Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 4, part. 1, Chemin-Cil.djvu/103

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CHIF CHIG CHIH CHIL 99


de triton chiffré ainsi + 4 indique a la fois l’augmentation de l’intervalle de quarte et la note sensible. Placée sous le 7 (7/+), elle indique l’accord de septième de dominante ; placée devant le 7 (+ 7), elle indique l’accord de septième dominante sur la tonique faisant pédale ; devant le 6 (+ 6), elle annonce l’accord de sixte sensible., etc. La petite barre horizontale coupant le chiffre indique la diminution de l’intervalle. Pourtant, certains auteurs chiffrent l’accord de sixte sensible contrairement à ce que nous avons dit ci-dessus. Le #, le b et le conservent leur signification ordinaire, c’est-à-dire que le chiffre précédé ou suivi d’un de ces trois signes indique que la note qu’il représente doit être haussée ou baissée d’un demi-ton, suivant le signe employé ; c’est ainsi qu’on chiffre la quinte, augmentée par # 5 ou 5, suivant le ton. Tout signe accidentel de ce genre, placé sous un chiffre, indique que la tierce de cet accord doit être affectée de ce signe. Si le signe est seul sur la note de basse et n’est accompagné d’aucun autre, il indique l’accord parfait dont la tierce est altérée par le signe. La grande barre horizontale, prolongée sur plusieurs notes de basse, indique que le même accord doit être tenu sur toutes ces notes. Les mots lasto solo indiquent que la main gauche doit jouer la basse telle qu’elle est écrite, sans aucune espèce d’accords ; la rentrée de l’harmonie est indiquée par les chiffres.

Écriture en chiffres. Les chiffres ont été aussi employés dans la cryptographie ; alors ce moyen prend le nom d’écriture en chiffres. Ce système consiste à donner aux chiffres une signification arbitraire connue seulement des deux correspondants. Alors l’alphabet, au lieu de se composer de lettres, se compose de chiffres. Un même chiffre sert toujours à représenter une même lettre ; par exemple, les voyelles a, e, i, o, u seront rendues par i, 2, 3, 4, 5 ; les voyelles doubles, oi, ou, on, in, an, et enfin les consonnes par d’autres chiffres ou par des combinaisons de chiffres. V. cryptographie.

— Comm. Les marchands de nouveautés indiquent d’ordinaire le prix de leurs marchandises à l’aide de lettres auxquelles on a donné arbitrairement la valeur et le rôle des chiffres. Ainsi on peut prendre les lettres e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, et donner à chacune d’elles la valeur des chiffres 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 0 ; alors, pour indiquer au commis que la marchandise devra être vendue au plus bas 2 fr. 45 le mètre, par exemple, on écrira sur l’étiquette fhi. On peut, on le comprend facilement, varier de mille manières les combinaisons de ce genre. Les marchands de nouveautés renoncent peu à peu à cette habitude, autrefois générale, de marquer leurs marchandises à l’aide de combinaisons secrètes ; maintenant les prix sont indiqués, comme on a bien soin de le faire remarquer, en chiffres connus.

CHIFFRÉ, ÉE (chi-fré) part, passé du v. Chiffrer. Numéroté, marqué de chiffres : Ce livre de caisse est mal chiffré.

— Écrit en chiffres, lettres, caractères qui ont une valeur de convention au lieu de leur valeur ordinaire : Une dépêche chiffrée. Une lettre chiffrée.

— Fig. Soumis à des calculs ; jugé, apprécié : Il est un endroit où l’on cote ce que valent les rois, où l’on soupèse les peuples, où l’on juge les systèmes, où les idées, les croyances sont chiffrées, où tout s’escompte. (Balz.) Nous sommes tous chiffrés, non d’après ce que nous valons, mais d’après ce que nous pesons. (Balz.)

— Mus. Basse chiffrée, Morceau dans lequel la basse seule est notée, les accords formés avec la hasse par les autres parties étant indiqués par des chiffres placés au-dessus de chaque note.

CHIFFRER v. n. ou intr. (chi-fré — rad. chiffre). Calculer au moyen de chiffres : Chiffrer rapidement. Cet homme chiffre trèsmal.

Je l’ai vu calculer, nombrer, chiffrer, rabattre.

J.-B. Rousseau.

— Fig. Méditer, réfléchir, calculer : Cela m’a fait joliment chiffrer.

— v. a. ou tr. Numéroter : Chiffrer un livre. Chiffrer un registre.

