Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 6, part. 2, Dell-Dian.djvu/70

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chœur des religieux : c’était celui de Charles le Chauve, qui était de bronze avec parties émaillées, et qui dut probablement a fa solidité du métal de ne pas être détruit comme les autres. Du tombeau de Dagobert il restait, sous le cloître de l’église de Suger, un fragment dont parle dom Doublet et que l’architecte Percier a dessiné en 1797 : c’était une statue colossale, assise, couronnée, vêtue d’une tunique longue et d’un palliuro. Cette figure a disparu, ainsi que celles des deux princes Clovis et Sigebert, qui faisaient partie du même monument. Le tombeau de bronze de Charles le Chauve a été également détruit. Il n’y a donc pas à Saint-Denis un seul tombeau antérieur à Louis IX. Le visiteur doit ainsi se tenir en garde contre l’exactitude des costumes donnés aux princes et princesses qui ont précédé le saint roi. Les tombeaux des princes qui ont suivi sont, au contraire, des monuments du plus grand intérêt au point de vue historique ; les statues ~tti les décorent ont été faites au lendemain e la mort des personnages, souvent d’après des moulages pris sur leur visage et même sur leur corps ; quant au costume, il y a tout lieu de le croire fidèle. Sur les cent soixante-sept monuments funéraires qui furent érigés dans la crypte et dans l’église supérieure, en 1817, cinquante-deux seulement s’y trouvaient avant la Révolution : les autres provenaient de diverses autres églises. Le jeune fils de Chilpéric et de Frédégonde, mort en 580, à Braine, fut le premier prince de sang royal inhumé à Saint-Denis. Dans les âges suivants, les princes qui n’avaient pas été appelés à régner ne furent admis que par exception dans la sépulture royale. On les enterra le plus ordinairement dans les églises de leurs domaines ; mais les rois décernèrent quelquefois a des hommes qui avaient rendu de grands services au pays, entre autres à Duguesclin et à Turenne, l’honneur d’une sépulture accordée (rès-rarement à ceux qui étaient nés même sur les marches du trône. Le tombeau de Dagobert, que saint Louis fit élever à l’entrée du sanctuaire, côté de l’épître, est aujourd’hui replacé en ce même endroit, après avoir été transporté au musée des monuments français, puis rendu à l’église où les deux faces, séparées pour faire pendants, avaient été placées des deux côtés du narthes. C’est un des plus curieux monuments funéraires du xiiio siècle. Il se compose d’une grande niche surmontée d’un gable ; au bas de ta niche est déposé un sarcophage dont le couvercle sert de lit à l’effigie du roi, couché sur le côté gauche. Ce sarcophage a dû être refait, ainsi que la statue, qui fut détruite dans les transports successifs qu’avait subis le monument ; cette reproduction a d’ailleurs été faite aussi fidèlement que possible d’après les dessins qui avaient été exécutés par Percier en 1797. Debout, des deux côtés de l’effigie royale, sous des dais sculptés, sont les statues de Nanthilde ou Nantechilde, seconde femme de Dagobert, et de Sigebert, son fils aîné, qui furent enterrés près de lui. Dans les voussures qui prennent naissance au-dessus des dais de ces deux dernières statues et qui forment la niche, sont sculptés des anges thuriféraires, et dans le tympan du gable on voit le Christ debout entre les évêques saint Denis et saint Martin agenouillés. Au fond de la niche se développe en trois zones superposées la légende relative à la mort de Dagobert. Dans la zone inférieure, on voit saint Denis révélant à un anachorète endormi, nommé Jean, que l’âme de Dagobert est tourmentée par les démons ; et tout auprès, en effet, cette pauvre âme, figurée par un enfant nu portant une couronne, est maltraitée par des diables affreusement laids qui sont dans une barque. Dans la zone du milieu, les mêmes démons s’enfuient précipitamment de la barque, en faisant les plus étranges cabrioles, à la vue des saints Denis, Martin et Maurice, qui sont venus tirer de la barque maudite lame de Dagobert. Le bas-relief supérieur nous montre l’âme délivrée, figurée toujours par un enfant nu, joignant les mains, debout sur un linceul dont les bouts sont tenus par saint Denis et saint Martm, et montant vers le ciel où l’attendent deux anges. Tout ce monument était peint. Sa partie postérieure, qui se voit dans le bas-côté, est surmontée d’un gable avec figures, crochets et fleurons, la partie inférieure restant unie, sans sculpture. Certaines parties de ce tombeau sont très-remarquablement traitées. Les groupes des évêques dans les zones légendaires, les anges des voussures et les figures du tympan, sous le gable, sont d’un style excellent et d une exécution parfaite. La statue de Sifebert est une reproduction moderne. Celle e Nanthilde est une des plus admirables productions de l’art au xiiib siècle. « La figure, ait M. Charles Magnin, est d’une beauté sérieuse. Plongée dans la méditation, la reine tient un livre de sa main droite, et, de l’autre, tord un lacet qui pend de son cou. Sa tête est légèrement inclinée. Un nuage de tristesse contracte son sourcil et pèse sur ses paupières ; sa pensée semble en communication avec la tombe qui est à ses pieds. Sur les traits et dans le maintien règne un caractère d’ascétisme, et l’émaciation des formes, sans altérer la beauté, atteste la prédominenee de l’esprit sur la chair. Le jeu de la chevelure est flexible, les plis de la robe et du manteau ont beaucoup de liberté. »

