Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 3, Frit-Gild.djvu/251

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due est assez considérable. Le premier livre nous montre deux races, la race gallique et la race kymrique, rappelle les grandes migrations des peuples gaulois en Espagne, en Illyrie, en Italie, et se termine par le tableau des événements qui accompagnèrent la fondation de la Gaule cisalpine.—Le deuxième livre suit les migrations des Gaulois en Grèce et en Asie, et nous fait assister à la fondation du royaume de Galatie par les émigrants, qui, se mettant a la solde des États d’Orient et d’Afrique, sont tantôt vainqueurs, tantôt vaincus, toujours redoutables.— Le troisième livre expose la guerre des Romains contre les Gaulois cisalpins, le déclin et la conquête de la Gaule cisalpine, la guerre des Romains contre les Galates et la fin du royaume de Galatie : c’est la période de l’alliance avec Annibal et avec Mithridate. — Le quatrième livre considère et décrit la Gaule transalpine, ses diverses familles de peuples, leurs mœurs, leurs gouvernements, et marque les premières conquêtes des Romains au delà des Alpes, l’établissement d’une colonie à Narbonne et l’organisation d’une province romaine sur le sol gaulois.— Dans le cinquième livrej on assiste à un spectacle dont l’intérêt va croissant : l’invasion des Kymris septentrionaux et des Teutons, la Gaule entraînée dans les guerres civiles de Marins et de Sylla, divisée ensuite par la lutte entre les Rduens et les Séquanes, l’établissement d’Arioviste en Séquanie, et César, marchant contre cet ennemi, réduit à lui laisser le champ libre.-Le sixième livre retrace les premières guerres de César dans les Gaules et dans l’île de Bretagne, c’est-à-dire la poursuite de la conquête romaine et la résistance des Gaulois. — Le septième contient le récit de la seconde phase : le soulèvement de la Gaule contre les Romains et la grande ligue des Arvernes, effort glorieux, mais impuissant, suivi de la conquête définitive de la Gaule chevelue, que Rome devait expier par la perte de la liberté.

— Le huitième livre nous montre l’habile et rapace César travaillant à s’attacher les Gaulois vaincus, les admettant au sénat et octroyant des droits de cité romaine ; puis Octave, Tibère et Claude organisant la Gaule, la pacifiant, implantant la civilisation latine sur la terre des druides persécutés ; enfin les armes romaines portées en Bretagne et leur domination consolidée par les exploits d’Agricola.— Dans le dernier livre, l’auteur, après avoir exposé l’état de la Gaule au moment des premières guerres civiles de l’Empire et indiqué les progrès des lettres et des arts dans les provinces du Sud, rappelle l’insurrection de Vindex, les compétitions successives de Galba, d’Othon, de Vitellius, de Vespasien, la révolte de la Gaule, qui parvient à fonder cet empire gaulois, qui eût été durable peut-être avec plus de constance et moins de défections. L’ouvrage se termine par un coup d’œi ! sur le rôle ultérieur de la Gaule résignée au joug comme province gallo-romaine. Ce rôle fut encore plein de grandeur et d’intérêt r la Gaule arracha maintes concessions à la puissance impériale ; elle cassa plusieurs empereurs, en imposa d autres à l’Italie et s’établit même quelques instants métropole de tout l’empire.

« J’avais entrepris, dit l’auteur à la fin de son livre, de tracer les destinées de la race gauloise, et j’ai atteint successivement les époques où sur tous les points du globe elle a fini comme nation, non comme race, — car les races humaines ne meurent point ainsi,les époques où son individualité disparaît sous les formules d’une civilisation imposée, où son histoire devient un épisode d’une histoire étrangère. Pendant le cours de dix-sept cents ans, je l’ai suivie pas a pas, à travers toutes les périodes de sa vie si aventureuse et si pleine : ici nomade, là sédentaire, tour à tour conquérante et conquise, sous tous les climats de la terre, en Gaule, en Bretagne, en Germanie, en Espagne, en Italie, en Grèce, en Afrique, en Asie ; et partout et toujours, je l’ai montrée la même : intelligente, spirituelle, brave, ardente, mais mobile, peu capable de constance et d’ordre, mais vaine et désunie par orgueil. Que si l’on parcourt les temps qui suivent cette histoire, on reconnaîtra aisément les grands traits du caractère gaulois dans les événements de la Gaule romaine ; on les verra percer encore au milieu de la barbarie de la Gaule franque, malgré la conquête efele mélange des races, et ils apparaîtront de loin en loin sous les institutions originales du moyen âge. »