— Fig. Evaluer par des calculs, soumettre au calcul : Ce notaire était un homme qui chiffrait naïvement toutes les choses de la vie. (Balz.) Je dois me conformer à ma position, voir bourgeoisement la vie et la chiffrer au plus vrai. (Balz.)

— Écrire en chiffres, en signes de convention : Chiffrer une lettre, une dépêche.

— Mus. Chiffrer une basse, Écrire au-dessus des notes de cette basse des chiffres qui indiquent les accords de la basse avec les autres parties.

Se chiffrer v, pron. Être chiffré, calculé, compté : Le dévouement s’était chiffré dans l’esprit du notaire comme une excellente spéculation. (Balz.)

CHIFFRE-TAXE s. m. Admintstr. Chiffre à la main que l’on mettait autrefois sur les dépêches non affranchies, pour indiquer au facteur et au destinataire le montant de la taxe à percevoir. Ils ont été remplacés par des


timbres mobiles dits timbres-taxes. Il Pl. chiffres-taxes.

CHIFFREUR s. m. (chi-freur — rad. chiffrer). Celui qui chiffre, qui s’entend aux opérations de l’arithmétique : Pour être bon arithméticien, il faut être habile chiffreuh. (Acad.) Nos mathématiciens furent de puissants chiffreurs. (J. de Maistre,)

CHIFONIE s. f. (chi-fo-nî). Symphonie. Vieux mot. Il Ancien nom de la vielle, qu’on appelait aussi sifoixe.

CHIFONIEUX s. m. (chi-fo-ni-eu — rad. chifonie). Musicien. Il Vieux mot.

CHIGI, nom d’une famille princière de Rome, qui est originaire de Sienne. Les Chigi posséaient, au temps d’Alexandre VII, la propriété de Maria della Pace et de Santa-Maria del Popolo, deux magnifiques chapelles, dans l’une desquelles on admire les Sibylles, peinture murale de Raphaël, tandis que la coupole de l’autre, exécutée d’après les dessins du même peintre, représente le cercle des planètes. La dignité de maréchal du conclave est héréditaire dans la famille Chigi. Nous donnons l’histoire de ses membres les plus connus. Agostino Chigi fut célèbre sous le règne de Jules II et sous celui de Clément VII, par1 sa richesse et par son amour pour les beaux-arts. L’un des protecteurs les plus zélés de Raphaël, qui orna de ses tableaux sa maison de plaisance, il encouragea aussi de la façon la plus généreuse les autres artistes célèbres de son époque, entre autres deux de ses compatriotes", Balthazar Peruzzi et Soddoma. Le sac de Rome, en 1527, par le connétable de Bourbon, le contraignit de revenir à Sienne. — Fabio Chigi fut élevé au trône pontifical sous le nom d’Alexandre VII. V. Alexandre. — Flavio Chigi, né à Rome en 1810, fut nommé archevêque de Mira lors du couronnement de l’empereur Alexandre II, solennité dans laquelle il représenta la cour pontificale, reçut ensuite la nonciature apostolique en Bavière, où il assista à l’assemblée générale des associations catholiques allemandes tenue à Munich, et vint, en septembre 1861, remplacer à Paris Mgr Sacconi, comme nonce du saint-siége.

