Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 5, part. 1, Contre-Coup.djvu/121

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

la Galerie universelle de Blaisot), et un buste sculpté par M. Clésinger. V. ci-après.

La scène de l’assassinat a été plusieurs fois reproduite par la peinture et la gravure : Hauer exposa un tableau sur ce sujet au Salon de 1793, et Tassaert reproduisit un croquis de cette peinture au bas de l’estampe dont il a été question ci-dessus. Henri Scheffer nous a montré Charlotte Corday protégée par les membres de la section contre la fureur du peuple (Salon de 1831) ; M. Baudry l’a représentée au moment où elle vient de commettre le meurtre (Salon de 1861) ; M. Dehodencq a peint la scène de son arrestation (Salon de 1868) ; une petite estampe anonyme, du temps de la Révolution, représente : « Marie-Anne-Charlotte Corday, ci-devant Darmans, âgée de vingt-cinq ans, assassin de Marat, écrivant sa dernière lettre à son père. » Au bas de la gravure est reproduit le texte de cette lettre et sa suscription, ainsi conçue : « À Monsieur Monsieur D’Armont (sic) rue du Begle, à Argentan, département de l’Orne. » Une autre estampe anonyme, assez grossièrement exécutée, mais très-intéressante en ce qu’elle date de l’époque révolutionnaire, nous fait voir Charlotte Corday assise près du bourreau, dans la charrette qui la conduit à l’échafaud ; la foule se presse sur la place où s’élève la sinistre machine. Raffet a exécuté sur le même sujet un dessin qui a été gravé par Mme Fournier : la figure de Charlotte s’éloigne complètement des types que nous avons décrits.

