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naturellement. La théorie do l’évolution, au contraire, suppose des actions lentes, précisément parce qu’elle n’invoque que les causes actuelles et ordinaires, et, par conséquent, elle tend à reculer pour ainsi dire indéfiniment l’histoire de la nature ; elle a besoin du temps, mais le temps lui suffit pour expliquer la grandeur des effets sans recourir à la puissance merveilleuse des causes. Tout en reconnaissant que la terre avait servi de demeure à des êtres animés depuis bien plus longtemps qu’on ne l’avait supposé d’abord, les premiers géologues étaient loin d’accorder à cette période la durée qu’on admet généralement aujourd’hui. Or, il est facile de concevoir combien une erreur de ce genre » dû les éloigner de la théorie de Yécolution. Que l’on se mette a la place d’un lecteur qui parcourrait les annales des transactions civiles et militaires d’une grande nation, sous l’influence de l’idée que les faits relatés dans ces annales n’ont mis que cent ans, au lieu de deux mille, par exemple, à s’accomplir : une telle histoire aurait bien certainement tout l’air d’un roman, tant les événements y seraient dépourvus de vraisemblance et s’accorderaient peu avec la marche actuelle des affaires humaines. Les incidents s’y presseraient en foule, les armées et les flottes ne paraîtraient s’assembler que pour être aussitôt détruites, de même que les villes ne sembleraient s’élever que pour tomber en ruine l’instant d’après. Les transitions les plus violentes auraient lieu entre les guerres étrangères ou les guerres intestines, et les périodes de paix, les travaux exécutés durant ces années de désordre ou de tranquillité surpasseraient en grandeur tout ce qu’on est en droit d’attendre du pouvoir de l’homme. Eh bien, celui oui étudierait les monuments de la nature, 1 esprit imbu d’une prévention semblable, se ferait un tableau non moins exagéré de l’énergie et de la violence des causes qui les auraient produits, et éprouverait une difficulté également insurmontable à concilier l’état ancien du monde avec son état actuel. Si, par exemple, on pouvait embrasser d’un seul et même coup d’œil tous les cônes volcaniques qui, dans 1 intervalle des cinquante siècles derniers, ont été formés en Islande, en Italie, en Sicile, ainsi qu’en diverses autres parties de l’Europe, et que, d’un autre côté, on’pût apercevoir dans leur ensemble les laves qui, durant le même espace de temps, se sont répandues à la surface du sol ; les dislocations, les affaissements et les soulèvements occasionnés par les mouvements souterrains ; les terres ajoutées à différents deltas, ou celles, au contraire, qu’a englouties la mer, on aurait, en tenant compte aussi des effets destructeurs résultant des inondations et en supposant que tous ces événements ont eu lieu dans le cours d’une seule année, des idées singulièrement exagérées sur la soudaineté de ces révolutions et sur l’activité des agents qui les auraient déterminées. Et si, l’année suivante, un aussi grand nombre de changements venaient à se passer sous nos yeux, on serait nécessairement amené à en conclure qu’une grande crise de la nature était prête à se manifester. Si donc les géologues ont interprété la valeur d’une suite d’événements de manière à ne voir que des siècles là où sont imprimés des milliers d’années, et des milliers d’années la où le langage de la nature en accuse des millions, ils ne peuvent se dispenser d’admettre, pour peu qu’ils tirent une conséquence logique des données fausses qui leur ont servi de point de départ, qu’une révolution complète s’est opérée dans le système de l’univers. S’il était prouvé que la plus grande des pyramides d’Égypte a été 1 ouvrage d’un seul jour, personne ne manquerait d en attribuer l’érection à quelque puissance surhumaine. Eh bien, de même, si l’on admettait que le soulèvement d’une chaîne de montagnes s’est produit dans un laps de temps bien moins considérable que celui qu’a exigé, en réalité, l’accomplissement d un pareil phénomène, on serait conduit naturellement à supposer que jadis les mouvements souterrains étaient infiniment plus énergiques qu’Us ne le sont aujourd’hui. Il est très-possible et il se comprend facilement que, dans un intervalle de temps suffisamment long, par suite de modifications lentes et insensibles, l’état physique du globe ait éprouvé un changement complet. Une évaluation trop faible de la durée de ce temps a pour conséquence inévitable de dérober à l’esprit les événements intermédiaires, les transitions qui expliquent ce changement, qui le rendent naturel. Faute de connaître ces événements intermédiaires, ce3 transitions, un savant ne manquerait pas de voir dans le changement dont nous parlons une révolution extraordinaire survenue tout à coup dans le système.