Chigi (palais), à Rome. Ce palais, un des plus beaux de Rome, fut construit pour servir d’habitation aux neveux du pape Alexandre VII, de la famille Chigi. Commencé par Giacomo della Porta, il fu continué par Carlo Maderno et terminé par B’elice della Greca. À L’architecture de ce palais n’est pas du goût le plus’pur, surtout dans la forme et la décoration des fenêtres, dit Nibby ; mais on ne peut qu’admirer la magnificence du vestibule, l’ampleur, la commodité et la beauté de la cour. » Un escalier superbe conduit a quatre grandes salles qui renferment une riche collection de tableaux et de statues. Parmi les peintures, on remarque une Madeleine dans le désert, par le Guerchin, la perle de la galerie ; un Saint François en extase, attribué par les uns au Guerchin, et par d’autres àCanuti ; un Saint Jean-Baptiste buvant à une source, du Caravage ; une Transfiguration, regardée comme un des meilleurs ouvrages du Garofalo ; Saint Antoine, saint Pascal et sainte Cécile, tableau du même ; Saint Bruno dans le désert, de Francesco Mola ; les Saisons, en quatre tableaux, de Carie Maratte ; les Vendeurs chassés du temple, du Bassan ; Saint Bernard Tolomei, d’Andréa Sacchi ; deux Batailles, du Bourguignon ; une Madeleine, de Ribeira ; le même sujet, par Gennari ; un Saint François, du Baciccio ; un Saint Pierre guérissant un estropié, du Cortone ; Mars, Vénus et V Amour, peinture attribuée à Léonard de Vinci ; un tableau contenant deux portraits, par le Titien; Saint Barthélémy et d’autres saints, ouvrage capital de Dosso Dossi, etc. Des nombreuses statues antiques que possédait autrefois le palais Chigi, il ne reste que quelques morceaux, parmi lesquels une Vénus sortant du bain, exécutée par un artiste grec du nom de Ménophante sur le modèle de la célèbre Vénus de Troie, un Mercure Hermès et un Apollon, avec un laurier et un serpent pour attributs. En fait de sculptures modernes, on remarque surtout une composition allégorique du Bernin, intitulée la Vie et la Mort, et représentant un enfant endormi sur un coussin près d’une tête de mort. Dans un cabinet du palais, on voit une collection de dessins originaux de Jules Romain, du Bernin, d’Andréa Sacchi et de divers autres maîtres, et une mosaïque antique représentant des Oiseaux.

La bibliothèque Chigi (Chigiana bibliotheca), fondée par le pape Alexandre VII, ami passionné de l’antiquité, est riche en manuscrits, en livres rares et en estampes. Parmi les manuscrits, on remarque:un Daniel, de la version des Septante ; un Denys d’Halicarnasse, du ixe siècle ; un Missel, de 1450, orné de sujets bibliques peints en miniature avec un goût exquis ; un recueil de messes et de motets composés par des artistes français et flamands de la fin du xve siècle, ouvrage très-précieux pour l’histoire musicale ; un traité inédit de la Primauté de saint Pierre, par saint François de Sales ; un grand nombre de lettres latines et allemandes de Mélanchthon ; des sonnets manuscrits du Tasse; les Chroniques de saint Benoît et de saint André, une collection des Capitulaires, une Chronique du Mont Soracte, vingt volumes de pièces originales relatives à la paix de Westphalie, et plusieurs autres manuscrits historiques im-


portants. Parmi les imprimés se trouve un Rationale de Guillaume Durand. La bibliothèque Chigi a eu pour bibliothécaire le savant archéologue Fea, connu par son commentaire sur l’Histoire de l’art chez les anciens, de "Winckelmann, et par de nombreux travaux sur la topographie de l’antique Rome.

CHIGNER v. n. ou intr. (chi-gné ; gn mil.) Argot. Usité dans la locution : Chigner des yeux, Pleurer. C’est probablement une altération décente de la locution : Chier des yeux, qui a le même sens.

CHIGNOLLE s. f. (chi-gnô-le ; gn mil.). Techn. Dévidoir de passementier.

CHIGNOLO, bourg du royaume d’Italie, province et à 23 kilom. S.-E. de Pavie ; 4, 000 hab. Succès de l’armée franco-espagnole sur l’armée austro-sarde, en 1746.

CHIGNON s. m. (ehi-gnon ; gn mil.— autre forme du mot chaînon, à cause des vertèbres cervicales qui forment une sorte de chaîne). Derrière du cou : Les emboîtements les plus remarquables sont ceux de l’épine du dos, qui règne depuis le chignon du cou jusqu’au croupion. (Boss.) Quand on recevait quelqu’un chevalier de l’ordre de Saint-Michel, celui qui le recevait tirait son épée et donnait un coup du plat sur le chignon du récipiendaire. (Sallentin.)

— Par ext. Partie de la coiffure des femmes formée par les cheveux ramassés et roulés ensemble sur le derrière de la tête :

Un petit peigne, orn< ! de diamants,
De son chignon surmontait la parure.

Voltaire.

Mademoiselle, en faisant froide mine,
Ne daigne pas aider à la cuisine ;
Elle se mire, ajuste son chignon.

Voltaire.