Corday venant d’assassiner Marat (Charlotte), tableau de M. Baudry (Salon de 1861). La scène se passe dans une chambre étroite, éclairée par une fenêtre à rideaux de percale. Une carte de France tapisse la muraille du fond. Sur une tablette de sapin sont jetés quelques volumes ou brochures. La baignoire, rangée le long du mur, à gauche, se présente en perspective, et Marat, vu de dos, le couteau enfoncé jusqu’au manche dans la poitrine, renverse en arrière sa tête enveloppée de linge et se débat dans les convulsions de l’agonie ; son bras droit pend au dehors sur le drap qui garnit la baignoire, et sa main gauche, crispée, se rattache à la planchette servant de pupitre. Une chaise de jonc s’est renversée avec les journaux et les papiers qui la couvraient ; on distingue, avec un peu d’attention, le n° 241 du Publiciste et une liste maculée de sang, où Marat vient d’écrire les noms des girondins rebelles, avec cette apostille sinistre : À guillotiner. À l’autre coin de la pièce, debout et comme acculée à la muraille, se tient Charlotte Corday. « Elle a mis entre elle et son acte terrible, dit M. Th. Gautier, toute la distance que lui permet l’espace restreint. Les couleurs de la vie ont quitté ses nobles joues, qui rougiront après la mort au soufflet du bourreau ; ses yeux bleus se dilatent d’horreur, ses narines frémissantes respirent la vapeur tiède et fade du sang, ses lèvres violettes tranchent à peine sur son visage exsangue ; sa main fermée semble encore étreindre le manche du poignard, et l’autre s’applique à l’angle de la fenêtre, comme pour soutenir le corps chancelant. On dirait une Némésis pétrifiée ! La prostration du meurtre l’accable : tuer un homme, fût-ce Marat, est un effort si grand, que la nature révoltée s’y épuise… L’artiste a rendu avec une grande puissance cette stupéfaction profonde de l’idée devant le fait, cet abattement soudain de la résolution accomplie, ce haut-le-cœur féminin de l’héroïne en face de sa besogne sanglante. Sans doute, plus tard, la pensée d’avoir délivré sa patrie d’un tyran et sauvé peut-être la vie d’hommes généreux relèvera le courage de la chaste fille ; loin du cadavre, dans la prison d’où elle ne devra sortir que pour aller à l’échafaud, elle pourra s’applaudir de ce meurtre abstrait, renouvelé de l’antique, et qu’André Chénier chantera en ïambes à la grecque. Mais là, l’enthousiasme s’éteint sous la froide horreur. L’assassinat seul apparaît dans sa hideuse réalité. Cette tête pâle, au regard fixe, et comme médusée au milieu de son auréole de cheveux blonds, se grave invinciblement dans la mémoire ; elle est terrible et charmante ; elle inspire l’effroi et l’amour, et l’on conçoit, en la voyant, la passion posthume d’Adam de Lux. » Tous les critiques n’ont pas jugé aussi favorablement, tant s’en faut, le tableau de M. Baudry. « Cette composition ne s’accorde guère avec le caractère traditionnel, a dit M. W. Bürger. De l’héroïne fanatique et cornélienne, le peintre a fait une petite grisette, qui se tapit dans un angle en plissant son petit front et en contractant son petit poing. Elle n’apparaît pas ainsi dans les procès-verbaux du temps, ni dans les historiens, mais droite, fière, calme et pensive. Car elle s’imaginait qu’elle venait de faire un très-beau coup. La victime est dans l’autre coin, censée étendue dans une baignoire qui n’a pas 1 pied de long, et cette tentative de raccourci a faussé toutes les proportions. On ne comprend rien à cette figure de Marat, exagérée dans le haut du corps, absolument perdue dans le reste. Outre ces vices de l’ordonnance générale du tableau, outre le défaut de perspective et de dégradation de la lumière, et par conséquent l’absence complète d’effet pittoresque, on s’étonne qu’avec une exécution si maigre et si débile le peintre ait risqué des figures de grandeur naturelle. » M. Maxime Du Camp a blâmé M. Baudry d’avoir peint une Charlotte Corday de convention, d’en avoir fait « une lorette effarée, » et d’avoir accordé un soin trop minutieux à l’exécution des détails. M. Paul de Saint-Victor ne s’est pas montré moins sévère dans son appréciation : « La Charlotte Corday de M. Baudry, a-t-il dit, vise au trompe-l’œil, comme un mélodrame à effet : un sauvage comprendrait cela. La baignoire où nage Marat, percé du coup de couteau, déborde le cadre ; la chaise renversée fait illusion ; un enfant étendrait la main pour ramasser le journal à terre ; il s’étonnerait que l’eau de la baignoire qui a jailli sur le carreau rouge ne coule pas jusque dans la salle ; le bloc de chêne qui porte l’encrier du tribun sort de l’établi, luisant, neuf ; on consulterait la carte de l’ancienne France qui tapisse le fond de la chambre. Tous ces objets sont rendus avec la sèche exactitude d’un procès-verbal : ce n’est pas la recherche d’un maître ciselant amoureusement les détails, c’est l’écriture d’un homme de loi rédigeant un inventaire ou dressant un état de lieux. Voilà bien les accessoires de la tragédie, mais son âme, son impression, sa terreur ? Le visage de Charlotte exprime l’horreur du meurtre accompli : je le voudrais moins effaré et plus fier. J’y voudrais lire non l’effroi de l’homicide, mais le dégoût de la prêtresse qui se recule pour ne pas être éclaboussée par le sang d’une victime impure. Charlotte ne faiblit pas un instant dans l’exécution de Marat : les témoignages contemporains attestent son inflexible attitude. » On a vivement critiqué aussi la robe grise à raies blanches que porte Charlotte : quelques estampes du temps la représentent avec un vêtement semblable, mais ici cette étoffe, minutieusement peinte, est beaucoup trop voyante. On a reproché encore à M. Baudry d’avoir éclairé son tableau par un jour trop blanc, trop cru ; il était huit heures du soir et la nuit approchait lorsque l’héroïne frappa Marat. Quoi qu’il en soit de ces imperfections, l’œuvre de M. Baudry doit être citée parmi les peintures historiques les plus intéressantes qui se soient produites depuis une vingtaine d’années ; elle a vivement excité l’attention au Salon de 1861.