M. Lyell réfute avec une grande force les divers arguments invoqués par les partisans de la théorie des révolutions subites, violentes, universelles. Cuvier alléguait les cadavres de mammouths saisis par la glace dans les pays du nord et conservés jusqu’à nos jours avec leur peau, leur poil et leur chair ; une même cause, selon lui, un même événement avait, sans nul doute, fait périr ces animaux et rendu glacial le pays qu’ils habitaient, et cet événement avait dû être subit, instantané, sans gradation. M. Lyell ne voit pas (a nécessité d admettre cette révolution instantanée du climat. On ne doit pas oublier

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que le mammouth est une espèce du genre éléphant différente de celles qui, à l’époque actuelle, vivent sous la zone torride ou dans le voisinage des tropiques, et l’on doit se tenir en garde contre la tendance qui nous porte souvent à juger, sans assez de réserve, des mœurs et des particularités physiologiques des espèces éteintes, d’après la simple analogie de leur structure anatomique. Il est à remarquer que le mammouth, au lieu d’être à poils ras, comme les éléphants actuels de l’Inde et de l’Afrique, était pourvu d’une enveloppe de fourrure velue et très-épaisse, qui était probablement aussi impénétrable a la pluie et au froid que celle du bceuf musqué. Tout porte donc a croire que cette espèce avait été dotée par la nature de tout ce qui pouvait la mettre à même de résister aux vicissitudes d’un climat septentrional. « Le bœuf musqué, dit M. Lyell, abandonne chaque année ses quartiers d’hiver méridionaux et traverse la mer sur la glace pour aller paître pendant quatre mois, de mai à septembre, les riches pâturages de l’île Melville, située sur le 75e degré de latitude. D’après cela, ne doit-on pas supposer que, durant lesvives chaleurs des courts étés du nord, les mammouths pouvaient étendre leurs excursions depuis les régions centrales ou tempérées de l’Asie jusqu’au 60° parallèle de latitude ? Or, dans ce cas, la conservation de leurs ossements, et même quelquefois de leur squelette entier dans la glace ou dans le sol gelé, peut s’expliquer sans qu’il soit nécessaire pour cela d’admettre aucune révolution subite, soit dans l’ancien climat, soit dans l’état primitif de la surface du globe. ■

Selon M. Lyell, on ne trouve aucun fondement solide à l’opinion qui attribue aux forces aqueuses et aux forces ignées des temps anciens une énergie bien supérieure à celle qui les caractérise aujourd’hui. Pour démontrer’cette différence d’énergie, on a coutume d’en appeler à la grosseur énorme des masses désignées sous le nom de blocs erratiques. M, Lyell répond qu’une combinaison de causes encore existantes a pu suffire pour amener ces blocs dans les lieux où on les trouve aujourd’hui ; que ces causes sont le pouvoir de transport des glaces et de l’eau courante, et le soulèvement du lit de l’océan, qui tend à transformer graduellement la mer en terre sèche ; que, de nos jours, des transports de blocs s’opèrent à l’aide des glaces, tant sous les latitudes froides que dans les régions tempérées des deux hémisphères. Une erreur qui a contribué à perpétuer l’opinion que jadis l’action de l’eau s’exerçait sur une échelle bien plus grande qu’aujourd’hui est fondée sur 1 étendue considérable qu’on attribuait aux dépôts homogènes anciens et sur les limites beaucoup plus restreintes qu’on assignait aux strates sédimentaires modernes. M. Lyell fait justice de cette universalité supposée des dépôts anciens. Ceux qui ont émis les premiers cette hypothèse n’avaient qu’une connaissance fort imparfaite du peu de constance que présente la composition minéralogique des formations anciennes et de l’étendue des espaces sur lesquels s’accumulent, à la longue, les sédiments de même nature que déposent aujourd’hui les rivières et les courants. En réalité, la constance de caractère que l’on attribuait aux séries anciennes était exagérée, de même que l’extrême variabilité qu’on croyait reconnaître dans les nouvelles était admise sans preuves.