Encycl. Nous ne voulons pas, à propos des chignons, recommencer l’histoire des cheveux, qui a sa place a part ; mais nous devons seulement rappeler ici l’extension prodigieuse qu’a prise, dans ces derniers temps, le coir » merce des faux chignons, et l’ampleur démesurée que l’on donne aujourd’hui à cet appendice trompeur. Tout le monde sait cela ; mais tous les maris ne savent pas, heureusement, ce qu’il en coûte a ces dames pour compléter si largement les bienfaits de la nature. Sans entrer a cet égard dans des détails indiscrets, nous dirons seulement que l’Angleterre, c’est-à-dire les maris anglais, payent annuellement à la Fiance 1, 205, 605 fr. de chignons ! Tant pis pour eux 1 Mais nous avons une bonne nouvelle à donner aux maris français, dont nous ne voulons pas révéler les dépenses en ce genre. On fait de magnifiques chignons en crin végétal. Voici Ce que dit à ce sujet le Messager franco-américain, un journal véridique s’il en fut : « Nous.avons parlé, il y a quelque temps, de la découverte, faite par un industriel de San-Francisco, d’une certaine plante ligneuse qui remplace à s’y tromper les faux cheveux, et à laquelle on a donné le nom de soap root. Depuis cette découverte, toutes les Californiennes s’octroient des chevelures luxuriantes, et le chignon, dans cet Eldorado, a pris des proportions monumentales. Pour la modique somme de cinq à six cents, on peut se procurer une botte de soap root pesant jusqu’à 2 kilog., ce qui fait que toutes les Irlandaises sont ornées maintenant de waterfalls splendides. Mais voici le revers de la médaille : cette plante capillaire possède, parait-il, des propriétés apéritives pour l’espèce des herbivores. Dernièrement, une dame de Sacramento, qui causait tranquillement avec une personne de sa connaissance, dans une des rues de cette ville, a éprouvé une stupéfaction facile à comprendre en voyant son chignon dé voré par le cheval d’une voiture d’express près de laquelle elle se trouvait. Depuis ce lamentable événement, la jubilation des porteuses de chignons végétaux a sensiblement diminué, et elles passent la meilleure partie de leur temps à éviter les approches des coursiers californiens. » La fin de l’article est assez triste, il est vrai, mais il en coûte si peu de réparer le dommage causé par le solipède, que le naïf journaliste range dans l’espèce des herbivores !

CHIGOMIER s. m. (chi-go-mié — de chier et gomme ; de chigouma, mot américain). Bot. Genre d’arbres et d’arbrisseaux, de la famille des combrétacées, plus connu aujourd’hui sous le nom scientifique de combret.

CHIHUAHUA (province de), division administrative du Mexique, vaste étendue de territoire comprise entre 25° 50’et 31° 30’ de lat. N., et entre 104° 30’et 110° 45’de long. O., bornée au N. par le territoire du Nouveau-Mexique, à l’E. par la Texas et la province mexicaine de Cohahuila, au S, par celle de Durango, et à l’O. par celles de Cinaloa et de la Sonora. Superficie 279, 500 kilora. carrés ; 200, 000 hab. C’est un pays montagneux, traversé dans toute sa longueur par la Cordillère du Mexique, qui porte les noms de Sierra Madré, de Sierra de Ûaracay, de la Escondida et de Sierra Canipana. Elle est célèbre par ses nombreuses mines d’argent, dont les plus riches sont celles d’El Parral, de Batopilas, de Santa-RosaCosiquidaqui, de Jésu-Maria et de Guadalupe. Elle est divisée en sept districts : Iturbide, Hidalgo, Mina, Allende, G uerrero, Bravos, subdivisés en dixpar/i’dosei en trente-neuf municipalités. Les principales villes de cette province sont, outre celles que


nous avons citées plus haut, à cause de leurs mines d’argent : Chihuahua, qui en est la capitale, San-Bartonico, Atotonilco, Santa-Rosalm, San-Vicente, San-Eulalia de Merida, Hidalgo, Allende, Concepcion. La province de Chihuahua, qui est fréquemment exposée aux incursions des Indiens Apaches, est protégée par plusieurs présidios ; les plus importants sont ceux de San-Carlos, deSan-Vieente, delNorte, de Yanos, de Conchos, d’El Principe, de SanBuenaventura.

CHIHUAHUA, ville du Mexique, ch.-l. de la province de ce nom, à l, 30O kilom. N.-O. de Mexico, à 550 kilom. N.-O. de Durango, près de Conchos, affluent du Rio-del-Norte ; 14, 000 hab. Centre d’une exploitation considérable de mines d’argent ; forges et fonderies remarquables. Cette ville, grande et bien bâtie, possède plusieurs belles constructions, entre autres la principale église, l’une des plus vastes et des plus riches du Mexique. Au siècle dernier, Chihuahua était beaucoup plus important ; sa population s’élevait, dit-on, à 80, 000 âmes. Les Français, sous les ordres du général de Brincourt, se sont emparés de Chihuahua le 14 août 1865.