Corday (BUSTE DE CHARLOTTE), par M. Clésinger. Ce buste en marbre, un des mieux étudiés, des plus poétiques et des plus délicatement travaillés qu’ait produits M. Clésinger, nous offre un type idéal et presque de pure fantaisie. Étant donné le caractère de Charlotte Corday, caractère qui se résume dans un seul acte que tout le monde connaît, le sculpteur a essayé de créer une physionomie qui fût capable de l’expliquer, de le commenter, et, en en mot, de l’exprimer. C’est ce que M. Charles Perier, un critique d’art de beaucoup de goût, a fort bien démontré dans une étude sur Clésinger, publiée par la Revue contemporaine (1859). Le haut bonnet à la mode phrygienne, retroussé sur le sommet de la tête et flanqué de la cocarde tricolore, est, je crois, dit ce critique, tout ce qu’il y a de véritablement authentique dans l’image de la jeune citoyenne ; ses traits sont tout d’imagination, et ne sont calqués que sur l’histoire de sa vie. L’artiste a composé, d’après un modèle intérieur, une physionomie étrange dont tous les détails ont un sens visible. La partie inférieure du visage forme avec la partie supérieure un contraste saisissant. Le nez, légèrement busqué, les lèvres plutôt saillantes que charnues, et le menton fin, mais carré, attestent une énergie de conviction et une puissance de résolution peu commune. C’est là le caractère dominant du buste ; c’est ce qui arrête tout d’abord les yeux et la pensée. À côté de cette expression bien tranchée qui peint l’héroïne, nous en trouvons une autre moins significative, mais d’un ordre tout différent, et qui peint la femme. Autant il y a de mâle énergie dans la coupe hardie de la bouche et du menton, autant il y a de douceur et de persévérance féminines dans le haut du visage et principalement dans les yeux. Le front, peu élevé, est d’une sérénité inaltérable ; la ligne des sourcils est droite, sans être contractée ; le regard est calme, mais fixe, animé, immobile. Qu’importe maintenant la vérité des lignes ? N’est-ce pas là tout le portrait de Charlotte Corday ? Ce mélange de sérénité et de volonté inexorable, n’est-ce pas la peinture morale la plus ressemblante qu’on puisse imaginer de celle qui n’eut d’autre guide que la foi ?… On ne pouvait donner une meilleure définition plastique de celle qu’on a si justement surnommée l’ange de l’assassinat. On sent que ce regard profond, impassible, presque extatique, elle l’aura devant sa victime et devant ses bourreaux. Voilà pour l’idée. La forme n’est pas moins irréprochable. Le spectateur voit se dresser devant lui un marbre vivant. Les cheveux qui s’échappent du bonnet, pour se rapprocher sur la poitrine avec une apparence de désordre, sont souples et légers. Les traits les plus saillants sont rassemblés par le gracieux ovale des joues, et, depuis les tempes jusqu’au menton, depuis la naissance du cou jusqu’à la poitrine, l’œil parcourt successivement une série de plans indiqués et nuancés avec un art magistral.


CORDAY (Aglaé DE), née de Postel, femme poëte, parente de Charlotte Corday par son mari, naquit au château de Bressolles, le 22 mars 1796. Elle a publié, indépendamment d’une foule d’élégies, d’épîtres et de poésies diverses : les Deux Sœurs, poème (Louviers, 1838, in-8°) ; Dix mois en Suisse (Louviers, 1839, in-8°), ouvrage publié au profit des hospitaliers du Grand-Saint-Bernard; les Fleurs Neustriennes, poésies, et la Sorcière de Lorédo (Mortagne, 1855-1856, 2 vol. in-8°).


CORDE s.f. (kor-de —dugr.chordâ, boyau, corde en boyau, corde en général).Tortis fait de chanvre ou de toute autre matière textile : Echelle de corde. l’ordre, filer une corde. Mire lié d’une corde. C’est toujours par l’endroit le plus faible que la corde se rompt. (Le Sage.) Les financiers soutiennent l’État comme la corde soutient le pendu. (Montesq.) Lès fortes sottises sont souvent faites, comme les grosses cordes, d’une multitude de brins. (V. Hugo.)

Quoi ! dit-il, sans mourir je perdrai cette somme ! Je ne me pendrai pas ! et vraiment si ferai, Ou de corde je manquerai.

La Fontaihe.

— Câble que l’on tend le long du imir, dans un escalier, pour qu’on puisse s’y tenir comme à une rampe : Prenez la corde.

■ — Lien que l’on tend entre les extrémités d’un arc ou d’une autre arme à trait, pour la bander : La corde d’un arc, d’une arbalète.

Commençons dans deui jours, etmangeons cependant La corde de cet arc ; il faut que l’on t’ait faite

De vrai boyau

La Fontaine.

— Par ext. Supplice de la pendaison ; dernier supplice, en général : Mériter la corde. Echapper à la CORDE. C’est avec la corde, le fer ou le poison, qu’on ôte pour l’ordinaire la vie aux coupables. (Barthél.)

Sans nulle miséricorde

Je serais digne de la corde.

RÉONiEn.

Justice est sans miséricorde

À l’égard d’un petit larron ;

Mais au gros elle fait pardon.

Quand il se peut racheter de la corde.