Dans le Journal des savants (année 1829), Daunou a examiné l’utile et intéressant travail de M. Amédée Thierry. Il suit pas à pas les faits historiques, oppose des doutes ou des preuves aux conjectures et aux assertions de l’auteur de l’Histoire des Gaulois ; sa critique, étayée sur une érudition solide et vaste, multiplie les objections, ou du inoins les observations et les réserves. Il lui reproche principalement de n’avoir pas tenu compte des travaux des érudits et des publicistes du xvme siècle. De tous ces auteurs, M. Ara. Thierry ne cite guère que dom Martin etFréret ; formulant un système nouveau, il n’examine point les systèmes antérieurs. Quoi qu’il en soit des remarques de Daunou, XHistoire des Gaulois a été remaniée, surtout dans son introduction, que l’on peut rapprocher de celle qui ouvre 1 Histoire de France de M. H. Martin ; elle est enfin parvenue à sa cinquième édition, et ce succès continu est un signe de l’adhésion du public aux idées de l’auteur.

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GAULOISERIE s. f. (gô-loi-ze-rî — rad. gaulois). Néol.- Plaisanterie gauloise, vive et franche.

GAULON, GAULAN ou GOLAN, ville de l’ancienne Palestine, dans la demi-tribu orientale de Manassé, à 67 kilom. N. de Capitolios.

GAULOS, nom ancien de l’île de Gozzo.

GAULT s. m. (gôltt). Miner. Nom anglais des couches de marne bleue qui séparent en deux étages le grès vert des terrains crétacés.

— Encycl. Le gault consiste dans une masse argileuse très-puissante, qui forme l’étage moyen du terrain crétacé ; elle se trouve comprise, en France, entre la glauconie crayeuse et les sables verts qui constituent souvent à eux seuls l’étage inférieur de ce terrain. « Le gault, bien développé dans le Boulonais, le pays de Bray, les départements de l’Aube et de l’Yonne, offre, à sa partie supérieure, une argile bleu grisâtre, faisant pâte avec l’eau, ce qui la rend propre a la fabrication des briques et des poteries ; la partie inférieure est composée d’une marne un peu micacée, qui passe à l’argile et au sable sur différents points. Des veines d’oxyde de fer coupent çà et là la masse marneuse. » (Rozet.)

GAULT (le), ancien petit pays de France, dans le Blaisois, partagé aujourd’hui entre les départements du Loiret et de Loir-et-Cher. Les lieux principaux étaient Marcilîy-en-Gault (Loir-et-Cher) et Menestreau-en-Gault (Loiret).

GAULT (Jean-Baptiste), prélat français, né à Tours en 1595, mort à Marseille en 1643. Il entra dans la congrégation de l’Oratoire, fut chargé de la direction de plusieurs maisons de son ordre, remplit diverses missions apostoliques et devint évêque de Marseille en 1639. Il a laissé dans cette ville, où l’on conserve pieusement son corps, une grande réputation de sainteté. On lui attribue deux cents et quelques miracles, dont le moindre suffirait à la canonisation d’un autre ; la sienne, demandée déjà au temps de Louis XIV, n’a jamais pu être obtenue, à cause d’un crime irrémissible que les jésuites lui reprochent ; ce crime est intitulé : Discours pour convier les souverains à peser combien il importe à l’Église et à l’État que les lettres ne soient pas attachées à un seul ordre. Ce discours avait été publié par Eust.iehe Gault, frère de Jean-Baptiste ; mais les jésuites savaient que celui-ci avait pris part à sa rédaction et qu’il en approuvait tous les principes.