CHII s. m. (chi-i). Ornith. Alouette du Paraguay.

CHIÏTES, CHIYTES OU SCHIYTES, Secte religieuse musulmane. Ce mot dérive de la racine arabe chiah, faction, parti, groupe d’hommes qui se séparent du reste du peuple pour former bande à part, et est maintenant exclusivement employé pour désigner la secte opposée aux sunnites, c’est-a-dire aux musulmans ayant conservé la vraie tradition. Les chiites sont, en général, des adhérents d’Ali ibn abou Taleb, qu’ils regardent comme le seul calife et iman légal, à l’exclusion des autres califes ou successeurs de Mahomet, reconnus par les sunnites. Les chiites se subdivisent eux-mêmes en un assez grand nombre de sectes secondaires, parmi lesquelles nous mentionnerons les imamians, prétendant que les imans ou prêtres ne doivent pas être élus par le peuple ; les zeydians, ainsi appelés du nom de Zeyd, fils d’Ali, surnommé Zein oul abadiu (l’ornement des serviteurs du Très-Haut) ; les khattabians, disciples d’Abou’l Khattah, qui faisait du paradis un lieu de jouissances entièrement identiques à celles de ce monde. Cette dernière secte admet l’usage du vin, de la musique et autres jouissances prohibées par le Prophète. Les Persans, en adoptant l’islamisme, ont embrassé les doctrines des chiites, par opposition à leurs conquérants les Arabes et les Turcs, qui sont en général sunnites. Ce schisme religieux n’a pas peu contribué à prolonger et à rendre plus implacable la haine qui existe entre ces peuples de races différentes. On peut ramener à trots points principaux les dissidences qui existent entre les sunnites et les chiites : 1° ces derniers rejettent les trois premiers califes, Abou-Bekr, Omar et Othman, et les considèrent comme des usurpateurs ; 2° ils prétendent qu’Ali est au moins égal en sainteté au prophète Mahomet ; 3° enfin, tandis que les sunnites acceptent la Sounna ou Sonna, corps de doctrines ou de traditions concernant Mahomet, et la regardent comme une autorité canonique, les chiïtes, au contraire, la repoussent absolument et ne l’envisagent que comme le résultat d’un travail apocryphe et ne méritant aucune confiance.

CHIJERS s. m. (chi-jerss). Anc. art milit. Sorte de machine de guerre employée au moyen âge dans l’attaque des villes.

CHI-KU s. m. (chi-ku — mot chinois). Bot. Arbre de Chine, probablement le même que le chi-tse.

CHIKKASAH s. m. (chik-ka-zâ). Linguist. Idiome indigène de l’État du Mississipi, dans l’Amérique du Nord, parlé par le peuple de même nom : Le chikkasah est une langue gutturale et rude, où abonde l’articulation tl ; elle mangue de prépositions.

CHILA s. m. (chi-la). Antiq. Mesure de capacité appelée aussi cab.

CHILAPA, ville du Mexique, province d’Oaxaca, à 225 kîlom. S. de Mexico, a 85 kilom. N.-E. d’Acapulco ; 8, 000 hab. Importante récolte de cochenille, fabrication de faïence commune, commerce de grains.

CHILCA, ville de l’Amérique du Sud, dans la république péruvienne, à 60 kilom. S.-E. de Lima, sut le Pacifique ; 3, 200 hab. Petit port commode et très-sûr ; commerce d’exportation de salpêtre ; dans les environs, restes de quelques édifices construits par les Incas.

CHILCANAUTHLI s. m. (ohil-ka-no-tli). Ornith. Espèce de sarcelle du Mexique.

CHILCOTE s. f. (chil-ko-te). Comm. Une des quatre sortes de poivre de la Guinée.

CHILD (sir Josiah), économiste anglais du xviie siècle. Il fut, sous Charles II, directeur de la compagnie des Indes, et se conduisit dans ce poste d’une façon peu honorable. Il a publié : Brief observations concerning trade and the interest of money (Londres, 1668), ouvrage qui a été traduit en français sous le titre de : Traité sur le commerce et sur les avantages de la réduction de l’intérêt de l’argent (Paris, 1754), par Gournay et Butel-Dumont.

CHILD (Lydia-Maria Francis, mistress), femme de lettres américaine, née dans le Massa-