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Le second roi inhumé à Saint-Denis fut Clovis II. Son tombeau était situé au bas des chaises du choeur, près de celui de Charles Martel, et supportait une statue couchée.

Le tombeau de Pépin le Bref fut placé un peu au-dessous de celui de Dagobert ; il était surmonté, comme le précédent, de la statue couchée du monarque et de celle de la reine Berthe, son épouse.

Charles le Chauve fut enseveli d’abord dans un monastère voisin de Nantua. Sa dépouille mortelle ne fut transférée à Saint-Denis qu’en 884. On la déposa à l’extrémité du choeur, sous l’autel de la Sainte-Trinité. Le tombeau était de cuivre et portait la statue du prince revêtu des ornements impériaux.

Le tombeau commun de Louis III et de Carlomanj situé entre le chœur et le maîtreautel, était surmonté des statues couchées de ces deux princes,

Carloman, roi d’Austrasie et frère de Charlemagne, fut, si l’on en croit les Chroniques de Saint-Denis, enseveli dans cette basilique ; mais plusieurs auteurs dignes de foi affirment que ses restes furent inhumés dans l’église ce Saint-Remi de Reims. Quoi qu’il en soit, saint Louis fit édifier près du choeur un tombeau en l’honneur de ce prince.

La tombe d’Eudes ou Odon. occupait, dans le chœur, une place à côté de celle d’Hugues Capet et de Charles Martel. Bien que Charles Martel n’eût pas régné, sa statue le représentait avec les attributs royaux. Plus tard, saint Louis fit élever, à côté du tombeau d’Hugues Capet, un monument funéraire en l’honneur d’Hugues le Grand, comte de Paris, mort en 956, et père du chef des Capétiens.

Le tombeau de Robert le Pieux, qui fut enseveli en 1032 à côté d’Hugues Capet, était surmonté de la statue couchée de ce roi et de celle de la reine Constance, sa femme.

La tombe de Louis VI (1137) était voisine de celle d’Henri Ier (1000), qui lui-même avait été inhumé à côté du roi Robert. ’ ■

Philippe, fils de Louis VI, fut enseveli entre la clôture du chœur et la place que devait occuper plus tard le tombeau de Charles VIII. À côté de sa statue se voyait celle de Constance d’Aragon, deuxième femme de Louis VII.

Philippe II où Philippe-Auguste fut inhumé à Saint-Denis, en 1223, derrière l’autel de la Trinité, à l’extrémité du choeur.’ Le sarcophage, entièrement d’argent doré, était orné de figures en bas-relief. La tombe que Blanche de Castille consacra à LouisVIII (1226), son époux, et qui fut placée a côié de celle de Philippe-Auguste, n’était pas moins riche. Le sarcophage était aussi d’argent doré et orné de figures en bas-relief artistement ciselées.

Quand saint Louis fit refaire la plupart des tombeaux de ses prédécesseurs, l’artiste chargé de ce travail adopta un parti mixte. Ne voulant pas encombrer le transsept au milieu duquel ces tombes sont placées, ayant à ménager la place et ne possédant peut-être pas des ressources suffisantes, il ne put élever un édicule sur chaque sépulture. Les rois et les reines furent placés sur des socles deux par deux ; derrière leur tête fut dressé un dais double en forme de chevet ou de dossier, et deux colonnettes accompagnant et surmontant ces dais permirent de poser sur leurs chapiteaux, et entre leurs fûts, des flambeaux..

