incomplet qu’il fût, cet enseignement suffisait pour aider les dames k polir les mœurs des chevaliers, à propager le goût des lettres et des arts, et h hâter les progrès de la civilisation. Le cœur seul semble avoir rendu la dame Castelloza poète, car les trois chansons qai nous restent d’elle peignent le même sentiment et s’adressent au même cavalier. Dans tous ces couplets, on sent la douleur de l’amante abandonnée, qui est prête k tous les sacrifices pour ramener près d’elle l’ingrat qui la fuit. Dans un langage moins harmonieux, mais avec des accents aussi passionnés, c’est Sapho implorant Phaon. » O bel ami, du moins un beau semblant faites-moi avant que je meure de douleur ; car les amoureux vous tiennent pour barbare. Qu’à, joie rian ne m’arrive de vous que je ne me lasse d’aimer de bonne foi k toujours sans cœur volage. » Un jour, elle lui dérobe son gant et lui en fait aussitôt l’aveu et le renvoie, dans l’espoir qu’on le lui rendra : ■ Si j’y eusse eu avantage, bien vous rappelle en chantant que j’eus votre gant que je dérobai avec grande fruyeur, puis j’eus peur que vous n’en eussiez doinmage-de celle qui vous captive, ami ; c’est pourquoi sur-le-champ jo le lui renvoyui, car bien je crois que je ny ai seigneurie. » Elle implore son amant au nom de 1 amour qu’elle lut porte : « Ami, si je vous trouvois gracieux, doux et loyal et de bonne merci, bien je vous aimerois ; quand maintenant je songe que je vous trouve envers moi dur, félon et traître, et que je fais des chansons afin do célébrer votre mérite, dontije ne puis cesser que je ne vous fasse louer de tout le monde, tandis que vous me faites toujours plus n’e mal et (hi tourments. • N’est-ce pas Hermione disant à Pyrrhus :

Je t’aimais inconstant, qu’eussé-je fait Adèle ?

Le cœur est partout le même, et son langage se ressemble toujours. En lisant la dernière strophe de la dame Castelloza, on se souvient de celle ou Alfred de Musset ; poète qui éerivait aussi avec son cœur, fait serment d’aimer toujours celle qui l’a oublié :

Û Muse, que m’importe ou la mort ou la vie ? J’aime et je veux pâlir ; j’aime et je veux souffrir ; J’aime, et pour un baiser je donne mon génie ; J’aime, et je veux tentir sur ma joue amaigrie Ruisseler une source impossible à tarir. Dépouille devant tous l’orgueil qui te dévor ;, Cœur gonflé d’amertume, et qui t’es cru fermd. Après avoir souffert, il faut souffrir encore, Il faut aimer sans cesse après avoir aimé.

L’histoire de la dame Castelloza est tout entière dans ses vers et dans son amour malheureux. Chateaubriand a dit de la femme : « Cet être qui sourit et qui meurt. • En ces deux mots se résume toute son histoire. Nous n’avons pas de portrait de la dame Castelloza, mais il est permis de croire qu’elle fut belle, comme Socrate croyait à la beauté du visage de Sapho, k cause de la beauté de ses vers.

CASTELLUCCIA, bourg du royaume d’Italie, dans la Principauté Citérieure, district et à 20 kilom. S.-E. de Campagna ; 1,400 hab. Très-beau pout sur le Colore.