GAULT DE SA1NT-GEKMAIN (Pierre-Marin), critique d’art, né à Paris en 1753, d’une famille originaire de la Bretagne, mort en 1842. Il fut pensionnaire du roi de Pologne, et professeur aux collèges de Guéret et de Clermont-Ferrand. On a de lui : Traité de la peinture de Léonard de Vinci, commenté, augmenté de la ’vie et du Catalogue des Œuores de ce célèbre artiste florentin (Paris, 1802, in-8°, avec fig.), c’est l’édition la plus recherchée ; Des passions et de leur expression générale et particulière (Paris, 1805, in-8°, avec fig.), rare ; Vie de A*. Poussin, suivie de notes inédites, de la description des tableaux de ce chef de l’école française, des-mesures de la statue de l’Antinous (Paris, 1806, gr. in-S°), superbe ouvrage orné de planches en taille-douce ; Texte de ta collection des fleurs et des fruits peints de J.-L. Prévost (Paris, 1805, in-fol.), splendide ouvrage ; Texte des calques du fameux cénacle de Léonard de Vinci (Paris, 1807, gr. in-fol.) ; Annales de la ckalcographie générale ou Histoire de la gravure ancienne et moderne, française et étrangère (Paris, 1806-1807, in-8°) ; les Trois siècles de la peinture en France ou Gâterie des peintres français depuis François /"jusqu’au règne de Napoléon (Paris, 1808, in-8°) ; Observations sur l’état des arts dans le xixc siècle (Paris, 1815, 3 vol. in-8°) ; Guide des amateurs de peinture : écoles florentine, romaine, vénitienne, lombarde, napolitaine, génoise, espagnole (Paris, 1816, in-go) ; Guides des amateurs.- écoles allemande, flamande, hollandaise (Paris, 1818, 2 vol. in-12) ; Abrégé élémentaire de l’histoire de France depuis les temps héroïques jusqu’à nous, etc. (Paris, 1821, 3 vol. in-12) ; Choix de productions de l’art dans les Salons de 1S17 et 1819 (Paris, in-8" et in-12) ; Lettres de J/mc de Sévigné, précédées d’une nouvelle notice sur cette femme célèbre, de notes historiques, politiques, critiques et de mœurs, augmentées de cent lettres inédites (Paris, 12 vol. in-8°), édition enrichie de portraits en taille-douce ; la dernière est la plus complète et, par conséquent, la plus recherchée. Gault de Saint-Germain, bon critique d’art, a publié un

grand nombre d’articles dans le Moniteur universel, dans d’autres feuilles quotidiennes et dans des publications hebdomadaires tant de Paris que de la province. Il mérite d’être consulté par ceux qui s’occupent de peinture.

GAULTHÉRIE s. f. (gôl-té-ri — de Gaulthier, bot. fr.). Bot. Genre d’arbrisseaux, familie des éricinées, comprenant plusieurs espèces qui habitent l’Amérique.

GAULTHÉRILÈNE s. f. (gôl-té-ri-lè-nerad. gaulthérie). Chim. Essence qui se trouve dans l’huile de la gaulthérie du Canada, et qui est liquide, incolore, d’odeur agréable, bouillant à 160°.

GAULTHÉR1NE s. f. (gôl-té-ri-ne — de

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Gaulthier, bot. fr.). Chim. Corps extrait d’une betule, et isomère avec l’huile de gaulthérie.

GAULTHEROT (Denis-Gengoul), jurisconsulte et historien français, né à Langres vers 1570, mort en 1657. Il exerça la profession d’avocat dans sa ville natale, et écrivit en latin une histoire de Langres, intitulée : VAnastase de Langres tirée du tombeau de son antiquité (Langres, 1649, in-4°), qui fut traduite en français par son gendre, Jean Boudrot. Cet ouvrage renferme une foule d’erreurs et de fables sur les antiquités de Langres.

GAULTHIER DE RUMILLV (Louis-Madeleine-Clair-Hippolyte), homme politique français,

né à Paris en 1792. Il se fit inscrire au barreau de cette ville, et plaida, sous la Restauration, dans plusieurs procès de presse, notamment pour Comte et Dunoyer, dans l’affaire de la souscription nationale ; pour Cauchois-Lemaire, dans celle du Gouvernement occulte (1820). Il défendit aussi le colonel Sauzet devant la cour des pairs. En 1822, son plaidoyer en faveur des quatre sergents de La Rochelle eut un grand retentissement. Retiré dans le département de la Somme, il y était un des chefs du parti libéral lorsque la révolution de 1830 éclata. Député d’Amiens l’année suivante, il fut, excepté de 1835 à 1837, réélu jusqu’en 1848, et vota constamment avec la gauche. Ce fut surtout aux questions d’agriculture, de finances, de commerce, de douanes, de chemins de fer et de budget qu’il appliqua son activité. En 1848, il fut envoyé à l’Assemblée constituante. Membre du comité des finances, il vota, en général, avec la droite, notamment pour l’établissement de deux chambres, et combattit la proposition du droit au travail. Compris au nombre des conseillers d’État nommés par la Constituante, la Législative, à laquelle il fut réélu, le maintint dans ses fonctions, et il fit partie de la section de législation jusqu’au coup d’État du 2 décembre, contre lequel il protesta avec vingt et un de ses collègues. Quelques jours après, il se retira du conseil général de la Somme, dont il faisait partie depuis neuf ans, rentra dans la vie privée, refusa toute espèce de fonctions, et vota contre tous les plébiscites de l’empire.