Louis IX mourut en Afrique, près de Tunis, en 1270. «Son saint corps, dit un historien du temps, fut découpé par membres et bouilli dans du vin et de l’eau, jusqu’à la séparation de la chair et des os, suivant la coutume de ce temps-là, et ce, faute d’avoir de bon baume qui préserve le corps de la corruption. » Ces restes furent apportés à Paris, et l’on sait que Philippe III, fils du monarque défunt, porta lui-même sur ses épaules, de Paris à la basilique royale de Saint-Denis, le corps de son père. Le tombeau de saint Louis fut élevé entre ceux de Louis VIII et de Philippe-Auguste, derrière l’autel de la Trinité. Par respect pour la volonté exprimée par le saint roi lui-même, qui désirait qu’une extrême simplicité laissât, en quelque sorte, ignorer sa sépulture, un modeste sarcophage de pierre renferma d’abord ses reliques. Mais, peu de temps après, cette tombe fut recouverte de plaques d’argent ciselées avec une perfection jusqu’alors inconnue, suivant l’expression du chroniqueur Guillaume de Nangis. Après la canonisation du roi, en 1897, ses restes furent exhumés par ordre de Philippe le Bel et placés dans une châsse d’or massif qui fut déposée sur le maitre-autel. Sa tête fut donnée, quelques années après, à la Sainte-Chapelle de Paris, Sous Charles VI, les Anglais, maîtres de Saint-Denis, pillèrent le trésor, convertirent la châsse précieuse en monnaie, mais épargnèrent les reliques. Sous François Ier, les restes de Louis IX furent déposés dans une châsse nouvelle.

Autour du tombeau de saint Louis s élevèrent ceux de la reine Marguerite, sa femme, de son fils Tristan, comte de Nevers, de son frère Alphonse, comte de Poitiers, de son oncle Philippe, comte de Clermont, et de Pierre de Beaucaire, son chambellan. Saint-Denis reçut aussi les restes de Philippe, frère de saint Louis, de Louis, son fils aîné, mort en 1260, de Jean, son troisième fils, mort en 1248, de Blanche, sa fille aînée, de

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Louis et Philippe, fils de Pierre, comte d’Alençon, cinquième fils de saint Louis, d’un des fils de Philippe d’Artois, et du comte d’Eu, chambellan de France.

•Philippe III le Hardi, fils de Louis IX, fut enseveli à Saint-Denis en 1286. Son tombeau de marbre noir (statue de marbre blanc) s’élevait près de la porte de fer du chœur, sous la grande croisée. Sur le couvercle du sarcophage reposaient la statue de ce prince et celle d Isabelle d’Aragon, sa première femme, toutes deux de marbre blanc.

Philippe IV, dit le Bel (1314), fut inhumé â gauche du tombeau de Philippe III. Louis X le Hutin (1316) fut enseveli vis-à-vis de son père. Son tombeau, de marbre noir, était surmonté de sa statue de marbre blanc.

Philippe V, dit le Long (1321), fut enseveli près du grand autel, du côté de l’Évangile. Son tombeau de marbre noir est surmonté de sa statue de marbre blanc. Les restes de Charles IV, dit le Bel, et ceux de sa femme, Jeanne d’Evreux, furent déposés auprès du tombeau de Philippe le Bel. La chapelle de Notre-Dame-la-Blanche reçut la dépouille mortelle de Blanche de France, femme du duc d’Orléans, et de Marie de France, toutes deux filles de Charles IV. Jeanne de France, fille de Louis X, reposait au pied du tombeau de son père. Comme ceux des princesses que nous venons de citer, son tombeau était surmonté d’une statue couchée.

Philippe VI de Valois (1350) et a reine Jeanne, sa première femme, furent inhumés prés du grand autel.

Le corps de Jean le Bon, ramenéde Londres en 1364, eut son tombeau, à côté de celui de Philippe VI.

Le tombeau de Charles V, du même style que les précédents, était surmonté de la statue de ce prince couchée à côté de celle de Jeanne de Bourbon, sa femme ; douze niches en ornaient le pourtour. À l’époque de son décès, qui eut lieu en 1360, Charles V avait ordonné que les restes du connétable du Guesclin, mort deux mois avant lui, fussent honorablement inhumés dans l’église de Saint-Denis « en haulte tombe, à grant solemnité, en la chapelle que pour.luy-même le roy avoit faict faire. » Cet ordre fut exécuté. La statue du bon connétable, sculptée en marbre blanc, grande comme nature, fut placée sur une tombe de marbre noir. Cette statue subsiste encore.