La supériorité d’énergie des forces ignées des temps anciens n’est pas mieux prouvée que cette des forces aqueuses des mêmes temps. On n’a aucune raison de prétendre que les anciennes émissions de matières fondues étaient plus considérables que celles qui se sont faites, à diverses époques, dans les temps modernes. À mesure que nos connaissances s’étendent à l’égard des roches anciennes produites par la chaleur souterraine, nous nous trouvons de plus en plus amenés à les considérer comme les effets réunis d’un très-grand nombre d’éruptions, semblables à celles qui ont lieu de nos jours dans les régions volcaniques. De ce que les roches anciennes sont plus fracturées et plus disloquées que les nouvelles, on a souvent conclu que les forces souterraines agissaient autrefois bien plus énergiquement qu’aujourd’hui. « Mais, dit M. Lyell, le résultat ne serait-il pas le même si la quantité de mouvement eût toujours été constante pour des périodes de temps égales ? Et ne voit-on pas que, dans ce cas, les strates devraient être d’autant plus bouleversées qu’elles datent d’une époque plus ancienne ? t Ainsi l’on est fondé à admettre que les effets les plus sensibles de la force souterraine, tels, entre autres, que les soulèvements des chaînes de montagnes, ont pour causes plutôt des secousses multipliées d’une intensité médiocre qu’un petit nombre de convulsions violentes.

Mais, dit-on, comment, sans recourir à de grandes et soudaines révolutions, expliquer 1 évidente discontinuité des monuments géologiques ? On voit, par exemple, certains systèmes de strates horizontales passer, sans aucune gradation intermédiaire, à d’autres systèmes excessivement inclinés ; des roches ayant une certaine composition minéralogique succéder à d’autres roches qui présentent des caractères tout différents ; et, enfin, des couches renfermant tels ou tels

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débris organiques, faire suite immédiatement à d’autres couches dans lesquelles, souvent, toutes les espèces et !a plupart des genres sontdifférents. Cesdéfauts decontinuité sont, du reste, si fréquents parmi les formations fossilières, qu’Us doivent être considérés comme règle plutôt que comme exception. Ne suggèrent-ils pas naturellement cette hypothèse, que l’histoire ancienne de notre planète présente une suite de périodes alternantes de repos et de bouleversements, les premières se prolongeant pendant des siècles et offrant un état de choses analogue à celui qui existe de nos jours ; les autres se faisant remarquer par leur courte durée et par des paroxysmes, donnant naissance à de nouvelles montagnes, à de nouvelles mers et à de nouvelles vallées, anéantissant certains êtres organiséjs et les remplaçant par d’autres ? Cette hypothèse, selon M. Lyell, est loin de se présenter à l’esprit comme une induction nécessaire ; elle est, au contraire, repoussée par les faits. En descendant de l’époque la plus récente jusqu’à la période éocène, on arrive, de la faune actuelle, à une faune fossile complètement différente, mais on y arrive par degrés. Cet examen rétrospectif n’a pas encore, il est vrai, permis d’apercevoir de transition parfaite entre la faune récente et la faune éteinte en dernier lieu ; mais il existe un si grand nombre d’espèces communes aux groupes qui, dans l’ordre de superposition, se suivent immédiatement, qu’il y a tout lieu de croire que non-seulement la série des êtres organisés n’offre aucune lacune considérable, mais qu’en outre nulle crise ne s’est jamais manifestée quand une classe quelconque de ces êtres s’est éteinte et a fait place subitement à une autre. Or, cette analogie nous étant présentée parla période de l’histoire du globe qui peut le mieux Se comparer avec l’ordre de choses actuel et qui peut être mieux étudiée qu’aucune autre, on se trouve amené naturellement à cette conclusion : que l’extinction et la création des espèces n’ont jamais été, et ne sont encore à présent, que le résultat d’un changement lent et graduel dans le monde organique.

— Art milit. V. manœuvra.

ÉVOLUTIONNAIRE adj. (é-vo-lu-si-o-nè-re — rad. évolution). Art milit. Qui a rapport aux évolutions : Théorie évolutionnaire. il Qui fait exécuter des évolutions : Officier

ÉVOT.UTIONNAIKE.

ÉVOLUTIONNER v. n. ou intr. (é-vo-lu-sio-né — rad. évolution). Faire des évolutions militaires.