— Par anal. Etoffe tortillée et pouvant servir à nouer : Amurat adopta pour coiffure le bonnet’d’or à la place du bonnet de laine entouré d’une corde de mousseline. (Lumart.)

— Fig. Lien moral : Les cordes qui attachent les respects les uns envers tes autres sont en générât des CORDES de nécessité. (Pasc.)

Il Ressource, moyen d’action’: Prions Dieu que tout aille bien ; car si une seule de nos cordes nous mangue, nous sommes perdus. (C. de Retz.)

La corde au cou, Avec une cordo attachée autour du cou : Faire amende honorable en chemise, la. corde au cou. Édouard III exigea que six bourgeois vinssent lui demander pardon la corde au cou. (Volt.) H Se mettre la corde au cou, Se mettre dans une situation mauvaise ; travailler à sa ruine, à sa perte : Un peuple n’a jamais que le gouvernement qu’il mérite ; et quand la liberté lui manque, c’est lui-même qui s’est jus la corde au cou.

Gai, gai, murions-nous.

Mettons-nous dans la misère,

Gai, " gai, marions-nous,

âleUûiis-noiu ta corde au cou.

Il Sentir ta corde, Être fort suspect, avoir une apparence bien criminelle.

Estimable besogne !

Digne opération qui sent la corde un peu.

L. Douii.het.

Il Homme de sac et de corde, Filou, scélérat, homme digne des plus grands châtiments: Celaient des gens db sac et de corde. (Alex. Dum.) Cette locution parait avoir son origine dans la coutume qu’avaient certains peuples de mettre les criminels dans un sac et de les noyer, au lieu de les pendre. Un homme de sac et de corde est donc un scélérat qui mérite d’être noyé là où l’on noie, et pendu là où l’on pend.

Mettre une chose en corde, La tortiller, lui donner la forme d’une corde; Tabac mis en corde, ou simplement : Tabac en corde.

Avoir deux cordes, plusieurs cordes, plus d’une corde à son arc. Posséder plus d’une ressource, avoir plusieurs moyens pour réussir dans ce. que l’on entreprend : Notre erreur profonde est de croire que la France doit avoir deux cordes à son arc. (E. do Gir.) Peute l je vous croyais bien un peu Corse, beaucoup contrebandier, fort habile intendant, mais je vois que vous— avez encore d’autres cordes a votre arc (Al. Dùm.)

Être usé jusqu’à la corde, montrer la corde, Se dit d’un vêtement tellement usé que les fils de la chaîne et de la trame sont devenus visibles : Ce pantalon Modèle:Sclest usé « jusqu’a la corde. Mon paletot montre la corde, il Fig. Être usé, rebattu, n’être plus de mise, avoir perdu tout crédit : Cette vieille histoire du droit divin montre la corde, est usée jusqu’à la corde. Cette pauvre femme, si fière quand elle était jeune et belle, est bien humble depuis qu’elle a commencé à montrer

la CORDE.

— Loc. pop. Coucher à ta corde, dormir à la corde. Passer la nuit dans un de ces garnis comme il en existait, il y a quelques années, dans les quartiers excentriques et aux environs des halles, assis et les bras appuyés sur une corde tendue à hauteur de ceinture, et que l’on dévisse de grand matin afin de réveiller les dormeurs.

CORD

117

â

— Loc. triv. Chier ou faire des cordes, Aller péniblement et longuement à la selle.

— Loc. prov. Il ne vaut pas une corde pour te pendre, Se dit d’une personne digne du plus grand mépris. [Il a de la corde dépendu dans sa poche, Se dit d’un homme qui gagne toujours et beaucoup au jeu, ou qui réussit dans tout ce qu’il entreprend. On croyait autrefois, et le peuple croit encore, qu’un fragment de corde de pendu porte bonheur à celui qui l’a habituellement sur soi, il Onverra beau jeu si la corde ne rompt, Façon de promettre un résultat extraordinaire, si rien ne vient l’empêcher île se réaliser :

Laissez-moi faire, et le drôle et sa belle Verront beau jeu, si la corde ne rompt.

La Fontaine.

0 II ne faut point parler de corde dans tamaison d’un pendu, Il ne faut pas parler de certaines choses qui peuvent être reprochées à ceux devant qui l’on parle.

— Législ. eriniin. Corde d’estrapade, Corde ui servait à suspendi’O ceux qui étaient conamnés à l’estrapade. Il Coup de corde ou

l’rait de corde, Action d’élever le patient et de le laisser ensuite retomber à un pied de terre : Donner trois coups de corde, trois traits de corde an condamné.