La princesse Marguerite (1382), fille de Philippe le Long, et femme du comte de Flandre, reposait à Saint-Denis, à droite de la porte du cloître, dans un tombeau de marbre noir surmohtéde sa statue. Son tombeau présentait quatre colonnes supportant un dais de pierre d’une extrême délicatesse. Bureau de La Rivière, célèbre maître de l’artillerie sous Charles V et Charles VI, eut, comme du Guesclin, l’honneur d’être enseveli à Saint-Denis, au pied du tombeau de ces deux princes. Cet honneur fut accordé aussi au connétable Louis de Sancerre, qui reposait à droite de l’autel Saint-Jean (1402), et à Louis d’Evreux, qui fut enseveli avec sa femme dans la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche.

Charles’ VI, mort en 1422, fut inhumé dans la même chapelle que le roi son père, près des murs du cloître. Sa femme, la fameuse Isabeau de Bavière, morte en 1455, fut ensevelie dans le même tombeau.

Charles VII (1461) fut placé entre son père et son aïeul. Sa femme, morte deux ans après lui, reposa à ses côtés.

Le tombeau de Chartes VIII (1498), un des

t>lus beaux de la basilique, était surmonté de a statue du monarque, de bronze doré. Aux quatre angles, des anges agenouillés portaient divers écussons. Sur les quatre faces du sarcophage, qui était de marbre noir, se voyaient douze figures de femmes, de bronze doré, représentant la Force, la Tempérance, et les autres Vertus. Ce riche monument a été anéanti en 1793.

Le mausolée que François I<" consacra à la mémoire de Louis XII et d’Anne de Bretagne subsiste en entier ; c’est un des chefs-d’œuvre de l’époque : il a passé longtemps pour avoir été exécuté par le Florentin Paul-Ponce Trebalti, mais, ainsi que l’a prouvé d’une façon irréfutable Eraeric David, il a été fait par un Français, Jean Juste, natif de Tours. Le roi et la reine sont représentés deux fois dans ce monument, nus et en état de mort sur le sarcophage, agenouillés et vivants sur la voûte du tombeau. Le soubassement sur lequel porte le sarcophage est orné de petits bas-reliefs d’un travail exquis, représentant les guerres de Louis XII en Italie, entre autres VEntrée du roi à Milan (te 6 octobre 1499), le Passage des montagnes de Gênes (1507), la Bataille d’Agnadel (1509). « La sculpture de ce tombeau, dit Eraeric David, ne nous offre ni le grandiose de l’antique, ni la fierté de Michel-Ange, ni l’élégance de Jean Goujon ; elle n’a imité personne ; originale dans tous ses détails, elle est le produit du sentiment, de l’étude, du goût, mais elle n’en est que plus admirable- Juste et moelleuse imitation de la nature, précision dans les contours, naïveté dans les mouvements, facile et large développement dans les draperies, tels sont ses caractères. Les figures nues du roi et de la reine, vraies sans petitesse, expressives et nobles, bien mortes, et cependant conservant encore un reste du feu de la vie, ne laissent rien à désirer à celui qui ne cherche, dans les productions de l’art, qu’une ton DENI

chante imitation du vrai. Si je pouvais comparer la sculpture à la peinture , je dirais : C’est ici le Pérugin, mais le Perugîa déjà embelli, agrandi, animé d’une chaleur nouvelle. »

Le tombeau de François Ier et de Claude de France est aussi beau et aussi bien conservé que le précédent. C’est un des plus splendides monuments de la Renaissance. Outre les statues nues du roi et, de la reine, couchées sur le cénotaphe, on y voit les mêmes figures agenouillées sur la plateforme, vêtues et accompagnées du dauphin François, du prince Charles d’Orléans et de Charlotte de France, qui mourut âgée de huit ans. Ce magnifique monument, qui a été attribué par quelques auteurs à des artistes italiens, est dû tout entier à des maîtres français : Philibert Delorme en fut l’architecte ; Pierre Bontemps, maître sculpteur, bourgeois de Paris, s’engagea, par un marché en date du G octobre 1552, moyennant 1,609 livres, à faire une partie des célèbres bas-reliefs du stylobate représentant les principaux faits de l’histoire militaire de François ler ; et Une figure du couronnement ; Germain Pilon exécuta pour 1,100 livres les huit figures de Fortune, sous la voûte du cénotaphe ; Ambroise Perret fit les quatre évangèlistes ; les belles figures couchées paraissent être sorties des ateliers de Jean Goujon ; Jacques Chantrel, Bastien Galles, Pierre Bigorgne et Jean de Bourgy travaillèrent à l’ornementation.