Aux élections générales qui suivirent la chute de ce honteux régime, M. Gaulthier de Rumilly fut envoyé à l’Assemblée de Bordeaux. Du 20 mars au 1er juin 1871, il a présidé la commission des Quinze, chargée par l’Assemblée de se concerter avec le pouvoir exécutif pour vaincre l’insurrection de Paris. Il fut un des signataires de la proposition Rivet pour la prorogation des pouvoirs de M. Thiers.

GAULTHIER, en latin Walioii.i., théologien et prélat français, né à Orléans, mort en 892. Il devint évêque de sa ville natale (876), acquit une grande réputation de savoir, fut nommé gouverneur au jeune Louis le Bègue, puis ambassadeur dé Carloman auprès de Louis le Germanique, et montra autant de talent comme homme d’État que comme homme d’Église. Les Capitnlaires qu’il fit rédiger dans l’assemblée synodale de Brou-sur-Loire ont été publiés dans la Collection des conciles.

GAULTIER (SAINT-), bourg de France (Indre), ch.-l. de cant., arrond. et à 28 kilom. du Blanc, sur la Creuse ; pop. aggl., 1,728 hab.

— pop. tôt., 1,983 hab. Fabriques de drap ; toiles de chanvre et de lin, serrurerie, ehamoiserie, tannerie, chapeaux. Belle église romane ; pont suspendu.

GAULTIER, en latin Gunlleriu* OU Gualterus, historien français qui vivait au commencement du xito siècle. Il accompagna à la croisade, en qualité de chancelier, Roger, prince d’Antioehe, fut fait prisonnier, en 1119, après la bataille dans laquelle périt ce prince, et parvint à s’échapper après avoir subi un traitement tellement dur qu’il fut sur le point d’en perdre la raison. Gaultier a écrit le récit des événements dont il a été témoin. Son ouvrage, intitulé : Gaullerii canccllarii bella aiitiochena, a été publié dans la collection des Gesta. Dei per Francos.

GAULTIER (Léonard), graveur allemand, né à Mayence en 1552, mort après 1628. Il exécuta des gravures pour des imprimeurs d’Allemagne, de Nancy, de Pont-à-Mousson, pour des libraires français, et reproduisit beaucoup d’œuvres des maîtres. Le Jugement dernier, d’après Michel-Ange, passe pour son chef-d’œuvre. Parmi les ouvrages qu’il a ornés d’estampes, nous citerons la Pharmacopée de J. Quercetanus (1607), et le Recueil de plusieurs inscriptions et diverses poésies en l’honneur de Charles 'VII et de la Pucelle d’Orléans (1628, in-4°).

GAULTIER (René), hagiographe français, né au Boumois, près de Saumur, vers 15C0, mort en 1637. Il exerça la profession d’avocat au grand conseil, puis s’occupa uniquement d’œuvres de piété. En 1004, Gaultier accompagna en Espagne Pierre de Bôrulle. De retour en France, il installa des religieuses carmélites à Angers, fut chargé, par l’abbesse de Foutevrault, de gérer les affaires de son ordre, traduisit de l’espagnul plusieurs ouvrages ascétiques^ contribua à rétablissement des oratoriens à Notre-Dame des

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Ardijliers, fut jeté en prison, on no sait pour quelle cause, et remis en liberté sur les instances de ses amis. On a de lui des traductions, parmi lesquelles nous citerons : la Fleur des saints, de Ribarleneira (1606, infol.) ; les Œuvres de piété de Jean de la Croix, par Molina (1621, in-go) ; l’Imitation de Jésus-Christ (1603) ; les Œuvres de Thomas a Kempis (1B23), etc.

GAULTIER (Charles), célèbre avocat français, né à Paris en 1590, mort en 1606. Il a brillé au barreau de Paris, sinon par la pureté de son goût et l’éclat de son éloquence, du moins par une verve incisive, des traits mordants, des mouvements impétueux et inattendus, qui le rendaient très-redoutable à ses adversaires. Il allait souvent jusqu’à l’insolence, et on l’avait surnommé Gaultier in Gueule. Boileau le peint en deux vers, dans ses Satires :

Dans vos discours chagrins, plus aigre et plus mor-Qu’une femme en furie ou Gaultier en plaidant, [dant