— Métriq. Corde légère, Premier des six élémentsdontse composent les pieds dans les vers arabes. I) Corde lourde, Second des mêmes éléments.

— Géoni. Ligne droite qui joint les extrémités d’un arc : Toute corde partage le cercle en deux parties égales, ou inégales en surface, qui se nomment segments. (Acad.) Pour faire passer l’Escaut, Vendôme suivait la corde, (ut était très-courte ; pour l’empêcher, Martborough avait à marcher sur l’arc fort étendu et courbé. (St-Sim.)

— Mécan. Corde sans fin, Corde tendue sur deux poulies de façon que, si l’une reçoit le mouvement d’un moteur, la corde est entrainéo et transmet le mouvement à l’autre poulie : La pression de la .corde sans kin sur chacune des poulies doit être assez grande pour que l’adhérence naisse de la résistance due au frottement.

~- Mus. Boyau ou fil de métal, uni ou tortillé, que l’on tend sur certains instruments, et que l’on fait résonner lorsqu’on veut jouer de ces instruments : Instruments à cordes. Les cordes d’un piano, d’un violon, d’une gui-' tare, d’une contre-basse, d’une mandoline, d une harpe, d’une lyre. Corde de cuivre, d’acier. Corde deNaples. Hausser, baisser une corde. Pincer, attaquer ta corde. Dirions-nous que tes cordes d’un violon seraient venues d’elles-mêmes se ranger sur un bois ? (Vèn.) Nous croyons entendre des fables lorsqu’on nous dit que, chez les Grecs, une corde ajoutée à la lyre était une innovation politique. (Marmontel.) C’est grâce à Chiron que le futur vainqueur de Troie apprit à faire vibrer sous ses doigts agiles les CORDES de la lyre. (Val. Parisot.) Les cordes dont la substance est prise aux créatures organisées ne s’attaquent-elles pas aux fibres les plus délicates de notre organisatio ? i, ne sont-elles pas au fond de notre cœur ? (Balz.) Et ia corde frémit en sons voluptueux.

Thomas.

Il Note, son produit par les vibrations d’une corde ; note, son musical en général ; timbre de la voix humaine : La quinte a cinq cordes. La Malibran possédait les cordes les plus sympathiques. Ce chanteur a de fort belles cordes dans le médium. Il Grosse corde, Sol argenté du violon ; sol et do argentés do la basse, et Fig. Point capital ou personnage le plus important : Toucher la grosse cordk. Turenne était dans le moment la grossecordk du parti. (De Retz.) il Corde de timbre, Corde que l’on tend au-dessous de la peau d’un tambour, pouraugmentersa sonorité : Ce n’est que depuis que le tambourin est devenu tambour, ou vers le règne de Henri IV, que la cordk de timbre a été inventée. (Carré.) li Corde ennemie, Nom

3ue les Italiens donnent à la première note e la voix de tête, à cause de la difficulté que l’on éprouve à passer de la voix de poitrine à cette note, tl Flatter la corde, La toucher doucement, avec délicatesse. Il Violon à cordes avalées, Autrefois, Violon accordé à la quarte. Il Double corde, Jeu du violon, du violoncelleou de la basse, qui consiste à toucher deux cordes à la fois. U Corde fondamentale, Accord d’harmonie.

— Poétiq. Instrument métaphorique que l’on donne aux poètes, ou en général accent, expression considérée dans son mode, sa nature, son intensité : Ce nom fait vibrer toutes les cordes de mon âme. Lord Dyron avait à sa lyre des cordes inconnues jusqu’à lui. L’amour est une corde que le moindre souffle fait vibrer. L’amitié fait vibrer les cordes tes plus délicates du « sur. (Là Rochef.-Doud.) Il faudrait être insensé pour rejeter un culte qui a ajouté de nouvelles cordes à l’âme. (Chateaub.) Il y a dans la pensée humaine des ailes qui frémissent et des cordes sonores qui se tendent. (A. de Musset.) L’homme est une harpe dont les cordes échappent à ta vue. (Ste-Beuve.) Les corde » de la ivre, a demi détendues. Ne répondent plus à rats doigts.

A. B*KD18a.

Un jour de nobles pleurs laveront ce délire, Et la main, déplorant le son qu’elle a tiré. Plus juste, arrachera des corda de ta lyre La corde injurieuse où ia haine a vibré.

LAiur. TiNE.