— Fig. Parcourir la série de ses transformations : La plupart des maladies modifient peu à peu l’organisme et évolutiONNENT pour disparaître enfin dans une crise salutaire ou constituer un état morbide spécial. (L. Cruveilhier.)

ÉVOLVULUS s. m. (é-vol-vu-luss— du lat. evolvere, se dérouler). Bot. Genre de plantes, de la famille des convolvulacées, tribu des convoivulées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions chaudes des deux continents.

Évonyme s. m. (é-vo-ni-me — gr. euânumos ; de eu, bien, et onoma, nom). Bot. Nom scientifique du genre fusain.

— Cbim. Syn. d’ÉvoNYMiNB. ÉVONymé, ée adj. (é-vo-ni-mé — ra3.

évonyme). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre fusain.

— s. f. pi. Tribu de plantes, de la famille des célastrinées, ayant pour type le genre évonyme ou fusain.

ÉVONYMINE s. f. (é-vo-ni-mi-ne — rad. évonyme). Chim. Substance araère qu’on extrait de l’huile des baies de l’évonymo ou fusain d’Europe.

■ ÉVONYMODAPHNÉ s. m. (é-vo-ni-mo-dafné— du gr. euônumos, fusain ; daptmê, laurier). Bot. Genre d’arbres, de la famille des laurinées, qui croît sur les Andes du Pérou.

évonymoïde adj. (é-vo-ni-mo-i-de — du gr. euônumos, fusain-, eidos, aspect). Bot. Qui ressemble ou se rapporte au genre fusain.

— s. m. Syn. d’ALECTRYON, Genre de sapindacées. il Nom scientifique du célastre grimpant ou bourreau des arbres.

— s. m. pi. Syn. peu usité d’ÉvoNYMÉES.

ÉVOPIS s. m. (é-vo-piss— du gr. eu, bien ; ops, œil). Bot. Syn. de berkie. Il On dit aussi ÉvopiDE.

ÉVOPLITE s. m. (é-vo-pli-te — du gr. eu, bien ; oplitês, armé). Entom. Genre d’insectes hémiptères hétéroptères, du groupe des pentatomes, dont l’espèce type habite le Brésil.

ÉVOQUÉ, ÉE (é-vo-ké) part, passé du v. Evoquer. Appelé, provoqué a se montrer par des incantations : Esprits évoqués. Mânes évoqués. Ame évoquée.

— Fig. Rappelé.- Souvenirs évoqués.

— Jurispr. Revendiqué pour être jugé : Affaire évoquée par une cour supérieure.

ÉVOQUER v, a. ou tr. (é-vo-ké— lat. evocare ; du préf. e, et de vocare, appeler).Faire apparaître par des incantations, des sortilèges : Les nécromanciens prétendaient évoquer les âmes des morts, les esprits, les démons. (Acad.)

Evoquez vos aïeux du fond de leurs tombeaux.

DEL1LLE.

ÉVRE

Il Appeler à son aide par les mêmes moyens : Les Toscans Évoquaient la foudre quand ils voulaient se défaire de quelque monstre ou de quelque ennemi. (Levasseur.)

— Par ext. Faire apparaître à l’imagination, rappeler au souvenir : Evoquer le passé. Evoquer des promesses oubliées. Il Citer, apostropher, interpeller d’une manière oratoire : Evoquer les mânes de ses aïeux.

— Jurispr. Se réserver le jugement do : Le tribunal suprême évoqua la cause. Il Retirer la connaissance de : Evoquer une affaire d’un tribunal à un autre pour cause de suspicion légitime. (Acad.)

~- Syn. Eroqu«r, appeler, invoquer. ¥•

APPELER.

— Antonymes. Chasser, conjurer, exorciser (en parlant des démons).