GAULTIER ou GAUTIER (François t>b), sieur de Blancabd, écrivain protestant français, né àGallargues (Gard), mort en 1703. Il était ministre à Montpellier lorsqu’il sortit de France, en 1683. Il se réfugia d’abord en Suisse, puis en Hollande, où il s’attira l’estime du prince d’Orange. Devenu pasteur à Berlin, à la cour de l’électeur, Gaultier fut envoyé, en 1689, à Londres, pour féliciter le roi Guillaume sur le succès de son entreprise. En 1896, il fut nommé membre de la commission chargée par la cour de Berlin d’obtenir de Louis XIV le rétablissement de l’édit de Nantes. On a de lui : Réflexions générales sur le livre de M. de Meaux, ci-devant évêque de Condom, intitulé Exposition..., etc. (Cologne de Brandebourg, 1685) ; Histoire apologétique ou Défense des Églises réformées de France (Amsterdam, 1688, 8 vol.) ; Dialogues de Pothin et d’Irénée.

GAULTIER (l’abbé Aloïsius-Édouard-Camille), célèbre pédagogue français, né à Asti (Piémont) en 1745, de parents français, mort en" 1818. Il reçut les ordres à Rome, puis vint se fixer en France en 1780, pour s’y consacrer à l’enseignement. La difficulté toujours si grande de faire comprendre aux enfants les choses en apparence les plus faciles lui inspira l’idée d’une méthode au moyen de laquelle il pût tenir constamment en éveil, chez eux, la faculté la plus rétive, l’attention. Instruire en amusant, tel était le problème : il le résolut en transformant en jeux réels tous les éléments de l’instruction. La lecture, l’écriture, la grammaire, l’arithmétique, la géométrie, la géographie et l’histoire, l’abstrait comme le concret, furent rendus sensibles aux yeux par des figures mobiles, coloriées sous la forme d’étiquettes, de cartes ou de jetons, avec lesquelles jouaient les enfants, animés par les questions qu’ils s’adressaient réciproquement, et qui mettaient de la partie un autre mobile, l’amourpropre. À ces artifices ingénieux se joignaient des tableaux synoptiques. L’abbé commença, en 1783, à appliquer sa méthode dans des cours gratuits, et, dès 1787, il la développait dans une série de petits livres. La Révolution le surprit avant qu’il eût eu le temps de la faire connaître. Il passa d’abord en Hollande, puis s’établit à Londres, où il créa une école gratuite pour les enfants des émigrés. Il y enseignait d’après son système. Ses élèves devinrent fort nombreux, et il ne ta-rda pas à trouver parmi eux d’actifs collaborateurs. On raconte que ceux-ci, fatigués d’une fonction à laquelle n’était affectée aucune rétribution, le quittèrent un jour tous ensemble, et qu’alors le maître se fit aider par les écoliers, d’où on lui attribue la première idée de l’enseignement mutuel ; car ce n’est qu’un peu plus tard que Bell et, après lui, Lancaster se sont annoncés comme les auteurs de cette méthode. L’abbé Gaultier revint à Paris après le 18 brumaire, et, tout en poursuivant la propagation da sa méthode primitive, celle qui lui appartenait incontestablement, il mit tout son zèle à populariser l’enseignement mutuel. Il n’est pas une branche de l’instruction publique ou privée qui ne doiveun progrès à cet ingénieux éducateur, même les humanités et les sciences physiques ; car il a tout embrassé. Toutefois, malgré des améliorations incessantes apportées à sa méthode par M. de Moyencourt et ses autres disciples, elle est à peu près abandonnée aujourd’hui, à l’exception de la Géographie, encore en usage dans beaucoup d’établissements. Le Cnurs complet d’é-. tudes de l’abbé Gaultier, dont le l’o édition a été faite à Londres, forme 21 vol. in-18, 6 vol. in-12, 6 cahiers in-fol., et plusieurs étuis. Nous citerons les traités suivants : Leçons de grammaire en action (3 vol., avec un atlas in-fol.. et des étiquettes renfermées dans un étui) • Cahier pour l’analyse de la pensée (10 feuilles in-fol.) ; Méthode pour entendre la langue latine sans connaître les règles de sa composition (] vol.), livre aussi savant que simple, et trop peu connu.

GAULTIER. V. Gauthier et G*nTrKR ; pour les biographies qui ne se trouvent pas ici.

GAULTIER J>E C11ÂT1LLON (Philippe), poète français. V. Gautikh de Lille,

GAULTIER DE CLAUrtRY (Charles-Emmanuel-Simon), chirurgien, né à Paris on 1785,

mort en 1855. Il entra dans le service înédi-