Le tombeau de Henri II et de Catherine de Médicis est. de l’avis des plus savants connaisseurs, 1 œuvre de Germain Pilon. Ce monument, que ses admirables sculptures rendent digne du célèbre artiste, est construit en beau marbre blanc et orné de douze colonnes composites reposant sur un piédestal. Aux angles sont placées quatre ravissantes statues se bronze, dont chacune reproduit, dit-on, l’image de Henri II. Au milieu gisent Henri II et Catherine de Médicis. Tous deux sont aussi représentés h genoux au-dessus de l’entablement.

François II (15G0), Charles IX (1574) et Henri III, descendus dans le caveau des Valois, n’eurent jamais de monument.

Le corps de Henri IV fut placé dans un caveau provisoire, qui devint bientôt le caveau définitif des Bourbons. À partir de ce moment, les rois de France n’ont plus àSaint-Denis de monument proprement ait. Les cercueils du duc d’Orléans, mort en 1611, de la duchesse de Montpensier, femme de Gaston d’Orléans, morte en 1657, rejoignirent les premiers celui de Henri IV. Ce eaveau, agrandi dans la suite, reçut tour à tour les resies de Louis XIII (1643), de la reine Marie-Thérèse, femme de Louis XIV (1SS3), de Louis XIV, de Louis XV. et du dauphin, fils aîné de Louis XVI (1789). Tous ces cercueils, posés sur des barres de fer, étaient de plomb et renfermaient un autre cercueil de bois contenant les corps embaumés. Le duc de Chàtition (1649), le marquis de Saint-Mégrin (1652) et l’illustre maréchal de Turenne furent admis à partager la sépulture royale de Saint-Denis. Napoléon 1er fit transporter le tombeau de Turenne aux Invalides, où on peut l’admirer encore.

Louis XVI expia sur l’échafaud ses faiblesses et les fautes de ses ancêtres. Tout ce qui rappelait le nom de roi était l’objet de l’exécration du peuple. Le 31 juillet 1793, Barrèrelut à la Convention un rapport dont nous extrayons le passage suivant : « Pour célébrer la journée du 10 août, qui a abattu le trône, il faut, dans son anniversaire, détruire les mausolées fastueux qui sont à Saint-Denis. Dans la monarchie, les tombeaux mêmes avaient appris à flatter les rois ; l’orgueil et le faste royal ne pouvaient s’adoucir sur ce théâtre de la mort, et les porte-sceptres oui ont fait tant de maux à la France et à l’humanité semblent encore, même dans la tombe, s’enorgueillir d’une grandeur évanouie. La main puissante de la République doit effacer impitoyablement ces épitaphes superbes et démolir ces mausolées qui rappelleraient des rois l’effrayant souvenir. » La proposition de Barrère fut adoptée, et l’Assemblée nationale décréta que « les tombeaux et mausolées des ci-devant rois élevés dans l’église de Saint-Denis seraient détruits. » L’exécution de ce décret commença le 6 août, et trois jours après 51 tombeaux étaient démolis. Deux fosses creusées à la hâte reçurent les ossements des rois et des princes qui avaient été tirés de leurs tombeaux. Quelques jours après des chariots portaient à Paris les tombeaux les plus remarquables et un grand nombre d’objets précieux enlevés au trésor de l’abbaye de Saint-Denis. Une députation, envoyée par la ville, qui avait pris le nom de Franciade, se présenta à l’Assemblée nationale, à laquelle elle fit offrande de plusieurs dons patriotiques, notamment de la tête de saint Denis, et de plusieurs bustes de saints en vermeil. Après avoir fait hommage de cette offrande à l’Assemblée, l’orateur se leva et prononça le discours suivant qui nous paraît curieux à plus d’un titre :

« Citoyens représentants, Les prôtres ne sont pas ce qu’un vain peuple pense : Notre crédulité fait toute leur science.

Tel est le langage que tenait autrefois un auteur dont les écrits ont préparé notre Révolution ; les habitants de Franeiade vien-