EVOHA, ancienne Ebura ou Ebssra, Liberatitas Julxa, ville du Portugal. ch.-I. de la prov. d’Alemtejo, à 128 kilom. E. de Lisbonne ; M,700 hab. Archevêché, bibliothèque, riche musée. Fabrique de toiles de fil et de coton, chapelleries, quincaillerie, tanneries. Les habitants des environs de la ville fabriquent de jolies corbeilles en paille, eu roseaux et en fibres d’aloès, et de charmantes nattes, qui, dans les palais même, servent souvent de tapis. Aux environs, riches carrières de marbre de plusieurs qualités. L’étendue d’Evora, très-considérable, n’est pas en rapport avec le nombre de ses habitants. Les remparts qui l’entourent sont aujourd’hui en ruine, ainsi que la citadelle et les forts Santa Barbara et San Antonio. Les rues sont généralement étroites et tortueuses, et les maisons mal bâties. Ses principales curiosités sont : la cathédrale, le musée, la bibliothèque, le séminaire épiscopal. le citadelle, un aqueduc et les restes de plusieurs édifices antiques.

César érigea Evora en ville municipale. En 1832, dom Miguel, tyran du Portugal, fuyant devant doin Pedro, qui avait pris les armes pour affranchir son pa3’s, chercha un refuge dans Evora ; mais dom Pedro l’y poursuivit, et c’est dans cette ville que fut signée la convention d’Evora, en vertu de laquelle dom Miguel fut banni du royaume à perpétuité.

ÉVOSMIE s. f. (é-vo-sml — dugr. eu, bien ; osmê, odeur). Bot. Genre d’arbrisseaux, de la famille des rubiacèes, tribu des cinchonées, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l’Amérique tropicale, il On dit aussi évosma, s. m,

ÊVRAN, bourg de France (Côtes-du-Nord), ch.-l. de cant., arrond. et à 11 kilom. S.-E. de Dinan, sur le canal d’Ilte-et-Rance ; pop. aggl. 360 hab. — pop. tôt..1,402 hab. Tannerie, commerce de céréales, fourrages, bois ; exploitation de schiste ardoisier. L’église est ornée de statues, de vitraux et de nombreuses sculptures. Le château de Beaumanoir, qu ; date du xviie siècle, est un vaste corps de bâtiment, flanqué de deux ailes avec tourelles, et entouré de belles prairies, de lacs, de bois et de jardins.

ÉVRARD ou ÉRARD (Guillaume), théologien français, né à Langres, mort en 1444. 11 devint recteur du collège de Navarre (1429), député au concile de Bàle, et s’acquit une, grande réputation de savoir. Dans les guerres contre les Anglais, il prit parti pour le peuple et prêchai Rouen, où u devint chanoino et doyen du chapitre, contre Jeanne Darc, qu’il traita de magicienne. Il prit part au traité d’Arras, en 1435, en qualité d envoyé des Anglais.


ÉVRARD (Simonne), femme avec qui vivait Marat, née on ne sait au juste à quelle époque. Tout ce que l’on sait de sa vie, c’est ce qui se rapporte à la mort de Marat. Quand celui-ci fut frappé mortellement par Charlotte Corday, Simonne Evrard accourut avec la sœur de Marat, Albertine Marat, et un nommé Laurent Bas, commissionnaire, qui était en train de plier des numéros du journal l’Ami du peuple dans l’antichambre de l’appartement. Simonne Evrard s’empressa d’appliquer la main sur la blessure de Marat. L’ami du peuple était bien mort.

Quelque temps après, quand la réaction se fit contre le système de la Terreur, Simonne fut inquiétée. Elle habitait alors rue Antoine, 149, avec Albertine Marat. On fit à son domicile une perquisition qui n’eut aucun résultat.


ÈVRE, rivière de France (Maine-et-Loire), qui naît dans le canton de Cholet, baigne Trémentine, Benupréau, Montrevault, et se jette dans la Loire, à un kilom. au-dessous de Saint-Florent-le-Vieil, après un cours de 70 kilom., pendant lequel elle reçoit l’Esvé et la Vresme.


ÉVRECY, bourg de France (Calvados), ch.-l, de cant., arrond. et à 15 Kilom. S.-O. de Caen, sur un coteau de la rive gauche de la Guine ; pop. aggl. 677 hab. — pop. tôt. 752 hab* Belle église, en partie du xnru siècle, et ruines d’une intéressante chapelle du xvo siècle. De nombreuses antiquités romaines ont été découvertes à différentes reprises à Evrecy.

Ce bourg était, au xje siècle, le siège d’une châtellenie, appartenant aux évêques de Bayeux ; il fut brûlé, en 1346, par Édouard, roi d’Angleterre, et, par accident, le 12 mai 1811.